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24.02.2008

STRASBOURG : DES SANS-ABRIS CAMPENT AU JARDIN DES DEUX RIVES

Source auteur Collectif SDF Alsace

STRASBOURG : DES SANS-ABRIS CAMPENT AU JARDIN DES DEUX RIVES
Hier matin, les Don Quichotte ont renoncé à installer un nouveau campement sauvage sur le quai Sturm après une réunion avec Monsieur Ory Directeur de Cabinet du Préfet et Monique Alba en présence de notre Porte-Parole Monique Maitte (Collectif SDF Alsace).

Lorsque les premiers soutiens (associations, citoyens, Ts...) sont arrivés une camionnette de policiers attendait Quai Sturm.
Alexandre Glardon a tenté de négocier pour installer ce nouveau campement Quai Sturm, lieu symbolique...
La Préfecture peut désireuse d'avoir à gérer un nouveau campement a insisté pour une rencontre. Entre les deux, notre porte parole présente aux négociations, a senti une incompréhension. Chacun est sur sa position !

Pour Alexandre Glardon les 10 places nouvellement créées ne suffisent pas. À elle seule leur maraude a rencontré 30 personnes environ qui sont toujours sans-abris. Pour 30 personnes Monsieur Ory proposait de trouver une solution immédiate. Protestations de notre Porte Parole sur cette proposition, car nous savons tous qu'il y à beaucoup plus de personnes sans-abris à Strasbourg et que toutes les associations ont leur mot à dire sur l'hébergement...
Elle a rappelé que Jeudi dernier elles étaient quelques unes a exprimer leur mécontentement devant leurs difficultés à obtenir des places, des appartements et des moyens. La proposition de Mr Ory ajouterait à leur mécontentement et non sans raison.

Mais la situation à Strasbourg ne sera plus vue par une seule association ! Les Don Quichotte ont apprit que les négociations devaient être plus larges...
Alexandre Glardon a donc accepté treize places en foyer accessibles par le 115; donc par tout le monde car a t-il précisé il n'y à plus de SDF-EDQ il y à des SDF à Strasbourg.

Monsieur Ory a accepté la mise en place d'un campement temporaire dans le jardin des Deux-Rives pour les sans-abris qui ont des chiens et les couples ou tout simplement pour tous les SDF à qui les maraudes ne trouveront pas d'hébergement. Ils pourront bénéficier de l'eau et de l'électricité dans le jardin des Deux-Rives.

L'objectif était d'arriver à une solution qui satisfassent tout le monde sans mettre les sans-abris en danger. Le 29 février prochain, une "réunion de travail et d'échanges" est organisée par le préfet avec les associations et partenaires publics pour examiner les différents projets et les financements en vue de résorber l'habitat indigne. Cette réunion est une déclinaison locale des négociations faites à Paris et se basera sur les propositions d'E. Pinte. Toutes les associations sont invitées !
Les propositions à télécharger

06.12.2007

Don Quichotte : les assos réfléchissent !!

L'Eglise est réticente à accueillir des tentes dans les lieux de culte
Alors que l'association des Enfants de Don Quichotte étudie la possibilité de monter des tentes dans des lieux de culte, le diocèse de Paris travaille, avec le Secours catholique, sur d'autres pistes

« Nous préparons un nouveau campement, qui sera installé avant le 15 décembre dans Paris, et dont le but premier est de mettre à l’abri des gens qui sont à la rue cet hiver. (…) Nous hésitons encore sur les lieux, nous pensons aux bords de la Seine. (…) On a aussi dans l’idée de mettre des tentes dans les églises, les temples, les lieux de culte. »

Dans un entretien au Journal du dimanche du 2 décembre, Augustin Legrand a redit sa détermination à monter une nouvelle opération médiatique. Si le responsable de l’association des Enfants de Don Quichotte, à l’origine du spectaculaire campement le long du canal Saint-Martin à Paris, l’hiver dernier, estime avoir alors obtenu des avancées (nouvelles places d’hébergement de stabilisation et surtout vote de la loi sur le droit opposable au logement), il juge aujourd’hui « le verre plutôt vide que plein ».

Les modalités envisagées suscitent des réserves du côté des instances catholiques. À la Conférence des évêques de France, on estime que « ce n’est pas une bonne idée, pour plusieurs raisons, à commencer par des raisons pratiques et sanitaires ». Vicaire épiscopal à la solidarité pour le diocèse de Paris, le P. Olivier Ribadeau-Dumas est plus catégorique : « Les églises ne sont pas des lieux pour installer des tentes. Et l’Église n’est pas pour les opérations médiatiques. »

"Il faut sortir de l’idée que l’Église possède des locaux inoccupés"
Du côté des associations avec lesquelles Augustin Legrand affirme être « en contact », les réactions sont diverses. « Nous ne sommes pas très chauds pour un campement dehors, indique Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre. Le risque est que des gens quittent des hébergements de stabilisation ou des hôtels pour le rejoindre. En revanche, des lieux de culte, pourquoi pas ? Symboliquement, c’est plus fort. »

Le Secours catholique, qui se dit « d’accord » avec les Enfants de Don Quichotte « sur la plupart des constats et revendications », attend toutefois une "proposition claire pour se prononcer" : "Ils devaient nous envoyer un projet précis, mais ils ne l’ont pas encore fait, remarque un porte-parole. Il y aura plein de paramètres à prendre en compte, et il faudra voir comment l’Église réagit."

Le diocèse de Paris, conscient de la nécessité de « mettre en valeur la problématique du logement », déclare travailler sur plusieurs autres pistes avec le Secours catholique. Ainsi, il « n’exclut pas », ces prochains jours, de mettre à la disposition de celui-ci des « locaux ecclésiaux » – salles paroissiales, par exemple – avec « l’accord du clergé local » et à condition que les activités prévues puissent s’y tenir. « Il faut sortir de l’idée que l’Église possède des locaux inoccupés », martèle le P. Ribadeau-Dumas.
Anne-Bénédicte HOFFNER

02.12.2007

ITW de Monique Maitte Porte parole du Collectif SDF Alsace

• Un an après, les Don Quichotte Paris annonce la levée d'un campement avant le 15 décembre. Qu'en pensez-vous?
Peu de choses ont été faites pour répondre à l'immédiat, à Paris beaucoup sont restés dans la rue. Bien sur, grâce au mouvement il y à eut de nouvelles lois, un nouveau dispositif... Nous savons tous que cette façon de répondre à des crises graves ne règlent rien, le problème est repoussé, écarté... Le mouvement est tué.
En province, à Strasbourg, un an après la situation n'est pas meilleure. Nous avons perdu trop de temps.

• Diriez-vous que vous êtes pour que de nouvelles structures d'hébergement voient le jour ?
Non, je ne le dirai pas. Pourtant il nous faut des réponses immédiates. Les associations ne semblent pas vouloir proposer autre chose que ce qu'elles proposent déjà. Elles sont encore trop nombreuses à réclamer plus de moyens pour continuer dans l'hébergement même précaire. A Paris il y a eut une série de rencontres, de réunions, de débat, de conférence "consensus"; pourquoi? Nous connaissons la situation, le bilan existe. Si les SDF refusent d'aller dans les hébergements aujourd'hui, c'est parce que ceux-ci ne sont pas adaptés. L'hébergement doit être une transition vers le logement, quoi qu'il arrive. Mais trop de gens s'acharnent à vouloir apporter des réponses globales à un problème qui touche des gens différents.

• Et vous, que proposez-vous ?
Un logement pour tous; c'est dans la constitution française. Pour cela il y à des moyens immédiats comme la réquisition des bâtiments et des logements vacants. Mais l'état refuse d'appliquer ses propres lois. Il semble, préférer la gestion de l'urgence, les opérations sparadrap...
Nous sommes la preuve vivante que tout le monde peut vivre dans un logement. Notre combat est juste!

• Pouvez-vous nous dire ce qui a freiné et permis au Collectif d'obtenir des logements ?
Ce qui nous a freiné c'est le mépris de certaines personnes vis-à-vis des SDFs et, en même temps nous avons gagné, sans doute parce que nos demandes sont justement portées par des gens qui "pratiquent" la misère. Pour nous ce n'est pas un "concept". Nous sommes les "bénéficiaires", les "clients" de ces structures d'hébergement, nous avons donc un avis sur tous ces dispositifs.
C'est pourquoi notre première revendication est "donnez la parole aux SDFs". Malheureusement cette revendication est carrément occultée ou refusée depuis un an. Le regard sur les SDFs reste critique, le changement des mentalités va demander du temps.

La petite victoire obtenue vient du fait que Le Collectif s'est acharné à "faire ses preuves", à parler vrai, à balayer l'hypocrisie. Nous n'avons pas triché; pas de promesses aux copains, pas d'espoir irréalisable, le respect tout simplement. Ensuite nous reconnaissons n'avoir pas de compétences en "matière de social" et avons négocié avec des associations autour de nous... Ce dont je suis la plus heureuse c'est d'avoir demandé la présence de "mon" travailleur social en négociation et de l'avoir obtenue. Il s'est battu pour nous, je pense même qu'il s'est mouillé pour nous, comme on dit.
Nous n'étions jamais en position de faiblesse, on ne réclame pas un job, on ne demande pas de subventions pour nous! On veut être entendu. Le projet F1 est porté et géré par l'association qui en est à l'origine. Nous avons revendiqué plus de moyens pour elle. Notre revendication est "un suivi social adapté" ce qui implique plus de travailleurs sociaux et plus de moyens pour qu'ils travaillent vers le même objectif que nous : la réussite des gens, à leur rythme! Nous ne subissons aucune pression, notre rythme est prit en compte. La notion de temps est enfin considérée comme LE facteur de la réussite.

• Pourtant, votre projet est déjà critiqué, qu'avez-vous à répondre ?
Si ce projet est raté ou mauvais, les critiqueurs ont du souci à se faire car deux associations se sont acharnées sur nous et en même temps acharnées à le piquer. Nous avons des copieurs-colleurs partout en France et nous-même n'avons fait qu'appliquer de l'existant.
Ce projet est une réussite. Je sais que certains mettent systématiquement en avant ce qui ne fonctionne pas. Mais de quoi s'agit-il? Le bailleur social traîne à remplir les dossiers, les commissions d'attribution sont repoussées... Cette attitude frileuse nous freine mais ne nous empêche pas.
D'autres pensent qu'un SDF ne peut pas payer son loyer, sous-entendu "il va le boire ou se shooter". Aucun de nous n'a failli et puis "un suivi social adapté" ça veut dire que tous les aspects de notre vie sont accompagnés si besoin est. Le bail glissant est aussi une sécurité pour le bailleur et pour nous.

• Est-ce que le droit au logement opposable est vraiment réalisable ?
Si la construction de logements HLM n'est pas lancée, si la réquisition des vacances est toujours refusée, si le gel des loyers n'est pas appliqué, si les démolitions des HLM ne sont pas stoppées un moment... Si la politique de l'état n'est pas ferme, si l'état n'a pas la volonté d'aider efficacement les plus fragiles, si tout l'argent qui est injecté dans ces opérations sparadrap n'est pas mieux utilisé, si la gestion de l'état ne s'améliore pas... cette loi, comme les autres ne servira à rien. Peu de gens tenteront de l'utiliser, peu de structures la défendront...
La réquisition est un moyen pour fournir immédiatement des logements à des gens qui en ont besoin.
Les propositions qu'on a faites sont faites depuis des années par les associations spécialisées comme la Fédération DAL, le CDSL (Comité Des Sans Logis), ...
Ce n'est donc pas une réponse dans l'urgence que nous demandons, c'est juste de sortir le dossier du placard dans lequel il est enfermé. On propose de vraies solutions aujourd'hui, que les associations proposent depuis des années. Notamment sur l'hébergement, sortir du système de l'urgence pour passer à un système de longue durée, d'accompagnement vers un logement. Cela, ce n'est pas nouveau, et ce sont encore les associations spécialisées qui vont gérer ça, on ne leur enlève pas leurs attributions.

• Vous êtes contre la rénovation des quartiers ?
Certainement pas! Je suis 100% pour la rénovation de tous les quartiers ET 200% pour le relogement de tous, aux mêmes conditions en terme d'espace et de montant des loyers.

• Vous êtes soutenu par la Fédération DAL, qu'est-ce que ça signifie pour vous?
Concrètement ça signifie que nous pouvons suivre des formations sur les lois et plein de choses passionnantes. Nous pouvons demander leur avis aux militants, ce serait complètement fou de se priver de leurs connaissances et de leurs compétences. Avec la Fédération, nous restons entièrement libre dans nos revendications, dans nos actions...
Avec la Fédération il y a concordance, notre combat est le leur, sauf que nous nous focalisons sur le problème des SDFs en étendant cela à tous les mal-logés.

• Le Dal Bas-Rhin ne semble pas vous soutenir ?
Tant mieux. Le Collectif ne veut plus rien avoir à faire avec ce comité là.
Plusieurs Comités de province sont là si besoin est. Le Dal Bas-Rhin semble penser qu'il sait tout et que nous n'avons rien a lui apprendre, il semble penser qu'il est plus militant que nous... Pour ces gens là nous sommes un stock potentiel, des dossiers à récupérer...

• Qu'elle est l'attitude de la Fédération vis-à-vis de ce comité qui a des problèmes avec d'autres que vous ?
Je n'en sais rien. Mais je pense qu'il vaut mieux un comité qui fait quelques relogement que pas de comité du tout.

• Que répondez-vous aux Don Quichotte-Strasbourg qui critiquent parfois assez vivement votre action ?
Je leur réponds qu'ils se trompent de cible et que le temps est précieux, le gaspiller dans des guerres fratricides n'aide pas les copains.

• Si un campement voit le jour à Strasbourg que ferez-vous?
Si notre soutient est sollicité, nous serons là; nous serons auprès d'eux. ça restera leur lutte mais nous ne refuserons pas notre soutien.

• Une dernière chose à dire avant de se quitter ?
Il faut sortir de ce système qui existe depuis des années et qui ne compte que sur la charité. Il faut donner la possibilité à tous de prendre son destin en main, d'agir sur sa vie et, pour finir, donnons la parole... aux travailleurs sociaux.

 
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