17.12.2011
Plan Hivernal : une initiative de Strasbourg face au désengagement irresponsable de l'état (article parue dans les DNA)
« Pour pallier la défaillance de l’Etat », dixit l’adjoint au maire Philippe Bies, la municipalité ouvre aux sans-abri isolés le bâtiment A de l’ancienne auberge de jeunesse René-Cassin. Financés intégralement par la Ville et la CUS, 45 lits, gérés par l’association Antenne, devraient être opérationnels d’ici deux semaines.
Priorité aux familles, réduction du nombre de places ouvertes jusqu’au 31 mars, déclenchement tardif du plan hivernal : la préfecture a revu cette année sa doctrine en matière d’hébergement d’urgence des sans-abri (lire DNA du 1 er décembre). Au grand dam des associations — gestionnaires comme militantes — spécialisées dans le social.
La Ville n’avait pas goûté le changement de stratégie rendu public fin novembre. Philippe Bies, adjoint au maire en charge du Logement social, avait qualifié la politique préfectorale « d’inacceptable ». L’élu n’est pas resté les bras ballants.
« Nous avons décidé de renforcer le plan hivernal pour pallier la défaillance de l’Etat, assène Philippe Bies. Dès la semaine prochaine, nous ouvrons aux sans-abri isolés le bâtiment A de l’ancienne auberge de jeunesse René-Cassin. »
Un accueil « inconditionnel »
C’est l’association Antenne qui va gérer le lieu et porter l’opération, évaluée à près de 100 000 €, « financés intégralement sur le budget de la Ville et de la Communauté urbaine », insiste Christian Spiry, le conseiller municipal chargé du dossier.
« Pour l’instant, nous avons l’autorisation pour 45 lits. Nous devrions en ouvrir une vingtaine dès le 21 ou le 22 décembre. Nous monterons ensuite en charge dans les semaines suivantes. Et s’il le faut, nous ferons de la suroccupation dans les limites du raisonnable », détaille Philippe Burtscher, vice-président d’Antenne chargé de toutes les opérations relevant de l’urgence hivernale.
De fait, les travaux de remise en état sommaire se poursuivent dans les étages où l’on déplore vols de chauffage et de câbles en cuivre depuis la fermeture de l’auberge l’été dernier.
L’objectif est d’accueillir des personnes isolées de façon inconditionnelle, insistent en chœur Philippe Bies et Christian Spiry. En clair, pas question de refuser les déboutés du droit d’asile ou les personnes en état d’ébriété. Avec ce bémol, les places ont été reversées dans le dispositif hivernal : ce sont donc les équipes du 115 — le numéro de téléphone de l’urgence sociale — qui orienteront les appelants vers la structure. « Nous participons à la gestion du 115. Nous serons très attentifs à la suite des événements. Pas question de filtrer les publics en fonction de leur statut », assure Philippe Bies.
Antenne devrait mobiliser 7 personnes pour organiser un accueil à deux veilleurs, 24 heures sur 24, pérenne jusqu’au 31 mars. « Nous ne mettrons pas les personnes dehors au petit matin pour les reprendre trois jours plus tard », assure Philippe Burtscher.
La Ville prévoit enfin, en cas de grand froid, d’ouvrir 40 places destinées aux familles et aux isolés dans l’ancienne crèche relais de la rue d’Or. « C’est risqué de compenser le désengagement de l’Etat. Mais nous faisons cet effort au nom du devoir de solidarité. Et nous espérons que d’ici l’hiver prochain, une autre politique sera mise en œuvre », justifie Philippe Bies.
La préfecture n’a pas souhaité hier commenter l’initiative municipale.
SOURCE DNA - MANUEL PLANTIN : http://www.dna.fr/edition-de-strasbourg/2011/12/17/plan-h...
08:20 Publié dans Actualité, Communiqué | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : sdf, sans-logis, demandeurs d'asile, logement social, apparu, sans abri, droit au logement, dal, dalo, sdf alsace, strasbourg, philippe bies, 115 |
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Commentaires
Les commentaires sont fermés. Dommage! Mais nous y sommes obligés car la malveillance de certains "élus" hargneux et de leurs sous-fifres haineux n'a pas de frontières.
Nous savons que leur haine, leurs menaces, leurs gesticulations n'est que l'expression de leur incompétence et de la faillite de leurs "actions".
L'essentiel pour ces gens là, n'est pas notre droit à un logement !
Écrit par : collectif sdf alsace | 17.12.2011
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