26.08.2009
PROCHAIN CERCLE DE SILENCE STRASBOURG
Le prochain cercle de silence aura lieu dimanche 30 août 2009, de 18 à 19 heures, Place Kléber, afin de protester contre la politique du chiffre des expulsions d’étrangers sans papiers qui provoque des drames incessants partout en France, comme celui que nous raconte Anaït, d’origine arménienne, arrivée à Strasbourg à l’abord de cet été.
Prenons le temps d’écouter le témoignage d’Anaït qui relate en quelques lignes vingt ans d’errance, de vie traquée et de tragédies qui trouvent leur réédition chez nous.
« A mon arrivée à Strasbourg, j’ai retrouvé mon fils aîné et mon mari dont j’avais été séparée depuis plus de deux ans. Mais à peine un mois après nos retrouvailles, mon mari et mon fils ont été arrêtés par la police et enfermés au centre de rétention de Geispolsheim. Mon fils a été renvoyé en Arménie le 29 juin et personne ne peut nous dire ce qu’il est devenu. Mon mari a été libéré et il vit désormais caché, de peur d’une nouvelle arrestation. Par ailleurs, je n’ai aucun signe de vie de nos deux autres enfants qui ont réussi à s’échapper d’un centre de déportation de Russie d’où on voulait également les expulser en Arménie.
Qu’avons-nous donc fait pour que notre vie bascule dans une spirale infernale qui creuse ses sillons d’horreur depuis maintenant 20 ans et qui ne veut toujours pas prendre fin ? Notre malheur tient en une phrase : nous étions une famille normale, unie et heureuse, jusqu’au jour où mon mari a été rendu coupable d’être né d’une mère azerbaïdanaise.
Il y a maintenant vingt ans, lorsque la guerre opposant l’Azerbaïdjan et l’Arménie a commencé, toutes les familles mixtes furent, d’un jour à l’autre, exposées au danger d’être exterminées en raison du sang mêlé coulant dans leurs veines. Ce jour-là, nous avons tout quitté, notre maison, notre travail, et tous ceux qui n’osaient plus se dire nos amis.
Nous sommes partis dans une autre région d’Arménie qui venait d’être ravagée par un tremblement de terre. Ainsi, nous pouvions subsister à la grâce de notre anonymat mais en veillant toujours à ce que notre véritable origine ne soit pas révélée. Nous gardions nos propres enfants dans cette ignorance, de peur qu’ils n’en laissent échapper quelque chose dans leur candeur puérile. Mais lorsque, au hasard d’une rencontre avec un camarade d’université de mon mari, son origine a été découverte, nous avons été sommés de quitter définitivement notre pays si nous voulions préserver nos vies.
Nous avons à nouveau tout laissé et nous sommes partis en Russie. Là, nos enfants ont commencé à nous demander pourquoi nous ne pouvions pas vivre normalement. Il a fallu leur expliquer pourquoi nous étions en fuite et aussi pourquoi ils ne pouvaient pas aller à l’école et jouer avec les autres enfants. Partout en Russie, les Caucasiens sont appelés « les culs noirs » par une population et des autorités hostiles. Mes enfants n’ont pas eu d’enfance. Quant à mon mari, chaque matin lorsqu’il partait travailler au noir pour assurer notre subsistance, je craignais de ne pas le voir revenir le soir. Jusqu’au jour où mon mari a été arrêté, une fois de plus, mais les coups infligés et notre argent n’ont plus suffi pour le faire relâcher. Pour éviter son expulsion en Arménie, il a dû signer l’engagement de quitter définitivement la Russie.
Nous n’avions pas assez d’argent pour pouvoir partir ensemble en Europe. Alors, nous avons décidé de protéger d’abord mon mari et mon fils aîné, les plus exposés, et ils sont partis vers l’inconnu dans l’espoir de trouver enfin la sécurité. Moi, je suis partie avec mes enfants à l’autre extrémité de la Russie où nous avons eu la chance de trouver du travail au noir dans une boulangerie et d’être logés dans une pièce située juste au-dessus. Ainsi, nous n’étions pas obligés de sortir pour aller travailler et nos collègues voulaient bien faire nos courses. Bien sûr, nous vivions comme dans une prison mais lorsque la tristesse m’envahissait, je pensais à mon mari et à mon fils aîné et je les imaginais pouvoir se promener librement sans avoir peur qu’on les maltraite à cause leur origine, sans avoir peur qu’on les maltraite parce qu’ils sont démunis de papiers…
Lorsque nous avons été arrêtés dans la boulangerie et mis dans un centre de déportation, mes enfants m’ont dit qu’ils feraient tout pour tenter de s’échapper. Moi, j’ai été renvoyée en Arménie et dès mon arrivée à l’aéroport, j’ai été arrêtée et interrogée pour savoir où étaient mon mari et mes enfants. J’ai alors remercié Dieu qui a permis à mes enfants de ne pas être là avec moi. Un policier qui aurait pu être mon père m’a battu mais, davantage que ses coups ce sont ses mots qui restent gravés en moi « Pourquoi n’as tu pas divorcé de cette pourriture ? Tu as préféré prendre le risque de priver tes enfants de leur vie plutôt que de leur père ? Disparais à jamais si tu ne veux pas disparaître au fond d’une geôle ou d’un trou ! ». J’ai retrouvé mon frère, la seule personne que j’ai encore en Arménie, qui continuait à me reprocher violemment mon union. C’est lui cependant qui m’a annoncé la première bonne nouvelle depuis longtemps : mon mari et mon fils aîné étaient à Strasbourg en bonne santé. Mon frère a payé très cher pour avoir la paix en me faisant partir à Strasbourg.
Arrivée à Strasbourg, je croyais avoir atteint une civilisation qui marquerait enfin la fin de cette errance et d’une part de nos souffrances. Mais quand ils ont arrêté mon mari puis mon fils, je me suis trouvée transposée en Russie. Quand ils m’ont arraché mon fils à peine retrouvé en l'expulsant en Arménie, l’espoir dans un monde humain s’est définitivement éteint en moi. Depuis 20 ans, mon mari et moi avons tout supporté en pensant à nos enfants. Aujourd’hui, nous avons perdu leur trace, à tous les trois. Je vis chaque jour dans la crainte qu’on nous annonce que leur sang a ensanglanté notre terre d’origine ou cette grande terre hostile de la Russie. Mon mari ne veut plus vivre, il dit que tout est de sa faute. Moi, maintenant que mes enfants sont perdus, je ne trouve plus la force de le contredire. Tout cela est trop à porter pour des parents. Désormais, je sais que nulle part, il n’y a de place pour nous sur cette terre. »
Appel à dons : si vous voulez soutenir les nombreuses familles en très grande précarité suivies par le Réseau Education Sans Frontière de Strasbourg, merci d’envoyer vos dons à l’ordre de CASAS enfants à l’adresse : CASAS, 13, Quai Saint Nicolas, 67000 STRASBOURG. Un reçu fiscal pour votre déclaration d'impôt vous parviendra par retour de courrier.
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26.07.2008
CERCLE DE SILENCE 30 juillet de 18 à 19 heures place Kléber
Bonjour les amis,
Pas de vacances, aucun répit, pour les personnes sans papiers !
En pleine période estivale, ces personnes continuent de subir contrôle, arrestation et enfermement au centre de rétention de Geispolsheim afin d'être expulsées.
Parmi eux, en ce moment même,
Imran, un jeune Tchétchène, traumatisé par d'atroces tortures au fer rouge, qu'on veut arracher à sa mère et son frère, la seule famille qui lui reste et qui vit désormais cachée à Strasbourg.
Parmi eux, en ce moment même,
Samira, une jeune marocaine bénéficiant d'un contrat à durée indéterminée dans une maison de retraite où ses collègues et les résidents témoignent de leur stupeur et réclament son retour.
...
Le 30 juillet, nous nous réunirons en silence, comme chaque mois, afin de protester contre l'inacceptable et représenter ceux qui n'ont pas de voix.
Ceux qui ne peuvent se manifester sans se mettre davantage en danger, ceux qui sont déjà enfermés et qu'on expulse sans aucune considération humaine.
Merci de relayer largement autour de vous afin que nous soyons de plus en plus nombreux à être conscients de ce qui se passe autour de nous, et afin que nous soyons de plus en plus nombreux à nous réunir chaque mois pour marquer notre refus face à ces pratiques indignes.
Pour le cercle de silence,
Simone FLUHR
Pour nous rejoindre et devenir signataire : cercledesilence.strasbourg@gmail.com
Collectif CERCLE DE SILENCE - SIGNATAIRES juillet 2008
1- AEFJN Strasbourg (Réseau Foi et Justice Afrique- Europe)
2- AIDES délégation du Bas-Rhin
3- Aumônerie des rues
4- Association Bethesda
5- Association Caroline Binder
6- Association Thémis
7- ASTTu (Association de Solidarité avec les Travailleurs Turcs)
8- CASAS (Collectif d’Accueil pour les Solliciteurs d’Asile à Strasbourg)
9- CARDEK (Association du quartier de la Krutenau)
10- Centre Social Protestant
11- CIMADE (Comité inter mouvements auprès des évacués - service œcuménique d’entraide)
12- CLAPEST (Comité de Liaison d'Associations pour la Promotion des Immigrés en Alsace)
13- Club des jeunes l’Etage
14- Collectif SDF Alsace
15- Commission dominicaine Justice et Paix de Strasbourg
16- Des frères Dominicains
17- Des frères Franciscains
18- Droit au Logement 67
19- FCPE (Fédération des Conseils des Parents d’Elèves des Ecoles Publiques)
20- Fédération d’Entraide Protestante
21- Femmes en noir Strasbourg
22- Fraternités Laïques Dominicaines de Strasbourg
23- FSU (Fédération Syndicale Unitaire)
24- IDDA (Immigration, Développement, Démocratie Alsace)
25- Justice et Libertés
26- LDH (Ligue des Droits de l'Homme)
27- Médecins du Monde Alsace
28- Migrations Santé Alsace
29- MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié des Peuples)
30- Mouvement Comprendre et S'engager
31- Parole Sans Frontière
32- Pastorale des Migrants
33- RACORT (Rassemblement des Associations Citoyennes des Originaires de Turquie)
34- RESF 67 (Réseau Éducation Sans Frontières)
35- UD-CGT-67 (Union Départementale – Confédération Générale du Travai
07:00 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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24.06.2008
Strasbourg Prochain cercle de silence 30 Juin : des médecins dénoncent la violence faite aux sans-papiers
Petit mot d'un homme engagé...
Chers amis,
Prochain cercle de silence de Strasbourg, lundi 30 juin, Place Kléber, de 18 à 19 heures, par tous les temps :
La violence de la législation et des pratiques administratives et policières actuelles rendent les sans papiers malades.
Malades de devoir vivre sans aucune perspective, dans la précarité et le dénuement le plus extrême.
Malades de désespoir, à devoir vivre comme des bêtes traquées qu'on pourchasse afin de les expulser.
Des médecins en témoignent et appellent leurs confrères et équipes à se joindre au prochain cercle de silence
afin de protester contre les traitements dégradants infligés à des patients qu'ils tentent vainement de soulager.
Merci de continuer à relayer l'information dans vos réseaux et auprès de vos connaissances et amis
afin que nous soyons de plus en plus nombreux à être sensibilisés et mobilisés.
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06.05.2008
CERCLE DE SILENCE EXCEPTIONNEL
CERCLE DE SILENCE EXCEPTIONNEL
On était 400 mercredi dernier, et si on était 800 cette fois-ci ? Merci de relayer
avec l'ensemble des cercles de silence de France et de Belgique
MERCREDI 7 MAI 2008
STRASBOURG
Place Kléber de 18 à 19 h
afin d'appeler les parlementaires européens
à rejeter la directive de la honte
Au mois de mai 2008, un projet de directive sur la rétention et l'expulsion des personnes étrangères sera soumis au Parlement Européen. Depuis 1990, la politique européenne conduite par les gouvernements en matière d'immigration et d'asile s'est traduite par une réduction continue des garanties et des protections fondamentales des personnes. L'Europe se transforme en une forteresse cadenassée et met en oeuvre des moyens démesurés pour empêcher l'accès à son territoire et expulser les sans-papiers.
Le projet de directive, s'il était adopté, constituerait une nouvelle régression. En prévoyant une rétention pouvant atteindre 18 mois pour des personnes dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe, il porte en lui une logique inhumaine : la généralisation d'une politique d'enfermement des personnes étrangères qui pourrait ainsi devenir le mode normal de gestion des populations migrantes.
En instaurant une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées, ce projet de directive stigmatise les sans-papiers et les transforme en délinquants à exclure.
Le projet de directive qui sera présenté au Parlement est le premier dans ce domaine qui fasse l'objet d'une procédure de co-décision avec le Conseil des ministres. Le Parlement a donc enfin la possibilité de mettre un terme à cette politique régressive qui va à l'encontre des valeurs humanistes qui sont à la base du projet européen et qui lui donnent sens. Les parlementaires européens ont aujourd'hui une responsabilité historique : réagir pour ne pas laisser retomber l'Europe dans les heures sombres de la ségrégation entre nationaux et indésirables par la systématisation des camps et de l'éloignement forcé.
Rappel : Le cercle de silence de Strasbourg se tient le 30 de chaque mois de 18 à 19 heures, Place Kléber.
cercledesilence.strasbourg@gmail.com
06:10 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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30.04.2008
Cercle de silence à Strasbourg, en solidarité avec les étrangers menacés d'expulsion
Premier Cercle de silence
Ce soir 30 avril à 18 heures
Le cercle de silence est une action non-violente de protestation qui rassemble des femmes et des hommes de divers horizons et convictions philosophiques, politiques ou religieux, nous appelons toutes celles et tous ceux qui souhaitent s’associer à notre protestation de façon non-violente et silencieuse à nous rejoindre le 30 de chaque mois
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28.04.2008
Le Collectif SDF Alsace s'associe et soutient "Le Cercle de silence"
"Le cercle du silence"
Rassemblement silencieux en solidarité avec les étrangers menacés d’expulsion
Le cercle de silence se tiendra Mercredi 30 avril, de 18h à 19h, place Kléber
La politique actuelle d’immigration se donne pour objectif de procéder chaque année à un quota d’expulsions déterminé à l’avance. Une telle démarche opère une véritable entreprise de déshumanisation qui cache le drame des êtres humains frappés par son application aveugle.
Désormais, c’est en notre nom et arbitrairement que des personnes, en majorité rentrées légalement sur le territoire français, sont expulsées loin de leurs lieux d’asile, de leurs lieux de vie, de leurs lieux de travail, de leurs cercles d’amis.
C’est en notre nom et arbitrairement que des demandeurs d’asile sont renvoyés dans leur pays d’origine dont ils cherchaient à fuir les persécutions.
C’est en notre nom et arbitrairement qu’un père ou une mère est arraché à ses enfants.
C’est en notre nom et arbitrairement que des enfants, des personnes âgées, des personnes gravement malades sont enfermées dans des centres de rétention dans l’attente de leur expulsion.
De véritables tragédies humaines ont lieu quotidiennement à Strasbourg et elles ne cessent de se multiplier et de s’aggraver. Nous avons la conviction qu’elles sont largement méconnues d’un très grand nombre.
Une politique peut-elle consister à atteindre un quota, au mépris de la vie, de la famille, de la dignité d’hommes et de femmes qui vivent pacifiquement avec nous ?
Parce que le cercle de silence est une action non-violente de protestation qui rassemble des femmes et des hommes de divers horizons et convictions philosophiques, politiques ou religieux, nous appelons toutes celles et tous ceux qui souhaitent s’associer à notre protestation de façon non-violente et silencieuse à nous rejoindre le 30 de chaque mois.
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25.04.2008
Rappel : Cercle de silence à Strasbourg, en solidarité avec les étrangers menacés d'expulsion
Le 30 avril
de 18 heures à 19 heures Place Kléber
Le cercle de silence est une action non-violente de protestation qui rassemble des femmes et des hommes de divers horizons et convictions philosophiques, politiques ou religieux, nous appelons toutes celles et tous ceux qui souhaitent s’associer à notre protestation de façon non-violente et silencieuse à nous rejoindre le 30 de chaque mois
06:45 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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