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30.07.2009

LA POSTE : LES DERNIERS COMMUNIQUÉS ET LA REVUE DE PRESSE DU JOUR

Communiqué Force Ouvrière

L'avenir de La Poste n'est pas un devoir de vacances

Le projet de loi de transformation de La Poste en société anonyme est aujourd'hui à l'ordre du jour du Conseil des ministres. Il est probable que l'ambiance de fin d'année scolaire qui y règnera, ainsi que le souci, explicable depuis ce week end, de ne pas faire trainer la séance en longueur, transformeront l'examen du texte en validation rapide.
L'avenir de La Poste n'est pourtant  pas un devoir de vacances que l'on expédie. FO Communication rappelle que déchoir La Poste de son statut d'établissement public ne correspond ni à une obligation européenne, ni à une nécessité économique et encore moins à un impératif social.
Ce projet est une faute en soi. Il est particulièrement vicié sur deux aspects essentiels : la structure du capital de la société anonyme et le financement des services publics.
Sur le premier point l'ambiguïté règne toujours : « capitaux publics », « acteurs publics » sont autant d'expressions qui ne garantissent pas que l'Etat restera le seul propriétaire de La Poste.
Sur le second point, les « assurances » avancées par le Gouvernement demeurent purement déclaratives : le coût des missions de services publics n'est pas fixé, leur structure de financement n'est pas fixée.
Quant au « développement » de La Poste, il serait temps de s'entendre sur sa signification. Surtout dans une période où les grands opérateurs de courrier remisent leur rêves expansionnistes et se replient sur leurs prés-carrés. Plutôt que de prétendre à la couronne de reine du courrier en Europe, La Poste devrait commencer par cesser de fermer les bureaux de Poste et de supprimer des emplois en France...
FO COM rappelle aussi cette évidence : le débat et le combat pour une Poste publique ne s'achèveront pas sur un compte rendu de conseil des ministres.
La mobilisation du personnel et des citoyens va rapidement se confirmer, qu'il s'agisse des journées d'actions syndicales ou du processus référendaire d'initiative populaire.

Paris, le 29 juillet 2009

Les Français invités à se prononcer sur le statut de La Poste

NOUVELOBS.COM | 29.07.2009 | 18:28

Le Comité national contre la privatisation de La Poste a lancé une campagne pour une consultation nationale le 3 octobre, invitant les Français à se prononcer sur le changement de statut de l'établissement public.

Partis, associations et syndicats se sont réunis en un Comité national contre la privatisation de La Poste, et ont lancé mercredi 29 juillet une campagne de consultation nationale prévue pour le 3 octobre. Ils invitent les Français à se prononcer sur le changement de statut de l'établissement public.
Le Comité a réitéré mercredi, lors d'une conférence de presse, son opposition au texte, présenté le jour même en Conseil des ministres, qui prévoit la transformation de La Poste en société anonyme, à capitaux 100% publics. La consultation nationale sera organisée dans certaines mairies et collectivités, devant les bureaux de poste et sur les marchés.

Tous les partis invités à participer


Si évidemment les mairies de gauche (PS, PC, Parti de gauche, Verts, etc.) ouvriront plus facilement leur portes pour ce vote, des élus de droite et des non inscrits participeront aussi, a assuré Razzi Amadi (PS), parlant d'une "étape dans la construction d'un rapport de force".
Une question sera posée aux Français : "Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser, êtes-vous d'accord avec ce projet?".


"Touche pas à ma Poste"


Pour Joëlle Roye (CGT), dont le syndicat a déjà rassemblé plus de 400.000 signatures dans une pétition intitulée "Touche pas à ma Poste", cette "votation citoyenne" est "une étape" pour obtenir un référendum constitutionnel.
"L'enjeu (...) c'est d'obtenir un débat citoyen qu'on nous refuse", a renchéri Annick Coupé (Solidaires) rappelant que le comité demande depuis un an la tenue de ce référendum.
"Le gouvernement a pris ses responsabilités sur le fait de ne pas vouloir assumer de débat public", a ajouté Verveine Angeli (Attac).

Marche vers une privatisation


Pour le comité, "il n'est pas trop tard, le gouvernement peut encore prendre la décision d'abandonner son projet de privatisation. Il doit le faire car quoiqu'il en dise, la transformation de la Poste en société anonyme, c'est la privatisation", selon Régis Blanchot (Sud-PTT) qui lisait une déclaration commune.
Le Comité ne croit pas aux garanties du gouvernement sur les capitaux qui resteront publics. "L'argument est éculé et ne convainc plus personne", a déclaré Bernard Dupin (CGT), tandis que Joëlle Roye (CGT) a souligné que "dans 13 pays où le marché a été libéralisé, cela s'est traduit par des incidences négatives sur l'emploi, et la dégradation du service public".
L'HUMANITE
La Poste : vannes ouvertes au privé
Privatisation . Le Conseil des ministres examine aujourd’hui le projet de loi transformant l’entreprise en société anonyme. Quatre syndicats annoncent une journée de grève pour septembre.

Top départ, aujourd’hui, pour le changement de statut de La Poste. C’est ce matin que le Conseil des ministres examine le projet de loi « relatif à l’entreprise publique La Poste et aux activités postales », qui sera déposé au Parlement à la rentrée pour être discuté à l’automne. Un texte qui, malgré sa brièveté - onze pages -, engage un tournant dans l’histoire de La Poste, tant pour ses personnels que pour ses usagers. Un texte à double détente, puisque, d’une part, il prévoit la transformation de La Poste, exploitant public, en société anonyme, au 1er janvier 2010, et d’autre part, organise la transposition en droit français de la directive européenne postale de février 2008, qui libéralise totalement le marché du courrier au 1er janvier 2011. Le gouvernement essayant de faire croire que l’ouverture à la concurrence rend obligatoire le changement de statut de La Poste, pour lui permettre de se battre à armes égales avec les opérateurs privés qui vont arriver sur le marché.

Un faux rempart contre les capitaux privés

Depuis l’annonce du changement de statut, il y a un an, la ligne du gouvernement est restée constante : rassurer personnels et usagers, tenter de les persuader que l’avenir de La Poste n’est pas celui de sa « cousine » France Télécom, avec les dégâts bien connus sur les conditions de travail, le service rendu, les prix. Tenter de convaincre, donc, qu’il ne s’agit en aucun cas d’une privatisation. « À aucun moment nous ne laisserons place à l’intérieur du capital à quelque acteur privé que ce soit », martelait ainsi le ministre de l’Industrie, Luc Chatel, le 16 juin dernier, lors de la présentation du projet de loi. Pour le ministre - depuis remplacé par Christian Estrosi -, le texte interdit toute privatisation puisqu’il stipule que le capital de la société anonyme La Poste « est détenu par l’État ou d’autres personnes morales appartenant au secteur public », sauf la partie détenue par le personnel (actionnariat salarié).

Le hic, c’est que l’expression « secteur public » désigne les entreprises ayant plus de 51 % de leur capital détenu par l’État, autrement dit, jusqu’à 49 % de capitaux privés. Le plan du gouvernement est de faire entrer dans un premier temps la Caisse des dépôts, organisme 100 % public, au capital de La Poste aux côtés de l’État, pour un apport total supplémentaire de 2,7 milliards d’euros à l’entreprise. Mais par la suite, sous prétexte de besoins de financement de La Poste face à la concurrence, de nouvelles augmentations de capital ou la cession des parts de la Caisse des dépôts pourront à tout moment amener l’intervention de sociétés aux capitaux en partie privés. Sans compter qu’il suffira d’une nouvelle loi pour modifier à la baisse le caractère « public » du capital de La Poste. C’est l’histoire de France Télécom.

La menace pèse de plus en plus sur le service public

Toujours pour rassurer, le texte rappelle pour la forme que La Poste SA continuera de remplir ses quatre missions de service public (aménagement du territoire, transport et distribution de la presse, accessibilité bancaire et service universel postal), mais sans en préciser les modalités. Il stipule qu’après l’ouverture totale à la concurrence, c’est La Poste qui restera pendant quinze ans prestataire du service universel postal, que le Code des postes définit très modestement comme la levée et la distribution du courrier tous les jours ouvrables, pour tous les usagers, à un prix « abordable ». La Poste finance actuellement cette mission grâce à son reste de monopole sur les plis de moins de 50 grammes.

Comme le 1er janvier 2011 marquera la fin de tout monopole, le financement du service universel sera assuré par un « fonds de compensation » auquel contribueront les opérateurs privés, « au prorata de leur chiffre d’affaires réalisé » sur les envois de moins de 2 kg, sans que la hauteur de cette participation ne soit précisée. Enfin, le gouvernement répète à l’envi que le statut des 151 000 postiers fonctionnaires sera « préservé ». Mais, selon le projet de loi, ils seront « rattachés à la société La Poste et placés sous l’autorité de son président qui dispose des pouvoirs de nomination et de gestion à leur égard ». Ce qui les sort clairement du giron et des règles de la fonction publique, tout comme l’ont été, après 1997, les agents de France Télécom, qui ont perdu la plupart de leurs garanties, sauf la sécurité de l’emploi.

Pour les syndicats, il s’agit bel et bien du lancement de la privatisation. Sur fond de multiplication des conflits locaux liés aux réorganisations et aux suppressions d’emplois, tant chez les facteurs que dans les centres de tri et les bureaux de poste, la CGT, SUD, FO et la CFTC annoncent déjà une journée d’action nationale « de grève et de manifestations » pour septembre. En parallèle, le Comité national contre la privatisation de La Poste, qui réunit ces syndicats plus 80 associations et partis de gauche, organisera le 3 octobre une consultation nationale pour permettre aux usagers de dire « non » au changement de statut.

Fanny Doumayrou

 

Interview Régis Blanchot - SUD PTT

Service Public

"Il existe d'autres solutions que l'ouverture du capital de La Poste"

L'EXPANSION - Propos recueillis par Laura Raim - 29/07/2009
Alors que la réforme de la Poste a été présentée mercredi en Conseil des ministres, les opposants au changement de statut ont lancé leur campagne pour une consultation nationale le 3 octobre. Les explications de Régis Blanchot, représentant de Sud PTT.
Pourquoi êtes-vous opposé à ce que la Poste devienne une société anonyme à capitaux 100% publics ?

Parce que cela ouvre la voie à la privatisation. Le gouvernement a beau dire que les capitaux resteront 100% publics, la loi dit qu'ils seront détenus par l'Etat et par des personnes morales appartenant au secteur public. Or dans le secteur public, il y a des entreprises détenues à 50% par l'Etat, qui détiennent elles-mêmes des filiales complètement privées... A quoi ça servirait de changer le statut si ce n'est pour pouvoir introduire des fonds privés. On l'a déjà vu avec France Télécom, EDF, GDF...

Et quels sont les risques d'une privatisation ?

Les missions de service public sont contradictoires avec l'exigence de rentabilité d'une entreprise privée. Pour prendre un exemple,  il y a des quartiers populaires où les bureaux de postes seront supprimés, non pas parce qu'il y a peu d'activité, mais parce qu'ils ne sont pas rentables : les RMIstes qui viennent faire des retraits, ça ne rapporte pas. La qualité du service pâtira forcément de cette logique de rentabilité : la distribution se fera 5 jours sur 7, comme le requiert l'UE, et non plus 6 sur 7. Le J+1 sera abandonné... Même si les capitaux restaient 100% publics, ce serait l'Etat qui exigerait la rentabilité et des dividendes.

Craignez-vous des suppressions de postes ?

Oui.  Pour rassurer, le gouvernement dit qu'il ne changera pas le statut des agents. Mais depuis 2002, il n'y pas eu un seul recrutement de fonctionnaire. 43% du personnel est salarié de droit privé! Or ceux-là ne sont pas à l'abri de licenciement. En plus, Jean Paul Bailly a assuré qu'il n'y aurait pas de licenciement collectif économique entre 2008 et 2012, ce qui laisse la porte ouverte pour après.

Comment faire face à la dette de 5,8 milliards d'euros, sans ouvrir le capital de la Poste?

Déjà, il faut connaître l'origine de cette dette. Il existe plusieurs postes de dépenses liées aux missions de service public, pour lesquels c'est littéralement la Poste qui finance l'Etat !  La Poste dépense 260 millions pour le maintien de bureaux dans les secteurs peu rentables. 500 millions pour l'aide à la presse. L'Etat ne peut pas demander à la Poste d'apporter ces subventions et d'être rentable à la fois ! Si l'Etat finançait tout ça lui-même la Poste serait moins endettée.

Ensuite, pour ce qui est des financements à trouver, il existe d'autres solutions. La Poste a une grande richesse : son réseau de 11.000 bureaux dans toute la France. Dans certains secteurs populaires ou ruraux, c'est le seul service public, ou la seule banque. On pourrait utiliser ces bureaux pour accueillir d'autres services publics ou d'intérêt général, qui participeraient alors au financement. Le ministère de l'Intérieur pourrait par exemple avoir une antenne pour les cartes grises, et EDF pourrait y avoir un guichet.

Pourquoi organiser une consultation nationale?

Selon les sondages, les Français sont majoritairement contre la privatisation de la Poste. Un référendum obligera le gouvernement à le reconnaître. Le changement de statut n'a jamais été évoqué pendant la campagne présidentielle de 2007. Cela ne fait pas partie des promesses électorales de Nicolas Sarkozy, donc il ne peut pas prétendre que le peuple l'a élu pour ça!

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