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30.09.2008

De plus en plus de ménages déclarés en faillite

SELON UNE ENQUETE de la Banque de France, près de 88 000 demandes de mises en faillite personnelle ont été transmises à la justice ces quatre dernières années. Bien décidée à aider les ménages surendettés, la ministre de l’Economie nous annonce ses premières mesures.

IL N’ Y A PAS que les entreprises qui font faillite.

Cette petite mort, certains particuliers l’expérimentent aussi. Selon une enquête de la Banque de France que notre journal s’est procurée, près de 28 000 personnes ont bénéficié, l’an dernier, d’une « procédure de rétablissement personnel », soit un total de 87 800 propositions de mises en faillite depuis l’entrée en vigueur de cette mesure, il y a quatre ans (lire ci-dessous). Un chiffre qui pourrait d’ailleurs bien augmenter dans les prochaines semaines. Les conséquences de la crise financière et économique (hausse des taux d’intérêt, durcissement des conditions d’accès au crédit, augmentation du chômage…) risquent en effet d’être particulièrement douloureuses pour une catégorie de la population dont les conditions de vie sont pourtant déjà très précaires.

Infléchir la tendance avec de vraies mesures

Souvent exclus, faute de garanties suffisantes, du réseau bancaire traditionnel, les surendettés (712 000 personnes en juin contre 700 000 environ fin 2007) n’ont souvent pas d’autre solution que de se tourner vers les organismes de crédits à la consommation.

Le hic, c’est que compte tenu des taux d’intérêt prohibitifs qui sont appliqués, les impayés finissent vite par s’accumuler, rendant inévitable leur inscription au Fichier national des incidents de paiement.

Un fichage qui, telle une marque au fer rouge, peut les suivre à la trace pendant parfois dix ans. Ce délai, précisément, Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, propose de le ramener à cinq ans, histoire d’apporter une bouffée d’oxygène à une population rendue encore, selon ses propres termes, « plus vulnérable par le contexte économique actuel » (lire page 3).

Reste à savoir si les mesures annoncées par la ministre seront véritablement de nature à diminuer le nombre de surendettés. Non, si l’on en croit le directeur de l’Observatoire national des inégalités selon qui seuls une « réduction du taux de l’usure » et un meilleur « encadrement de la publicité sur le crédit » pourraient vraiment infléchir la tendance.

Olivier Baccuzat - le parisien.fr

Le 1 % logement veut 100 % de ses fonds

Le gouvernement souhaite ponctionner 1,05 milliard d'euros dans ses caisses pour financer sa politique du logement. Les partenaires sociaux râlent.

Un front commun syndicats-patronat, ce n'est pas si courant. Là, il s'agit d'empêcher le gouvernement de prendre dans la caisse du 1 % logement pour financer sa politique du logement. La bisbille dure depuis plusieurs mois. La nouvelle réunion, aujourd'hui, entre les partenaires sociaux et Christine Boutin, la ministre du Logement, risque encore d'être houleuse.

Théoriquement, les entreprises consacrent 1 % de leur masse salariale à financer la résidence principale de leurs salariés. En fait, cette contribution est tombée à 0,45 %. Mais les entreprises versent également 0,50 % au Fonds national d'aide au logement, qui distribue diverses allocations. Sans qu'il y ait de contrepartie pour elles.

Complètement désargenté, l'État réduit de 6,9 % les crédits Ville et logement de son budget 2009. Plutôt malvenu en ces temps de crise immobilière et de pouvoir d'achat à la traîne, relèvent les partenaires sociaux.

Pour faire le joint, le gouvernement prévoit de mettre à contribution le 1 % Logement à hauteur de 1,05 milliard d'euros. 800 millions iraient à l'Agence nationale d'amélioration de l'habitat (Anah) et à l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru). Dans le même temps, la quote-part de l'État dans le financement de ces deux agences tomberait respectivement, l'an prochain, de 375 à 6 millions et de 200 à 6 millions. Le 1 % logement apporterait 250 millions supplémentaires pour la rénovation des quartiers anciens dégradés.

Le 1 % logement a accordé 970 000 aides aux ménages, l'an dernier, ce qui représente près de 1,89 milliard d'euros.

source ouest france

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PLF 2009 - VILLE ET LOGEMENT


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"Lettre ouverte au Président de la République" par cinq maires de banlieue

La situation de quelques 200 communes de banlieue en France est, vous le savez, très préoccupante et le bilan de 30 ans de la politique de la ville est contrasté. Elle a sans doute permis d’éviter la dégradation inéluctable du tissu social et une ségrégation urbaine définitive. Mais cette politique n’a réussi ni à améliorer sensiblement les conditions de vie des habitants des villes concernées, ni à permettre un fonctionnement digne des municipalités, impuissantes face à des demandes élémentaires : logement, emploi, éducation, santé… La crise de ces banlieues est profonde et les émeutes, que l’on ne saurait justifier, y trouvent à l’évidence leurs racines. Hélas, même ces évènements dramatiques trouvent finalement peu d'écho : la France amnésique se réveille à chaque fois en sursaut, s’inquiétant de la remise en cause de son modèle républicain, puis se rendort finalement dans une confortable indifférence. Malgré cela, la volonté des habitants de ces territoires de s’en sortir, de travailler, de permettre à leurs enfants de faire des études et de vivre mieux, ensemble, reste intacte.

Vous avez vous-même admis l’existence dans notre pays de quartiers « où il est plus difficile que partout ailleurs de s’en sortir, de réussir », où « tous les handicaps, toutes les difficultés (…) sont
concentrés », « où l’on a moins de droits, moins de chances que les autres ». Vous avez fait de ces banlieues l’une des priorités de votre quinquennat et avez promis un véritable « plan Marshall » pour répondre à l’exigence de solidarité nécessaire à des territoires depuis trop longtemps marginalisés. Aujourd’hui, qu’en est-il ?

Des ambitions, pas de moyens
Les annonces faites lors de la présentation du Plan Espoir Banlieues le 13 juin dernier vont dans le bon sens avec la mobilisation du droit commun et l’implication de l’ensemble des ministères ; mais elles suscitent de vraies interrogations quant à leurs modes de financement. Il ne suffit pas de reconnaître que la politique de la ville s’est peu à peu substituée aux crédits de droit commun dans ces territoires ; il ne suffit pas de constater l’impuissance de cette même politique à compenser seule l’absence structurelle de recettes pérennes des communes concernées; il ne suffit pas de constater que cette politique s’épuise à vouloir corriger à la marge des problèmes qui sont ceux de
toute la société urbaine. Encore faut-il lui donner les moyens des ambitions qu’on lui prête. Ces problèmes relèvent autant d’une politique globale d’aménagement du territoire que d’une claire vision de ce que le vivre ensemble, en France, impose à tous.
De plus, le gouvernement est sur le point de pervertir l’un des symboles de la solidarité financière que, comme vous l’avez souligné, « nous devons aux communes les plus pauvres. Car s’il y a des villes avec des pauvres, il y a aussi des villes pauvres qui n’ont tout simplement pas les moyens de s’occuper de leur population ». Vous avez souhaité un projet de réforme de la Dotation de Solidarité Urbaine et de Cohésion Sociale (DSU-CS) au profit des villes les plus en difficulté.
Rappelons que l’action de l’Etat, par ses concours financiers, devrait cibler la correction des inégalités territoriales, sociales et démographiques. Les études du commissariat au Plan ont démontré l’insuffisance notoire de l’effet péréquateur de ces dotations de l’Etat. Pour être efficace, la solidarité doit considérer à la fois la faiblesse des ressources et l’importance des charges.

Le projet élaboré en secret par le gouvernement alors même que s’engageaient les discussions au sein du Comité des Finances Locales (CFL) ne correspond pas à cet objectif. Si la méthode est contestable, le fond l’est encore plus.
La loi Borloo de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005 avait marqué une réelle avancée. Le mode de calcul de la DSU-CS a intégré les critères de zones urbaines sensibles (ZUS) et de zones franches urbaines (ZFU) ; critères légitimes et cohérents avec la politique de l’Etat qui a déterminé lui-même ces périmètres et les a confortés dans le Plan Banlieues : ZUS et ZFU définissent des territoires à faibles ressources où se concentrent conjointement de lourdes charges socio-urbaines. Cette loi a été portée et promulguée par votre actuel ministre de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire, alors ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale. Or le gouvernement opère un retour en arrière en optant pour l'abandon progressif de ces critères dans le projet de réforme de 2009. Avec quel résultat ?

Les perdants
Voici quelques exemples de villes qui vont, par rapport à ce qu'elles auraient perçu dans le système actuel, perdre de la DSU dans ce projet: Clichy-sous-Bois, Sarcelles, Villiers-le-Bel, Epinay-sur-Seine, Argenteuil, Bobigny, Vénissieux, Creil, Stains, Melun, Bondy, Gonesse, Chanteloup-les- Vignes, Garges-les-Gonesse...
Bien entendu, une énième subvention sera en même temps créée pour les banlieues afin de compenser ce manque à gagner. Mais son montant est insuffisant, son statut de subvention ne la rend pas pérenne, elle devra être quémandée par les communes nécessiteuses auprès des préfets ; surtout, elle marginalise et déprécie une nouvelle fois les communes dites de « la politique de la ville ».

Monsieur le Président, nous vous demandons de revenir sur cette réforme et de réaffirmer, dans les principes, la République solidaire que vous appelez de vos voeux. Ceci afin que votre déclaration du 8 février dernier, porteuse d’espoir, se concrétise aussi par des mesures de solidarité au profit des villes de banlieue.
Il serait grave de considérer que le combat des élus de banlieue ne concerne qu’eux. Il en appelle à la solidarité et interroge directement la cohésion nationale ; parce qu'il est une promesse non encore tenue de la République, il est le combat de l'ensemble des Français.

Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, président de Ville et Banlieue
Pierre Cardo, député, maire de Chanteloup-les-Vignes, 1er vice-président de Ville et Banlieue
Maurice Charrier, maire de Vaulx-en-Velin, vice-président du Grand Lyon
Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, membre du CA de Ville et Banlieue
François Pupponi, député, maire de Sarcelles

Une réaction, une suggestion... Ecrivez-nous !
Créée en 1991, la DSU a pour objectif de « contribuer à l’amélioration des conditions de vie dans les communes urbaines confrontées à une insuffisance de leurs ressources et supportant des charges élevées ».
Le CFL est l’organe consultatif du gouvernement en charge de répartir chaque année les dotations et subventions de l’Etat aux collectivités.

06:24 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dsu | | |  Facebook

29.09.2008

Pétition : NON aux chaises comme hébergement à strasbourg

Strasbourg

Une idée monstrueuse est en train de s'organiser : pour le plan grand froid les personnes à la rue se verront proposer une chaise...

NE LAISSEZ PAS FAIRE Signer cette pétition

Lire l'appel http://sdfalsace.blogspirit.com/archive/2008/09/26/petiti...

STRASBOURG : CERCLE DE SILENCE LE 30 ...

Chers amis,

Le prochain cercle de silence aura lieu comme tous les mois et quel que soit le temps le 30 septembre de 18 à 19 heures, Place Kléber.
Comme le mois dernier, si le temps le permet, il sera suivi d'une invitation à casser la croûte entre les participants qui le souhaitent.

Notre rassemblement de protestation garde toute son actualité. Il y a encore quelques jours, une jeune femme sri-lankaise s'est retrouvée enfermée au centre de rétention de Geisposheim.

L'histoire de son père est la reproduction tragique de celle de Rajendram Elvanchelvan qui avait résidé à Strasbourg durant cinq ans et qui, après avoir épuisé tous les recours, a été contraint de rentrer dans son pays où il fut assassiné quelques mois après son retour.

La saisine de la Cour Européenne des Droits de l'Homme a décidé de la suspension de la reconduction de cette jeune femme. Libérée, mais totalement anéantie par l'angoisse d'être renvoyée entre les mains des tortionnaires qu'elle cherche à fuir, elle a fait une tentative de suicide.

Assignée à résidence, elle va devoir se rendre chaque jour au poste de police pour  signaler sa présence, toujours sans papiers ni aucune ressource, en attendant la décision au fond de la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui peut survenir dans... plusieurs années.

Pour elle, et pour tous ceux qui vivent des tragédies similaires, nous continuerons à nous réunir en silence en signe de protestation.

Merci de relayer dans vos réseaux et de venir avec les amis et les amis de vos amis.

cercledesilence.strasbourg@gmail.com

07:03 Publié dans AGENDA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cercle de silence, strasbourg, sans papiers, immigration | | |  Facebook

Toulouse-Trente Six Ponts: les SDF sans foyer d'hébergement fixe mardi

«Moi, je vais certainement retourner à la gare. Ce n’est fermé que d’une heure à quatre heures du matin. Le reste du temps, on est au chaud la nuit». Et encore Nadir n’est-il peut-être pas le plus mal loti.

Il y a aussi ce vieux clodo alcoolo des images d’Epinal qui va retourner «picoler dans la rue». Ce monsieur un brin psychotique qui marche toute la journée dans la cour sans ne jamais saluer personne et qui n’appellera donc jamais le 115. Ce toxico pas vraiment repenti qui ne sera plus accompagné. Pas plus d'ailleurs que ce «sorti de prison» que personne ne viendra plus «contenir».

Sur les 18 Sans domicile fixe hébergés au 17 rue Sainte-Catherine dans des bâtiments désaffectés de l’ancienne face de médecine, 13 sont des «cas lourds». Ce foyer dit des Trente-six ponts est le seul en ville à pouvoir les recevoir. Ils y sont «prioritaires».

La priorité, ce mercredi 1° octobre, semble de les remettre à la rue. «En tout cas, notre contrat prenant fin au 30 septembre, nous fermons les portes», se désole Fabrice, un des 11 travailleurs sociaux du lieu. Pour l’heure, il y a zéro solution de rechange.

L’équipe de 5 travailleurs de nuit et 6 de jours a cru un moment au bonheur quand, visitant les lieux au mois de juillet, le préfet Carenco a conclu qu’un tel centre d’accueil devait rester ouvert toute l’année.

Le «hic» est que rien n’est arrivé depuis. Sinon l’information selon laquelle l’association Soleil qui gère les lieux serait remplacée par la société d’économie mixte Adoba, ex-Sonacotra.

Les 11 travailleurs sociaux des Trente Six Ponts se sont d’abord inquiétés de savoir si les hébergés auraient droit au même accompagnement social. Pas de réponse. Le président de l’association Soleil, Philippe Arnal, ne les a pas rassurés.

«Adoba gère déjà un foyer sur les allées Charles de Fitte, dit-il. Il y a deux salariés, dont l’homme à tout faire qui remplace les ampoules grillées, pour plus de 60 résidents!» Philippe Arnal a reçu le directeur toulousain d’Adoba, rue Sainte Catherine. Lequel lui aurait dit qu’il était à la recherche d’une société d’agents de sécurité pour garder le foyer la nuit…

Il n’est enfin même pas sûr que ce foyer reste dans ses murs. Le rapport de la commission de sécurité venue juger de leur conformité n’est toujours pas tombé.

«Ces SDF-là, qui sont en fait des sans domicile stable, ont particulièrement besoin de repères», explique Fabrice le travailleur social. Mardi, les 18 hébergés des Trente Six Ponts pourraient bien tous les avoir perdus.

GLv. pour LIBÉRATION TOULOUSE

07:02 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sdf, sans-abri, sans domicile fixe, squatt, mal logement | | |  Facebook

28.09.2008

Lundi 6 octobre Christine Boutin sera à Strasbourg

Christine Boutin à Strasbourg pour une seule journée : le 6 octobre, la ministre du Logement et de la Ville vient à la rencontre des habitants. 

Les rencontres se veulent « Innovantes et participatives », elles se feront en trois temps : entre 8h 30 et 11h 30, une quinzaine de membres de l'équipe de Christine Boutin recevront des Strasbourgeois.

À partir de 12 heures, une 15zaine  de strasbourgeois rencontreront la ministre à leur tour dans son bureau délocalisé pour l'occasion.

Et l'après-midi, les parlementaires et les élus du Bas-Rhin dialogueront avec elle autour de son projet de loi.

• On est donc mal barré. Quelques strasbourgeois qui ne sont pas au travail, ou peuvent se libérer pourront discuter avec elle, quelques heures... Ensuite les parlementaires et les élus... 

Mme Boutin est donc venu "vendre" son PALO à Strasbourg. Quelques heures avec quelques habitants : ce n'est qu'une opération communication de plus. 

Face à la crise du logement

L’HUMANITE - tribune libre Article paru le 26 septembre 2008

Face à la crise du logement

En 2000, Bush vend aux Américains modestes le rêve de l’accession à la propriété. Quelques années plus tard, 3 millions de ménages modestes se réveillent à la rue, ou presque, tandis que les banques d’affaires américaines qui ont dominé la planète néolibérale se sont effondrées en quelques semaines. La crise des subprimes est passée par là.

2007, Nicolas Sarkozy vend aux électeurs la France des propriétaires et s’apprête à suivre le chemin américain. Aujourd’hui, le projet présidentiel est à l’eau, sauf à faire preuve d’une inconscience désastreuse : jamais le logement n’a été aussi cher, jamais les risques de surendettement de masse n’ont été aussi élevés, à cause de la cherté du logement, du crédit, et de la précarisation et de la paupérisation des ménages modestes.

Après treize ans de politiques du logement et de l’urbanisme destinées à faire monter les prix, les loyers, l’immobilier et le foncier ont atteint des sommets historiques faisant couler à flot l’argent de la spéculation et réduisant le pouvoir d’achat des ménages.

Aujourd’hui la fête est finie, et la crise immobilière arrive, renforcée par la crise financière mondiale, avec son cortège de misères pour les plus vulnérables qui, après avoir essuyé la politique du logement cher, vont subir cette nouvelle catastrophe, pas naturelle du tout…

En hausse les expulsions sans relogement, et les actes de désespoir qui les accompagnent, le nombre de sans-abri et de mal-logés, de seniors, de jeunes et de précaires en galère de logement, le saturnisme infantile, la dégradation des conditions d’accueil dans les foyers de migrants, les hébergements indignes ou les placements d’enfants… Les bidonvilles renaissent, le logement en camping, dans des voitures se banalise.

La répression est devenue le mode de gestion de la crise du logement : les bidonvilles sont expulsés, les tentes de sans-abri sont virées des trottoirs, les luttes de mal-logés ou de sans-logis sont écrasées par les CRS, les quartiers populaires HLM sont l’objet d’opérations de rénovation-épuration sociales intensives, les formes alternatives d’habitat choisi sont durement réprimées au nom de la « lutte contre la cabanisation ».

C’est dans ce contexte que survient le projet de loi Boutin, quelques mois après la privatisation du Livret A, tandis que la baisse du budget logement se confirme. La vente des logements sociaux et la dérégulation des loyers HLM sont rendues obligatoires. Le droit au maintien dans les lieux des locataires HLM est écorné. Les promoteurs accèdent au logement social par la grande porte, tandis que les avantages fiscaux qui ont contribué à la cherté du logement sont maintenus dans les zones rentables…

Les délais à l’expulsion locative sont rendus impossibles, la loi SRU sur le logement social dans les communes est encore menacée, la loi DALO sur le droit au logement opposable régresse… Ce projet de loi vient à contresens des besoins du pays et des leçons à tirer de la dépression financière. Il sert les possédants et déshabille les autres. Il n’empêchera pas un coup d’arrêt de la construction car il n’y a plus de clientèle pour les spéculateurs.

Les besoins sont du côté de la moitié la moins riche des ménages, c’est pour eux qu’il faut construire, et ni le surendettement de masse, ni la marchandisation du logement social, ni le soutien à la rente locative et foncière ne sont la bonne réponse.

Il faut en urgence cesser les expulsions, appliquer la loi de réquisition, loger les sans-toit. Il faut aussi rendre le foncier, l’immobilier et les loyers accessibles à tous, faire face à la crise environnementale et énergétique, rechercher et soutenir des formes d’habitat alternatif et choisi, rétablir tous les moyens de financement du logement social par l’épargne populaire et lancer le grand chantier des logements sociaux. Contre le projet de loi Boutin et la crise du logement, et pour le droit au logement pour tous, un collectif d’associations, de syndicats et d’organisations lance une campagne et des initiatives, notamment : une manifestation le 11 octobre, à Paris et ailleurs, une caravane des mal-logés et des sans-logis au départ de Pau mi-octobre, une mobilisation pendant la réunion des ministres européens du Logement à Marseille, les 23 et 24 novembre…

Par Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de la fédération Droit au logement

MOUVEMENT POUR UNE PAROLE POLITIQUE DES PROFESSIONNELS DU CHAMP SOCIAL

MOUVEMENT POUR UNE PAROLE POLITIQUE DES PROFESSIONNELS DU CHAMP SOCIAL
Bourse du Travail de Paris, 4-5 octobre 2008

par François CHOBEAUX

En juillet dernier nous diffusions un texte d’appel intitulé « L’action sociale anesthésiée ? Reprenons collectivement l’initiative ».

Des personnes, des collectifs locaux, des associations nationales, des syndicats aussi, ont rapidement manifesté leur intérêt pour cette démarche et leur intention de participer à la rencontre que nous proposions.

Il est temps maintenant de préciser et de mettre en place ce rassemblement à la Bourse du travail.

Qui sommes-nous ?

Des professionnels du travail social, des responsables d’associations de professionnels et de mouvements d’éducation populaire, des hauts fonctionnaires, des formateurs, des chercheurs, déjà investis pour la plupart, entre 2002 et 2005, dans l’action collective : « 7-8-9. Vers les états généraux du social ».

Ensemble, nous sommes porteurs d’une volonté d’expression et de participation élargie de tous les professionnels du champ social, d’un secteur à l’autre. Déjà les trois structures signataires de l’appel de juillet : le MIHL (Mouvement interprofessionnel pour un humanisme laïc), la CPO (Conférence permanente des organisations professionnelles du social) et 7-8-9 Radio sociale oeuvrent dans ce sens. Vu la régression sociale que nous connaissons et l’asphyxie de bon nombre d’organisations isolées ou trop locales, il faut maintenant aller plus loin et amplifier le mouvement, sans corporatisme et en luttant contre notre propre dispersion.

Quel projet global proposons-nous ?

Quand nous disons « Mouvement pour une parole politique des professionnels » nous avons en réalité une double idée. C’est, d’une part, la volonté d’aider à ce qu’une parole, une pensée, une intelligence collective des professionnels du social trouve rapidement les conditions de son émergence, de sa structuration et de sa reconnaissance. Ceci, et c’est notre seconde idée, parce que nous pensons qu’il est indispensable que « le social » ne soit pas laissé aux seuls entrepreneurs administratifs ou moraux, aux seuls gestionnaires publics ou privés, à des décisions politiques conjoncturelles sans projet global ou à différentes stratégies de colmatage de l’« insécurité sociale ». Entre les décideurs et les usagers, et aux côtés des opérateurs associatifs, les professionnels ont toute légitimité à intervenir sur la conception des politiques sociales et sur les conditions de leur mise en oeuvre, au service des usagers.

Faire converger nos mobilisations

Nous réunir pour résister devient aujourd’hui une nécessité.

Pour l’heure, notre proposition est encore limitée mais elle est ambitieuse à terme. Rien n’est fixé à l’avance, tout est à construire ensemble. C’est pourquoi ce week-end d’octobre prochain a deux finalités : faire se rencontrer les professionnels du champ social pour partager les analyses et les actions en cours, mais aussi déterminer ensemble notre mode d’action collective à partir d’octobre 2008.

Encore une précision : nous souhaitons évidemment que cet avenir commun prenne en compte les acquis des mobilisations les plus récentes, professionnelles et militantes, et qu’il prenne également en compte l’existence des groupements pérennes et légitimes que sont les associations de professionnels, les mouvements professionnels militants et les syndicats. Nous ne sommes pas seuls. L’histoire s’écrit avec tous les « résistants ».

Une organisation pour la rencontre

Un lieu est mis à notre disposition :

la Bourse du Travail de Paris, (Salle Eugène Hénaff)
29, bd du Temple, 3ème arrondissement (Métro République).

Nous y préparons quatre séquences de travail :

- Samedi 4 octobre, accueil à partir de 9 h 30.
- de 10h à 12h30 : des échanges pour mettre à jour un « état des lieux » prenant en compte l’actualité et les travaux passés des états généraux du social et d’autres mobilisations...
- de 14h à 17h30 : des ateliers pour confronter les interrogations : Les professionnels ont-ils une expérience du social à opposer et à qui ? Quels liens entretenir avec le Politique, sous ses différentes formes ? Dans quels cas peut-on, doit-on, transgresser en tant que professionnel ? Quels liens entretenir avec les employeurs/opérateurs ? Quels liens entretenir avec les usagers ? Des mobilisations pérennes de professionnels sont-elles souhaitables et possibles ? À quelles conditions, avec quels leviers ? etc. Ces entrées sont des projets, des possibilités, qui pourront être modifiées en prenant en compte les avis et les suggestions qui nous seront adressés.

- Dimanche 5 octobre, de 9h30 à 12h30 : nous pensons demander à un intervenant périphérique au champ social de nous aider de son point de vue sur les grands changements en cours qui nous concernent tous : poids de l’économique, mise en oeuvre de la LOLF, de la RGPP, intégration du médico-social dans les ARS, effets emploi du RSA, mise en place du fichier Edwige, avenir de la qualité professionnelle et des professions...
- de 14h à 16h : nos projets d’organisation et d’action.

Notre engagement pour ces rencontres :

Nous assumons l’invitation et ses charges : l’organisation des échanges, les retransmissions, l’animation des séances et la mémoire des travaux (notamment au travers d’un nouveau site Internet).

Mais nous rappelons que nous ne prenons aucun engagement en ce qui concerne l’hébergement et la restauration.

Nous ferons probablement mais ultérieurement une ou des propositions pour la soirée du samedi en profitant de l’actualité culturelle et sociale à Paris (voir déjà une proposition de Théatre Forum à Montreuil par la Compagnie NAJE : www.naje.asso.fr ; fabienne.brugel@orange.fr).

Pour la CPO : François Chobeaux. www.cemea.asso.fr ;
Pour le MIHL : Joël Dutertre. joel.dutertre@free.fr ;
Pour 7-8-9 Radio sociale : Martine Pottier. www.789radiosociale.org.

Merci de nous confirmer votre présence avant le 29 septembre, en précisant vos éventuelles propositions (suggestions d’ateliers, textes ou mieux posters), vos désirs autres que matériels à la nouvelle adresse suivante : mp4champsocial@gmail.com.

09:14 Publié dans AGENDA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : travailleurs sociaux, travail social | | |  Facebook

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