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19.07.2008

Espagne: "Plan de retour" ethno-raciste du gouvernement Zapaterro

Source : Réflexions et autres idées

c6b92d4f33719be5afc10d45db53358f.gifLe conseil des ministres espagnol a annoncé vendredi qu'il compte adopter en septembre prochain un "Plan de retour" des immigrés non européens en chômage à leurs pays d'origine. Les populations visées sont  en majorité des Marocains ou des sud-américains.

La notion de la race et de l''ethnie apparaît clairement dans ce plan, puisque les critères de langue par exemple,  sont exclus. Les européens ne sont pas concernés mais les marocains et les latino-américains hispanophones sont clairement visés.

Le gouvernement espagnol compte encourager les immigrés en chômage à opter pour le retour à leurs pays en leur versant leurs allocations de chômage capitalisées en fonction des années de cotisation à la Sécurité sociale espagnole.

Selon des associations de défense des immigrés, cette enveloppe ne va pas dépasser les 5.000 euros dans le meilleur des cas, s'agissant de personnes ayant cotisé pendant quelques années seulement à la sécurité sociale.

Le gouvernement insiste sur le fait qu'il s'agit bien d'une purge raciale : "Je veux signaler qu'il s'agit là d'une mesure à caractère permanent et non pas conjoncturel, communiquée aux interlocuteurs sociaux, au parlement et aux communautés autonomes" précise Maria Teresa Fernandez de La Vega la vice-présidente du gouvernement espagnol, "les immigrés qui décident d'opter pour le retour volontaire à leurs pays doivent renoncer à leur carte de séjour et seront interdits de retourner vivre en Espagne pendant au moins trois ans".

13:57 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : espagne, racisme, immigration, europe, europe anti sociale | | |  Facebook

30.04.2008

Fraises espagnoles, un bilan écologique et social catastrophique

• bon quoi ? Un article sur les fraises espagnoles ! Que fabrique sdf Alsace ? En fait nos fidèles lecteurs le savent bien, l'Espagne, notre voisine va mal : crise financière, crise immobilière, sans abri, pauvreté, culture intensive, travail au noir... Cette situation n'est pas sans conséquences pour nous ; les fraises en sont une illustration ! Et puis, avouez que les articles de POLITIS sont vraiment excellents.> Ne soyez pas des touristes passifs ni des consommateurs idiots !

PAR Claude-Marie Vadrot, Politis.fr
Devant le succès de l’article de Claude-Marie Vadrot sur les fraises espagnoles publié le 12 avril 2007, Politis.fr vous en propose une version actualisée en accès libre.

Non seulement les fraises importées d’Espagne n’ont aucun goût, mais elles représentent une catastrophe environnementale et sanitaire. Voici de quoi vous en dégoûter à tout jamais…

D’ici à la mi-juin, la France aura importé d’Espagne plus de 90 000 tonnes de fraises [1]. Enfin, si on peut appeler fraise ces gros trucs rouges, encore verts autour de la queue parce que cueillis avant d’être murs, et ressemblant à des tomates ; avec d’ailleurs à peu prés le goût des tomates. Si le seul reproche envers ces « fruits » était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d’avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre 2 et 3 euros le kilo dans les marchés et les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 kilomètres en camion. A dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 10 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d’échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l’Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l’une des plus fabuleuses réserves d’oiseaux, migrateurs et nicheurs d’Europe.

Il aura fallu qu’une équipe d’enquêteurs du WWF s’intéresse à la marée montante de cette fraise hors-saison, pour que commence à être révélée l’aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française dont une partie, d’ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques quand elle provient également de serres chauffées. Ce qu’on découvert les envoyés spéciaux du WWF et ce que confirment les écologistes espagnols illustre la mondialisation bon marché.

Cette « agriculture » couvre près de 6 000 hectares dont une bonne centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60 % seulement de ces cultures sont autorisées ; les autres sont des extensions « sauvages » sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes. Les fraisiers destinés à cette production, bien qu’il s’agisse d’une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont enfournés en plein été dans des frigos qui simulent l’hiver pour avancer leur production. A l’automne, la terre sableuse est nettoyée, stérilisée, la microfaune détruite, avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d’ozone signée en 1987 (dernier délai en 2005) ; le second, composé de chlore et d’ammoniaque est aussi un poison : il bloque les alvéoles pulmonaires en entraînant de violentes douleurs. Il a longtemps servi de gaz de combat et a été utilisé pour la dernière fois par Ali Hassan Al-Madjid dit Ali le Chimique, au Kurdistan, contre les Chiites et contre les Iraniens pour le régime de Saddam Hussein, ce qui lui a valu l’année dernière une condamnation à la peine de mort…

Qui s’en soucie ? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main d’œuvre marocaine ou roumaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, se réchauffant le soir en brûlant les résidus des serres en plastique qui recouvrent les fraisiers au cœur de l’hiver. Un écolo de la région raconte l’explosion des maladies pulmonaires et de affections de la peau. Les plants poussent sur un autre plastique noir et reçoivent une irrigation goutte à goutte qui transporte les engrais, des pesticides et des fongicides. Pour le lecteur dont l’appétit ne serait pas encore coupé, continuons.

Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié a été installés de façon illégale et dont 80 % tirent plus d’eau qu’ils ne sont autorisés à le faire : en moyenne 4500 m3 par hectare. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d’Andalousie, entraîne l’exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu’une trentaine d’individus dans la région. Leur seule nourriture, les lapins, sont en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers. La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastiques, le noir et le blanc, sont soit emportés par le vent, soit enfouies n’importe où, soit brûlées sur place. Et les ouvriers agricoles sont priés soit de retourner chez eux, soit de s’exiler ailleurs en Espagne. Pour se faire soigner à leurs frais après avoir respiré les produits nocifs.

La production et l’exportation de la fraise espagnole -l’essentiel étant vendu avant la fin de l’hiver et en avril- représente ce qu’il y a de moins durable comme agriculture et bouleverse ce qui reste dans le public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc où les industriels espagnols de la « fraise » commencent à s’installer. Avant de venir de Chine d’où sont déjà importés des pommes encore plus traités que les pommes françaises.

Dommage que les consommateurs se laissent prendre, comme ils se laissent prendre aux asperges « primeur » en provenance de la même région et bénéficiant des mêmes soins chimiques. Au lieu d’attendre quelques semaines que les producteurs de proximité offrent les mêmes produits sur des marchés de proximité.
Notes

[1] Pour une consommation française marchande annuelle de 130 000 tonnes

PAR Claude-Marie Vadrot, Politis.fr

23.04.2008

Les problèmes de l'Espagne vont être durables

L'économie espagnole ralentit rapidement. Même le gouvernement, qui misait sur une décélération en douceur de la croissance du produit intérieur brut (PIB) - de 3,8 % en 2007 à 3,1 % en 2008 - s'apprête à réviser à la baisse sa prévision. Mais son annonce récente d'un plan de relance de 10 milliards d'euros est davantage ce qui convient à un trou d'air conjoncturel qu'aux déséquilibres économiques de plus en plus profonds du pays.

Les experts parlent maintenant d'une croissance comprise entre 1,8 % et 2,5 % en 2008. Et les estimations continuent à baisser au fur et à mesure que les groupes immobiliers font faillite et que les prix des maisons baissent. Des prix qui vont continuer à diminuer, en raison du stock de maisons invendues. Selon Goldman Sachs, il faudrait attendre 2010 pour que le marché absorbe les 650 000 logements vides.

Le gouvernement récemment réélu de José Luis Rodriguez Zapatero est en bonne position pour affronter un ralentissement temporaire. Il a dégagé un excédent budgétaire de 2 % du PIB en 2007. Les nouvelles mesures - incluant des mesures fiscales, des investissements en infrastructures ou des aides à des emprunteurs en difficulté - apporteront 9 milliards d'euros, ou 0,9 % du PIB, à l'économie.

La combinaison d'un programme de relance et de revenus fiscaux en baisse pourrait conduire à un déficit public cette année ou la suivante, mais cela n'est pas trop alarmant. L'Espagne part d'une position budgétaire plus solide que les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Malheureusement pour l'Espagne, ses problèmes vont probablement durer. Une part trop grande de sa croissance rapide est venue de la construction, avec beaucoup de crédits fournis par les étrangers. Avec la pénurie globale de crédit qui s'intensifie, l'Espagne découvre le fait que la construction et le tourisme ne suffisent pas à rendre un pays durablement riche.

Le gouvernement pourrait avoir à faire davantage pour atténuer l'impact du ralentissement. Il en a les moyens. Mais le plus grand défi est de sevrer le pays de sa dépendance au marché immobilier. L'essentiel de ce changement viendra du secteur privé. Mais le gouvernement doit aussi avoir sa part. Les réformes qu'il devra mettre en oeuvre sont sans doute plus douloureuses, politiquement, qu'envoyer des chèques.

Fiona Maharg-Bravo et Edward Hadas - LE MONDE

05:37 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Espagne, plan de relance, marché immobilier | | |  Facebook

08.03.2008

« Le logement : un refuge à défaut d’un modèle de bien-être social »

Luis Zarapuz est économiste au sein du syndicat des Commissions ouvrières (CCOO) et anime l’Assemblée contre la précarité et pour un logement digne. Après des années de croissance, il estime que l’Espagne pourrait entrer en crise.

Le secteur de la construction a explosé mais il est quasi impossible d’accéder à un logement. Comment analysez-vous ce paradoxe espagnol ?
Luis Zarapuz. L’Espagne a beaucoup construit certes mais en faveur de la spéculation. Depuis dix ans, seulement la moitié des 700 000 logements édifiés chaque année, soit plus que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni réunis, ont servi à répondre à la demande. L’édification galopante et la flambée des prix des logements (15 % à 20 %) ont permis de gonfler la bulle immobilière. Dans les faits, le logement a été l’actif le plus rentable pour les investisseurs et pour une partie de la société.

Le ralentissement dans le secteur de la construction pourrait-il avoir des conséquences sur l’état de santé de l’économie ?
Luis Zarapuz. La construction ne représente que 20 % de la richesse et de la population active. Mais il a été le moteur de la croissance. Ce secteur, basé sur la spéculation du sol, en a tiré d’autres : les sociétés immobilières et financières mais également les entreprises de ciment, brique, métal… Les hypothèques des Espagnols, dont ils s’acquittent avant tout autre dépense, ont constitué une base stable d’actifs pour les banques. Donc l’éclatement de la bulle aura d’amples répercutions. Une part importante de la population est endettée pour quarante ans. Les familles n’ont plus les capacités de soutenir leur consommation avec leur hypothèque et la dette des entreprises.

Vous parlez de capitalisme de la brique…
Luis Zarapuz. 85 % des familles espagnoles sont propriétaires de leur logement qu’ils aient ou non fini de le payer. Les agents spéculateurs, comme les administrations publiques, ont cherché l’adhésion de la population au système des hypothèques, en leur faisant croire qu’elles bénéficieraient des retombées spéculatives. Or, dans le système capitaliste, les profits engendrés par quelques-uns reposent sur les autres. C’est une sorte de paix sociale garantie. Car, dans le même temps, on a généralisé les emplois précaires et intensifs en lien avec le secteur de la construction. Le problème est sérieux : le coup de frein dans ce secteur, avec une chute de 30 % en 2007, a des répercussions sur d’autres secteurs d’activités. La dette des familles freine également leur consommation. La combinaison de ces deux facteurs va ralentir la croissance des foyers et des entreprises. On peut donc caresser l’idée d’une crise économique.

Cette situation n’interroge-t-elle pas la fragilité du modèle social ?
Luis Zarapuz. Je pense que le modèle social espagnol est un composant du modèle économique et productif, basé sur la réduction des coûts du travail et la précarité, sur des niveaux de protection sociale faibles et une pression fiscale moindre. Le maigre matelas de bien-être explique pour une part la tradition culturelle de la propriété des Espagnols. L’accès à la location est quasiment impossible. Mais l’achat d’un logement constitue - surtout, selon eux - un refuge de sécurité. Une sorte d’auto-protection pour le futur « au cas où ». Le logement est devenu une sorte de substitut privé dans un pays où le développement de bien-être social est moindre.

Entretien réalisé par Cathy Ceïbe L'HUMANITÉ

07:35 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : LOGEMENT SOCIAL, ESPAGNE, EUROPE, CROISSANCE | | |  Facebook

 
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