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05.01.2009

chômage en hausse et pourtant

30 000 postes de fonctionnaires vont être supprimés

licenciements partout

chômage partiel voté...

Le chômage partiel étendu : travailler moins et gagner moins

http://eco.rue89.com/2009/01/04/le-chomage-partiel-etendu-travailler-moins-et-gagner-moins

Le chômage partiel étendu : travailler moins et gagner moins
Par David Servenay | Rue89
Nicolas Sarkozy l'avait promis, le gouvernement l'a fait: imposer l'activité partielle dans l'industrie. En clair, doubler les possibilités de recours au chômage partiel, de 600 à 800 heures par an. Voire 1 000 heures dans le textile, l'habillement et l'automobile. Qui paiera l'addition? Les ouvriers et les contribuables.

Le décret a été publié en catimini (samedi 3 janvier) au Journal officiel. Signé par les ministres compétents Christine Lagarde (économie), Eric Woerth (budget) et Laurent Waucquiez (emploi), il institue de nouveaux seuils pour le recours au chômage partiel.
Article 1:
« A compter du 1er janvier 2009, le contingent annuel d'heures indemnisables au titre de l'allocation spécifique de chômage partiel prévu à l'article R. 5122-6 du code du travail est fixé à 800 heures pour l'ensemble des branches professionnelles.
Toutefois, ce contingent annuel est fixé à 1 000 heures pour les industries du textile, de l'habillement et du cuir, pour l'industrie automobile et ses sous-traitants, qui réalisent avec elle au minimum 50% de leur chiffre d'affaires ainsi que pour le commerce de véhicules automobiles.
Or, depuis 2003, le seuil maximal fixé par la loi était de 600 heures par salarié et par an. L'augmentation est donc de 25% pour tout le monde et de 66% pour les secteurs industriels visés. Pourquoi?
Nicolas Sarkozy préfère "l'activité partielle au chômage total"
L'argument politique fut énoncé le 25 novembre dernier lors d'un déplacement du président de la République à Valenciennes, puis répété lors de l'annonce du plan de relance à Douai, début décembre. Rue89 le relevait ainsi
12h44 Encouragement au travail partiel. "L'Etat engagera 500 millions d'euros" pour venir en aide aux salariés licenciés économiquement. Nicolas Sarkozy "préfère l'activité partielle au chômage total", l'Etat aidera donc "les entreprises à avoir un travail partiel pour leurs salariés plutôt qu'un plan social".

Les salariés bénéficieront pendant un an de leur salaire antérieur.
"Activité partielle", pour ne pas dire chômage tout court. Dans la réalité, les choses sont (un peu) différentes. Le champ d'application du chômage technique est large. Dans le contexte actuel, les entreprises n'auront aucun mal à obtenir l'autorisation de la direction du travail, vue la liste des critères retenus pour justifier une telle mesure :

1. La conjoncture économique
2. Des difficultés d'approvisionnement en matières premières ou en énergie
3. Un sinistre ou des intempéries de caractère exceptionnel
4. La transformation, restructuration ou modernisation de l'entreprise
5. Toute autre circonstance de caractère exceptionnel
Les travailleurs touchent 60% de leur salaire

Qui paie ce chômage partiel?
Le mécanisme en vigueur revient à faire payer à l'Etat et aux travailleurs une bonne partie de la compensation versée aux salariés placés en arrêt d'activité.
En effet, une fois l'autorisation obtenue, l'employeur verse une partie de la rémunération brute (aujourd'hui 60%, alors qu'elle n'était que de 50%), puis il se fait rembourser par l'Etat l'allocation spécifique.
Le régime d'indemnisation limite la part de l'entreprise à 60% de la rémunération brute (contre 50% jusqu'en décembre 2008), mais également à un quart de Smic la part de l'Etat (de 2,44 euros pour les entreprises de moins de 250 salariés à 2,13 euros pour les autres). Détail: ces allocations ne sont pas soumises à cotisations sociales.
Les augmenter revient donc à appauvrir l'Etat et les salariés.

Comme le raconte l'Usine nouvelle, Renault vient tout juste de ranimer un accord de 1986 qui instaure un prélèvement obligatoire de 0,15% sur tous les salaires de novembre et décembre pour améliorer le régime d'indemnisation:
"Au total, ces mesures devraient permettre d'indemniser le chômage partiel à hauteur de 75% environ du salaire net, contre 60% pour le minimum légal."
Dans tous les cas, les salariés sont les premiers financeurs de "l'activité partielle". Si trois syndicats (CFDT, CFTC et CGC) ont signé l'accord proposé par Renault, la CGT et FO crient au scandale, estimant que le milliard d'euros reversés en dividende pour l'année 2008 aurait pu servir à financer cette solidarité. La CGT souligne aussi qu'en terme d'organisation du travail, il faudrait revoir certains modèles, car les salariés de Renault, en dehors de ces périodes d'arrêt, travaillent de plus en plus longtemps.

Le chômage partiel, nouvel outil de flexibilité
C'est donc un grand retournement qu'anticipe le gouvernement pour 2009.
Selon les Echos, ces trois dernières années, le nombre de salariés passés par le chômage partiel est resté faible (données OCDE) :

• En 2005, 171 500 salariés
• En 2006, 105 600 salariés
• En 2007, 117 800 salariés

Mais, en y regardant de plus près, la Dares a constaté dans une étude comparative (1995-2005) que les secteurs industriels concentrent l'essentiel de ces mesures de chômage partiel:
"Au cours de ces onze années, les cinq secteurs industriels bénéficiant du plus grand nombre de jours autorisés de chômage partiel sont, par ordre décroissant:
1. Le textile
2. L’habillement-cuir
3. La métallurgie et la transformation des métaux
4. L’automobile et les équipements mécaniques."

Or, le nombre de journées indemnisées est loin d'être négligeable, puisqu'il atteint parfois l'équivalent de la durée des congés payés:
"Le textile se distingue par un nombre de jours par salarié particulièrement élevé (31 jours). L’industrie automobile (12 jours )et la métallurgie (17 jours) se situent en dessous de la moyenne."

Sachant que la durée moyenne du travail, dans les secteurs de l'habillement et de l'automobile, est déjà parmi les plus basses (1 610 heures par an pour l'automobile), cette réforme des seuils vient entériner la possibilité pour les sociétés de "flexibiliser" les deux tiers du temps de travail annuel de leurs salariés.
Paradoxe: alors que les 35 heures, explique la Dares, avaient considérablement réduit le chômage partiel en donnant de la souplesse aux entreprises, le gouvernement réintroduit cette souplesse, mais en la défiscalisant. 2009 marque donc le début de l'ère du "travailler moins pour gagner moins".

20.03.2008

Les Etats-Unis s'installent dans une crise économique durable

La crise financière aux États-Unis devrait affecter durablement la première économie mondiale, mais les banques centrales peuvent conjurer le pire

La bourse de New York vendredi 14 mars (photo Abrams/AP).

L’euro était en hausse face au dollar, mercredi 19 mars, au lendemain d’une baisse de trois quarts de point des taux d’intérêt aux États-Unis. Décision très attendue, la Réserve fédérale américaine (Fed) a baissé son taux directeur de 3 % à 2,25 %, arguant de la détérioration des perspectives économiques et des tensions sur les marchés.

Cette mesure creuse l’écart de rendement des placements entre la monnaie européenne et le dollar, puisque le loyer de l’argent est fixé à 4 % en zone euro. La baisse des taux de la Fed est destinée à soutenir l’économie américaine qui est, de l’avis de nombreux économistes, déjà en récession. Reste à savoir pour combien de temps et ce qu’elle réserve.

Chacun va chercher, dans l’histoire économique récente, la crise qu’il estime ressembler le plus à celle surgie au cœur de l’été dernier. Jacques Mistral, de l’Institut français de relations internationales (Ifri), rappelle ainsi les États-Unis de 1979.

« Nous étions à la fin de la présidence Carter. La posture américaine était faible, comme aujourd’hui. Les Japonais prêtaient aux Américains pour financer leurs déficits commerciaux. À Washington, chaque semaine, dans un bureau, les banquiers japonais levaient la main pour acheter les papiers de dette proposés par un fonctionnaire du Trésor américain. Jusqu’à ce matin où le fonctionnaire américain avait proposé du papier et où pas une main ne s’était levée. »

Les esprits ont évolué
Aujourd’hui, le risque majeur pourrait bien venir de ce manque d’appétit du monde à amasser du dollar, et à continuer ainsi à financer les déficits américains. Ces dernières années, la Chine et les pays pétroliers accumulaient des milliards d’excédents générés par leurs exportations de produits manufacturés et de matières premières. Ils plaçaient cet argent dans des bons du Trésor, émis pour financer la dette américaine. Ces pays émergents croyaient en la sécurité de la première économie mondiale.

Mais peu à peu, les esprits ont évolué. Les pays émergents constatent que les bons du Trésor américains ne sont pas très rémunérateurs. Ils diversifient leurs placements, pour ne pas dépendre du seul cours du dollar. Ils ont aussi créé des fonds souverains, dotés de centaines de milliards de dollars, qui investissent dans les entreprises des pays développés. Résultat, le monde ne soutient plus les États-Unis.

« Avant la crise du subprime, les 800 milliards de dollars (520 milliards d’euros) annuels du déficit commercial américain étaient compensés par les achats des non-résidents en obligations et actions américaines. Or ces achats sont tombés à une moyenne de 400 milliards de dollars, explique Jean-Michel Boussemart, de COE-Rexecode. Il y a un an, quand Citigroup émettait des obligations, tout le monde se précipitait. Aujourd’hui, personne n’en veut ou presque. »

Un scénario rappelle la crise japonaise des années 1990
« C’est en 1995 que les États-Unis ont commencé à vivre au-dessus de leurs moyens en dépensant plus que ce qu’ils produisaient. Il fallait bien que cela craque un jour quelque part », résume Agnès Benassy-Quéré, la directrice du Cepii. Dans l’avenir proche, elle prévoit une poursuite de la dévalorisation des actifs immobiliers et boursiers. Et une hausse du taux de l’épargne des ménages, amenés à réduire leur endettement et leur consommation.

Un tel scénario rappelle à certains la longue crise japonaise des années 1990. L’éclatement de la bulle immobilière avait fragilisé les banques nippones. Celles-ci étaient alors incapables de lever de l’argent et d’assurer leur rôle de prêteur. Les taux d’intérêt furent portés à 0 % pour essayer de relancer une croissance qui n’arrivera qu’après de longues années. La spirale japonaise comporte de nombreuses similitudes avec la situation actuelle aux États-Unis.

Une différence existe, certes : le yen était haut alors que le dollar plonge. Cette glissade continue du billet vert peut aider l’économie américaine. « Quand le dollar baisse, les avoirs américains à l’étranger sont réévalués d’autant et la dette reste stable. À la différence des pays émergents, comme l’Argentine en 2002, qui voyait sa dette libellée en dollars se réévaluer quand sa devise se dévaluait », explique Agnès Benassy-Quéré.

Scénario plus pessimiste : la « déflation par la dette »
Un dollar faible peut aussi aider les États-Unis à réduire leur déficit commercial en rendant plus compétitives leurs exportations. « Le déficit commercial américain s’est stabilisé depuis l’automne 2005. Et cela en dépit de l’augmentation du prix de leurs importations de pétrole. Les exportations américaines représentent 12 % du PIB contre 4 % dans les années 1970 », résume Jean-Michel Boussemart.

Un dollar bas peut aussi signer le retour des investisseurs étrangers vers les États-Unis. « Aujourd’hui, les actifs américains ne sont pas chers, sous le double effet de la baisse de l’immobilier et du dollar. Des entreprises européennes ou asiatiques peuvent être intéressées à acheter des entreprises pour s’implanter sur le marché américain », souligne Christian Parisot, chez Aurel.

Mais un scénario plus pessimiste, celui de la « déflation par la dette », source de la crise de 1929, est aussi évoqué par les mêmes analystes. « Dans cette hypothèse, les actifs se dévalorisent alors que la dette ne bouge pas. En effet, l’augmentation de l’épargne conduit à moins de consommation, ce qui entraîne une baisse des prix, puis des salaires », détaille Christian Parisot. Simplement aujourd’hui, on veut croire que « les banques centrales savent ce qu’il faut faire pour éviter une crise de 1929 », se rassure Jean-Michel Boussemart.

Pierre COCHEZ - LA CROIX

06:25 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Crise économique, Subprimes, déficit commercial | | |  Facebook

 
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