La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

04.03.2008

250 locataires de HLM priés de déménager

Hauts de Seine - COURBEVOIE.
Des logements sociaux et intermédiaires de La Défense vendus pour laisser la place à une opération immobilière. Une douche froide pour les locataires.

C'était trop beau pour durer. Des HLM en bord de Seine, terrasses avec vue sur la Seine et l'île de la Jatte, balcons face à Neuilly, sans vis-à-vis... Les heureux locataires de ces logements sociaux et intermédiaires des Damiers, des immeubles en forme de Lego construits au milieu des années 1970 dans le secteur de La Défense 1, ne devraient plus pouvoir en profiter très longtemps.

Leur propriétaire, le bailleur social de la RATP (Logis Transports), a signé un compromis de vente avec la société l'Hermitage, promoteur immobilier.

Le bailleur leur laisse six mois de délai
Fin janvier, les 250 locataires ont reçu une lettre de leur bailleur qui a fait l'effet d'une douche froide : « Logis Transports a envisagé la vente de votre résidence à un investisseur privé qui souhaite libérer l'immeuble. » Aucune précision sur les échéances, les aides éventuelles au relogement. « C'est scandaleux ! s'indigne Katie. Dans un pays où on a tant de mal à se loger, on va raser des HLM en bon état, qui n'ont besoin que d'être ravalés, pour construire une tour de bureaux ou des appartements de grand standing ! Mais moi, où vais-je pouvoir trouver un appartement, divorcée, avec 1 200 € de salaire ? Certainement pas à La Défense ! »

Katie habite son appartement depuis vingt-huit ans, ses enfants y ont grandi, elle s'y plaît. Comme elle, ils sont nombreux à vivre dans ces appartements depuis leur création. L'ensemble est composé de plusieurs immeubles (210 logements PLI, dits «intermédiaires», et 40 PLS, du vrai social) qui ont été revendus en 2001 par une filiale d'Axa à Logis Transports, sans avoir jamais été ravalés ni fait l'objet de gros travaux.

Logis Transports justifie la mise en vente des Damiers : «Un investisseur nous a contactés, nous avons choisi de vendre ces logements majoritairement PLI (NDLR : pas considérés comme des logements sociaux au titre de la loi SRU) pour nous recentrer sur des logements plus sociaux (PLS et PLAI). L'intégralité de la plus-value issue de cette vente sera réinvestie dans la construction ou l'amélioration de notre patrimoine social. Aucun dividende ne sera distribué aux actionnaires.»

Le bailleur assure qu'il «reconstituera» aussi les 40 PLS démolis dans la ville de Courbevoie, soit en construisant, soit en achetant un nombre de logements équivalent qui seront conventionnés. Logis Transports devrait proposer aux actuels locataires des PLS soit un relogement (il possède un millier de logements dans le département, dont une centaine à Courbevoie), soit des indemnités. De leur côté, la préfecture et la ville de Courbevoie ont mis comme condition à leur accord le relogement des locataires PLS.

Mais que vont devenir les 210 familles des logements intermédiaires ? «Leur bailleur leur donne un préavis de six mois pour libérer leur logement», explique la ville. «Est-ce que cela veut dire je peux me retrouver à la rue ?» s'affole Katie. La société l'Hermitage assure au contraire «que les gens seront traités avec dignité» et qu'ils «seront relogés dans le département».

Une rencontre avec les habitants des Damiers est organisée sur place ce soir à 20 heures.
Florence Hubin | Le Parisien

Écrire un commentaire

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu