24.05.2010
La mort rode dans les rues de Strasbourg
La mort rôde chaque jour, dans les rues de Strasbourg
La semaine dernière un homme de 27 ans mourait de la rue à Strasbourg, dans une indifférence quasi générale. En dehors de quelques relations et du Travailleur Social qui tissait petit-à-petit un lien avec lui, personne n'a bronché.
Nous avons mis cette information en ligne sur Facebook sans obtenir un petit clic solidaire de toutes les personnalités politiques présentes sur ce réseau social. À l'évidence un commentaire du style "il fait beau" à plus de chance de les faire réagir.
Depuis le 31 mars tous les hébergements d'urgence ont fermé comme chaque année, alors que c'est connu de tous, "La rue tue toute l'année".
C'est plus de 400 places qui sont concernées sur Strasbourg. Une partie de ces places accueillaient des familles avec enfants. Un petit nombre d'entre elles, a été relogé dans des hôtels (lire l'unique et discret article à ce sujet).
Strasbourg ! peine Capitale, peine maximale !
Une municipalité, une Communauté Urbaine, extrêmement ambitieuse. Il n'y a pas une semaine sans l'annonce de son grand projet à coup de millions d'euros : golf, rallye automobile, foot, maison de l'Europe, etc. Tout pour le bien-être de quelques catégories, tout pour les touristes.
Tous ces projets sont accompagnés de la sempiternelle justification des "retombées". Mais quel Alsacien peut encore douter que lorsqu'il y a des retombées financières elles ne vont pas dans des poches déjà pleines ? (info1)
Strasbourg et la CUS refusent de trouver une solution pérenne et stable pour seulement 400 personnes. Usant des mêmes artifices que la précédente municipalité, la municipalité PS/Verts pratiquent un mépris teinté de bons sentiments.
L'État ne remplie plus son rôle protecteur ? N’est ce pas le rôle de tous les élus ?
Toujours ces mêmes jeux de pase-passe politique ou, au final, tout le monde s'entend à ne rien faire, et pire pour certains à laisser faire.
Les associations
• Depuis deux ans chaque hiver des associations ont accepté de "proposer" des chaises pour que les personnes y passent la nuit.
Si elles refusaient, que se passerait-il ? Si elles se réunissaient pour refuser que se passerait-il ?
Mais il est de bons tons de se tirer dans les pattes et de se désigner ; celle là fait de la chaise !
• Nous avons enfin pu prouver, démontrer avec un exemple concret, que le 115 de Strasbourg et des associations pratiquent la liste noire. Cette liste est un moyen de repérer les personnes qui ont fait du grabuge ou qui seraient susceptibles d'en faire.
Il y a une marge entre se protéger, blâmer une personne pour des problèmes de comportements et condamner arbitrairement.
Car la liste noire est bien une condamnation sans limite dans le temps à se voir refuser tout hébergement, toute aide.
Les associations ont depuis longtemps cédées, pliées à ce que ce vilain état demandait : des chiffres. Depuis longtemps elles sélectionnent à l'entrée, avec une nette préférence pour les "moins abîmés".
Nous vous conseillons de lire le rapport Michalot sur les pratiques d'hébergement, qui, au passage questionne aussi sur les pratiques des travailleurs sociaux.
Quotas, chiffres, fric, charges ... Et ceux qui devraient mettre l'humain en avant, l'étouffent, le piétinent. Ceux dont le "métier" est d'ouvrir des portes aux plus fragiles, les leurs claquent au nez.
Le marché de la misère à de beaux jours devant lui ... mais nos jours sont comptés ... À moins que nous décidions de prendre notre destin en main loin de toute cette hypocrisie assassine.
Le droit au logement ? Les droits de l'homme ?
Pas de doute c'est bien aux pouvoirs politiques, à tous les niveaux, État, Régions, Départements, Villes, qu'incombent la défense des droits de l'Homme.
Nous tous, citoyens de tous bords les élisons pour cela.
C'est pourquoi tous les citoyens et toutes les associations civiles devraient faire pression sur tous les élus sans exception et leur réclamer des comptes.
Quelle association "militante" n'a pas son élu, ou des militants qui affichent clairement leur appartenance à un parti politique?.
Il ne s'agit pas de leur refuser le droit, comme tout citoyen à s'impliquer activement. La question est : Sont-ils intègrent ? Oeuvrent-ils au sein de ces associations pour le bien des gens uniquement ? Sans propagande ? Sans prosélytisme ?
La réponse se trouve dans les choix d'actions, les cibles et les résultats de ces associations.
Qui sommes-nous ?
• Elle a 26 ans. Violée depuis l'âge de 14 ans, successivement par son père, son beau-père. Puis battue par son mari pendant six ans. Elle s'est vue proposer un hébergement collectif dans lequel, elle n'a jamais pu s'intégrer. Renvoyée à la rue sans proposition de rechange.
• Il a 36 ans. Après le décès de sa femme, il a plongé dans la douleur et dans l'alcool. Renvoyé du boulot. À la fin des assedics ... Rien. Il a dû attendre quatre mois pour obtenir le RSA ... Il a perdu son appartement. Son assistante sociale lui dit sans cesse "je ne peux rien faire" ... Il est à la rue
• Elle a 46 ans, veuve, handicapée physique. Elle est douce, généreuse, pleine d'amour pour la vie, pour les gens. Jamais d'emploi pour elle, même pas les pires. Et les formations lui sont refusées ... À cause de son âge pense-t-elle... Elle touche 660 euros au titre de l'AAH. Sa tutelle sensée la "protéger" lui retire chaque mois 550 euros pour les frais de loyer, charges, etc.
• Elle est EVS pour l'éducation nationale, c'est sa 2e année. 611 euros net parmois. Tout s'est bien passé, elle est félicitée par les gentils profs tous les jours. La semaine dernière, ils lui ont dit "tu nous manqueras, on espère que tu trouveras quelque chose l'année prochaine". Alors qu'on annonce des fermetures de Classes d'Inclusion Scolaire ;
• Elle vit dans un 2 pièces avec ses 3 enfants. Aucune proposition de HLM depuis 7 ans. Aucun logement du privé dans ses moyens. Elle fait un 3/4 de temps en tant qu'agent de caisse. Ses gosses, dit-elle, lui échappe et elle a peur pour eux.
• Elle est femme de ménage dans une gentille entreprise de ré-insertion ... Des horaires de dingues, prévenue au dernier moment pour 2 heures de ménage à l'autre bout de la ville, contrôle, surveillance, brimades ...
Annexes et Infos
(info 1) à quoi servent les impôts ?
1/ Marché de Noël : Ville 1 Million d'euros et autres bricoles. On nous parle des retombées financières estimées à 160 Millions d'euros pour les hôteliers, les commerçants, sncf, navettes, autocaristes... les Strasbourgeois se sont vus proposés quelques petits boulots très mal payés. Vendeur de bougies par moins dix degrés !
2/ le sommet de l'Otan : 16 Millions d'euros, un coût dévoilé à minima. 1.500.000 d'euros pour Strasbourg et CUS. À cela s'ajoutent la mise à disposition du Palais des congrès et ses dîners fastueux. Les lieux d'accueil des sans-abri étaient fermés ! Ajoutez aussi la fermeture des gymnases, d'infrastructures, des lycées et d'entreprises !!!
3/ Golf de la Sommereau : Environ 5 Millions d'euros, dans un premier temps. Les impôts des pauvres pour les loisirs des riches.
4/ Rallye automobiles 2010 : pour le moment 1,3 Million d'euros sont prévus. Région : 360.000, Cus : 300.000, Strasbourg : 300.000, CG67: 300.000, CG 68 : 200.000, Mulhouse : 100.000 ... pour le moment !! Certaines villes n'osent dévoilées leur participation. Et bien sûr on ajoute : mise à disposition d'infrastructures, aménagements divers, gros salaires des coureurs, des organisateurs ...
Anecdote
Les associations qui distribuent des repas sont submergées par toujours plus de demandes. La population qui fréquente les lieux de distribution a augmentée : chômeurs, emplois précaires, femmes isolées, étudiants, retraités...
La SOCIÉTÉ "Strasbourg événement" qui organise la foire de Strasbourg en septembre, a prévenu qu'elle n'offrirait pas, comme les précédentes années, le déjeuner aux maires après leur sympathique AG... Qu'à cela ne tienne ! Le maire de Strasbourg s'est spontanément proposé de payer, aux frais des contribuables Alsaciens.
11:04 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : sdf alsace, mort de la rue, strasbourg, militantisme, sans-abri, hébergement d'urgence |
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