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10.04.2008

La GRL limitée aux locataires les plus fragiles

Un rapport remis mercredi 9 avril au ministère du Logement préconise de cantonner la GRL (garantie des loyers impayés) aux locataires les plus fragiles. Et d’interdire le cumul assurance/caution. Une base de travail pour la future concertation sur la facilitation de l’accès au logement pour tous.

Contrairement à ce qui était annoncé depuis plusieurs mois, la généralisation de la GRL pourrait bien tomber à l’eau. A l’origine de ce retournement de situation, un rapport remis au ministère du Logement sur la question du système assurantiel pour les impayés de loyers et la suppression de la caution.

Ce document de 60 pages a été élaboré par Sabine Baietto Beysson, directrice de l’Agence nationale de l’habitat et Bernard Beguin, Directeur d’Equité Generali France.

Proposition a minima
Selon les auteurs du rapport –qui proposent par ailleurs d’interdire aux bailleurs d’imposer une caution lorsqu’ils ont souscrit une assurance loyers impayés– rendre la GRL obligatoire «pourrait être vécu comme inutilement coûteuse pour les petits bailleurs isolés» . A l’appui de cet argument, les chiffres de l’assurance privée, qui concernerait aujourd’hui seulement 15% à 20% des baux. Ils pointent par ailleurs un «risque de déresponsabilisation des locataires» . Autre problème soulevé par le rapport : le coût de la mesure pour l’Etat. Alors que la mise en place d’un dispositif non obligatoire engendrerait «un besoin de financement public annuel compris entre 50 et 100 millions d’euros» , la note serait multipliée par 2,5 si le système était généralisé.
Quoi qu’il en soit, le rapport se borne à proposer ce qui existe déjà. Jusqu’à présent, la GRL ne concerne en effet que les locataires qui ont le plus de mal à accéder à un logement du fait de leurs faibles revenus et des exigences des bailleurs (CDI ou caution et taux d’endettement maximum de 33%). La GRL n’est accordée qu’aux personnes qui répondent à des conditions de revenus précises (éligibles au 1% logement ou à l’actuelle garantie loca-pass).

Grincement de dents du 1% logement
Ce rapport risque fort de faire grincer des dents les représentants des locataires et tous ceux qui plaidaient pour une généralisation du système. D’autant que la GRL semblait en bonne voie. D’après les chiffres de l’APAGL (association pour l’accès aux garanties locatives), 100.000 logements étaient déjà assurés par ce biais le 1er février 2008, après six mois d’activité.
Jean-Luc Berho, président de l’APAGL ne cache pas sa déception. «On part mal. C’est l’échec du système» , tranche-t-il avant de lâcher, «d’autant que ce rapport est sujet à caution quand on sait que l’un des auteurs n’est autre qu’un assureur. Drôle d’idée de l’avoir choisi comme arbitre» . Il faut dire que les assureurs se sont beaucoup mobilisés pour éviter cette généralisation. En cantonnant la GRL à un public très ciblé, le rapport évalue d’ailleurs que cela permettrait un taux de pénétration de l’assurance de 40%. Selon Jean-Luc Berho, «il faut un système mutualisé. C’est comme si la sécurité sociale ne profitait qu’aux personnes âgées et pas aux jeunes» , illustre-t-il. «Avec ce qui est proposé dans le rapport, cela revient à ne faire supporter le risque qu’à l’Etat et au 1% logement, lesquels garantiraient les personnes à fort risque d’impayés, tandis que les assureurs accapareraient tout le profit» .
Déjà très polémique, ce rapport «sur la facilitation de l’accès au logement pour tous» ne se veut pourtant qu’une simple base de travail en attendant une prochaine concertation sur le sujet.

Marie Castets pour BATIACTU

Faciliter l’accès au logement pour tous en sécurisant les bailleurs et les locataires

Le rapport sur la facilitation de l’accès au logement pour tous en sécurisant les bailleurs et les locataires a été remis, le 9 avril à Christine Lagarde et Christine Boutin. Les deux rapporteurs Sabine Baïetto-Beysson et Bernard Beguin ont étudié les modalités de la réforme de la caution, souhaitée par le président de la République.

Le rapport préconise de limiter l’accès à la garantie des risques locatifs (GRL) aux populations les plus fragiles. La garantie de loyers impayés (GLI), assurance classique contre les impayés, assurerait le libre fonctionnement d’un marché privé et concurrentiel.

Selon le document, ces deux périmètres d’intervention bien définis permettraient "une discrimination positive en faveur des locataires les plus fragiles, les tarifs de la GRL étant plus faibles que la moyenne des tarifs de la GLI". Pour les rapporteurs ce scénario est "le mieux à même de connaître un développement rapide, ce qui favorisera la disparition progressive de la caution."

Sur la base de ce rapport, une concertation sera menée avec l’ensemble des partenaires concernés par la mise en place du meilleur système d’assurance. L’objectif est d’inciter les propriétaires à louer sans craintes leurs biens vacants aux ménages à revenu modeste.

Les mesures retenues, destinées à développer une offre de logement abordable en faveur des classes moyennes et des populations pauvres, seront intégrées dans le projet de loi en faveur du logement qui sera déposé cet été au Parlement.

07.01.2008

Proposez La garantie des risques locatifs aux propriétaires

Assurances pour propriétaires bailleurs

François de Witt - 6 janvier 2008 - 10:30 sur France info

La garantie des risques locatifs mériterait d’être mieux connue.

Que pensez vous de l’assurance contre les loyers non payés.

Plutôt du bien. Le non paiement des loyers est l’un des grands risques que court le propriétaire comme nombre de bailleurs en Robien dans les villes du sud-ouest de le France l’apprennent actuellement à leurs dépens. Mais la plupart des propriétaires sont réfractaires aux assurances. Ils ont d’autant plus tort que la loi vient de supprimer la caution et de réduire de deux à un mois le montant du dépôt de garantie apporté par le locataire. Et que ce mois de dépot peut être versé progressivement sur la durée du bail.

La situation du bailleur devient donc plus précaire.

Exactement ! Dans ces conditions l’assurance contre les impayés n’est pas une précaution inutile. Elle coûte environ 3 ½% du loyer quand on loue directement. Mais, ce que très peu de gens savent, c’est qu’ils peuvent être mieux assurés à moindre prix.

Et comment ?

Il y a environ quatre ans, les responsables du « 1% logement » payé par les entreprises pour aider leur personnel se sont associés avec les mutuelles et certaines compagnies d’assurances comme celle du Crédit Agricole et du Crédit Mutuel pour promouvoir la « garantie contre les risques locatifs » ou GRL. Fin 2006, l’Etat a apporté sons soutien et inscrit la GRL dans la loi. On peut souscrire une telle garantie en début, mais aussi en cours de bail, sous réserve de l’acceptation du dossier. Elle couvre les impayés de loyer, les dégradations éventuellement constatées en fin de bail et même le frais de procédure. Et elle n’est pas chère. Elle coûte actuellement 2 ½% des loyers quand on loue directement et moins de 2% quand on fait louer par un pro. J’ajoute que plus les bailleurs et les locataires seront nombreux à signer des conventions de ce type et plus les tarifs pourront baisser. A se demander si ce type de garantie ne gagnerait pas à être obligatoire.

Elle n’est déjà pas très connue .

Vous avez raison . On compte pour le moment moins de 15 000 titulaires de contrats Pass-grl, qui sont décrits sur le site internet passgrl.fr. Il faut croire que cette garantie est encore très méconnue aussi bien des bailleurs que des locataires, qui ont eux aussi la possibilité de la proposer à leurs propriétaires.

 
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