30.07.2008
La contestation du fichier EDVIGE se développe sur la droite.
Après CAP 21, Centr'EGAUX (association de centristes homosexuels), Gaylib (association rattachée à l'UMP), c'est désormais au tour du MODEM.
La demande de retrait est désormais portée par 508 organisations associatives, syndicales et politiques qui soutiennent l'Appel pour l'abandon du fichier EDVIGE (NB : parmi les organisations politiques signataires, on trouve notamment la LCR, le PCF, les Verts, le Parti Socialiste, les Jeunes Radicaux de Gauche, CAP 21...).
L'Appel en ligne depuis le 10 juillet
http://nonaedvige.ras.eu.org/
a déjà recueilli
59 316 signatures
Le recours collectif devant le Conseil d'Etat est en préparation et devrait être porté, notamment, par les Confédérations CGT et CFDT, Solidaires, FSU, la Ligue des Droits de l'Homme, le Syndicat des Avocats de France, le Syndicat de la Magistrature ...
Une réunion du collectif des organisations est programmée le 28 août au siège de la Confédération CGT à Montreuil et une conférence de presse des organisations engageant le recours est prévue le 9 septembre.
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25.07.2008
LE MONDE : Edvige, Cristina, Ardoise : la difficile mobilisation contre les fichiers de police
Enquête
Edvige, Cristina, Ardoise : la difficile mobilisation contre les fichiers de police
Quand Edvige masque Cristina... Trois cent vingt-huit associations, syndicats et partis politiques ont signé l'appel pour obtenir l'abandon du fichier de police baptisé Edvige (acronyme pour Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale), et 46 110 personnes avaient paraphé, jeudi 24 juillet, la pétition. Parmi les dernières organisations à rejoindre le collectif Non à Edvige, figurent la branche française d'Amnesty International et, depuis le 22 juillet, la CFDT. La centrale syndicale, tout comme FO, a rejoint le mouvement pour déposer un recours devant le Conseil d'Etat.
Pendant ce temps, le fichier Cristina (Centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les intérêts nationaux) prend forme sans opposant. Classé "secret défense", c'est comme s'il n'existait pas. Il contient aussi des données personnelles sur les personnes fichées mais son spectre est plus large puisqu'il englobe leurs proches et leurs relations.
Les deux fichiers ont un point commun ; ils sont tous deux issus de la réforme du renseignement qui a abouti au démantèlement des Renseignements généraux (RG). Une partie des fonctionnaires rejoint la sécurité publique au sein d'une nouvelle sous-direction de l'information générale (SDIG) ; une autre fusionne avec la DST pour former la direction centrale du renseignement intérieur. Logiquement, le fichier des "RG" a suivi le même parcours donnant naissance, le 1er juillet, d'un côté à Edvige, de l'autre à Cristina, qui conserve le caractère secret de l'ancien fichier DST. Mais l'un est soumis au contrôle de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), l'autre pas.
"DONNÉES SENSIBLES"
La mobilisation des anti-Edvige n'a cessé de s'amplifier depuis la publication du décret instituant le fichier pour lequel la CNIL a donné un avis favorable avec des "réserves" - notamment sur la traçabilité des consultations, jugée insuffisante. Le collectif proteste ainsi contre l'extension, dès l'âge 13 ans, des personnes qui peuvent y figurer dès lors qu'elles portent atteinte à "l'ordre public". Une disposition qui n'était pas précisée dans la version RG du fichier régi par un décret de 1991.
En réalité, le fichage des adolescents, déjà autorisé dans le cadre de fichiers de police judiciaire comme celui des empreintes génétiques, se faisait même dans le domaine du renseignement. "C'est une logique de clarté qui a prévalu", affirme l'entourage de la ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, en présentant Edvige comme un fichier "un peu toiletté". "La folie des fichiers n'a pas épargné les mineurs", relevait, dès avril 2007, le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) dans son bulletin Justice, en dénonçant le manque de "disposition protectrice" dans l'ordonnance de 1945.
Autre source de mécontentement : comme dans l'ancien fichier des RG, Edvige peut collecter des données sur toute personne jouant "un rôle politique, économique, social ou religieux significatif". Mais il sera possible, en plus, d'y faire figurer des paramètres personnels comme l'orientation sexuelle ou la santé. Le gouvernement s'appuie pour cela sur la loi du 6 août 2004, dont les décrets n'étaient jamais parus...
"Initialement, les comportements et déplacements des personnalités devaient y figurer, déclare le secrétaire général de la CNIL, Yann Padova. Quant aux données sensibles sur la santé ou l'orientation sexuelle, nous avons obtenu qu'elles soient mentionnées de manière exceptionnelle et non sans limite comme cela était prévu." La CNIL a craint aussi que le décret Edvige ne soit pas publié. Le ministère dément : "Il n'y a jamais eu d'hésitation à ce sujet."
La bataille sur les fichiers de police est loin d'être finie. Récemment, la CNIL a été sollicitée, par courrier, par les services de Mme Alliot-Marie pour se prononcer dès septembre sur Ardoise. En avril, la ministre avait pris la décision de suspendre ce logiciel censé alimenter la future base de données commune à la police et à la gendarmerie, et qui devait comporter des éléments sur l'orientation sexuelle, l'appartenance syndicale ou religieuse, ou, le cas échéant, la mention "SDF" des personnes fichées. A la CNIL, qui n'a pas le pouvoir d'empêcher la création d'un fichier, on "s'interroge" aujourd'hui sur cette saisine.
Isabelle Mandraud
Les principaux fichiers de police et de gendarmerie
STIC : Système de traitement des infractions constatées. Créé en 2001, il constitue le plus gros fichier de police. Il contient des renseignements issus des procès-verbaux sur les auteurs d'infraction, les personnes mises en cause et les victimes. Soit plus de 5 millions de noms, mineurs compris, et 35 millions de procédures. La CNIL contrôle en ce moment le fichier et devrait rendre ses conclusions en septembre.
JUDEX : créé en 1986 et étendu en 1993, il contient des données sur les personnes recueillies dans toutes les procédures établies par les gendarmes. Consulté à 12 millions de reprises en 2007, il devrait, à terme, fusionner avec le STIC, ce qui aboutira à la création du plus gros fichier jamais vu jusqu'ici en France.
FNAEG : Fichier national automatisé des empreintes génétiques. Créé en 1998, commun à la police et à la gendarmerie, il a été étendu en 2003. Il contient près de 500 000 empreintes.
FAED : Fichier automatisé des empreintes digitales. Créé en 1987, il a été consulté à 21 000 reprises en 2007 par la police et la gendarmerie.
FPR : Fichier des personnes recherchées. Créé en 1996, étendu en 2005, c'est le fichier le plus consulté par la police et la gendarmerie : 54 millions de fois en 2007.
SALVAC : Système d'analyse et de liens de la violence associée au crime. Créé en 2003, il contient des données sur les tueurs en série.
Article paru dans l'édition du 25.07.08
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15.04.2008
Sécurité: un logiciel de renseignement suscite le malaise
Le Collectif contre l'homophobie de Montpellier (CCH) vient de demander à Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, de surseoir à l'entrée en vigueur, prévue en mai prochain, d'un nouveau logiciel de renseignement pour les services nationaux de police et de gendarmerie. Baptisé Ardoise (pour «Application de recueil de la documentation opérationnelle et d'informations statistiques sur les enquêtes»), il synthétise les bases de données de traitement des infractions. Avec pour finalité de créer des fiches consultables par les forces de l'ordre sur tout le territoire national.
Ardoise prévoit de renseigner des caractéristiques personnelles de toute personne entendue comme victime, témoin ou auteur au cours d'une procédure. Les agents utilisant ce logiciel devront renseigner la rubrique «état de la personne» et établir un profil de la personne en cliquant parmi les thèmes suivants: «homosexuel», «transsexuel», «handicapé», «sans domicile fixe», «personne se livrant à la prostitution», «travesti», «relation habituelle avec personne prostituée», «personne atteinte de troubles psychologiques», «usager de stupéfiants», «permanent syndical»… Près de 90.000 employés des forces de l'ordre seront, à terme, formés à l'utilisation de ce logiciel.
Le CCH dit «partager le malaise de nombreux policiers et gendarmes; comme eux, nous avons du mal à saisir l'intérêt de la mention de certains détails et les finalités de ce profilage». De plus, selon Hussein Bourgi, président du CCH, «cette pratique peut donner lieu à des dérives de sinistre mémoire». C'est pourquoi il a saisi la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, la CNIL ainsi que la commission consultative des droits de l'homme (CNCDH). Il lance aussi un appel pour que les organisations de droits de l'homme, les syndicats et d'autres autorités morales se prononcent contre Ardoise. Il a d'ores et déjà sollicité un entretien auprès de François Fillon et de Nicolas Sarkozy.
Copyright tetu.com - par Stéphane Corbin
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| Tags : ARDOISE, PROFILAGE, CNCDH |
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