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31.12.2007

Sans Rien et Mille petits Riens

Sans papiers, sans domicile fixe, sans logements, sans ressources, sans droits, sans voix…

Le grand tort du "sans" est de ne rien posséder ; même notre vie ne nous appartient plus. Des sans foi et sans loi disposent de nos vies sans que nous puissions nous exprimer, sans que nous puissions nous élever contre ces infamies. Un article, un reportage sur France 3 Alsace m'a tellement attristée, tellement indignée. Il sagit d'une attaque qui vise l'association dont je suis "bénéficiaire".

Quel est l'objectif recherché, qu'est-ce que ça cache? Toutes ces questions vaines, peuvent-elles occultées que nous les "sans" nous sommes, encore une fois oubliés, utilisés, manipulés pour servir des intérêts que je soupçonne plus mercantiles, plus personnels que solidaires...

Et puis un appel de Manu de Dax, un mail d'Iza de Toulouse, Philippe mon TS remplaçant, la pensée des Marie-Laure, je relie le long mail de Marc, David qui arrive pour me consoler, Luc et sa boîte de chocolats, les mômes de la cité qui quémandent des pièces jaunes, mon chat qui réclame des calins, le soleil qui pointe son nez...
Toutes ces petites choses, ces petits riens, me ramènent à autant de petites joies, à une magnifique légèreté.

À vous tous pour 2008
je vous souhaite mille petits RIENS...

Les écorchés vifs ne peuvent pas répliquer à la haine

Critiques, accusations, insultes… sont vécues comme des injustices, un mépris insupportable.
Le campement des Don Quichotte nous a dévoilé que nous étions des personnes, que nous étions de la société. Nous pouvions nous battre pour nous, des gens étaient là pour nous aider.
L’idée que chacun aurait à coeur de comprendre nos fragilités que nous mêmes étions entrain d’accepter a fleurie allègrement.

Mais
Mais c’était sans compter sur le monde tel qu’il est parfois : cruel, injuste, mensonger. J’ai tout vu, tout entendu et je vous assure que pour certains “ce n’est jamais assez pire” !

Les associations militantes
Il y à les associations militantes qui font trop souvent un mélange des genres, la politique est trop proche. Intentionnellement ou non vous n’êtes plus qu’un enjeux, un contre pouvoir et je ne sais quoi encore. J’ai même entendu le Président de l’une d’elle dire “avec les SDFs on fera du stock”. Lorsque je lui ai fait remarqué que c’était blessant, je pinaillais, je n’étais qu’une emmerdeuse… Ce qui devenait clair pour moi c’est qu’il y à des gens qui se permettent de tout dire, de tout faire. Ils se balladent dans la vie sûrs d’être dans leur bon droit. Face à cela “je”, “moi”, ne compte pas.

Votre personne, votre sensibilité ne représentent rien
Pour le DAL par exemple “l’enjeux” est de loger des familles. Je ne suis pas une famille, un couple sans enfant n’est pas une famille.

Bon, d’accord, alors qui va nous aider?

À Paris
Il y à le CDSL, tous ceux qui ne rentrent pas dans les critères du Dal s’y retrouvent.

À Strasbourg
Un comité Dal voit le jour presque en même temps que les Don Quichotte.
Le scénario s’annonce parfait : un Dal pour les familles, un Don Quichotte pour les autres.
Mais c’était sans compter sur le problème de pouvoir, le souci d’égo dont souffre beaucoup de personnes.
Et c’était malheureusement, sans compter sur l’image extrèmement dégradée, sur le regard méprisant que trop de gens portent sur nous.
C’était sans compter sur les administrations qui allaient se glisser dans toutes nos failles.

Vous vous êtes trompés de cible
Cette Préfecture est prête à tout pour nettoyer vos rues de ces SDFs qui dérangent, qui font tâches.
Elle va jusqu’à accepter que les associations de Strasbourg soient dénigrées, insultées, diffamées.

Comme vous je viens de lire dans la presse un article qui accuse l’association Horizon Amitié, qui brosse un portrait d’elle horrible. C’est de la diffamation.

Et personne ne se demande comment nous, les “bénéficiaires” nous allons vivre cela?
Comment est-ce possible de pouvoir dire ça, puis qu’un journaliste accepte de l’écrire; des horreurs, des calomnies?
Quel est l’objectif?
Qui sera le prochain?
Allez-vous laissez dire?
Est-il trop tard, pour se dresser contre cela ?
En avons-nous les moyens, la volonte est-elle là ?

11:55 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : STRASBOURG, SANS-DOMICILES, TRAVAILLEURS SOCIAUX | | |  Facebook

les bailleurs privés vont résoudre le problème des sans-logis et des mal-logés

Comme en Angleterre, le gouvernement va s'appuyer sur les bailleurs privés pour résoudre le problème des sans-logis et des mal-logés. Alors que jusqu'à présent, les préfectures payaient des chambres d'hôtel aux familles qui se retrouvaient à la rue, elles pourront désormais proposer, aux propriétaires qui accepteront de loger ces familles, des contrats de convention qui leur garantissent la totalité du loyer et l'entretien du logement.

Mais à Strasbourg la Préfecture a un autre projet en tête, celui de laisser les SDFs à leur place, c'est à dire la rue. Ils pourront néanmoins faire un petit tour en appartement le temps d'une saison d'urgence. Pour ça la préfecture peut compter sur ses "petits soldats" et leur projet "expérimental" de turn-over. Des appartements, des biens de la Ville de Strasbourg vont être réquisitionnés pour cela. Les SDFs y passeront 15 jours et plouf c'est magique les associations pourront les récupérer et les rafistoler jusqu'à ce qu'à nouveau une place leur soit proposée. Bref toutes les associations de strasbourg essuiront les plâtres.

Pas un mot sur un suivi ou un accompagnement social. Après tout lorsqu'ils nous casaient en hôtels, en camping nous étions abandonnés à notre sort ! Là ce sera différent, la super équipe de la préfecture sera vigilante à nous : bouster, mater, foutre au boulot, etc. Et tout cela en 15 jours seulement. 

Les expérimenteurs ne nous disent pas ce qui va se passer après le 15 mars une fois l'urgence passée ?!

05:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : SDF Alsace, Strasbourg, Sans-domicile, mal-logés | | |  Facebook

Neuf associations contre la banalisation du Livret A

Europe oblige : dans quelques semaines le placement préféré des Français devrait changer de mode de distribution.

ConsoFrance, collectif de neuf associations de consommateurs (1) a rendu public, hier, un communiqué dans lequel il s’inquiète du devenir du Livret A. Inquiétude due aux injonctions de la Commission européenne qui, le 10 mai 2007, au nom des règles de concurrence fixées par les traités, a donné à la France un délai de neuf mois pour réformer le mode de distribution du Livret A et du livret bleu.
Le collectif rappelle que cette décision fait l’objet de recours devant la justice européenne mais que, ces derniers n’étant pas suspensifs, la France devrait très bientôt procéder à la banalisation de la distribution de ces livrets. Une décision qui pourrait « remettre en cause le niveau de financement du logement social et affecter de manière grave la cohésion sociale».

«Le Livret A, depuis sa création en 1818, est le symbole de l’épargne populaire. Pour les plus vulnérables, il est une alternative à l’exclusion bancaire. Les fonds collectés sont centralisés à la Caisse des dépôts et consignations (CDC), ils financent ou cofinancent 80 % du logement social», rappelle ConsoFrance. Avant d’attirer l’attention sur les (Lire la suite)

05:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : LIVRET A, SARKOSY, LOGEMENT SOCIAL | | |  Facebook

30.12.2007

Lettre ouverte des Travailleurs sociaux et Acteurs sociaux

REAGISSEZ ET APPORTEZ VOTRE EXPERTISE ! !

Depuis l'évènement médiatique d'une association se nommant les Enfants de Don quichotte, se revendiquant contre la précarité sociale et pour l'accès au logement décent pour tous, j'assiste désabusée cette année en tant que travailleur social à un autre «coup médiatique» :
La prise en compte d'Une parole : celle des Enfants de Don Quichotte, de la part d'un Gouvernement souffrant de «peur manifeste d'écho médiatique» et notamment les Enfants de Don Quichotte Strasbourg.

Peut être devrions nous déjà faire le bilan du PARSA étant donné qu'un travail et une réflexion a été mis en place par tout un ensemble d'acteurs sociaux privés et/ ou public, avant de revendiquer ?

Depuis Mai 2007, des centres d'hébergements d'urgence ont été dotés de moyens supplémentaires et surtout de professionnels permettant la prise en charge et l'accompagnement social des personnes les plus précarisées alors se transformant pour certains en Centre d'Hébergement de Stabilisation.

Un travail a en effet été effectué par des équipes pluridisciplinaires (diagnostic, évaluation et orientation) ; travail au quotidien pour restaurer l'estime de soi des personnes, travail pour recouvrir les droits administratifs et sociaux, travail pour restaurer une autonomie, auprès de personnes suivies qui sont encore dans ces centres alors qu'elles ont dépassé ce stade désormais et aspireraient à d'autres structures.

Malgré des rapports sociaux motivés et circonstanciés à destination de bailleurs sociaux et de structures spécialisées (ces personnes travaillent et sont insérées économiquement et/ ou ayant les ressources nécessaires pour envisager un autre hébergement), les demandes n'aboutissent pas depuis plus de 6 mois.

Et je m'aperçois béatement que certaines personnes revendicatrices auprès des Enfants de Don Quichotte, n'ayant pas dépassé ce stade , refusant tout accompagnement social, n'étant peut être pas en capacité de tenir un hébergement de manière autonome bénéficient d'hébergements individuels plus que rapidement.

Quelle crédibilité alors donner au travail effectué par les travailleurs sociaux au quotidien dans le cadre des nouvelles mesures ?
Et quelle justice sociale donnons nous à voir, lorsque les personnes suivies dans ces centres qui se remettent en cause au quotidien, dans une démarche dynamique positive et actrice de leur vie ne trouvent pas d'issues autres, si ce n'est une justice sociale à plusieurs vitesses et notamment celle de la parole la plus forte médiatiquement.


Vendredi étaient reçu une délagation des Enfants de Don Quichotte Strasbourg auprès d'un conseiller technique du ministère du logement ainsi qu'auprès de Mme Le sous préfet afin de discuter des problèmatiques des personnes sans abris.

Demande leur a été faire de cibler, dans les 15 jours, les différents problèmes rencontrés afin de déterminer les types d'hébergements appropriés.


Nous acteurs sociaux , travailleurs sociaux demandons donc a être entendus et pris en compte dans notre pratique quotidienne et notre expertise de l'urgence sociale.

Nous acteurs sociaux , travailleurs sociaux dans le domaine de l'urgence demandons par conséquent la tenue d'une table ronde avec des représentants de chaque structure ainsi que les représentants des Enfants de Don Quichotte Strasbourg dans les 15 jours afin de déterminer les problèmes rencontrés et faire ensemble le bilan objectif du Parsa.


Contact : Marie laure fagari ( travailleur social) ; Suzanne Dejean ( travailleur social )
et par mail mlf67@hotmail.fr
06 18 14 73 40 ou 06 09 21 04 25

08:10 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : STRASBOURG, SANS-DOMICILES, TRAVAILLEURS SOCIAUX | | |  Facebook

29.12.2007

Tristounette

On s'en doutait, on le présageait : le spectaculaire, le médiatique est payant. Mais on est quand même tristounet.

Il semblerait que le gouvernement ait cédé à la prise de la Cathédrale sans se poser la question de l'homme!?

Le SDF Strasbourgeois mis à la sauce hivernale va se retrouver avec une association d'un nouveau genre. On avait les militantes d'un côté les humanitaires-caritatives de l'autre. A Strasbourg nous avons l'association militante caritative.

Vos projets bloqués, refusés, repoussés, gelés vont voir venir les réquisitions d'appartements et de terrain... C'est ce que nos quichottes ramènent dans leur musette. Le budget sera prit sur le parsa, à par ça, pour le sdf, comme pour toi, soit don quichotte ou ferme là.

Quoique, inutile de vous dire cela car votre silence est retentissant et votre profil bas. Lorsque vous rencontrerez les geules cassées par les incompétents et votre complicité, que direz-vous? ha oui, rien.

05:35 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : SDF, STRASBOURG, SANS DOMICILE FIXE, MAL-LOGÉS | | |  Facebook

HUMEURS : LES SDF D'ACTUALITE

En cette fin d'année civile, les reportages et articles sur la situation des SDF et des précaires se multiplient à la télévision, dans les différents magazines et journaux.
Pourtant la situation des SDF, si elle demeure criante en période hivernale, elle est aussi présente en période estivale. Phénomène désormais bien connu, les SDF meurent plus facilement l'été que l'hiver mais la période est propice non pas à une nouvelle campagne d'information-sensibilisation mais peut-étre à nouveau "marronnier hivernal" désormais !
 
C'est ainsi,une actualité en chasse une autre.
Déjà en 2002, comme le souligne l'éditorial du quotidien du soir "Le Monde" dans l'édition datée du 23 Décembre dernier "le Zéro S.D.F" lancé durant la campagne des présidentielles par Lionel JOSPIN avait fait sourire les uns,et raillé d'autres. Et pourtant, la suggestion au delà du slogan , le message était peut-étre à la fois alarmiste et utopique...En attendant, cinq années plus tard, en cette année de nouvelles élections présidentielles désormais passées,l'heure d'un nouveau bilan s'impose : la situation des SDF ne s'est donc pas améliorée...Autre constat,il existe de plus en plus de précaires.
Alors que les campagnes des prochaines élections municipales et cantonales vont débuter au lendemain du nouvel an, l'heure d'interpeller les prétendants d'un siége au conseil municipal et au conseil général me semble sonnée. Rappelons, que les budgets reservés à l'action sociale dans les départements sont en première place. A l'échelon communal, les parts reservés aux actions des Centres Communaux d'Action Sociale sont très importantes. Le mouvement associatif se doit de ne pas rater ces deux rendez vous.
 
Des S.D.F seront au rendez vous aux municipales du moins. C'est ainsi à PARIS, qu'un ex SDF,devenu travailleur social, Président de l'association "Salauds de Pauvres" envisage de présenter des listes dans quelques arrondissements de la capitale ! Initiative paraissant isolée ? En tout cas,elle à le mérite de rappeler la présence des plus démunis dans un débat qui les concerne au premier chef.
 
D'autres initiatives ne manqueront pas d'étre imaginées içi et là, souhaitons que les médias ne les oublient pas. Formulons le voeu, c'est d'actualité, que les travailleurs sociaux apportent aussi leur pierre de réflexion.
Daniel DERIOT - Travailleur Social

04:40 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sdf, travailleurs sociaux | | |  Facebook

Le logement plombe le budget des ménages

"Lecture : les ménages du 1er quintile de niveau de vie, c'est-à-dire les 20 % des ménages ayant les niveaux de vie les plus faibles, consacrent en moyenne 24,8 % de leur consommation aux dépenses de logement, contre 10,8 % pour les ménages du 5e quintile. La dépense totale s'entend ici hors impôts, gros travaux, remboursements de prêts et prélèvements effectués par l'employeur, transferts financiers entre ménages."

Source : Insee, Enquête Budget de famille 2006 extrait d'un rapport de l'insee que vous téléchargez en cliquant

Les inégalités sociales et économiques qui provoquent des inégalités dans l'accès au logement ; Une vérité que l'INSEE fait exploser dans son dernier rapport en nous apprenant que le logement est devenu lui aussi un accélérateur d'inégalités. En clair plus on est pauvre, plus on paie.

Le logement est le poste de dépense sur lequel les inégalités sont les plus marquées, elles n'ont fait que grimper depuis 30 ans !
Dans les années 80, toutes les catégories sociales donnaient environ 12% de leurs revenus pour se loger. Maintenant la part du revenu consacré au logement des 20% les plus pauvres est deux fois supérieure à celle des 20% les plus riches.
Le logement qui devrait être un des leviers de la redistributions des richesses, grâce aux aides individuelles (AL, APL) est devenu, lui aussi, facteur d'inégalités.

Il y à un truc qui ne tourne pas rond...
La collectivité dépense chaque année 32 milliards d'euros pour entretenir un système qui débloque à plein tube en cramant l'argent de l'impôt de ceux qui en sont les victimes.
Une seule solution donc : foutre en l'air le système ? oups

04:35 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : logement, inégalités | | |  Facebook

UN PEU DE RÊVE

YURTAO

04:10 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : YURTAO | | |  Facebook

L'Allemagne souffre de ses inégalités et se veut plus juste en 2008

BERLIN (AFP) — Les uns gagnent des millions, les autres ont peine à subsister: aux yeux des Allemands les inégalités se creusent dans leur pays, et beaucoup sont décidés à ce que cela change en 2008.
Dans les dernières semaines de l'année, une série d'événements et de statistiques sont venus confirmer l'impression d'une érosion de la classe moyenne allemand au profit d'une société à deux vitesses. Elle a renforcé la détermination de beaucoup, syndicats en tête, à se battre pour une répartition plus juste.
Le patron de Porsche s'est partagé avec ses cinq collègues du comité de direction 113 millions d'euros de rémunération, conduisant plusieurs personnalités politiques dont le président de la République Horst Köhler à appeler au "sens de la mesure". Au même moment, une étude montrait que les revenus de leur travail suffisaient de moins en moins à assurer à la majorité des Allemands un niveau de vie décent.

Plusieurs morts d'enfants maltraités ou abandonnés sont venus servir de toile de fond à la discussion sur les salaires, mettant en avant le problème de la pauvreté matérielle et morale de certaines familles, et les risques encourus par les enfants.
"Actuellement 3 millions d'enfants vivent dans la pauvreté", soit deux fois plus qu'il y a trois ans, a rappelé la veille de Noël dans un entretien à la radio le porte-parole du comité de lutte contre la pauvreté, Wolfgang Gern. C'est-à-dire que leur foyer dispose de moins de 60% du revenu moyen des foyers allemands.
Pourtant depuis 2006 la croissance économique de l'Allemagne est repartie, le chômage baisse mois après mois, le pays compte actuellement quelque 700.000 de chômeurs de moins qu'à la fin de l'année dernière.

"Le nombre de personnes ayant un emploi est à son plus haut en Allemagne", s'est félicitée la chancelière Angela Merkel dans ses interviews de fin d'année. "Cela veut dire que plus de familles profitent (de la croissance)", a-t-elle déclaré.
Mais justement, la plupart des Allemands n'ont pas l'impression d'en profiter: pour 85% d'entre eux, la répartition des richesses dans le pays n'est pas juste, selon une étude de la fondation Bertelsmann publiée en décembre.

En Allemagne se creuse un "fossé de l'égalité", titrait récemment l'influent hebdomadaire Der Spiegel. Et l'aggravation des inégalités n'est pas seulement de l'ordre du ressenti, l'écart grandit réellement entre les revenus des plus riches -- qui ont crû de 31% ces quinze dernières années -- et ceux des plus pauvres, qui ont chuté de 13% sur la même période, selon des chiffres de l'institut de recherche DIW.
Dans certains secteurs de l'économie, par exemple chez les coiffeurs, des salaires horaires inférieurs à 5 euros ne sont pas rares. Environ 1,7 million de personnes travaillent, et complètent un salaire de misère avec l'aide sociale. Et 17 ans après la Réunification, dans quasiment toutes les branches, le travail est moins payé à l'est.

Dans un pays où il n'y a pas de plancher aux rémunérations, les sociaux-démocrates du SPD ont décidé de faire de l'instauration d'un salaire minimum leur cheval de bataille l'an prochain.
Les syndicats aussi s'affichent combatifs. Après plusieurs années de retenue, et sur fond de hausses des prix, ils veulent que leurs membres profitent de la croissance.
Parmi les premiers à négocier leur convention collective, les 100.000 salariés du secteur de l'acier vont réclamer en janvier des hausses de salaires de 8% parce que "les bilans sont bons, les carnets de commandes pleins et les profits coulent à flots", selon le syndicat IG Metall.
Les employés du service public veulent aussi 8%, ceux du textile 5,5%. Les autres branches devraient aussi faire preuve d'appétit.
Ces revendications qui font grincer des dents le patronat alors que la croissance s'essouffle. Pour la fédération du patronat BDI, les revendications d'IG Metall sont "dures à avaler". Ce qui laisse présager un hiver agité en Allemagne.

04:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : PAUVRETÉ, INÉGALITÉ, ALLEMAGNE | | |  Facebook

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