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12.08.2009

Fondation Abbé Pierre / Les expulsions locatives

France Info - Le nombre des familles est en pleine augmentation tous les ans, 45000 en 2008. 4 fois plus qu’il y a dix ans. En cause : la précarité qui s’accroit et parallèlement les loyers qui s’envolent…

Pour aider, orienter, soutenir ces familles menacées d’expulsion, la Fondation Abbé Pierre a mis en place un numéro de téléphone facturé au prix d’un appel local. Le 0810 001 505. Avec au bout du fil Des juristes et des travailleurs sociaux. Ce dispositif a été mis en place le 1er juin. Quel bilan deux mois après... alors que nous sommes en plein dans la période des expulsions ?


Ecoutez la chronique de Jean-Baptiste Urbain (4'08")

31.05.2008

Communiqué de la Fondation Abbé Pierre

« 1500 LOGEMENTS TRÈS SOCIAUX » - Bilan d'un programme. LE JEUDI 5 JUIN 2008 de 9 heures à 17 heures AMPHITHEATRE DE LA MGEN- 3 square Max Hymans - 75015 Paris

En juin 2005, la Fondation Abbé Pierre lançait son programme "1500 logements très sociaux".

Près de trois années se sont écoulées et ce sont 1 700 logements répartis sur 53 départements qui auront été créés grâce à l’investissement consenti par la Fondation, ses donateurs (près de 10 millions d’euros) et la contribution de promoteurs immobiliers ainsi qu’à l’implication d’un tissu local particulièrement dense (90 associations).

En apportant son soutien à la construction et la réhabilitation de logements par le secteur associatif, la Fondation Abbé Pierre a démontré qu’il était possible de créer des offres locatives accessibles aux plus démunis à la condition que l'ensemble des acteurs concernés agissent en responsabilité.

Le bilan de ce programme montre que l'implication de l'État et des collectives locales est hétérogène et que l ‘égalité devant la volonté politique locale est toute théorique. Selon l’endroit où l’on se trouve, collectivités et représentants de l’État adopteront une attitude soit audacieuse soit frileuse, même lorsque les besoins sont criants.

Depuis le lancement de ce programme, la loi sur le Droit au Logement Opposable a profondément modifié le paysage et la Fondation Abbé Pierre — grâce à la réussite de ce programme — a ainsi apporté son écot pour que ce nouveau droit ne demeure pas virtuel, qu'il permette réellement l'accès au logement pour tous et pas seulement l'accès au tribunal…

Le secteur associatif est quotidiennement confronté aux difficultés d'hébergement et de logement des plus fragiles, et la Fondation continuera d'agir à ses côtés pour qu'au-delà de l’annonce d'une "France de Propriétaires", les politiques publiques — qu'elles soient nationales ou locales — prennent en compte celles et ceux qui cherchent tout simplement un toit qui leur soit accessible.

Contact presse
Michèle SANTONASTASO,
Tél : 01 55 56 37 45 - 06 23 25 93 79

Des actions innovantes en manque de soutien

Le mal-logement touche de plein fouet La Réunion. Dire qu’on ne fait rien pour aider la population serait exagéré, mais on n’en fait vraiment pas assez. Pourtant, les actions innovantes ne manquent pas : agence immobilière à vocation sociale, réseau d’accueil familial temporaire ou encore accompagnement à l’auto-réhabilitation des logements. Problème, les acteurs sociaux motivés peinent à obtenir un soutien politique durable et à dépasser le cap de l’expérimentation.

LA Fondation Abbé Pierre a présenté hier son rapport annuel sur le mal-logement en France, et donc à La Réunion, avec la participation de son délégué général Patrick Doutreligne. Mais l’association ne s’est pas contentée de dresser un bilan de la situation. Elle a invité d’autres associations à venir présenter les actions menées, pour y remédier. La complexité du mal-logement doit en effet inciter à une réflexion sur la diversité des actions et les nouvelles solutions à proposer. Trois actions innovantes ont été présentées : le fonctionnement d’une Agence Immobilière à Vocation Sociale (AIVS), un projet pilote de réseau d’accueil familial temporaire mis en place par l’AREP et un programme d’auto-réhabilitation entrepris par la Fondation Abbé Pierre et les Compagnons bâtisseurs.

L’agence Soleil existe depuis deux ans. Elle travaille avec le Conseil général. Cette agence immobilière à vocation sociale est une première dans l’île, alors que ce genre d’agence existe depuis 20 ans en Métropole. Son rôle, favoriser la location de logements privés vacants aux familles à faibles revenus. Seuls les travailleurs sociaux peuvent solliciter l’agence. L’agence Soleil a relogé 108 familles, essentiellement des femmes victimes de violence, et des personnes handicapées. Sur 110 logements qu’elle a réussi à obtenir, 40 sont en défiscalisation. Pour Fabienne Masquard, directrice de l’agence, il faut convaincre les propriétaires à se tourner vers le social. Ce qui n’est pas impossible. « Nous proposons à la famille une étude se son projet. Avec l’aide au logement, la moitié, voire les deux tiers du loyer, est payé. C’est une sécurité pour le locataire. Le propriétaire a la garantie de 18 mois de loyer payés et une fidélisation du locataire. Ce qui est avantageux pour les logements en défiscalisation ».

Pour le public qui se retrouve sans logement ou dans un habitat insalubre, l’AREP propose un réseau d’accueil familial temporaire. Le principe est simple : l’association forme des accueillants familiaux à recevoir les personnes sans logement, souvent en rupture familiale et sociale. Ce projet pilote financé par le programme européen Equal allie ainsi insertion professionnelle et aide à la personne. Cette action est expérimentée dans l’Ouest pour le moment. 77 personnes ont bénéficié de cet accueil temporaire, et 7 familles d’accueil ont été formées en 2 ans. L’AREP espère élargir le cercle des familles d’accueil à 10 cette année, et à 20 en 2009. Mais l’inquiétude gagne l’association. « Les Fonds européens sont gelés et nous n’avons aucun relais dans les collectivités locales. Voilà comment démobiliser les forces vives de l’action sociale », affirme Stéphane Nicaise, président de l’AREP.

Plus de 21.000 logements sont insalubres ou indécents à La Réunion. Ces chiffres vont s’alourdir, car faute d’entretien et de finition, les logements se dégradent. La Fondation Abbé Pierre a commencé dans le quartier de Saint-Bernard, à Saint-Denis, un accompagnement à l’auto-réhabilitation des logements. 300 foyers ont bénéficié de l’amélioration de leur habitat depuis 2004. La Fondation est rejointe cette année par les Compagnons Bâtisseurs. Elle existe depuis 50 ans en Métropole. Jean-Marie Tabriel, son président, est dans l’île pour proposer au Conseil général et aux communes un accompagnement à l’auto-réhabilitation. Il s’agit d’apporter une aide technique en construction aux personnes pour rénover les logements. « Une auto-réhabiliation encadrée », qui va en même temps permettre de former des personnes. Hélène Verguin, de l’association DVH, prendra le relais de l’association en attendant une implantation régionale dans quelques mois. Aux collectivités de montrer leur motivation.
Edith Poulbassia - Temoignages.re

15.05.2008

Logement: Christine Boutin veut donner plus de pouvoirs aux préfets

LA TRIBUNE - La ministre du Logement a plaidé mardi en faveur d'un renforcement de leurs outils d'intervention afin d'atteindre l'objectif gouvernemental de 500.000 logements par an, dont 120.000 sociaux.

Christine Boutin a trouvé un truc pour tenter de résorber la crise du logement en France: renforcer les pouvoirs des préfets, ces représentants de l'Etat dans les départements et les régions. La loi sur le droit au logement opposable (Dalo) entrée partiellement en vigueur le 1er janvier - seules certaines catégories de personnes pas ou mal logées peuvent s'en prévaloir, et les recours devant les tribunaux ne seront possibles qu'à la fin de l'année - ne portera ses fruits que si l'offre de logements est capable de répondre aux besoins.

Selon la Fondation Abbé Pierre, il y a en France plus de 3,3 millions de personnes qui sont dans une situation d'absence de logement ou de mal-logement criant: meublés, hôtel, foyer, hébergement chez des tiers, etc. Or, il ne suffit pas de construire des logements pour répondre aux besoins, encore faut-il que ceux-ci soient financièrement accessibles aux personnes qui en recherchent un. Le gouvernement s'est fixé pour objectif de construire 500.000 logements par an, dont 120.000 sociaux, et de faire accéder 70% de la population à la propriété.

"Le préfet pourra se substituer au maire pour imposer la construction de logements qui n'ont pas été réalisés", a déclaré Christine Boutin lors d'un point presse. Il pourrait s'agir d'un droit de préemption urbaine sur les communes "en carence" ou de la fixation d'objectifs en matière de construction de logements. La ministre du logement estime également qu'il est nécessaire de "développer le partenariat privé-public".

Christine Boutin a insisté sur une politique du logement "territorialisée, dans la mesure où les effets de la crise observée touchent essentiellement les grandes agglomérations, avec une nette prédominance de la région Ile-de-France". Pour répondre à la crise du logement dans cette région, son président Jean-Paul Huchon (PS) propose l'instauration d'un plan d'urgence pour le logement social, avec le triplement des sanctions pour non-respect de la loi SRU, qui prévoit 20% de logements sociaux dans chaque commune.

latribune.fr

26.02.2008

Fondation Abbé Pierre: mal logement, lettre ouverte aux candidats des municipales.

La Fondation Abbé Pierre adresse une lettre ouverte aux candidat(e)s à l’élection municipale de mars 2008 :

« Mesdames, Messieurs les candidats,

En tant que citoyen, je suis extrêmement préoccupé par la situation du logement dans notre pays, et notamment de celle des plus défavorisés d’entre-nous.

3,2 millions de mes concitoyens sont mal logés en France parmi eux, plus de 2 millions vivent dans des conditions indécentes (absence de chauffage ou de sanitaire, surpeuplement…).

1 million sont sans domicile personnel dont 100 000 sans-domicile-fixe. Une honte pour notre pays ! Cela ne peut pas durer, c’est intolérable. Chacun de nous, selon ses responsabilités, doit se mobiliser et agir pour gagnerle combat contre le mal-logement, combat incessant mené toute sa vie par l’Abbé Pierre. C’est notre devoir civique.

En tant que candidat aux élections municipales 2008, vous pouvez aussi marquer votre intention d’agir pour que chaque femme, chaque homme, chaque enfant puisse vivre et accéder à un logement digne et décent.

Nous avons besoin d’engagements forts de votre part, en particulier :

•Respecter la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) et notamment l’article 55 qui impose aux communes de disposer de 20 % de logements sociaux sur leur territoire ;

•Vous engager à réaliser des programmes de construction d’habitat pour tous pour permettre l’application du droit au logement opposable ;

•Lutter contre le logement indigne afin d’éradiquer les 600 000 taudis recensés dans notre pays…

Ces dispositions sont inscrites dans la Loi, vous devez avoir le courage de les appliquer. Je serai attentif à vos propositions pour le mandat à venir et je veillerai à ce que vos promesses soient tenues si vous êtes élu !

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à cette lettre, je vous prie, Madame, Monsieur, d’agréer l’expression de mes meilleurs sentiments. »

Fondation Abbé Pierre 3, rue de Romainville - 75019 Paris

06:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fondation Abbé Pierre, mal logement, précarité | | |  Facebook

14.02.2008

Logement social : les tableaux d'honneur... et de déshonneur

Logement social : les tableaux d'honneur... et de déshonneur
À LIRE http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/l...

06:20 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : SRU, DALO, FONDATION ABBÉ PIERRE | | |  Facebook

Logement social: la Fondation Abbé Pierre dénonce le « laxisme » de l’Etat

Logement social: la Fondation Abbé Pierre dénonce le « laxisme » de l’Etat
Hugo Lattard -  13/02/2008 16:27  - L'Expansion.com

La Fondation Abbé Pierre a présenté son palmarès des communes 2008. Il épingle celles qui ne respectent pas leurs obligations de logement social, en partie grâce à la « complaisance » de l’Etat, dénonce-t-elle.

C’est en apprenant son classement en tête des personnalités préférées des Français que l’Abbé Pierre eut l’idée d’un palmarès des communes en terme de logement social. De l’hiver 54 à sa mort, le fondateur d’Emmaüs a inlassablement combattu pour le droit au logement des plus démunis. En janvier 2006 encore, bien qu’affaibli, « il s’était rendu à l’Assemblée nationale pour défendre la loi SRU contre les parlementaires qui voulait l’amoindrir », rappelle aujourd’hui Patrick Doutreligne, délégué général de la fondation qui porte son nom.

Votée en 2000, entrée en application deux ans plus tard, la loi SRU oblige toutes les communes de plus de 1500 habitants en région parisienne et de plus de 3000 habitants en Province, dès lors qu’elles appartiennent à une agglomération d’au moins 50.000 âmes, à atteindre les 20% de logement social à l’horizon 2020. Tous les trois ans, les préfectures rendent compte à l’Etat pour savoir si, dans chacune des 736 villes concernées, le cap est tenu ou pas.

La loi SRU vise à produire du logement social, pour répondre aux 1,2 millions de demandeurs en France. Surtout elle vise à le répartir équitablement sur le territoire. « Ne pas appliquer cette loi revient à ne pas jouer la carte de la solidarité territoriale », insiste Patrick Doutreligne. Alors que vient d’être présenté un nouveau « plan Banlieue », « son application permettrait de régler un certain nombre de ses problèmes », considère-t-il. Les contrevenants à la loi s’exposent en théorie à des sanctions financières. Ce qui n’empêche pas un certain nombre de municipalités de se soustraire à leurs obligations.

Mercredi, lors de la présentation de son palmarès 2008, la Fondation Abbé Pierre a donc tapé du poing sur la table une fois encore. « 67 villes soumises à la loi SRU n’ont financé absolument aucun logement social depuis 5 ans. C’est totalement inacceptable », s’est indigné le directeur des études de la fondation, Christophe Robert. Surtout, ce dernier a dénoncé un Etat « extrêmement laxiste et complaisant dans l’application de la loi ».

Le palmarès concerne la période 2002 à 2006, les chiffres de l’an dernier n’étant pas disponibles. 111.000 logements sociaux ont été construits, soit plus que l’objectif recherché de 105.00. Mais dans le détail, s’inquiète la Fondation Abbé Pierre, « c’est parce que les communes proches de l’objectif des 20% ont accéléré leurs efforts ». A l’inverse, « celles qui ont moins de 5% de logements sociaux sont celles qui en ont le moins financé ».

Il existe donc des communes réfractaires. C’est le cas de Saint-Maur-des-Fossés dans le Val de Marne, dirigée par le divers droite Jean-Louis Baumont, à qui la Fondation a décerné son bonnet d’âne. Sa commune n’ayant au départ que 5,5% de logements sociaux, elle aurait dû en financer 1236. Seulement 30 l’ont étés. Autre mauvais élève, Neuilly-sur-Seine, qui ne comptait que 2,6% de logements sociaux en 2002. En cinq ans, la très chic banlieue de Paris n’a financé que 181 logements sociaux sur les 1324 prévus. « Pourtant, il y avait du foncier et des constructions de standing ont eu lieu, y compris sur les terrains municipaux », relève Christophe Robert. Parmi les réfractaires, la région Île-de-France, mais aussi PACA, sont largement sur-représentées.

Sur les quelques 435 communes qui n’ont pas satisfait les objectifs, seulement 140 ont fait l’objet d’un constat de carence. Les autres ont donc échappé aux sanctions financières. D’où les remontrances de la Fondation Abbé Pierre contre l’Etat. Autre source d’inquiétude pour la fondation, un certain nombre de communes remplissent leurs objectifs mais en y intégrant de très nombreux PLS (Prêt Locatif Social). Il s’agit de logements intermédiaires à des prix proches de ceux du marché. C’est le cas notamment de Cannes, Aix-en-Provence ou Bordeaux. Christophe Robert dénonce « un détournement de l’esprit de la loi qui vise à accroître le parc de logements accessibles ».

A l’inverse, Montauban, Annecy ou Dijon ont été plébiscitées pour avoir dépassé leurs objectifs. Tout comme Versailles et Paris, compte tenu de « contraintes environnementales fortes ».

Pour faire respecter la loi SRU, la Fondation Abbé Pierre préconise « d’établir systématiquement des constats de carence, de tripler les contributions pour que les sanctions soient dissuasives aux yeux même des administrés », explique Patrick Doutreligne. Et « si depuis 5 ans rien n’a été entrepris, il faut pouvoir substituer au maire la capacité de délivrer des permis de construire collectif et la donner au préfet », ajoute-t-il. Cette disposition est toutefois déjà prévue, bien que dans certains cas précis seulement. Et elle n’a été mise en œuvre qu’une seule fois : à Saint-Maur-des-Fossés.

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HLM : la Fondation Abbé Pierre pointe du doigt les villes cancres

Logement. Des associations font de l’application de la loi SRU le thème central des municipales.
Interpellation des candidats, pétitions, lettres ouvertes, Nuit solidaire pour le logement jeudi prochain et publication hier par la Fondation Abbé Pierre de la liste des communes cancres qui refusent la construction de HLM. Le monde associatif multiplie les initiatives pour faire du logement un thème central de la campagne des municipales. Ses responsables appellent en des termes à peine voilés à battre les élus qui ne construisent pas. «Nous invitons les citoyens, y compris les très bien logés, à se demander où logeront demain leurs enfants, si le maire de leur commune ne bâtit rien», souligne Eric Pliez, président du collectif Alerte, qui regroupe les associations engagées dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Hier, Alerte a rendu public un texte d’interpellation des candidats aux élections municipales en Ile-de-France où la crise du logement est spécialement aiguë. «Dans votre ville que ferez-vous pour concrétiser le droit au logement pour tous ?» demandent les 142 associations signataires du texte, dont la liste publiée en annexe incitera sans doute de nombreux élus à prendre au sérieux l’initiative. Alerte rappelle aux maires qu’«en complément de l’effort national, il est de la responsabilité des collectivités locales […] d’animer une politique responsable et solidaire» en matière d’habitat.
LIRE LA SUITE - TONINO SERAFINI - LIBÉRATION

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13.02.2008

EXCLUSIF : Enquête édifiante sur le logement social

La Fondation Abbé Pierre a mené une enquête approfondie sur le logement social en France. La rédaction de M6 a pu se procurer en exclusivité les premiers résultats de ce rapport qui sera publié mercredi.
Plus de la moitié des villes soumises à la loi SRU, la loi des 20% de logement sociaux, ne la respectent pas. De nombreuses municipalités préfèrent même payer des amendes plutôt que de faire construire des logements accessibles aux foyers modestes.
Parmi les mauvais élèves, Saint-Maur des Fossés en région parisienne. Là-bas, on compte moins de 6% de logement social et ce n'est pas prêt de changer. Le candidat UMP aux municipales, Henri Plagnol le dit tout net : s'il devient maire, il "va progresser un petit peu mais très honnêtement, on n'atteindra pas les 20% !". Motif invoqué : "préserver la qualité de l'environnement". Pour le candidat, "il n'est pas question de bétonner ni de faire de grands ensembles. Des milliers de logements sociaux, les habitants ne l'accepteraient pas", se justifie-t-il.
Que se passe-t-il alors si la commune enfreint la loi SRU ? Eh bien elle paie. La municipalité de Saint-Maur des Fossés et ses contribuables auraient déboursé 1,4 million d'euros en 2007.
Une somme rondelette "qui pourrait servir à payer quelques logements !", s'insurge Michèle Roland, conseillère municipale PS. "On est face à une mairie qui délibérément ne veut pas de logements sociaux, qui préfère payer cette amende plutôt que d'offrir un logement à des gens qui en ont besoin", ajoute l'élue.
Face au blocage de la mairie, la préfecture du Val-de-Marne a pris une initiative exceptionnelle : réquisitionner 6 hectares de terrain pour y construire des logements sociaux... une première en France

La loi SRU
La loi Solidarité et Renouvellement Urbains est entrée en vigueur fin 2000. Parmi ses dispostions : l'obligation pour certaines communes de disposer d'au moins 20% de logements sociaux locatifs.
Sont concernées :
- Les communes de plus de 3.500 habitants faisant partie d'une agglomération de plus de 50.000 habitants
- Les communes d'Ile-de-France de plus de 1.500 habitants
Si elles ne respectent pas la loi, les communes payent des amendes : 150 euros par logement manquant. Mais le montant de cette taxe annuelle peut être modulé en fonction du potentiel fiscal par habitant de la commune. Le plafond est fixé à 5 % du montant des dépenses réelles de fonctionnement de la ville
Source M6

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28.01.2008

Rapport mal-logement 2008 - fondation Abbé Pierre

La Fondation Abbé Pierre présentera son Rapport mal-logement 2008, le vendredi 1er février prochain, à 9 h 30, à la Mutualité (Paris, Ve).

Alors que son Rapport mal-logement 2007 dénonçait une crise du logement historique et l’inadaptation des politiques publiques mises en œuvre, la Fondation Abbé Pierre commentera notamment dans son 13e rapport la persistance de la crise du logement qui touche notre pays. Une persistance qui induit un pouvoir d’achat en baisse, entraînant une hausse considérable de la part du budget des ménages consacré au logement.

Le rapport 2008 mettra notamment en évidence le véritable "parcours du combattant" que connaissent les demandeurs de logement, et principalement les ménages modestes qui peinent de plus en plus à trouver un logement décent. En outre, une réflexion a été menée sur le devenir du parc à loyer accessible. Certains préconisant d’ailleurs la suppression des HLM, alors même que le parc social demeure très insuffisant.

Le secteur de l’hébergement a également fait l’objet d’une étude approfondie. Amortisseur de la crise, l’hébergement, aujourd’hui, ne joue plus son rôle faute de places disponibles, d’une part. Faute, d’autre part, de pouvoir assumer sa fonction initiale de sas entre la rue et le logement, en raison de la carence de solutions de logements pérennes susceptibles d’être proposées aux publics concernés.

L’impact de la loi DALO (droit au logement opposable) sur le logement des ménages défavorisés sera — bien entendu — largement abordé, à quelques semaines de son entrée en vigueur. Il sera notamment question de s’interroger sur les moyens de son application, compte tenu du manque de logements accessibles généralement constatée.

Et comme chaque année, la Fondation Abbé Pierre dressera le tableau de bord du mal-logement en France, avant de faire ses propres propositions. Une manière de réaffirmer, à l’instar de son fondateur disparu il y a un an, que le logement est, plus que jamais, "une question de dignité".

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