28.04.2008
La mairie veut évacuer le squat incendié
SEINE SAINT-DENIS. Marjorie Corcier | Le Parisien
Après le sinistre accidentel qui a fait un mort et trois blessés, la ville demande l'hébergement d'urgence des résidants de l'immeuble Charles-Michels.
DEUX CENT cinquante à trois cents personnes à reloger. C'est l'épineuse situation à laquelle la ville de Saint-Denis doit faire face après l'incendie qui a partiellement détruit samedi l'immeuble du 59-61, rue Charles-Michels, le plus gros squat de la ville, faisant un mort et trois blessés dont un grave.
Hier, Stéphane Peu, maire adjoint (PC) en charge du logement, jugeait « trop dangereux » le retour des familles dans le squat.
Ce week-end, 105 résidants dont les appartements ont été touchés ont refusé les offres de relogement provisoires proposées par la mairie et la préfecture dans des centres d'hébergement de la région parisienne. Ils ont choisi d'installer un campement de fortune dans la cour de l'immeuble.
Un projet de réhabilitation en trois étapes
« Nous allons solliciter l'Etat pour évacuer ce campement et reloger l'ensemble des squatteurs au fort de l'Est à Saint-Denis qui, durant l'hiver, est utilisé pour accueillir des SDF parisiens », explique le maire adjoint qui attend aussi un geste de la préfecture pour la régularisation des occupants en situation irrégulière. « Les deux tiers n'ont pas de papiers mais tous ont un travail dans l'hôtellerie ou le gardiennage », souligne-t-il. Une réunion doit se tenir cet après-midi à la sous-préfecture de Saint-Denis.
C'est samedi, peu avant 4 heures du matin, que l'incendie s'est déclaré dans l'un des trois bâtiments de ce vaste paquebot vétuste. Dans les décombres, le corps de Bemba, un jeune homme de 24 ans employé dans la restauration, a été retrouvé sans vie. Il aura fallu deux heures aux pompiers pour éteindre le feu qui s'est déclaré au 2 e étage, vraisemblablement causé par un réchaud à gaz. Edouard Traoré, le porte-parole des habitants, souligne que le bilan « aurait pu être pire ». Rassemblées devant le foyer Bachir-Souni à Saint-Denis et pris en charge par la Croix-Rouge samedi matin, les familles de squatteurs oscillaient entre inquiétude et colère. « C'est la troisième fois qu'un incendie arrive, on ne peut pas nous laisser vivre comme ça ! » s'emportait l'un d'eux.
L'immeuble insalubre de la fin du XIX e siècle avait été racheté en 2000 par la mairie. Répertorié au patrimoine des bâtiments de France, il est, selon la ville, l'un des premiers édifices construits en béton armé par l'architecte Edmond Coignet. Depuis 2001, les 72 logements sont occupés par plus de 260 squatteurs. Une situation qui a conduit la commune à s'engager dans un ambitieux programme de résorption de l'habitat insalubre. Fin 2007 et début 2008, la municipalité a investi 92 000 € pour des travaux destinés à éviter toute contamination par le plomb. Une convention a même été signée en février entre l'Etat, la ville et Adoma (ex-Sonacotra) pour réhabiliter l'immeuble en trois étapes. Le temps des travaux, les habitants de chaque cage d'escalier devaient être temporairement relogés dans un bâtiment provisoire construit sur le terrain d'à côté. Un projet que l'incendie vient aujourd'hui remettre en cause, d'autant que les logements temporaires encore en travaux ne seront pas prêts avant septembre.
07:17 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : SQUAT, HÉBERGEMENT D'URGENCE, CAMPEMENT DE FORTURE, SANS DOMICILE, IMMEUBLE INSALUBRE |
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