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30.05.2009

Pôle emploi veut que les départements financent le suivi renforcé des allocataires du RSA

LE MONDE - La généralisation du RSA ne tombe pas bien pour Pôle emploi. La très forte augmentation du chômage rend plus difficiles les missions du service public, qui devra, en plus, à partir du 1er juin, accueillir les demandeurs de cette nouvelle prestation.

Vendredi 29 mai, le ministère de l'économie devrait confirmer l'augmentation du chômage au mois d'avril, une hausse continue depuis un an. Mardi, l'Unedic annonçait 639 000 chômeurs de plus en 2009 et, jeudi, le Bureau international du travail a dit ses craintes d'un "record absolu avec 210 à 239 millions de chômeurs dans le monde et une augmentation de 39 à 59 millions en 2009".

Christian Charpy, directeur général de Pôle emploi, se veut rassurant sur l'arrivée des bénéficiaires du RSA. "Nous avons déjà 45 000 agents et nous pourrons dégager des moyens, d'autant que la montée en charge va être progressive, tous ne vont pas s'inscrire le 1er juin", a-t-il expliqué.

L'inquiétude règne pourtant au sein du personnel. Régis Dauxois (FO) critique une direction "incapable d'évaluer la charge de travail supplémentaire".

Sur le 1,2 million de bénéficiaires du RMI, un petit tiers était pris en charge par l'ANPE. La proportion, avec le RSA, devrait être inverse. Soit un afflux de près de 400 000 personnes. "Avant, explique Martin Hirsch, le haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, même quand l'ANPE allait bien, les RMistes étaient laissés de côté. Là, les bénéficiaires du RSA seront traités comme tous les demandeurs d'emploi qui auront affaire à un service public surchargé."

Pour faire face, Pôle emploi a soumis une convention cadre à l'Association des départements de France (ADF) proposant un accompagnement renforcé des bénéficiaires du RSA, à la charge financière des départements. Comme en 2005, quand une convention avait été signée pour la prise en charge des RMistes.

L'ADF n'en a pas voulu, trouvant l'addition trop salée. Pour Claudy Lebreton, président de l'ADF et du conseil général (PS) des Côtes d'Armor, "la loi précise que Pôle emploi doit assurer une prestation normale à destination des titulaires du RSA, sans que les départements n'aient à payer en plus". Selon lui, beaucoup de conseils généraux considèrent de plus que ce n'est pas obligatoirement Pôle emploi qui doit assurer cette mission. "Je me pose la question, confie M. Lebreton, de créer un service public pour faire cet accompagnement, au vu des tarifs proposés par Pôle emploi."

Pour M. Hirsch, la démarche de Pôle emploi reste normale. "Si les départements estiment que les allocataires du RSA nécessitent un accompagnement renforcé, il est normal que Pôle emploi leur dise ne pas en avoir les moyens et les mettent à contribution", explique-t-il. A contrario, dit M. Hirsch, "si certains départements ont été déçus par Pôle emploi ces dernières années et qu'ils veulent travailler avec un autre partenaire, c'est de leur responsabilité, on leur laisse la liberté."

Le directeur de Pôle emploi relativise le problème. "Nous allons signer des conventions avec la grande majorité des départements, dit M. Charpy, comme nous venons de le faire dans le Rhône où le conseil général finance 50 postes à Pôle emploi".

Rémi Barroux

05:44 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rsa, caf, rmi, cnaf | | |  Facebook

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