La Rochelle - Dernier espoir avant la rue. Être expulsé de son logement, ça peut arriver à tout le monde. Même à La Rochelle. L’association Droit au logement est venue le rappeler hier au préfet.
Vingt-sept dossiers. Un monceau de papiers entassés les uns sur les autres. À l’intérieur, le désarroi de familles rochelaises, menacées de devoir quitter à tout moment leur appartement ou leur maison depuis le 16 mars, date de la reprise des expulsions locatives. Leur sort n’est plus entre leurs mains, mais leur espoir réside entre celles des bénévoles de l’association Droit au logement.
Depuis de nombreuses années, le DAL bat le pavé pour défendre les mal logés et les sans-abri, en dénonçant au passage l’apathie des pouvoirs publics. Hier, profitant d’une tournée nationale du porte-parole national et fondateur du DAL Jean-Baptiste Eyraud, la délégation rochelaise est allée administrer une piqûre de rappel au préfet de la Charente-Maritime. Une visite courte et néanmoins courtoise, durant laquelle la délégation locale a porté à la connaissance du haut fonctionnaire les problèmes locaux.
« Nous avons fait part de nos doléances au sujet des expulsions sans solution de relogement. Nous devons nous revoir pour avoir des réponses plus précises », explique Mehdi El Bouali, responsable du DAL à La Rochelle.
Des travailleurs expulsés.
Ce dernier n’a pas manqué d’alerter le préfet sur la situation des 27 familles de l’agglomération rochelaise expulsables.
« Elles vivent avec la peur au ventre, dans l’angoisse de voir arriver brusquement l’huissier et les policiers, chargés de les forcer à partir. Elles habitent pour la plupart à La Rochelle, principalement en centre-ville et dans les quartiers. Nous en connaissons aussi à Aytré, Périgny. La grande majorité des dossiers concerne des bailleurs privés. Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, il ne s’agit pas de chômeurs, de personnes qui profitent du système, mais de travailleurs. Ce sont simplement des familles qui ne peuvent plus faire face aux charges locatives », remarque Mehdi El Bouali.
Le responsable soupçonne l’existence de nombreuses familles en grande difficulté, qui ne se sont pas encore fait connaître. Surtout dans une ville de bord de mer, où les loyers sont parmi les plus chers de la région.
« La part du loyer dans le budget des ménages est plus importante qu’ailleurs. Il y a aussi énormément de logements vides. Nous en avons recensé un bon millier. Par ailleurs, nous savons que les bailleurs sociaux travaillent à flux tendu, dès qu’une place se libère, elle est aussitôt prise. »
Le DAL dispose d’un local à La Rochelle… au domicile de Mehdi El Bouali. Composé uniquement de bénévoles, la délégation locale manque de main-d’œuvre pour monter les dossiers, mais aussi, c’est déjà ça, pour offrir une écoute au public.
Droit au logement : La Rochelle, 51, avenue d’Oslo. Permanence le lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures, le samedi de 9 heures à 18 heures. Tél. 07 86 83 93 69.
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