23.04.2008
Marseille : L’ANTICHAMBRE DE L’HABITAT DÉCENT
Droit au logement. Le collectif Vie et Terre obtient une 1ère proposition de relogement après un recours au DALO.
Il y a huit années que Saïd Ibrahim Madi a entamé sa course au logement. Un véritable marathon à la recherche d’un logement décent. La situation de Saïd Madi et de sa famille habitant un T2 au 259, de la rue de Lyon dans le 15e arrondissement n’est pas des plus confortables. Chaque année, le locataire fait des demandes auprès de plusieurs offices HLM, sans résultat. « Chaque année depuis 2003, le service d’hygiène me délivre un certificat d’insalubrité », précise-t-il en ajoutant que ses enfants ont développé des allergies et sont continuellement souffrants.
L’appartement de Saïd Madi est très loin des normes de salubrité définies par le règlement sanitaire. Les murs de son T2 exigu sont cloqués par l’humidité ; l’isolation thermique et l’absence de chauffage font gravement défaut. Des conditions de vie déplorables qui fragilisent le locataire qui, en plus d’un loyer élevé de 600 euros mensuels, doit faire face à des charges locatives importantes.
Pour tenter de remédier à la spirale sanitaire et financière du mal logement, le locataire fait appel au collectif associatif Vie et Terre, DAL (Droit au logement) et les Amis de la terre. En janvier 2008, il dépose un dossier DALO (Droit au logement opposable) auprès des instances préfectorales. Sa demande est jugée prioritaire et urgente par la commission de médiation départementale et il obtient pour la première fois dans l’histoire du collectif une proposition concrète de relogement.
Permanence du collectif associatif pour le logement tous les lundi à 15h au 40, rue Sénac (5e).
Seule ombre au tableau : le logement social proposé à Saint-André par Sud Habitat n’est pas encore disponible. Le locataire sortant n’est pas en mesure de libérer l’appartement et la date de son départ est prévue pour juillet mais « cela reste une échéance théorique et ne constitue pas une véritable garantie», précise Marc Gastaldello, animateur et porte-parole du collectif.
L’incapacité politique
Pourtant, Saïd Madi « a un très bon dossier. Il est l’exemple type de l’incapacité politique à rendre le droit au logement effectif », raconte le porte-parole contrarié. Contestant la portée de la loi DALO, il considère que le recours aux différents contingents de logements sociaux ne peut suffire à la résorption de la crise et en appelle à l’arrêt des expulsions et démolitions.
Au mois de juin, si le relogement n’a pas eu lieu, le dispositif de la loi DALO permet au locataire d’engager un dernier recours devant une juridiction administrative et l’État peut être condamné à payer une astreinte.
En attendant, la mise en échec du droit au logement représente « un coût non négligeable pour la collectivité », explique l’animateur du collectif. « Les propriétaires de logements insalubres s’enrichissent sur le dos de la CAF et les problèmes de santé engendrés par des conditions de vie malsaines entraînent des coûts à la sécurité sociale », continue le militant persuadé que l’action en faveur du droit au logement « fait économiser l’argent de la collectivité ».
Si la loi DALO constitue une avancée en terme de « droit fondamental », le logement reste malheureusement « une marchandise ordinaire, un bien réglementé », déplore le militant associatif.
EMMANUELLE BARRET - la MARSEILLAISE
05:56 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : habitat insalubre, DALO, Dal 13, Marseille, logement social |
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