04.01.2011
2010 a été l'année de la crise de la dette publique, 2011 sera celle du chômage
(Easybourse.com) Croissance faible et réduction des déficits publics auront un impact sur l'emploi.
Le chômage en France ne fait pas l'objet de toutes les attentions et de toutes les craintes. La crise économique qui s’est abattue dès 2008 en France a rapidement viré en crise de la dette publique avec pour conséquence immédiate la nécessité de réduire les déficits. Des mesures drastiques ont été prises pour 2011, on sait que tout le monde va devoir passer à la caisse, que ce soient les entreprises ou les ménages pour réduire le cumul abyssal de la dette publique. Le coût de l’effort fiscal qui sera demandé, aura sans aucun doute un effet sur l’emploi, mais pour l’heure personne n’en parle…On connaît l’adage trop d’impôt, tue l’impôt. Il ne faut pas oublier que cette équation passe par la case emploi. Les entreprises françaises ont déjà du mal à investir, on sait que notre croissance est essentiellement tirée par la capacité des ménages à dépenser. Alors accroître les prélèvements va, sans aucun
On connaît l’adage trop d’impôt, tue l’impôt. Il ne faut pas oublier que cette équation passe par la case emploi.

doute, freiner les sociétés à investir et les particuliers à consommer. Par quel miracle, pourrions-nous envisager l’inverse? Rien ne sert de jouer les oiseaux de mauvais augure mais une question se pose tout de même: Comment une hausse des impôts associée à une baisse des transferts sociaux dans un contexte de croissance atone pourrait ne pas avoir d’effets dévastateurs sur l’emploi?
Pour l’instant, personne ne s’en émeut. Il est préférable de ne pas parler de sujets qui fâchent … Le gouvernement ferme les yeux en particulier à Bercy mais la menace d’une résurgence du chômage est logiquement inévitable. Il faudrait pour que le taux des sans emploi recule que les entreprises françaises deviennent compétitives pour que leurs exportations repartent et qu’elles aient de nouveau envie d’investir et d’embaucher localement. En résumé, il faut que la croissance se dynamise. Or, nous sommes bien incapables en France de relancer seuls la machine.
Le scenario d’une reprise du chômage pouvait être anticipé depuis bien longtemps. A partir du moment où l’Etat est intervenu massivement pour enrayer l’hémorragie sur la sphère financière, on savait que cela aurait un coût sur nos impôts. Mais augmenter les prélèvements en période de crise n’a jamais rapporté en termes de croissance et d’emplois. On nous annonce la disette en matière de dépenses publiques, le gouvernement a compris que les marchés financiers attaqueraient tant que des mesures drastiques sur le budget de l’Etat ne seraient pas prises. Mais toutes ces mesures aussi nécessaires soient elles, ne pourront être indolores sur l’emploi.
LA SUITE http://www.easybourse.com/bourse/france/article/18332/201...
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21.05.2009
Rendre la décroissance désirable
Comment un partisan de la décroissance traverse-t-il la période actuelle, frappée par une crise financière, économique et sociale ?
Paul Ariès : D’un côté, cette crise repousse toujours plus loin le sentiment d’urgence écologique… L’heure est à défendre le pouvoir d’achat et les emplois. On repousse à demain l’idée qu’il faille non pas seulement mieux partager les richesses, mais aussi changer la recette du gâteau car ce gâteau est totalement indigeste socialement et écologiquement. La meilleure preuve en est la relance de l’industrie automobile. On sait que la voiture est condamnée écologiquement mais on continue à la favoriser. Cette crise risque aussi de renforcer le sentiment d’impuissance : chacun sait bien que le ciel risque de nous tomber sur la tête mais on ne sait pas quoi faire. D’un autre côté, la crise actuelle montre que nous avons vécu sur des mensonges depuis des décennies. Non, il n’est pas possible d’avoir une croissance infinie dans un monde fini. Non, on ne peut pas toujours accélérer sans que cette vitesse ne finisse par être insupportable. Non, l’avenir n’est pas au village planétaire mais à une Europe où chaque pays aurait ses propres moyens de vivre. Les gens ne croient plus en des lendemains radieux pour leurs enfants et leurs petits-enfants.
Les jeunes ont aussi ce sentiment d’être les laissés-pour-compte de cette société d’abondance. Ils parlent avec colère de leur appartenance à la génération des bac + 5 à 1 000 euros. Les idées de la décroissance sont donc beaucoup plus facilement compréhensibles. Il va falloir apprendre à vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins. Il faut organiser le ralentissement de la société et sa relocalisation. Il faut retrouver individuellement et collectivement le sens des limites.
La crise apparaît-elle comme une bonne nouvelle pour les objecteurs de croissance ?
La crise n’est pas une bonne nouvelle, ni une revanche, pour la décroissance. Je n’ai cessé de combattre l’idée d’une pédagogie des catastrophes chère à l’économiste Serge Latouche. Les crises accouchent en effet plus souvent d’Hitler et de Staline que de Gandhi. Les crises nous font oublier ce que nous savons, comme le prouve la relance du nucléaire. La crise est génératrice de misères matérielles mais aussi morales. Hannah Arendt disait qu’il n’y a rien de pire qu’une société fondée sur le travail sans travail. J’ajouterai qu’il n’y a rien de pire qu’une société de croissance sans croissance. La crise est donc porteuse à la fois du pire et du meilleur.
A quoi ressemblerait ce meilleur ?
La crise peut être l’occasion de démentir tous ceux qui rêvent d’une société d’abondance. Elle peut être l’occasion pour la gauche de rattraper son retard théorique. La gauche mondiale est en effet dans une impasse politique car elle campe encore dans l’idée qu’il faudrait faire croître le gâteau (PIB) avant de pouvoir le partager plus équitablement. Les objecteurs pensent, au contraire, que puisqu’il n’est plus possible de faire croître le gâteau, la question du partage des ressources, sans cesse repoussée, devient plus que jamais incontournable.
C’est-à-dire ?
La première des décroissances que nous voulons est celle des inégalités sociales car c’est la condition première pour que les autres décroissances puissent être acceptables. Pas seulement par souci de justice sociale mais pour casser la logique actuelle d’imitation des modes de vie des classes aisées par les classes moyennes, car ce mode de vie petit-bourgeois n’est tout simplement pas généralisable. Puisqu’on ne pourra pas tous demain vivre comme des riches, il faut donc redevenir des «partageux». Puisque la planète ne pourra pas supporter trois milliards d’automobilistes, il faut sortir de la civilisation de la voiture et développer des transports en commun urbains quasi gratuits.
La crise actuelle est une crise systémique. Il n’est donc pas possible de penser trouver une issue en réglant quelques dysfonctionnements. J’avais montré dans Décroissance ou barbarie [éd. Golias] que la crise qui s’annonçait était autant une crise financière, économique, sociale, politique, institutionnelle que symbolique. Nous devons donc être capables de répondre à tous ces niveaux. Ce qui fait lien c’est la perte du sens des limites. Notre société capitaliste et productiviste a totalement sombré dans la démesure.
Un individu incapable de se donner des limites va nécessairement les chercher dans le réel : conduites à risque, toxicomanies, suicides, etc. Pour une société, c’est la même chose : incapable de se donner des limites, elle va aussi les chercher dans le réel : explosion des inégalités, épuisement des ressources, réchauffement planétaire, etc. La grande question est donc notre capacité à renouer avec le sens des limites, ce qui suppose d’en finir avec l’économisme et l’idéologie du progrès. Il faut au contraire faire primer la culture et le politique. La culture qui nous immunise contre les fantasmes les plus archaïques (toute-puissance, idée d’un monde sans limite), et la politique comme définition de la loi, première limite que nous rencontrons dans la société.
Cette crise est l’occasion idéale pour, peut-être, ouvrir la voie à toutes ces réflexions…
Le bilan de la crise au regard de nos thèses est en fait contradictoire. Sur le versant positif, on peut citer une prise en compte de nos questionnements par différentes sensibilités politiques, sociales, écologiques et par de grandes institutions comme la FAO [Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ndlr] qui demande, par exemple, un moratoire sur les OGM ou par l’ONU qui rappelle que le problème n’est pas de produire plus d’aliments mais d’éviter d’en gaspiller le tiers.
Une nouvelle gauche écologiste se cherche, mais elle n’est pas encore à la hauteur des enjeux. Elle ne sait pas encore comment concilier les contraintes environnementales avec son souci de justice sociale et le besoin de reconnaissance (de dignité) face à une société du mépris. Elle propose donc sa propre version rose, rouge ou verte de la croissance face à la croissance bleue de Sarkozy. Einstein disait que lorsqu’on a la tête sous forme de marteau on voit tous les problèmes sous forme de clous. Il faut donc changer notre façon de penser, décoloniser notre imaginaire de consommateur. Le «toujours plus» n’est pas la solution ni dans le cadre du capitalisme, ni dans celui du socialisme. On n’a jamais autant parlé de «revenu minimum garanti» ni de «revenu maximal autorisé». Même Obama se dit partisan d’un salaire maximum annuel de 200 000 dollars.
D’obama à Borloo, tout le monde pique des idées aux objecteurs de croissance. Ca sent l’effet de mode, non?
Tout le monde se veut aujourd’hui écolo depuis, notamment, la mascarade du Grenelle de l’environnement. Conséquence : on parle de plus en plus de croissance verte, de capitalisme vert, bref on a tout oublié. Le pire est lorsque la décroissance passe dans certains médias pour être un discours d’adaptation à la crise. Comme si nous faisions la pub des hard discount et des prix bas, voire de la récupération dans les poubelles pour les plus pauvres. La décroissance n’est pas une stratégie d’adaptation individuelle ou collective à la misère du monde. Elle ne propose pas des recettes pour vivre avec moins et l’espoir de pouvoir reconsommer demain comme avant.
Nous ne sommes pas des consommateurs radins ou malins, nous sommes des militants politiques qui veulent changer le monde. Nous ne donnons pas des recettes pour apprendre à mieux se serrer la ceinture en conservant le sourire. Nous ne sommes pas dans l’union sacrée pour sauver le système. Nous cultivons le dissensus car nous pensons que ce système est foncièrement mauvais, immoral et dangereux.
Les objecteurs de croissance semblent avoir du mal à se constituer politiquement. Comment l’expliquez-vous ?
Nous avions proposé au Front de gauche (Parti de gauche et PCF) et au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) de faire régionalement exception en accordant une tête de liste pour les européennes à un objecteur de croissance afin de montrer que la gauche en a fini avec son productivisme. Le grand danger serait que des forces politiques instrumentalisent certains de nos thèmes pour tenter de se verdir. Mon espoir était que les partis des gauches prennent au sérieux les questions que pose la décroissance ainsi que les débuts de réponses que nous apportons depuis des années. L’échec des négociations avec le NPA d’une part, et le Front de gauche, d’autre part, prouve que ces gauches ne sont pas encore à la hauteur des enjeux historiques.
Elles ne sont pas encore prêtes à rompre totalement avec leur passif productiviste ou ne croient pas que les gens y seraient prêts. Nous avions suggéré au Parti de gauche de se dire Parti de gauche écologiste… Nous aurions aimé que le NPA se nomme Nouveau Parti anticapitaliste et antiproductiviste (NP2A). On nous a répondu que l’écologie allait suffisamment de soi pour ne pas avoir besoin d’être dite. On a même ajouté qu’il faudrait alors se dire antiraciste, antisexiste comme si la gauche avait été sexiste et raciste de la même façon qu’elle fut et reste productiviste et consumériste. Les milieux de la décroissance sont aussi responsables de cet échec par leur immaturité politique, par leur sectarisme idéologique ou leur refus de tout engagement politique.
Pourquoi faire parti ?
Se compter est d’abord une contrainte politique en démocratie. Si la vérité est en partage, donc aux suffrages, nous devons affronter le suffrage universel. Nous le devons d’autant plus que nous avons confiance dans la force de nos idées, dans la capacité à convaincre et à gagner une majorité de citoyens à notre combat. S’organiser est aussi la seule façon, aujourd’hui, d’être reconnu comme partenaire. Pour l’instant, la seule utilité des objecteurs de croissance est d’obliger l’ensemble des forces politiques à se positionner face à cette mutation civilisationnelle. Il y aura ensuite des décroissances de gauche et d’autres de droite et même d’extrême droite.
J’appartiens de cœur et de raison à la gauche et elle reste ma famille de pensée. Je pense cependant que ce passage par l’objection de croissance lui est indispensable. Sinon, la gauche est condamnée à disparaître non seulement en raison de la montée en puissance des nouveaux démocrates, mais aussi en raison de son incapacité à en finir avec son passif et son passé productivistes. La gauche doit devenir écologiste au moment même où le terme est vidé de son sens. La seule façon aujourd’hui d’être partisans de l’écologie politique, c’est d’être pour l’objection de croissance.
Comment s’articule la décroissance ?
Selon trois formes de résistance. D’abord, la simplicité volontaire qui consiste à vivre en conformité avec ses valeurs. Cela semble aller de soi mais toute une tradition politique remettait aux lendemains du Grand Soir ce changement nécessaire des modes de vie et comme ce grand soir ressemblait souvent à des petits matins blêmes, on n’a finalement pas changé grand-chose. Tout ce qui va dans ce sens est donc positif, comme ne pas avoir de voiture, travailler à temps partiel, etc.
Mais si nous ne faisions que cela, la simplicité volontaire serait doublement dangereuse. Elle pousserait les objecteurs à se vivre comme les nouveaux parfaits, les nouveaux Cathares, à jouer à «plus-décroissant-que-moi-tu-meurs». La décroissance passerait alors d’un discours politique à une logique religieuse.
Le second piège serait d’entériner la division de la société et sa tendance à la dualisation. Notre but n’est pas de vivre entre nous une utopie concrète, il est de changer fondamentalement la société. Ensuite, les expérimentations collectives sont également indispensables. Nous devons bricoler des alternatives dans les franges, dans les marges et au cœur de la société.
Nous devons cependant être conscients que le capitalisme a une extraordinaire capacité de récupération. Il a détourné l’idée de microcrédit pour étendre la marchandisation. Il a dénaturé l’agriculture biologique pour en faire la bio-industrie. Pour finir, un troisième niveau de résistance, politique cette fois, est nécessaire.
Lequel ?
Nous devons inventer un paradigme politique capable d’articuler la prise en compte des contraintes environnementales avec le souci d’égalité sociale et le besoin de reconnaissance face à une société qui fonctionne toujours plus au mépris. L’idée d’une gratuité du bon usage face au renchérissement, ou à l’interdiction du mésusage, me semble constituer le socle de toute refondation d’une véritable alternative politique.
Non seulement parce qu’elle permet de répondre aux enjeux anticapitalistes et antiproductivistes, mais aussi parce qu’elle est à même de susciter le désir puisque nous portons la gratuité chevillée au corps. L’eau potable va devenir toujours plus rare au XXIe siècle, raison de plus pour en rendre son usage normal gratuit et pour interdire son mésusage, comme le gaspillage et pas seulement dans les golfs…
Quelle est la définition objective de l’usage et du mésusage ?
C’est aux citoyens de décider à tous les niveaux ce qu’est une consommation normale ou abusive. La décroissance est donc une façon de donner du grain à moudre à la démocratie participative, sinon elle ne sera qu’une illusion incapable de mobiliser le peuple et de lui rendre le pouvoir.
Pour cela, il faudrait réussir à prendre le pouvoir…
Si nous échouons politiquement, c’est aussi de notre faute. Nous sommes dans une période de recomposition totale, la gauche est toujours dans une impasse : le non majoritaire de la Constitution européenne ne sera pas, ou peu, représenté aux prochaines européennes.
On peut reprocher tout ce que l’on veut à la société consumériste, mais on n’arrivera à sa cheville en matière de désir. Cette société sait capter le désir : nous sommes tombés dedans il y a soixante-dix ans et nous en voulons encore. Pour la décroissance, reste à rendre le projet désirable.
C’était une interview de Paul Ariès, politologue et écrivain, directeur de la publication Le Sarkophage. Elle est parue samedi 2 mai dans le journal, à l’occasion du Contre-Grenelle de l’environnement, organisé à Lyon.
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07.11.2008
Chiffres pour l'Alsace - Conjoncture (Insee)
Ce point conjoncturel trimestriel met l'accent sur un ensemble d'indicateurs commentés (évolution de l'emploi salarié et du chômage, situation dans l'industrie et dans le bâtiment en Alsace...), complété par une synthèse qui situe l'Alsace dans le contexte économique national.
Activité encore bien orientée, mais des signes de ralentissement
Dans un environnement international sous l'effet d'une embellie passagère, la croissance de l'économie française continue de progresser au premier trimestre 2008. Le PIB augmente de 0,5 % après 0,4 % au dernier trimestre 2007.
Les exportations se redressent et le solde extérieur contribue pour 0,2 point à l'évolution du PIB. La contribution de la demande intérieure remonte à 0,3 point, encore soutenue par les investissements des entreprises en hausse de 1,3 %. Par contre, les dépenses de consommation des ménages stagnent, après plusieurs trimestres de progression.
Les enquêtes de conjoncture d'avril signalent un retournement des anticipations des chefs d'entreprises qui touche tous les secteurs.
En Alsace, cette évolution est également perceptible. En début d'année, l'activité industrielle est encore restée ferme, mais les carnets sont moins étoffés. Au cours des mois à venir, la demande pourrait fléchir et l'activité perdre de sa vigueur.
Dans le bâtiment, la construction de locaux non résidentiels s'est maintenue à un bon niveau. Mais l'environnement est moins favorable à la construction de logements, secteur où l'activité est en repli au premier trimestre et les perspectives peu encourageantes.
Pour l'hôtellerie alsacienne, ce trimestre hivernal a été satisfaisant. Des clients français venus plus nombreux et le week-end pascal en mars ont contribué à améliorer la fréquentation par rapport à 2007.
Autre indicateur positif, signe de l'activité industrielle encore restée dynamique : les exportations au départ de l'Alsace ont augmenté et le solde commercial s'est redressé.
Sur le marché du travail, l'amélioration se poursuit. Le taux de chômage a de nouveau baissé et les demandes d'emplois sont restées stables.
06:02 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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03.09.2008
L'OCDE REVOIT LES OBJECTIFS DE CROISSANCE DE L'EUROPE À LA BAISSE; 1 % POUR 2008
L'Organisation pour la coopération et le développement économiques a fortement révisé à la baisse sa prévision de croissance 2008 pour la France, à 1% contre 1,8% auparavant, en raison des "mauvaises nouvelles arrivées au deuxième trimestre".
L'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) a fortement révisé à la baisse sa prévision de croissance 2008 pour la France, à 1% contre 1,8% auparavant, dans ses perspectives économiques intérimaires publiées mardi 2 septembre.
"L'essentiel de la révision est due aux mauvaises nouvelles arrivées au deuxième trimestre, où on a eu une croissance négative de -1,2% en rythme annualisé, alors que nous anticipions +0,9%", a expliqué Jean-Luc Schneider, directeur adjoint du département économique de l'OCDE, interrogé par l'AFP.
"C'est une grosse mauvaise surprise et cela nous a amenés à réviser à la baisse la croissance sur la deuxième moitié 2008", a-t-il précisé.
L'OCDE ne prévoit pas de "rebond faramineux" dès le troisième trimestre, et s'attend à ce que la France "croisse très peu pendant les deux prochains trimestres", a-t-il poursuivi.
Il a toutefois refusé de commenter les risques que le déficit budgétaire de la France dépasse la barre des 3% tolérée dans la zone euro, se contentant de dire qu'avec cette croissance réduite les objectifs budgétaires du gouvernement allaient être "plus difficiles à tenir".
Baisse de prévision dans toute la zone euro
A la veille de la parution du rapport de l'OCDE, le Premier ministre français François Fillon avait admis que la croissance hexagonale serait nettement plus faible qu'attendu, affirmant espérer seulement "un peu plus de 1%" cette année, ce qui laisse planer le doute sur la capacité de la France à freiner son déficit public.
Une révision des plus brutales puisque le gouvernement tablait jusqu'alors sur une croissance comprise entre 1,7% et 2,0%, mais plus proche de 1,7%, pour 2008.
La nouvelle prévision du gouvernement devrait être officiellement dévoilée le 24 septembre, lors de la présentation du prochain projet de budget en conseil des ministres.
L'OCDE a par ailleurs abaissé sa prévision de croissance 2008 pour la zone euro à 1,3% contre 1,7%. Elle anticipe même une récession en Grande-Bretagne pour les deux derniers trimestres de l'année, avec une prévision de croissance à 1,2% contre1,8% précédemment.
En revanche, l'OCDE a revu en nette hausse ses prévisions pour les Etats-Unis, à 1,8% contre 1,2% auparavant.
L'Europe est plus proche de la récession que les USA
Pour l'OCDE, l'Europe est plus proche de la récession que les Etats-Unis.
Dans l'ensemble, le G7 (Allemagne, Italie, France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Japon, Canada) va continuer à traverser une "phase de faiblesse de l'activité jusqu'à la fin de cette année", pronostique l'OCDE dans ses perspectives économiques mardi.
"La tempête sur les marchés de capitaux, le repli des marchés immobiliers et la cherté des matières premières continuent de peser sur la croissance mondiale", ajoute l'Organisation pour la coopération et le développement économiques.
Mais la croissance américaine du deuxième trimestre a été presque deux fois plus forte que prévue à 3,3% en rythme annuel. L'OCDE anticipe désormais 1,8% de croissance cette année contre 1,2% auparavant.
Cette performance est due "en partie au commerce extérieur, en partie au stimulus fiscal qui a été perçu plus vite que prévu, voire anticipé par les consommateurs américains", explique Jean-Luc Schneider.
D'après lui, l'affaiblissement du dollar au premier semestre a notamment contribué à soutenir les exportations américaines, alors que celles de la zone euro ont au contraire été gênées par le net renchérissement de la monnaie unique.
S'ils ne peuvent être exclus outre-Atlantique, les risques de récession sont donc désormais bien plus forts en Europe qu'aux Etats-Unis.
L'analyse de l'OCDE est donc nettement plus optimiste pour la première économie du monde que celle du Fonds monétaire international, qui anticipe 1,3% de croissance cette année.
Les deux institutions convergent en revanche pour la zone euro, le Fonds prévoyant 1,4% pour 2008.
07:20 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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01.08.2008
La fin du néolibéralisme
Par Joseph E. STIGLITZ
Le monde n'est pas tendre envers le néolibéralisme, ce fourre-tout d'idées basées sur la notion fondamentaliste que les marchés sont autocorrecteurs, qu'ils distribuent efficacement les ressources et servent l'intérêt général. C'est le fondamentalisme de marché qui a soutenu le thatchérisme, la « reaganomique » et le « consensus de Washington » favorables aux privatisations, à la libéralisation économique et à des banques centrales indépendantes préoccupées uniquement par l'inflation.
Après un quart de siècle d'expérimentations parmi les pays en développement, les perdants apparaissent clairement : non seulement ceux qui ont adopté une politique néolibérale ont perdu la course à la croissance, mais quand il y a eu croissance, elle a bénéficié de manière disproportionnée aux plus riches.
Lire la suite sur le site de l'UFAL - Union des FAmilles Laïques
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08.06.2008
Chiffres de l’emploi : piqûre de rappel.
Quand on focalise sur des données quantitatives, tout baigne... Mais quand on rentre dans le détail, c’est beaucoup moins reluisant. A l’occasion de l’auto-satisfecit de Nicolas Sarkozy sur les "bons chiffres" de la croissance et de l’emploi, un petit arrêt sur quelques mensonges par omission s’impose.
Nicolas Sarkozy se vante d’un taux de chômage à 7,5%, « son plus bas niveau depuis vingt-cinq ans »
• En réalité, il s’agit du taux INSEE pour le dernier trimestre 2007, le taux moyen pour l’année dernière étant à 8% de la population active en métropole et à 8,3% avec les DOM. Le prochain taux INSEE pour le 1er trimestre 2008 sera connu le 5 juin et ne devrait plus baisser, puisque l’ANPE a enregistré successivement en janvier et en mars une hausse de ses demandeurs d’emploi inscrits en catégorie 1.
• On rappelle que le calcul du taux de chômage officiel a été modifié : même si on a troqué le « chômeur de catégorie 1 » de l’ANPE contre le « chômeur au sens du BIT » par l’INSEE, on est tout simplement passé d’une définition restrictive à une autre, aucune des deux ne reflétant l’intégralité et l’hétérogénéité du chômage dans notre pays, toutes les deux escamotant la majorité des chômeurs.
• On rappelle également que, pour recenser les créations nettes d’emplois, on met dans le même sac toutes les catégories de postes (CDI, CDD, intérim, saisonnier, temps plein, temps partiel ou très partiel : bref, sans distinction, le meilleur comme le pire). Mais pour chiffrer le chômage, on n’inclut qu’une seule catégorie de chômeurs et on ignore toutes les autres. Cette disparité de calcul est totalement malhonnête.
Sarkozy a dit : « Avec 340.000 créations d’emplois, l’année 2007 a été l’une des cinq meilleures années en terme de création d’emplois depuis 1974 »
• Faux ! Depuis 2000 seulement. Car, comble de mauvaise foi, c’est sous Jospin que la création d’emploi a été la plus forte : 441.500 créations nettes en 1999 et 566.600 en 2000, au total 1,8 million de postes qui on vu le jour sous cette législature. Un score que l’UMP n’a jamais pu égaler en 7 ans mais chut !... faut pas le dire.
• Sur les 352.000 emplois marchands et non marchands qui ont vu le jour en 2007, 80% sont des petits boulots précaires et mal payés. Le tiers de ces créations concerne le secteur des emplois de service, dont on sait qu’ils sont particulièrement partiels et peu rémunérateurs. L’intérim a progressé de + 6,6%. Le nombre des CDD a triplé en 5 ans et aujourd’hui, 70% des embauches se font sous cette forme. De plus, 58% des demandeurs d’emploi ont exercé une "activité réduite" de plus de 78 heures par mois, soit 1,07 million de personnes qui, sorties des chiffres officiels le temps d’un contrat, ont travaillé mais insuffisamment et se considèrent donc comme chômeurs.
Sarkozy s’est félicité de la création de « 40.000 » emplois au premier trimestre 2008 dans le secteur marchand
• La progression n’est que de 0,2% sur ce trimestre et de 1,5% en glissement annuel.
• Sur les 39.400 postes créés de janvier à mars, 18.100 - soit 46% - sont... de l’intérim !
Rappelons, pour finir, que sur les 321.000 entreprises nées en 2007, 87% n’ont généré qu’un seul emploi : celui du créateur, et qu’en 2007 les défaillances d’entreprises (redressements ou liquidations judiciaires) ont bondi de 5%...
Source/auteur : Actuchomage
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01.06.2008
La construction croîtra moins que le PIB français en 2008
LA TRIBUNE - PARIS (Reuters) - Après avoir tiré la croissance ces dernières années, le secteur français de la construction connaîtra en 2008 une progression inférieure à celle du produit intérieur brut, selon des prévisions du ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire.
Les chiffres déjà disponibles pour 2008 témoignent d'un fort ralentissement des mises en chantier de logements (-18% sur les trois mois à fin avril, -0,7% sur un an) et d'une chute des ventes de logements (-28% au premier trimestre sur un an).
Mais le ministère relativise ces données en rappelant que les ventes avaient culminé au premier trimestre 2007 et en notant que la réforme du droit du sol entrée en vigueur en octobre a encore des effets sur l'enregistrement des mises en chantier.
Avec un chiffre d'affaires estimé à 178 milliards d'euros, le secteur de la construction a connu en 2007 une croissance de 4,2% en volume, près du double de l'économie nationale (+2,2%), et a accru ses effectifs de 67.000 personnes, intérim compris, pour un total de 1.621.000 emplois.
En 2008 la croissance serait comprise entre +1,2% et +2,1% avec 17.000 à 28.000 emplois créés (+1,1% à +1,7%), selon les hypothèses basses et hautes établies par la direction des affaires économiques et internationales (DAEI) du ministère.
En milieu de fourchette, cela donne une prévision de 1,7% pour le secteur en 2008, alors que le gouvernement vise une croissance du PIB comprise entre 1,7 et 2,0%.
"Le BTP ne tirera plus la croissance, il sera dans la croissance", a expliqué Dominique Bureau, directeur de la DAEI, lors d'une présentation au ministère.
ATTERRISSAGE EN DOUCEUR
Dans le secteur du bâtiment, le ministère prévoit une croissance de 1,7% après +3,2% en 2007, due en particulier au secteur du bâtiment non résidentiel neuf (+3,4%) et à l'entretien de logements (+2,5%). La construction de logements neufs connaîtrait un "atterrissage en douceur" de la production, prévue en repli de 1,1% avec 420.000 logements mis en chantier contre 435.000 en 2007 et 421.000 en 2006.
"La déductibilité des intérêts d'emprunt devrait soutenir les mises en chantier dans l'accession à la propriété, mais les niveaux des prix et des taux d'intérêt devraient au contraire freiner la production, surtout dans le secteur privé, l'encours de logements proposés à la vente s'accroissant assez substantiellement", lit-on dans un communiqué remis à la présentation.
Le stock de logements en vente était de 105.600 à la fin mars, un chiffre record, selon des chiffres publiés mardi par le ministère.
L'activité des travaux publics progresserait quant à elle à un rythme de 1,4% en volume cette année après un bond de 7,7% en 2007. L'investissement des collectivités locales est prévu en repli de 0,3% après avoir fortement augmenté en 2007 du fait des élections. Les projets des grandes entreprises publiques et les travaux privés de voirie et réseaux divers compensent cependant la baisse probable des investissements du premier donneur d'ordres du secteur.
FACTEURS DE RÉSILIENCE
Dominique Bureau a mis en garde contre une "surextrapolation" du ralentissement de la croissance du secteur.
Le secteur de la construction, a-t-il fait valoir, bénéficie aussi bien de facteurs d'inertie forts - la durée des chantiers est en général d'un an - et de perspectives toujours favorables.
"Sur les 12 derniers mois, 416.000 logements ont été commencés qui sont en chantier aujourd'hui. Cela fait l'activité de l'année, il n'y a pas de doute", a-t-il dit.
A plus long terme, l'activité du secteur devrait bénéficier des mesures du Grenelle de l'environnement et en particulier de l'amplification des travaux d'économie d'énergie, ces derniers étant encore encouragés par la flambée actuelle des prix du pétrole.
A plus long terme, l'évolution démographique constitue aussi un facteur de résilience avec l'augmentation du nombre de ménages et leur aspiration à plus d'espace.
"On a clairement et structurellement un secteur dont la demande reste forte sur le moyen-long terme", a noté Dominique Bureau en estimant la construction de logements neufs "entre 400 et 500.000 en moyenne sur les 10 prochaines années".
Selon les données de l'Insee, la construction pèse 6% du produit intérieur brut de la France avec une valeur ajoutée de 76 milliards d'euros en 2007. Son effet d'entraînement sur l'économie nationale est amplifié par le fait que l'activité du secteur est très largement concentrée sur le territoire.
Véronique Tison
http://www.latribune.fr/info/La-construction-croitra-moin...
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23.04.2008
OPINION : Méforme de l'état avec hors norme de croissance
«C'est comme une sorte de vertige. Mais rien à voir avec l'amour. Non, cette sensation s'apparenterait plutôt au syndrome du derviche tourneur. Un tournis qu'on attrape bêtement en essayant de suivre la politique des Pieds Nickelés qui prétendent gouverner la France.
Les passements de jambes de Kosciusko-Morizet, les dribbles de Borloo, les petits ponts de Roselyne Bachelot, les contre-pieds de Rama Yade, les rateaux de Kouchner, les tacles de Fillon, sans compter les coups pas francs de Xavier Bertrand ont de quoi faire rougir de honte les pauvres joueurs du PSG. Quels artistes! Et pourtant tellement amateurs…mais quelle créativité dans l'improvisation !
Les pisse-vinaigre qui ne comprennent rien à la saine rigolade disent que gouverner, c'est prévoir. Si, nos joyeux ministres devaient être notés d'après ce critère, il y aurait certes du bonnet d'âne et du double zéro dans l'air, mais il en serait terminé de la bonne humeur qui inonde la France comme un voyage de noces perpétuellement recommencé à Gandrange.
<strong>En effet, toutes les hypothèses sur lesquelles Bercy a construit le budget 2008 ont d'ores et déjà explosé en vol sous l'effet du ralentissement de la croissance mondiale, consécutif à la crise financière (et désormais économique) américaine.
Naturellement les surdoués qui nous dirigent diront qu'ils ne savaient pas, qu'ils ne pouvaient pas prévoir. Ben tiens, ça ne fait jamais qu'un an que la crise des "subprime" a pointé son nez. Fallait-il être extra lucide pour anticiper la contamination de la sphère productive et sa diffusion à l'Europe? A moins que… Quoi, on nous aurait menti [à l'insu de notre plein gré] jusqu'aux élections locales ? Seul un esprit bien pervers pourrait penser une chose pareille.</strong>
<strong>N'empêche, Bercy vient de reconnaître piteusement que le déficit public a atteint 50,3 milliards d'€ soit 2,7 % du PIB en 2007 </strong>alors que les engagements auprès de Bruxelles portaient sur 2,3 %. L'année 2006 s'était quant à elle soldée par 2,4 %. Du coup, la dette publique se hisse à 1210 milliards d'€ soit 64,2 % du PIB, très largement hors des clous fixés par le pacte d'Amsterdam. Mais bien sûr, seuls les médisants pourraient accuser la politique "du bouclier fiscal", en comprimant les recettes, d'avoir conduit à ce piteux résultat.
<strong>Faut-il préciser que la performance 2008 n'aura rien à envier à ses devancières ?</strong>
Le taux de croissance retenu pour élaborer le budget était de 2,25 % ; il vient d'être révisé à la baisse dans une fourchette de 1,7 à 2 % ce qui semble encore très optimiste aux yeux de nombreux conjoncturistes, y compris ceux du FMI, qui le situeraient plutôt en dessous de 1,5 % ! Est-il étourdi ce pauvre Woerth, pour ainsi confondre ses pilules de viagra avec des marshmallow !
La promesse faite aux partenaires européens d'un équilibre des finances publiques en 2012 – alors que Bruxelles souhaitait l'obtenir dès 2010- est fortement compromise. C'est d'autant plus fâcheux que la France s'apprête à prendre la présidence de l'Union Européenne en juillet prochain. Et il n'est pas glorieux pour qui se pose volontiers en donneur de leçons de sécher devant un exercice, fût-il budgétaire.
Que Lagarde meuble ses annonces de propos lénifiants en évoquant "l'impact conjoncturel sur les recettes d'une croissance un peu moins élevée que prévu" ne change rien sur le fond. Pas plus que les acrobatiques contorsions – gare à la déchirure musculaire!- de nos ministres mettant de la souplesse dans leurs discours pour éviter d'utiliser le mot "rigueur" qu'ils s'apprêtent à mettre dans leur pratique politique.
Car le contexte – comme on l'avait annoncé avant les municipales – ne laisse d'autre choix au gouvernement que d'appliquer la cure d'austérité, joliment baptisée RGPP (révision générale des politiques publiques) qui consiste à tailler à la hache dans les dépenses publiques et de préférence dans les dépenses à caractère social. Le schéma de pensée qui prévaut est typiquement celui de la "Reaganomic" qui s'est soldée au début des années 80 par le succès planétaire que l'on sait. Ainsi, dans la Sarkonomic, l'ennemi désigné est une fois encore l'état providence, chargé du péché rédhibitoire d'inefficacité économique.
Quand Guaino se croit autorisé à glisser dans le discours de Sarkozy cette élégante formule de style :" ce ne sont pas les économies qui permettront la réforme, mais la réforme qui permettra les économies", il s'appuie sur le postulat selon lequel en votant pour Sarkozy les Français auraient voté pour une réforme libérale. C'est un contresens délibéré. Les Français sont dans leur grande majorité attachés à leur modèle social et farouchement opposés au libéralisme économique.
Toute l'habileté du candidat Sarkozy a consisté à jouer de l'ambiguïté de ce terme, pratiquant avec un art consommé la novlangue qui éblouissait en son temps déjà le Persan de Montesquieu. Il est hélas vrai que le concept de réforme est devenu une auberge espagnole, où chacun apporte sa propre représentation signifiante.
L'acception sarkozienne du terme est, pour sa part limpide. Sarkozy n'est pas simplement le politicien narcissique et bling-bling que l'on décrit, c'est aussi et avant tout un militant de la droite américanophile et conservatrice, convaincu de la vertu toute puissante de l'initiative privée et des mécanismes du marché.
Dans l'optique du libéralisme économique, relayé par l'Europe, l'orthodoxie budgétaire prime sur l'urgence sociale. La réduction du déficit public est donc la priorité du gouvernement. Comment atteindre cet objectif ? C'est simple mais encore fallait-il y penser : à l'instar de l'humoriste qui proposait de dissoudre le peuple contestant la légitimité de ses dirigeants, pour réduire le déficit public, il suffira de dissoudre le secteur public.
Tous n'en mourraient point, mais tous étaient frappés. Un fonctionnaire partant à la retraite sur deux ne sera pas remplacé. Et ferment les classes, et disparaissent les petits hôpitaux, et voguent les commissariats, s'évanouissent les tribunaux ; on murmure que des casernes elles-mêmes seraient déplacées…
Après l'instauration de la franchise médicale, après le relèvement du plafond d'accession aux HLM, après les douloureuses mesures à venir concernant les retraites, le gouvernement avait un instant envisagé de supprimer la carte de réduction SNCF pour les familles nombreuses et le remboursement de l'optique par la sécurité sociale. Sans éviter une joyeuse cacophonie, il a été contraint à une spectaculaire et humiliante marche arrière. Seuls, et sûrement par miracle, les prisons, les petits fours et les collants de Rachida seront sauvés de l'holocauste! On respire. Alain Minc peut continuer de pérorer sur "la mondialisation heureuse".
Or, cette politique économique est non seulement inique, elle est au surplus contre-productive."Trop de rigueur tuera la rigueur. La politique budgétaire restrictive française est une erreur économique à l’heure où pointe une récession mondiale" explique l'économiste keynésien Liem Hoang Ngoc dans une tribune du Monde: "Le creusement de la dette publique ne provient pas de l’inflation de dépenses publiques, mais de la chute des recettes fiscales qui résulte de la baisse du rendement de l’impôt, induite par les réformes fiscales engagées depuis 1993, et de l’inefficacité des politiques "de l’offre". Celles-ci se sont avérées incapables d’emmener la croissance française à son taux potentiel, supérieur à 3 % […] Malgré l’allégement du coût des heures supplémentaires, les entreprises n’ont aucune raison d’accroître le volume de travail dans le marasme qui prévaut. L’exonération de cotisations a donc créé un nouvel effet d’aubaine. Le manque à gagner pour la sécurité sociale devra être comblé par de nouveaux prélèvements qui pèseront sur la consommation." La récession pourrait alors s'alimenter elle-même, plongeant l'économie dans une spirale négative.
Liem considère que des marges de manœuvre existent. Nous avons la faiblesse de penser qu'elles sont moins que minimes dans le cadre de l'Europe actuelle, confrontée à un choc asymétrique, tant sur le plan de la politique monétaire que budgétaire.
La politique monétaire de la BCE a ridiculement échoué. Sa seule et unique mission est de contenir l'inflation. Or, alimentée par la hausse des matières premières, elle-même largement liée à la spéculation qui a trouvé là le moyen d'utiliser les liquidités disponibles, celle-ci atteint d'ores et déjà 3.5 %, le taux de rémunération du livret A. Cherchez l'erreur. L'erreur, est dans le fait que pour ces beaux messieurs l'inflation ne saurait être que d'origine salariale.
A quoi ça sert que Trichet il se décarcasse pour éviter de baisser son taux directeur comme ses consoeurs anglo-saxonnes ? A propulser l'€ vers les sommets sans vaincre la maladie inflationniste mais en asphyxiant le malade privé de débouchés extérieurs, et à faire porter l'ajustement de compétitivité sur les salaires.
Le rêve inavoué de Trichet est que l'€ vienne demain concurrencer le $ comme monnaie de réserve. Voilà qui fera une belle jambe aux petites gens plongées dans la misère !
La politique budgétaire quant à elle est soumise à "un respect dogmatique du pacte de stabilité, dont Romano Prodi disait qu’il est une stupidité. L’application du pacte de stabilité est en effet à l’origine du "paradoxe de la dette" : la dette publique s’est accrue au cours de ces quinze dernières années au cours desquelles les gouvernements ont appliqué des politiques censées réduire le poids de l’interventionnisme public […] Le meilleur moyen de réduire les déficits est de relancer la bonne dépense, celle qui exerce un effet réel sur la croissance"remarque encore Liem. Dégager des marges budgétaires implique donc de renoncer au pacte de stabilité. CQFD.
C'est en ce point que Liem s'évade des réalités politiques quand il ajoute : " La présidence française du Conseil européen peut être l’occasion, dès le 1er juillet, de lancer enfin le chantier de la révision du pacte de stabilité pour inscrire l’Europe dans la perspective d’une relance mondiale de la croissance." Autant demander à Sarkozy d'adhérer à la LCR !
La situation risque de se compliquer encore de l'hypothèse de plus en plus probable du sauvetage par la puissance publique de grandes banques secouées par la crise financière et menaçant de faillite l'ensemble du système. La nationalisation de Northern Rock a coûté plus de 55 milliards de livres sterling aux contribuables britanniques tandis que Royal Bank of Scotland s'apprête à annoncer 4 milliards ₤ de pertes. Même chose aux Etats-Unis pour City group, Merill Lynch et JP Morgan. La très discrète Suisse n'échappe pas à l'épreuve à travers UBS, c'est dire si le mal est profond. Le pire est sans doute à venir.
"Il faut donner le signal que les autorités sont prêtes à faire ce qui est nécessaire" pour éviter un effondrement du système financier planétaire, a demandé Angel Gurria, secrétaire général de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE). Pour éviter un désastre encore plus grand, c'est en effet la solution qui s'impose rationnellement mais souhaitons bon courage aux politiques qui devront faire assumer par les contribuables les dérives de certains investisseurs après leurs beaux sermons sur la rigueur.
Selon les bons apôtres du libéralisme économique, la mondialisation était censée faire converger les pays développés et les pays en développement. Le pari est en passe d'être relevé : nous aussi bientôt on connaîtra nos émeutes de la faim».
A. Bonessian - Creusot-infos.com - Le Creusot,Bourgogne,France
06:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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08.03.2008
« Le logement : un refuge à défaut d’un modèle de bien-être social »
Luis Zarapuz est économiste au sein du syndicat des Commissions ouvrières (CCOO) et anime l’Assemblée contre la précarité et pour un logement digne. Après des années de croissance, il estime que l’Espagne pourrait entrer en crise.
Le secteur de la construction a explosé mais il est quasi impossible d’accéder à un logement. Comment analysez-vous ce paradoxe espagnol ?
Luis Zarapuz. L’Espagne a beaucoup construit certes mais en faveur de la spéculation. Depuis dix ans, seulement la moitié des 700 000 logements édifiés chaque année, soit plus que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni réunis, ont servi à répondre à la demande. L’édification galopante et la flambée des prix des logements (15 % à 20 %) ont permis de gonfler la bulle immobilière. Dans les faits, le logement a été l’actif le plus rentable pour les investisseurs et pour une partie de la société.
Le ralentissement dans le secteur de la construction pourrait-il avoir des conséquences sur l’état de santé de l’économie ?
Luis Zarapuz. La construction ne représente que 20 % de la richesse et de la population active. Mais il a été le moteur de la croissance. Ce secteur, basé sur la spéculation du sol, en a tiré d’autres : les sociétés immobilières et financières mais également les entreprises de ciment, brique, métal… Les hypothèques des Espagnols, dont ils s’acquittent avant tout autre dépense, ont constitué une base stable d’actifs pour les banques. Donc l’éclatement de la bulle aura d’amples répercutions. Une part importante de la population est endettée pour quarante ans. Les familles n’ont plus les capacités de soutenir leur consommation avec leur hypothèque et la dette des entreprises.
Vous parlez de capitalisme de la brique…
Luis Zarapuz. 85 % des familles espagnoles sont propriétaires de leur logement qu’ils aient ou non fini de le payer. Les agents spéculateurs, comme les administrations publiques, ont cherché l’adhésion de la population au système des hypothèques, en leur faisant croire qu’elles bénéficieraient des retombées spéculatives. Or, dans le système capitaliste, les profits engendrés par quelques-uns reposent sur les autres. C’est une sorte de paix sociale garantie. Car, dans le même temps, on a généralisé les emplois précaires et intensifs en lien avec le secteur de la construction. Le problème est sérieux : le coup de frein dans ce secteur, avec une chute de 30 % en 2007, a des répercussions sur d’autres secteurs d’activités. La dette des familles freine également leur consommation. La combinaison de ces deux facteurs va ralentir la croissance des foyers et des entreprises. On peut donc caresser l’idée d’une crise économique.
Cette situation n’interroge-t-elle pas la fragilité du modèle social ?
Luis Zarapuz. Je pense que le modèle social espagnol est un composant du modèle économique et productif, basé sur la réduction des coûts du travail et la précarité, sur des niveaux de protection sociale faibles et une pression fiscale moindre. Le maigre matelas de bien-être explique pour une part la tradition culturelle de la propriété des Espagnols. L’accès à la location est quasiment impossible. Mais l’achat d’un logement constitue - surtout, selon eux - un refuge de sécurité. Une sorte d’auto-protection pour le futur « au cas où ». Le logement est devenu une sorte de substitut privé dans un pays où le développement de bien-être social est moindre.
Entretien réalisé par Cathy Ceïbe L'HUMANITÉ
07:35 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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07.02.2008
Finance. Craignant le retour de l’inflation, la BCE maintient ses taux inchangés.
LIBERATION De notre correspondant à Bruxelles (UE)JEAN QUATREMER
La Banque centrale européenne reste inflexible malgré la tempête
La Banque centrale européenne (BCE), qui se réunit aujourd’hui à Francfort, devrait maintenir, sauf surprise, selon la plupart des économistes, son principal taux d’intérêt, le Refi, à 4 %, son niveau depuis juin 2007. Elle refuse donc de suivre la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a ramené son taux directeur de 4,25 % à 3,50 % le 22 janvier, puis à 3 % le 30 janvier pour relancer l’économie menacée par la crise des subprimes.
Pourquoi la BCE refuse-t-elle de baisser ses taux ?
La BCE est particulièrement préoccupée par le retour de l’inflation qui a atteint son plus haut niveau depuis 2002, à 3,2 % en janvier dans la zone euro. On est très au-dessus de l’objectif de 2 % que la BCE a défini, en 1998, comme étant la «stabilité des prix», son principal objectif selon les traités européens. Lors de la dernière réunion de la BCE, le 10 janvier, Jean-Claude Trichet, son président, a d’ailleurs brandi la menace d’une… hausse des taux : «nous sommes dans une position d’alerte». Le 22 janvier, il expliquait : «en toutes circonstances, […] la responsabilité de la Banque centrale est d’ancrer solidement les anticipations d’inflation afin d’éviter davantage de volatilité des marchés». Pourquoi une telle obsession ? Afin de maintenir les taux d’intérêt à long terme (qui sont librement fixés par les marchés) le plus bas possible : si vous craigniez que l’inflation s’emballe, vous prêtez votre argent à long terme à un taux plus élevé pour compenser ce risque Or, les taux à long terme sont les plus importants pour le financement des entreprises. En outre, la BCE n’a pas l’intention de baisser sa garde au moment où l’opinion est de plus en plus préoccupée par son pouvoir d’achat.
La BCE privilégie-t-elle la stabilité des prix sur la croissance ?
C’est une accusation très courante en France. Or, en pratique, la BCE a plutôt fait montre de pragmatisme. Dès le début de la crise des subprimes, elle a stoppé son cycle de hausse des taux entamé en décembre 2005 lorsque le Refi était à 2 %. Aujourd’hui, encore, sa politique n’est guère restrictive, le taux d’intérêt réel (c’est-à-dire en défalquant l’inflation) étant de 0,8 %. Surtout, la politique monétaire ne peut pas tout. En dépit de taux d’intérêt faibles, le potentiel de croissance de la France n’a, par exemple, pas augmenté, comme le montre son déficit commercial croissant vis-à-vis des autres pays de la zone euro. La BCE assure que si elle baisse ses taux alors que la productivité stagne, elle prend le risque d’alimenter l’inflation et d’entamer le pouvoir d’achat au pire moment. Pour Francfort, c’est donc plutôt aux gouvernements d’agir pour relancer la croissance.
La BCE a-t-elle pris la mesure de la gravité de la crise outre-Atlantique ?
Beaucoup (y compris parmi ses traditionnels opposants) reconnaissent à Jean-Claude Trichet sa bonne gestion de la crise des subprimes. Pour éviter une pénurie de crédit ( credit crunch) qui aurait asphyxié l’économie, il a en effet alimenté massivement les établissements financiers par des prêts à très court terme. En revanche, on peut s’interroger sur l’action de la Fed : car baisser massivement ses taux, c’est réamorcer la pompe à liquidités tout en augmentant l’inflation et donc encourager la création de nouvelles bulles. Le Prix Nobel d’économie 2006, l’Américain Edmund Phelps, critique d’ailleurs vertement la Fed.
Une baisse des taux en Europe est-elle à exclure ?
Sans doute pas, surtout si la croissance s’essouffle plus que prévu. Mais la BCE, si soucieuse de son indépendance face aux gouvernements, ne va pas laisser passer l’occasion de montrer qu’elle n’est pas à la traîne d’une grande sœur qu’elle accuse en privé d’avoir aidé à la création d’une bulle immobilière dévastatrice.
06:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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