22.03.2009
SDF : De quel camp êtes-vous ?
Urbanisation, logement, expulsions, sans-abri ...
De quel camp êtes-vous ?
Cette drôle de question nous a été posée, par un militant multi-cartes, pas content de notre résistance, de notre refus à nous laisser entraîner dans des petits jeux, aux louches enjeux.
Alors que nous faisons partie de ceux qui sont les premières victimes, de ce gouvernement despotique, voilà qu'on nous attaque encore sur notre liberté d'expression.
Il y a 100 000 expulsions chaque année en France et 100 000 Sans-Abri au minimum
Avec la fin de la trêve hivernale des expulsions, les locataires en cessation de paiement sont à nouveau confrontés au risque de se retrouver à la porte de chez eux.
Fin mars de nombreuses structures d’hébergement vont fermer leurs portes, et ce sont, des milliers de personnes qui, en France, vont se voir contraintes de retourner à la rue. Pour eux le gouvernement va financer, sur le papier, un millier de places. On est loin du compte.
Pour ce gouvernement le pauvre, le malade, le chômeur, le jeune, le retraité ... sont tous coupables.
Contrairement à la politique de culpabilisation et de criminalisation menée par le gouvernement, avec des annonces plus mensongères les unes que les autres, ce sont quatre-vingt-quinze pour cent des locataires "expulsables" qui sont de bonne foi.
Ce qu'il faut, c'est aider les familles à se maintenir dans leur logement en ne les laissant pas s'enliser dans les impayés.
Grâce à un amendement à la loi Boutin proposé par le groupe socialiste de l'Assemblée nationale, les préfets devront mettre en place une commission de prévention des expulsions.
• Nous souhaitons, que Strasbourg, et la Communauté Urbaine, aillent plus loin, et prennent en charge les dossiers dès la première assignation.
• Ce qu'il faut éviter aussi, c'est de bloquer l'APL, comme pratiqué actuellement. Car, cette suspension de l'aide personnalisée au logement précipite la chute du locataire.
Les petits propriétaires ne sont pas épargnés par cette machine à broyer les familles.
Si les gros bailleurs ont les moyens de gérer ces situations d'impayés, un grand nombre de petits propriétaires, eux, ont souvent besoin de leur loyer pour rembourser leurs emprunts, ou simplement pour vivre. Nous devons être solidaire de ces petits propriétaires souvent issus de la classe moyenne. Nous sommes du camp de tous ceux qui sont lésés à cause de la spéculation...
Alors, lorsque nous sentons qu'on veut nous entraîner en douce sur la réquisition de ces logements ... On dit non. Surtout lorsque c'est pour un enjeux électoral.
Malgré cette connaissance des dysfonctionnements d'un système "assassin", Boutin ramène la procédure d'expulsion de trois à un an. Mauvaise idée, surtout en période de crise. Tu choisis bien ton moment pour opposer les gens, et les idées.
La frontière entre l'expulsion et le fait de se retrouver sans domicile fixe est de plus en plus mince. En ce moment, ce sont des familles entières qui se retrouvent à la rue. Bien que, en principe, on ne peut plus expulser quelqu'un sans lui proposer une solution de relogement.
Mais on confond souvent relogement et hébergement.
Un hébergement ce n'est pas un logement !
L'hébergement, reste une solution temporaire, et incertaine. L'hébergement n'est pas adapté aux familles. Et puis, les places d'hébergement manquent déjà cruellement...
Pour loger, et reloger les gens, il faut des logements disponibles. Nous savons bien que c'est ce qui manque le plus actuellement.
Combien de temps allons nous rabâcher cette évidence, et faire face à un "pouvoir" qui n'est pas capable de prendre "le pouvoir d'agir" à bras le corps ?
Le pouvoir politique est trop lié aux grands groupes, aux grands patrons, aux grandes banques... Et trop attaché au fric pour prendre les bonnes décisions. Tous ces gens sont des voleurs et des menteurs, leurs actions, qui nous ont menées à la crise, sont malhonnêtes. Ce mélange entre le monde politique et le monde financier est criminel.
On devrait parler de la crise des valeurs, de la crise de l'humanité, de celle de la solidarité.
Vacance de logements
Dans le même temps, Il y a des logements vacants et des demandes de logements non satisfaites auprès des bailleurs sociaux. À Strasbourg, des logements vacants, il y en a partout...
Depuis septembre 2008, un 3 pièces est à louer au centre-ville, à Fg Nationale, et ne trouve pas de locataire, car le loyer n'est pas accessible aux plus modestes.
À louer, à louer, tant de panneaux partout en ville. Nous sommes du camp de ceux qui veulent connaître les vrais raisons de ces vacances.
Beaucoup de logements actuellement sur le marché ont été construits dans une finalité de défiscalisation, grâce aux lois de Robien ou Borloo. Ils ont été proposés comme de bons placements à des gens de la classe moyenne qui cherchaient quoi faire de leurs économies. J'ai bien peur que ces personnes ne soient à présent très déçues...
• Les prix doivent baisser. Allons nous attendre qu'ils soient "obligés" de baisser les prix ? Doit-on encourager les propriétaires à signer des conventions ?
Si rien ne bouge, doit-on réquisitionner ? En exigeant que la loi de réquisition soit appliquée ou par la force ?
Nous sommes du camp de ceux qui préfèrent le dialogue AVANT de passer à la force.
Nous sommes de ceux qui pensent que la réquisition de force, ne place pas forcément les familles dans des situations stables, pérennes ... La réquisition n'est pas un jeu. Elle mérité réflexion, organisation, ...
Keller/Grossman, y sont allés fort avec ce type de logements alors que, dans le même temps, un coup de frein a été donné sur le logement social. Nous nous trouvons en ce moment face à une inadéquation entre l'offre et la demande.
Je comprends bien les arguments de nécessaire mixité sociale
Mais je ne suis pas si sûre que ces "équilibres de dossier" soient bons. Je pense que dans une opération immobilière, il faut 30 % de logements sociaux à bas prix, très modérés et aux charges minimales. Bref 30% de PLAI.
Les charges : un basculement est en cours, les charges vont bientôt passer à 60% du loyer, jusqu'à le dépasser ? Comment vivre sans électricité, sans eau ? Comment y faire face ?
Tu te souviens lorsque tu défendais 50% de logements sociaux et écolos partout ? Ha, tu avais oublié...
C'est quand 2014 ?
Pour moi, le problème, c'est qu'une politique d'habitat, cela se planifie des décennies à l'avance. Lors de réunion, on nous propose 2014... C'est déjà bien loin pour moi, je l'avoue, car je suis sur le maintenant, sur le tout de suite ... Je suis dans l'urgence. Nous sommes des millions à être dans l'urgence en France. La réquisition "sauvage" serait "la" solution, tu n'as qu'une solution a "proposer" ?
Nous sommes du camp de ceux qui posent des questions.
• Lorsque des appartements ne trouvent pas preneur, ne peut-on pas imaginer que des bailleurs sociaux les rachètent ?
• Lorsque des chantiers de promoteurs peinent à vendre les "lots", ne peut-on imaginer que certains appartements soient réservés au social ?
• Pourquoi ne pas imaginer que les bailleurs sociaux rachètent des logements sur plan, avant construction?
• Lorsqu'une Ville à des logements vacants dans son patrimoine, ne peut-on exiger qu'ils soient céder à des bailleurs sociaux ?
• Quel est l'échéancier exact de toutes les actions lancées par la Ville et la Cus ?
• L'échéancier des constructions ?
• Ou se feront les coupes budgétaires si l'ANRU n'accordent pas toutes les subventions ?
Dans ce monde, on parle, on parle beaucoup. Et on parle beaucoup pour ne rien dire. Beaucoup de choses sont non dîtes. Beaucoup de gens sont abandonnés.
Il y a beaucoup de choses qui restent invisibles. Quand nous disons cela, ce n'est pas pour désigner des coupables. Si nous dénonçons des dysfonctionnements, nous ne désignons pas de coupables ... À part ce gouvernement que nous désapprouvons. Nous voulons que la réalité soit dévoilée dans son ensemble.
• Des femmes battues qui restent au "foyer" parce qu'il n'y à pas de place;
• Des sans-abri qui n'ont plus confiance, qui restent à la rue et fuient les travailleurs sociaux;
• Des travailleurs sociaux épuisés par les contradictions rencontrées qui mettent à mal leur "mission", leur "engagement";
• Des lieux d'accueil qui font de la remise à la rue, malgré le principe de continuité;
• Des lieux d'accueil qui trient, qui sélectionnent, et donnent la préférence à ceux qui bossent;
• Et ces mêmes lieux qui rusent pour éviter des remises à la rue, pour accepter des "cas" mal vus par les financeurs;
• Des gens expulsés, qui quittent leur logement d'eux-mêmes, parce qu'ils ont été intimidés par un courrier d'huissier ou du bailleur;
• ...
Rien de tout cela n'apparaît dans les statistiques. Nous le savons, c'est pourquoi nous pensons :
• qu'il faut 30% de logements sociaux à chaque projet, pas moins;
• qu'il faut arrêter de démolir des logements, et construire en masse;
• qu'il faut le gel des loyers et des charges;
• que les préfets doivent bloquer toutes les expulsions;
• que les personnes sans-abri et les familles expulsées méritent un accompagnement les aidant à se réhabiliter dans leurs droits;
• que des vacances soient confiées aux associations, et qu'on leur donne les moyens indispensables;
• que toutes les idées d'habitat autrement, soient inclues dans toutes les réflexions au lieu d'être pourchassées;
• ...
On peut nous reprocher plein de choses, mais pas de ne pas travailler. On ne peut pas nous reprocher de ne pas essayer de comprendre, et même d'analyser.
Nous sommes du camp de ceux pour qui notre légitimé à nous exprimer est évidente.
Comment c'est possible de réclamer que la société change ... sans vouloir changer soit même ?
Toi le militant multi-cartes tu mets en doute notre engagement et tu nous accuses d'avoir changer de camp, lorsque nous refusons d'être, encore une fois, manipulé, utilisé ...
Du coup on comprend mieux pourquoi tu ne t'intéresses pas aux propriétaires, aux promoteurs que notre Collectif de SDF rencontre...
Et si camp, il y à,
nous sommes de celui de la mauvaise foi : les expulsables;
nous sommes du camp des mauvais payeurs : les pauvres;
nous sommes du camp des bons à rien : les chômeurs
nous sommes du camp des profiteurs : ceux qui touchent les minima sociaux;
nous sommes du camp des personnes handicapées;
Nous sommes du camp de tous les malades, sacrifiés à l'hôtel du profit;
nous sommes du camp des travailleurs bafoués;
nous sommes de notre camp, celui des SANS !
18:23 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : sdf, sans-abri, sans domicile fixe, sdf alsace, strasbourg, logement À loyer modÉrÉ, logement social |
|
|
Facebook












Commentaires
et boum, en voilà encore un qui tombe de son piédestal
Votre sincérité vous honore, mais à strasbourg qui se préoccupe vraiment des sans-abri ? de votre collectif ?
La récupération est encore une fois évitée, que va t-il se passer après cette déclaration d'indépendance ?
en même temps les association n'auraient pas suivies ce groupe et ce dal sur des actions destructives aux intérêts louches peut-être, mais si évidents
je pense que leur crédibilité a prit un coup de plus, alors que vous pouvez être un magnifique étendard, pas assez malléable ? alors que votre crédibilité est là ...
mais voilà, le choix se porte sur le "logo" marque déposé ... et si on y rencontre des personnes malhonnètes, qu'importe !
ne lâchez pas
continuez à râler
et merci, car une association avertie ...
sachant que monique est très malade, dîtes lui que des personnes pensent à elles
Écrit par : JACQUES | 23.03.2009
merci jacques, je vais mieux.
en ce qui concerne la récup le collectif sait garder son nez propre
les gens, les personnes, les droits ... voilà ce qui nous fait tenir
Écrit par : monique | 23.03.2009
Écrire un commentaire