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16.05.2008

Polémique après la pub sur les pauvres "dégueulasses" et pollueurs

Par Chantal VALLETTE AFP
PARIS (AFP) - "Les pauvres sont dégueulasses ils polluent": Cette accroche publicitaire en faveur de la voiture propre a indigné les associations d'aide aux démunis qui ont promptement demandé l'arrêt de la campagne tandis que l'annonceur promettait dans la foulée une voiture "moins chère que la moins chère du marché".

Ce message a été publié par le loueur de voitures Ucar qui fait campagne pour le rajeunissement du parc automobile et le rétablissement de la prime à la casse, au nom de la lutte contre la pollution.

"Nous savons bien qu'il faut une dose de provocation pour qu'une publicité soit remarquée, convenait jeudi auprès de l'AFP le délégué général d'Emmaüs Patrick Dugois, mais comme par hasard on s'en prend aux pauvres". Et de s'exclamer: "Le publicitaire aurait tout aussi bien pu titrer +les riches sont dégueulasses, ils polluent avec leurs 4x4+ mais non, il accuse les pauvres!"

"Emmaüs et d'autres associations travaillent depuis des années à changer justement le regard sur les pauvres, sur ceux qui sont des sans-voix et sur lesquels on ne peut pas s'essuyer les pieds de cette façon", a ajouté M. Dugois.

Quant au Secours catholique, il "déplore fortement qu'une société commerciale stigmatise une population fragile à des fins purement publicitaires". "Le respect des personnes en situation de précarité est le préalable nécessaire et indispensable à tout travail de lutte contre l'exclusion", selon l'association.

De son côté, le Pdg de la société Ucar, Jean-Claude Puerto-Salavert, a admis, auprès de l'AFP, une dose de provocation dans le choix du message tout en se recommandant des mânes de Coluche, le fondateur des Restos du cœur, qui avait parlé des "salauds de pauvres".

Pour lui, "la pollution automobile n'est pas un problème de conscience écologique mais de pouvoir d'achat". Il prend donc "l'engagement de sortir une voiture moins chère que la moins chère du marché" pour faciliter le renouvellement du parc automobile.

Actuellement, explique-t-il, une voiture de 15 ans coûte 180 euros par mois hors carburant. Ce budget suffit pour acheter une petite voiture propre si les pouvoirs publics ajoutent une prime à la casse pour que les vieilles voitures soient retirées de la circulation.

A Martin Hirsch, ancien président d'Emmaüs et actuel haut Commissaire aux Solidarités actives, qui s'indignait de cette publicité faite "sur le dos des pauvres", il propose de "monter avec les associations un équivalent automobile des Restos, c'est-à-dire leur offrir des journées gratuites de location qu'elles mettraient à la disposition des gens qui ont besoin d'une voiture, par exemple pour trouver un travail". Les "caisses du cœur" en quelque sorte.

Le message sur les pauvres "dégueulasses" était une campagne "ponctuelle" avec deux parutions prévues, dans le Monde, daté de jeudi, et dans le Parisien, daté de vendredi, parution à laquelle ce dernier a finalement renoncé.

09:51 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : discrimination, pauvres, pauvreté, inégalité, france, hirsch | | |  Facebook

02.05.2008

1er mai: les salaires au coeur des défilés dans le monde face à la crise alimentaire

MANILLE (AFP) - Des milliers de manifestants ont défilé jeudi 1er mai dans plusieurs capitales asiatiques pour demander de meilleurs salaires, en pleine crise alimentaire mondiale, alors que des heurts ont éclaté en Turquie.

Le 1er mai s'annonçait tendu à Istanbul où 20.000 policiers ont été mobilisés, après que les autorités ont interdit l'accès à la place Taksim, symbolique pour le mouvement syndical depuis que 34 manifestants y furent tués le 1er mai 1977.

Dès le début de la matinée, la police a dispersé à coups de grenades lacrymogènes et à l'aide de canons à eau des manifestants rassemblés devant le siège de l'un des plus grands syndicats du pays.

Plusieurs manifestants ont été blessés et "un nombre indéterminé arrêtés", selon le syndicat DISK.

A Jakarta, Manille, Séoul ou Tokyo, les travailleurs sont descendus dans la rue pour exiger des augmentations de salaires, afin de contrebalancer la montée des prix, notamment alimentaires.

Dans la capitale philippine, des rassemblements devaient converger, en fin de journée, non loin du palais de la présidente Gloria Arroyo, sous la surveillance de 3.000 policiers.

Le May One Movement a réclamé la démission de Mme Arroyo, l'accusant de ne pas avoir pris de mesures contre la hausse du prix du riz.

"Les travailleurs ont faim (et) réclament des augmentations de salaire, un contrôle des prix et des réformes économiques conséquentes", a lancé Elmer Labor, le président de ce mouvement.

Des commandos d'élite de la police, armés de fusils d'assaut, avaient été déployés le long des grands axes menant à Manille.

A Jakarta, des milliers d'Indonésiens ont défilé dans les rues avec des banderoles proclamant "Baissez les prix alimentaires maintenant" ou "De meilleurs salaires pour les ouvriers et les paysans".

Nombre d'entre eux faisaient aussi part de leur inquiétude face à l'augmentation des prix de l'essence.

La poussée des prix des produits alimentaires a fait grimper l'inflation à plus de 8% en Indonésie.

La police avait déployé 10.000 hommes pour surveiller les défilés.

L'Indonésie compte environ 40 millions de pauvres sur 234 millions d'habitants. Près de la moitié de la population dispose de moins de deux dollars par jour, selon la Banque mondiale.

A Tokyo, où 12,000 personnes se sont rassemblées dans un parc, comme à Séoul, où des milliers de salariés se pressaient à un meeting, les syndicats ont exigé la sécurité du travail et de meilleurs salaires pour les millions de travailleurs précaires et employés à temps partiel.

En Thaïlande, 2.000 ouvriers ont manifesté à Bangkok près du siège du gouvernement, accusé de s'intéresser davantage aux questions constitutionnelles qu'au bien-être des travailleurs.

Et à Singapour, l'opposant Chee Soon Juan a organisé un rassemblement pour dénoncer l'augmentation du coût de la vie dans la ville-Etat.

En Chine, l'un des rares pays d'Asie où le 1er mai est chômé, aucun défilé n'était prévu, les Chinois profitant de la journée pour se promener en famille.

La Confédération syndicale internationale (CSI), plus grand syndicat mondial qui revendique l'affiliation de 168 millions de travailleurs de 155 pays, a dénoncé "les carences des +solutions du marché+ prônées par la gouvernance mondiale", soulignant que "100 millions de personnes de plus que l'an dernier n'ont pas assez à manger".

Dans un communiqué, elle a réclamé "que le travail soit au coeur d'une nouvelle mondialisation et que les institutions internationales répondent aux besoins réels des populations".

30.04.2008

Strasbourg : les Don Quichotte veulent être visibles...

D'après certaines sources, les Don Quichotte auraient refusé de déplacer leur campement au camping de la Montagne Verte.

Nous ne savons pas ou, comment, la DDASS aurait pu accomplir ce miracle de trouver les financements nécessaires... À moins que la Ville ne leur fasse crédit ?

Ce qui nous inquiète plus est que, toujours d'après nos sources, des travalleurs sociaux et Mèdecins du Monde auraient pu se rendre sur place mais les Don Quichotte auraient refusé ? 

Nous allons vérifié toutes ces rumeurs inquiétantes auprès de la préfecture et, nous vous tenons au courant..

06:17 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, sans domicile, sans abri, pauvreté, inégalité | | |  Facebook

26.04.2008

La pauvreté revient

LA CHRONIQUE DE FAVILLA - Les Échos

La question de la pauvreté refait surface sous différentes formes, qu'il s'agisse des émeutes de la faim sous certaines latitudes ou du projet de revenu de solidarité active, plus près de nous.

Toute une partie de l'opinion est convaincue que la pauvreté n'a cessé de progresser depuis que les frontières économiques et financières ont quasiment disparu. Evoquer un « retour de la pauvreté » serait donc une quasi-provocation. A ceci près que l'idée d'une progression continue de la pauvreté par le passé est tout simplement fausse. Elle a, au contraire, globalement reculé sous l'effet de l'expansion foudroyante d'une moitié de la Chine et de l'Inde et d'une partie du continent sud-américain.

Pour prendre la mesure du phénomène de retour de la pauvreté, il faut donc d'abord rétablir la vérité sur le passé récent. Faute de quoi on aurait l'impression que rien ne change et que la crise actuelle n'est que la suite de l'épisode précédent. Or le monde est confronté à un défi radicalement nouveau que, curieusement, il ne semble guère avoir anticipé alors qu'il était parfaitement... prévisible !

Ce défi est celui du transfert massif de richesses. En schématisant à l'extrême, on peut décrire la séquence suivante : première étape, à partir de la décennie 1980, les industries de main-d'oeuvre peu qualifiée quittent l'Occident pour l'Orient. Cette première étape provoque un puissant exode rural et donne du pouvoir d'achat à une nouvelle population urbaine en Asie. Deuxième étape, quinze ans plus tard, les technologies de l'information se diffusent et permettent à l'Orient de se positionner aussi sur des produits à plus forte valeur ajoutée. Une classe moyenne nombreuse se développe grâce à ce processus. Troisième étape, actuelle, les richesses ainsi créées confèrent à ces populations qui vivaient jusqu'alors dans une misérable autosuffisance alimentaire un pouvoir d'achat important à l'échelle du monde. L'équilibre mondial de l'offre et de la demande en est profondément affecté. Lorsque l'offre est en mesure de répondre, c'est le cas, par exemple, de l'industrie allemande, le cercle vertueux de la croissance s'enclenche. Là où l'offre ne suit pas, c'est le cas de la production agricole, la pression de la demande se traduit inéluctablement par la hausse des prix. Celle-ci frappe alors de plein fouet ceux qui sont restés en marge de la séquence majeure du développement mondialisé. Parmi eux se trouvent de nombreuses populations africaines, mais aussi les parties de la Chine ou du sous-continent indien demeurées rurales, ou encore les travailleurs non qualifiés d'Occident qui ne se sont pas encore adaptés à la nouvelle donne.

La formidable soudaineté du transfert de richesses crée donc une nouvelle pauvreté qui pourrait conduire elle-même à de nouvelles violences. Il n'y a pas trop du FMI, de la Banque mondiale, des ONG et de Martin Hirsch pour tirer la sonnette d'alarme et presser les Etats de prendre leurs responsabilités politiques.

25.04.2008

Un Belge sur dix risque de basculer dans la pauvreté

ACTU - Un collectif de neuf associations a développé un "baromètre de la pauvreté" afin de mesurer son évolution. Mais surtout pour tenter de faire bouger les choses d'ici 2017.

(m24/belga) - Peu de choses ont été faites ces dernières années pour lutter contre la pauvreté, estiment les associations qui travaillent autour de cette problématique.

C'est pourquoi elles ont développé un "Baromètre de la pauvreté" permettant de mesurer la pauvreté au regard de six critères. Grâce à celui-ci, les associations espèrent pouvoir mesurer l'évolution de la pauvreté dans les années à venir.

Six objectifs pour 2017
L'an dernier, un collectif de neuf associations qui luttent contre la pauvreté a formulé six objectifs à atteindre pour 2017 :
   1. réduire de moitié le nombre de familles où aucun parent ne travaille;
   2. la construction de 150.000 logements en bon état à des prix accessibles, dont une moitié de logements sociaux;
   3. une réduction de moitié des inégalités en matière de santé entre riches et pauvres;
   4. voir chaque famille bénéficier au minimum d'un salaire dépassant le seuil de pauvreté européen;
   5. la diminution de l'illettrisme chez les plus jeunes;
   6. l'amélioration des réseaux autour des personnes pauvres.

"Nous sommes particulièrement inquiets du manque de sérieux et d'énergie que ce gouvernement affiche dans la lutte contre la pauvreté", expliquent les associations. "Le budget et le budget pluriannuel doivent apporter une réponse à la pauvreté croissante. Cependant, ce n'est pas ce que nous voyons aujourd'hui". Jos Geysels, président du collectif, insiste sur le fait que des actions urgentes sont nécessaires afin d'améliorer la situation des pauvres dans notre pays.

Six indicateurs pour un état des lieux annuel
Afin de mesurer l'évolution de la politique de lutte contre la pauvreté durant les neuf prochaines années, un "Baromètre de la pauvreté" a été mis au point par le groupe d'étude Pauvreté, Exclusion sociale et Ville (Onderzoeksgroep Armoede, Sociale uitsluiting en de Stad) de l'Université d'Anvers.

Grâce à ce baromètre, un état des lieux sera réalisé chaque année au regard de six indicateurs:
   1. revenus,
   2. emploi,
   3. santé,
   4. logement,
   5. enseignement,
   6. vie en société.
Pour 2008, le baromètre se trouve encore à zéro, car cette année servira de référence.

La pauvreté en Belgique en 2008
   1. Environ 1,5 million de personnes vivent dans une famille où le risque de pauvreté est élevé.
   2. Près de 700.000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté et sont tous les jours confrontées à des problèmes pratiques en raison de leur situation financière. Ainsi, une famille sur cinq n'a pas les moyens d'acheter une nouvelle machine à laver si leur machine ne fonctionne plus.
   3. 26% des familles monoparentales doivent remettre des dépenses en matière de santé à plus tard pour des raisons financières.

06:14 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : pauvreté, inégalité, belgique, europe | | |  Facebook

13.04.2008

Le gouvernement et Nicolas Sarkozy ferment les portes du logement, durablement

... Ou quand les moins favorisés sont pris en otage par un système hypocrite en organisant leur assujettissement qui constitue, pour longtemps (définitivement ?), un frein à une évolution sociale justement, légitimement et humainement souhaitée.

Les mesures empilées depuis dix mois transpirent une incohérence entre les efforts demandés aux plus modestes au niveau du financement de leur logement et les largesses accordées à ceux qui sont en situation sociale plus favorisée, voire largement privilégiée. Une vassalisation moderne contrainte par le logement s’organise et s’installe sans doute durablement dans notre pays.
Voici certains éléments qui m’ont interpellé et qui, pour certains, auraient mis des millions de citoyens dans la rue dans une lointaine ère préhistorique :


Il y a quelque temps Mme Boutin, ministre du Logement et de la Ville, annonçait une mesure aux airs d’une pub pour une marque de lessive : « la maison à 15 € par jour » ! Elle laverait semble-t-il plus blanc que la maison à 100 000 € de Borloo, avec, en prime, le gadget « Bonux » : l’acquisition en deux temps, le terrain n’étant pas compris dans le prix... on verra « ça » plus tard !
Ce dispositif sera financé par le 1 % patronal via le Pass foncier qui avancera le financement différé du terrain qui sera acquis, lui, par un organisme et vendu à l’acquéreur après la fin de l’emprunt de la construction.


Jugez donc par un exemple concret, des réalités d’un tel dispositif :
15 € par jour = 450 € par mois ;
pour cette mensualité, on peut emprunter environ 67 000 € (67 000 € sur 20 ans à 5,20 % = 449,61 €/mois) ;
la surface financée (selon le dispositif Boutin) sera d’environ 85 m2, d’où le coût d’une construction s’élevant à 788,24 € le m2 (67 000 : 85 = 788,24) : il est à craindre qu’avec ce modeste tarif les conditions ne seront pas optimales pour construire un logement répondant à une exigence écologique (désormais nécessaire et préconisée dans le Grenelle de l’environnement) et ne pourront être « accessibles » aux personnes à mobilité réduite, les critères normatifs étant beaucoup plus coûteux à la construction ! ;
prix d’un terrain aujourd’hui (dans une région où les prix sont « abordables », l’exemple ne peut en aucun cas concerner Paris, le Sud de la France et autres villes littorales touchées par l’inflation immobilière) : 80 €/m2 ;
surface du terrain financée par le dispositif Boutin : 250 m2 environ ;
d’où un coût estimé du terrain à : 20 000 € (250 x 80 €). Dans 20 ans, coût du terrain (estimation) : 28 000 € environ (financement envisageable sur 6 ans : 453,54 €/mois, pour rester dans le « 15 € par jour »).


Donc
Pour l’acquisition d’une maison + terrain à 15 € par jour, soit 450 €/mois, il faudra la financer durant 26 ans en moyenne ! Si les prétendants à l’acquisition sont jeunes, ça peut se concevoir (on finance bien jusqu’à 35 ans !). Cependant, peut-on imaginer un tel plan de financement au (très) long cours pour des quadragénaires ou des quinquagénaires, entraînant ainsi un échelonnement qui continuera jusqu’à leur retraite ? S’ils n’ont pas aujourd’hui la capacité financière d’aller au-delà d’un tel budget, c’est que leurs revenus actuels se situent entre 1 500 et 2 000 € mensuels (condition nécessaire pour bénéficier du « Boutin nouveau »). Pas sûr que les pensions de retraites projetées dans 28 ans seront suffisantes pour absorber une mensualité de 450 € environ. Le plan Boutin organise ainsi le surendettement de retraités modestes de demain. Seront-ils alors obligés de revendre en bout de crédit (souffle ?) ces maisons à 15 €, les renvoyant à une régression sociale en les obligeant à réintégrer le parc locatif privé ou social.
L’acquéreur, primo-accédant, bénéficiera également du PTZ (prêt à taux zéro), et du fait de ses modestes ressources, obtiendra un différé de remboursement de 15 à 18 ans suivant ses revenus. Donc, au bout de 15 ans, le cumul des deux crédits contractés (prêt amortissable classique et prêt à 0 %) risquera fort de surendetter le bénéficiaire de ce dispositif. Pire encore sera la situation quand il faudra rajouter aux deux premiers, le crédit du terrain !


Une vraie bombe à retardement !
Avant cela, la loi dite TEPA (loi sur le Travail, l’emploi et le pouvoir d’achat) plus connue sous de nom de « paquet fiscal », du 21 août 2007, a mis en place des mesures (coûteuses) de défiscalisation d’une partie des intérêts d’emprunts pour les prêts contractés dans le cadre d’une acquisition en résidence principale, visant à relancer la croissance. Coût : 3,7 milliards d’euros.
Cette loi a également porté de 20 à 30 % le taux d’abattement applicable à la valeur de la résidence principale pour les propriétaires redevables de l’ISF (Impôt de solidarité sur les fortunes). Rappelons que cet impôt qui a été remanié à la baisse concerne les personnes qui détiennent un patrimoine net supérieur à 770 000 €. Coût estimé pour 2008 : 445 millions d’euros.
Coût total de la loi TEPA : environ 14 milliards d’euros PAR AN, dont 4,145 milliards seulement pour les mesures précédemment citées concernant la défiscalisation des plus nantis en matière de logement.
Et, enfin, dernièrement, Nicolas Sarkozy, lors du Conseil de modernisation des politiques publiques, a présenté une série de 140 mesures afin d’économiser 5 à 7 milliards d’euros par an. L’une d’entre elles concerne le logement social. En effet, il est prévu l’abaissement de 10 % des plafonds de ressources pour un logement HLM.
« La part des ménages français pouvant prétendre à un logement HLM a augmenté de moins de 60 % à près de 70 % en dix ans. Est-ce bien raisonnable ? », s’est interrogé le président. Je vous laisse méditer sur cette réflexion.


Comment peut-on à la fois :
Faire des cadeaux fiscaux coûteux permettant de satisfaire ceux qui ont la capacité financière suffisante pour se loger correctement ?
ET
Désengager l’Etat d’une nécessaire solidarité en matière de logement pour les plus modestes en leur demandant, à eux, de « payer » ce qu’il s’est permis d’offrir ?
ET
Donner l’illusion que les locataires à revenus modestes pourront devenir propriétaires dans des conditions convenables, sans risque de surendettement pour l’avenir, pour seulement 15 € par jour ?


Tout cela n’est pas très sérieux, Mme Boutin,
Tout cela est scandaleux, M. Sarkozy,
Tout cela est dangereux pour notre société qui tend à se fragmenter de plus en plus par rapport au logement.
Le logement est un besoin vital, il est la base, avec l’emploi, de l’insertion sociale et il constitue le socle d’une construction familiale nécessaire à l’épanouissement de chacun.
Agoravox.fr

09.04.2008

L'école inaccessible pour les enfants Roms vivant à la marge des villes

Par Isabelle LIGNER AFP 

SAINT-DENIS (AFP) - Agée de 13 ans, Lacrimiora n'a pas fréquenté l'école depuis six ans et rêve d'y retourner pour échapper à la réalité quotidienne du petit campement de caravanes de Roms de Roumanie entassés au bout d'une impasse boueuse de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Née en France, l'adolescente "en a assez de rester à rien faire", explique-t-elle dans un français un peu hésitant. "Je joue avec mon portable toute la journée, je n'apprends rien, je ne sors pas", ajoute-t-elle. Quand sa mère part, elle garde aussi ses soeurs de huit et quatre ans et vend des boissons et des cigarettes aux hommes du campement d'une quinzaine de caravanes serrées entre un bâtiment désaffecté, une usine d'incinération et une voie ferrée.

Comme tant d'enfants Roms vivant dans des bidonvilles, Lacrimiora n'a pas été scolarisée régulièrement comme l'exige la loi française jusqu'à 16 ans. "La dernière fois, c'était quand j'avais sept ans à Gonnesses (Val-d'Oise), c'est là que j'ai appris à écrire mais ensuite on a été plusieurs fois expulsés et les inscriptions à l'école ont été refusées par les mairies", explique-t-elle.

L'une de ses voisines, Larissa, âgée de 7 ans, a eu "de la chance", raconte sa mère. La fillette a été scolarisée pendant neuf mois jusqu'à février à Bobigny mais l'expulsion de ses parents du terrain où était leur caravane est venue interrompre son parcours scolaire. "Lorsque nous avons été expulsés, elle venait de s'habituer à l'école, elle avait appris à lire et commençait à parler bien le français", indique sa mère. "Maintenant elle dit qu'elle ne veut pas recommencer à zéro dans une autre école".

La fillette roule des yeux noirs en écoutant l'équipe de Médecins du Monde (MDM) lui parler de scolarisation. Sa mère dit d'un ton doux mais ferme, en caressant les longs cheveux noirs de sa fille: "tu iras, c'est pour ton avenir".

Sur un autre terrain coincé entre Bobigny et La Courneuve, où se sont regroupées au bord d'un immense chantier une cinquantaine de caravanes de Roms, les enfants sont scolarisés à partir du CP mais ne semblent pas assidus. "C'est fermé aujourd'hui", lance une fillette en rigolant. "J'ai mal à la tête", avance un adolescent en fonçant sur une trotinette. Un autre se cache dans sa caravane à la seule évocation du mot "école".

Outre leurs difficultés de vie et le fait qu'ils sont victimes de racisme et se retrouvent parfois dans des "classes ghettos", les enfants Roms ont souvent des problèmes à se concentrer et ne sont pas habitués à être enfermés de longues heures, rappelle Antoaneta, de la mission Roms de MDM. Les parents, souvent découragés par l'accueil qui leur est fait en mairie et par des expulsions successives, ont aussi du mal à respecter les horaires et à financer habits, fournitures, cantine et transport.

Flavius est familier des labyrinthes administratifs. A 16 ans, il cherche une formation de cariste mais se fait "balader de Drancy à Aubervilliers". "On me renvoie de mairie en mairie, on me demande un certificat d'hébergement, puis un autre papier et le temps d'obtenir tout cela je vais passer à côté de la formation", s'énerve-t-il.

"Je suis motivé pour apprendre un métier, me faire une vie réglo, mais si on ne m'aide pas je serai obligé de devenir ferrailleur comme mon père ou de mendier comme ma mère", dit-il.

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25.03.2008

FRANCHISE MÉDICALE - STRASBOURG APPEL DU 12 AVRIL

Appel de Bruno-Pascal Chevalier à une action le samedi 12 avril

Les franchises médicales pèsent lourd dans le résultat des élections municipales et cantonales. Elles sont, avec le pouvoir d’achat, l’une des raisons des faibles scores de l’UMP.

L’UMP imagine sans doute s’en remettre… Mais les malades privés de soins par la politique de Nicolas Sarkozy, s’en remettront-ils, eux ?

Après avoir osé avancer l’argument de la « responsabilisation » des malades, comme si le fait de payer plus rendait moins malade… que va bien pouvoir répondre Nicolas Sarkozy, cette fois, au mécontentement grandissant des français ? D’ailleurs, va-t-il enfin se décider à répondre ?

Car depuis plusieurs semaines, après une première réponse erronée semblant indiquer que Nicolas Sarkozy ne connaît même pas les textes qu’il présente au vote de ses députés, l’homme qui se présentait comme « le Président de tous les français » ne daigne plus nous répondre…

Mais ce n’est pas parce que Nicolas Sarkozy et son gouvernement se bouchent les oreilles que nous allons nous taire ! Et nous n’allons plus seulement crier. Nous allons agir !

J’invite tous les malades, tous les responsables et militants politiques, syndicaux, associatifs, tous les citoyens à manifester devant toutes les préfectures de France, et à Paris, devant le ministère de la santé, le samedi 12 avril à 14h00, en venant déposer leurs boites vides de médicaments. Le combat contre les franchises ne s’arrêtera qu’avec le retrait pur et simple, et définitif, de cette mesure hypocrite, injuste et dangereuse pour la santé publique !

brunopascal chevalier www.grevedesoins.fr
http://www.contre-les-franchises.org

06:55 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : franchise médicale, INÉGALITÉ, PAUVRETÉ, GRÈVE DES SOINS | | |  Facebook

23.03.2008

Des députés de la majorité appellent le gouvernement à "plus de justice sociale"

LEMONDE.FR
Dans une tribune publiée vendredi 21 mars dans Les Echos, vingt députés de la majorité présidentielle ont appelé à ce que les réformes gouvernementales soient "marquées du sceau de la justice". "Nous soutenons la volonté de réforme du gouvernement, mais nous restons très vigilants vis-à-vis du contenu des réformes, qui ne peuvent se faire sans esprit de justice", soulignent les signataires, qui souhaitent "un nouvel équilibre entre exigence d'efficacité et exigence de justice sociale".

Prenant acte de marges de manœuvre limitées par les déficits ou la conjoncture internationale, le collectif fait de la revalorisation du pouvoir d'achat une des priorités : "Il nous faut améliorer le minimum vieillesse, les pensions de réversion et le pouvoir d'achat des salariés à bas revenus." Pour y parvenir, les députés, parmi lesquels figurent Pierre Méhaignerie, estiment que "cela passe, non par des dépenses publiques supplémentaires, mais par un effort fiscal plus justement réparti".

AMÉLIORER LA FORMATION PROFESSIONNELLE

Les signataires, pour la plupart issus des rangs de l'UMP, affirment également que "le paquet fiscal, dont les mesures sont pour l'essentiel orientées vers les classes moyennes, doit être complété, soit par un plafonnement des niches fiscales et sociales, soit par la mise en œuvre d'un impôt minimum sur la dernière tranche d'imposition".

Les députés souhaitent aussi une réforme de la formation professionnelle, jugée "illisible, opaque et qui favorise la bureaucratie", avec un redéploiement des crédits"vers ceux qui sont les plus fragiles".

S'ils se satisfont enfin des mesures du gouvernement pour réduire les inégalités d'accès à la propriété, ils appellent toutefois à ce qu'elles soient "simplifiées".

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17.03.2008

Appel a manifestation contre les franchises médicales

Communiqué de Bruno-Pascal Chevalier, qui appelle à une action le 12 avril :

déposer devant toutes les préfectures de France, et le ministère de la santé, pour Paris et la RP, les boites vides de médicaments, dans la mesure du possible avec une animation (musicale ou autre…)
Les franchises médicales pèsent lourd dans le résultat des élections municipales et cantonales. Elles sont, avec le pouvoir d’achat, l’une des raisons des faibles scores de l’UMP.
L’UMP imagine sans doute s'en remettre…

Mais les malades privés de soins par la politique de Nicolas Sarkozy, s’en remettront-ils, eux ?

Après avoir osé avancer l’argument de la « responsabilisation » des malades, comme si le fait de payer plus rendait moins malade… que va bien pouvoir répondre Nicolas Sarkozy, cette fois, au mécontentement grandissant des français ? D’ailleurs, va-t-il enfin se décider à répondre ?
Car depuis plusieurs semaines, après une première réponse erronée semblant indiquer que Nicolas Sarkozy ne connaît même pas les textes qu'il présente au vote de ses députés, l’homme qui se présentait comme « le Président de tous les français » ne daigne plus nous répondre…

Mais ce n’est pas parce que Nicolas Sarkozy et son gouvernement se bouchent les oreilles que nous allons nous taire !
Et nous n’allons plus seulement crier. Nous allons agir !
J’invite tous les malades, tous les responsables et militants politiques, syndicaux, associatifs, tous les citoyens à manifester devant toutes les préfectures de France, et à Paris, devant le ministère de la santé, le samedi 12 avril à 14h00, en venant déposer leurs boites vides de médicaments.
Le combat contre les franchises ne s’arrêtera qu’avec le retrait pur et simple, et définitif, de cette mesure hypocrite, injuste et dangereuse pour la santé publique !
Bien cordialement

brunopascal chevalier 06.89.18.01.77 www.grevedesoins.fr
chbrunopasc@aol.com

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10.03.2008

LES FRANCHISES SUR LES SOINS NE SONT PAS UNE FATALITE

Les franchises sur les soins sont entrées en application le 1er janvier 2008.

Malgré l’appel lancé sur Internet dès le mois de Mars 2007, malgré le relai pris par un collectif d’organisations contre les franchises*, malgré le travail militant pour expliquer et dénoncer cette mesure, les franchises sur les soins que Nicolas Sarkozy appelait de ses voeux depuis de nombreuses années sont entrées en vigueur après que le principe en ait été voté le 26 octobre à l’Assemblée par les députés UMP, qui choisirent ainsi de « responsabiliser » les cancéreux, les dialysés, les diabétiques et les accidentés du travail.

Tout juste notera t’on que le projet initial de franchise sèche sur les 50 ou 100 premiers euros de dépenses annuelles, qui aurait exclu de tout remboursement 27% des assurés sociaux ( les plus jeunes, les moins malades ) avait été finalement abandonné par Nicolas Sarkozy, au grand dam des assureurs privés** qui attendaient ce signal pour fragiliser encore vis-à-vis de ce public le système solidaire.

Le principe des franchises : une retenue de 50 centimes d’euros sur chaque boîte de médicaments, sur chaque acte infirmier ou de kinésithérapie, sur chaque prise de sang, et une retenue de 2 euros sur chaque transport sanitaire, à concurrence de 50 euros par an, pour l’instant***. ( en supplément des forfaits de 50 euros par an sur les consultations médicales, déjà en vigueur depuis la réforme Douste-Blazy de 2005)

Au prétexte de « responsabiliser » les malades, puis de financer l’Alzheimer ( en taxant en priorité les patients les plus fragiles et dépendants), le gouvernement a choisi de mettre à mal encore une fois le principe d’assurance-maladie solidaire hérité du pacte de 1945.

Pourtant, au moment où cette mesure entre en application, le réel se rappelle au bon souvenir du Président. Des patients fragilisés découvrent au jour le jour la réalité des franchises. Contrairement à ce qui a longtemps été claironné par le Ministère de la Santé, les pauvres paient les franchises sur les soins. Le seuil de pauvreté en France est de 817 euros, et seuls sont exemptés ( hormis les femmes enceintes et les enfants), les personnes subsistant avec moins de 610 euros par mois.
Dans ce contexte de détresse et de colère, la grève de soins de Bruno-Pascal Chevalier****, travailleur social de 45 ans, atteint du SIDA, représente hélas l’aboutissement inéluctable d’une logique purement financière, d’une lubie présidentielle. Les médias se tournent alors vers lui en masse, s’intéressent à la question des franchises, certains pour la première fois. Et de nombreux Français découvrent aujourd’hui, bien tardivement, la question des franchises sur les soins, qui met en difficulté de nombreuses personnes âgées, invalides, atteintes d'affections de longue durée, mais aussi de plus en plus de personnes et de familles à faibles revenus qui ne peuvent déjà plus faire face aux dépenses de santé et ne se soignent plus qu'en repoussant à plus tard leurs démarches de soins.

L’appel contre la franchise a ainsi engrangé au courant du mois de Janvier plus de 5000 signatures en une après-midi après un sujet au Journal télévisé de France 2, pour atteindre 116.000 signatures sur le site, et 36.000 signatures papier récoltées par Bruno-Pascal Chevalier.


L’appel contre la franchise, ainsi que les initiatives locales et nationales, restent d’actualité. Signez la pétition, faites la signer.

Les franchises sur les soins ne sont pas une fatalité.

Inutiles économiquement, dangereuses médicalement, injustes moralement, elles témoignent d’une étrange politique de civilisation, qu’il nous revient de combattre, et de sanctionner.

Christian Lehmann
www.appelcontrelafranchise.org

* Un collectif national regroupant partis politiques, associations, syndicats, s’est créé pour amplifier le mouvement initié par la pétition, à l’adresse : www.contre-les-franchises.org
** « Sarkozy a tué l’idée de mettre en place une vraie franchise, qui aurait consisté à ne pas prendre en charge du tout les 50 ou 100 premiers euros de dépense, puis à faire varier ce seuil en fonction des besoins de financement de la Sécu. A présent, la grogne est telle que cette mesure ne verra jamais le jour » soupire un courageux expert anonyme, artisan de ces réformes. L’Expansion, Novembre 2007, Stéphanie Benz.
*** Seul le principe des franchises a été voté par les parlementaires. Le montant en a été fixé par décret, et peut être révisé à tout moment par le fait du Prince. Comme le disait Nicolas Sarkozy en Juin 2006 : « Si les dépenses augmentent, et donc le déficit augmente, on pourrait alors augmenter le montant de la franchise. »

**** www.grevedesoins.fr

NOTE IMPORTANTE AU NIVEAU DES LISTES DE SIGNATAIRES ET DES PETITIONS PAPIER :

1-Toutes les signatures sont comptabilisées. Beaucoup aimeraient pouvoir retrouver facilement leur nom sur la liste mais le nombre de signataires rend ceci très difficile.
2-Sur ce site, vous trouverez un modèle de pétition papier à signer. Il n’existe pas d’adresse postale où envoyer cette liste… pour une bonne raison. Nous n’avons pas les moyens matériels d’entrer à la main des milliers de signatures. Nous vous demandons donc d’aller au bout de votre geste militant et d’intégrer ces signatures à la liste, en notant éventuellement *.* si vous n’avez pas l’adresse mail du signataire. Vous pouvez aussi adresser les pétitions papier à :
Bruno-Pascal CHEVALIER
17 Résidence Bois-Pommier
91390 Morsang-sur-Orge

Pour les initiateurs de l’Appel contre la Franchise
Christian Lehmann et Martin Winckler

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06.03.2008

Plus d'un élu sur deux estime que sa commune compte davantage de personnes en difficulté que par le passé

Selon une enquête (1) réalisée par TNS-Sofres pour Le Secours Catholique portant sur l’exclusion et la pauvreté vue par les maires et les Français, 51% des maires estiment que leur commune compte davantage de personnes en difficulté que par le passé. A la question «Dans votre commune, diriez-vous que les personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sont actuellement…», 11% des maires répondent «en très grand nombre» (ils étaient 5% en 2001 et 8% en 1995), contre 31% des Français. Toutefois, les observations des maires varient selon la taille de leur commune et la tendance politique des élus.

Les jeunes sans emploi sont, selon les Français et les maires, ceux qui éprouvent le plus de difficulté. Suivent les femmes seules avec des enfants, les chômeurs de longue durée, les personnes ayant un emploi précaire et les personnes âgées. La perception des difficultés des personnes âgées par les maires a nettement augmenté entre 2001 et 2008 (+19%) alors que celle des chômeurs de longue durée a sensiblement diminué (-16%).
En terme d’évolution, selon les maires, la situation s’est dégradée pour les femmes seules avec enfants (4%), les personnes ayant un emploi précaire (43%), les chômeurs de longue durée (29%), les personnes âgées (27%) et les personnes âgées (27%). En revanche une grande majorité s’accorde à penser que les immigrés et les Sans domicile fixe n’ont pas vu leur situation changer ces dernières années.
Les maires et les Français sont majoritairement acquis à l’idée de la nécessité de construire de nouveaux logements et ouverts sur les mesures à prendre pour y parvenir. Les maires sont 93% (dont 52% très favorables) à se dire favorables aux logements en accession à la propriété, 81% à se dire favorables à la construction de logements sociaux (dont 32% très favorables). L’hébergement d’urgence arrive en troisième position avec 61% de maires favorables, majoritairement dans les grandes villes.
L’enquête montre que la majorité des maires considère la loi instituant le droit au logement opposable comme inefficace (46 % plutôt pas efficace et 19 % pas du tout efficace).
Les maires citent principalement cinq freins majeurs à la construction de logements sociaux: l’augmentation des coûts de construction et de l’immobilier foncier, le manque d’engagement de la part de l'État, le manque de terrains disponibles, l’image négative des logements sociaux auprès de la population et le manque de volonté de la part de certains maires.
(1) Sondages effectués du 13 au 20 février 2008 auprès des maires et les 20 et 21 février auprès des Français. Enquêtes réalisées par téléphone auprès d’un échantillon national de 400 maires, représentatif de l’ensemble des communes de France et auprès d’un échantillon national de 1000 Français représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogés en face-à-face à leur domicile par le réseau des enquêteurs de TNS Sofres. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et stratification par région et catégorie d’agglomération.


Liens complémentaires :
http://www.tns-sofres.com/etudes/pol/270208_exclusions.pdf

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03.03.2008

Martin Hirsch répond ce lundi aux internautes de Rue89

Par Chloé Leprince (Rue89)
Pouvoir d'achat en berne et hausse des inscrits à l'ANPE, dont le nombre progresse de 0,7% en janvier: les Français vivent moins bien. A l'automne, Martin Hirsch constatait déjà que le taux de pauvreté s'était "sensiblement aggravé". Le Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté répondra en direct, lundi à partir de 17 heures, aux questions des internautes de Rue89. Cliquez ici pour lire le post en entier et envoyer vos questions

06:51 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : RSA, RMI, PAUVRETÉ, INÉGALITÉ, MARTIN HIRSCH | | |  Facebook

27.02.2008

Pour 51% de maires, la pauvreté s'est aggravée dans leur commune

Les maires s'inquiètent pour les plus fragiles

Dans un sondage exclusif, réalisé quelques jours avant les municipales pour le Secours catholique et "La Croix", les élus se montrent pessimistes en matière d'exclusion

Une femme se tient devant des tentes où sont installées des familles sans logement, le 24 septembre 2007 place Bellecour à Lyon (Photo Ksiazek/AFP).

C’est la troisième fois que le Secours catholique, avec La Croix, se saisit des municipales pour sensibiliser l’opinion et les élus aux questions d’exclusion. « Dans ces élections, le thème de la solidarité est souvent mis à la marge, on ne s’y réfère pas de façon spontanée », regrette Gilbert Lagouanelle, l’un de ses responsables.

Comme en 1995 et en 2001, l’association vient donc de lancer une campagne auprès du grand public, en diffusant des affiches aux formules chocs (comme « Il arrive qu’on puisse mieux nourrir ses angoisses que ses enfants ») et en s’appuyant sur un sondage de TNS-Sofres réalisé auprès des maires, dont La Croix publie mercredi 27 février les résultats en exclusivité (Pour consulter l'intégralité du sondage, cliquez ici).

« Le grand enseignement de ce sondage, c’est la dégradation de la perception des maires sur ces sujets, en particulier depuis 2001 », note Carine Marcé, directrice associée de TNS-Sofres. Pour 11 % des élus interrogés, « les personnes en situation de pauvreté et d’exclusion » sont en « grand nombre », alors qu’ils étaient seulement 5 % à le penser avant les dernières municipales (8 % en 1995). En outre, les maires sont 51 % à estimer que ces publics sont plus nombreux qu’avant, contre 31 % convaincus qu’ils le sont moins (18 % se disent « sans opinion »).

À y regarder de plus près, ces chiffres grimpent chez les élus des plus grandes communes (10 000 habitants et plus) : 46 % d’entre eux estiment ainsi que les pauvres sont en « très grand » ou « assez » grand nombre et 79 % qu’ils sont plus nombreux que par le passé. « Dans les petites villes rurales, de moins de 2 000 habitants, la pauvreté est en effet moins visible, notamment parce que les réseaux de solidarité fonctionnent mieux », décrypte Carine Marcé.

Une plus grande attention aux personnes âgées
D’après les maires interrogés, les trois publics ayant « le plus de difficultés » sont, comme en 2001, les « jeunes sans emploi », les « femmes seules avec des enfants » et les « chômeurs de longue durée ». Il y a sept ans, toutefois, ils étaient beaucoup plus nombreux à citer cette dernière catégorie (60 % contre 44 % aujourd’hui), signe d’une certaine baisse du chômage, selon le Secours catholique.

Ils sont en revanche beaucoup plus nombreux à s’inquiéter du sort des personnes âgées qu’en 2001 (37 % des élus interrogés les citent contre seulement 18 % à l’époque), « mais il ne faut pas forcément en conclure que la situation de ces personnes s’est dégradée », relève Carine Marcé. Elle y voit plutôt le signe d’une plus grande attention à leur égard depuis la canicule de 2003.

En revanche, les élus locaux sont nombreux (43 %) à juger que la situation des « jeunes ayant un emploi précaire » et des « femmes seules avec des enfants » s’est bien « dégradée ». Gilbert Lagouanelle n’en est pas étonné. D’une part, parce qu’il note « un glissement récent du débat sur le chômage vers celui de la précarisation du marché du travail » ; d’autre part, parce que les dernières études du Secours catholique vont dans le même sens, montrant une réelle « féminisation de la pauvreté », avec des familles monoparentales toujours plus nombreuses.

Forte "prise de conscience" en matière de logement
Disposant d’outils pour venir en aide à tous ces publics, les maires estiment que leur commune a fait des « efforts importants » dans quatre secteurs en particulier : les services d’aide à domicile, l’aide aux impayés (loyer, eau, électricité…), le soutien scolaire aux enfants et l’aide au logement.

Dans ce dernier domaine, les élus font montre d’une forte « prise de conscience », selon Carine Marcé. Aux grands maux, les grands remèdes : en comparaison avec 1995, les maires sont plus enclins à adopter des mesures fortes, comme « la réquisition de logements vides pour les sans-abri » (62 % y sont favorables aujourd’hui contre 45 % il y a treize ans) ou « la garantie de relogement par la commune des familles expulsées » (65 % contre 50 %). Ils sont en revanche majoritairement réticents (59 %) à l’hébergement sur leur territoire de gens du voyage.

Autre enseignement, auquel la Fondation Abbé-Pierre sera attentive : 81 % des élus se disent « favorables » à la « construction de logements sociaux dans leur commune ». Quels sont donc les freins, selon eux ? Pour 47 %, « l’augmentation des coûts de construction » et du foncier, pour 43 %, « le manque d’engagement de l’État ».

35 % citent « le manque de terrains disponibles » ou encore « l’image négative des logements sociaux auprès de la population » (30 %). 11 % seulement estiment que la loi SRU (qui oblige les communes à construire des logements sociaux) n’est pas assez incitative.
Marine LAMOUREUX - La Croix /

Le sondage est à télécharger là :
http://www.blogspirit.com/admin/blog/insert_media.php?evn...

05:57 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : FRANCE, PAUVRETÉ, INÉGALITÉ, LOGEMENT SOCIAL | | |  Facebook

21.02.2008

*Communiqué des grévistes de la faim du centre de rétention de Vincennes, le mercredi 20 février 2007 *

Nous avons l’honneur de vous informer que l’on vit une situation très difficile et catastrophique. Le manque de la moindre des choses, la nourriture, les chambres sans chauffage, pas d’eau chaude, l’hygiène, les provocations des services de l’ordre et la chose la plus importante : la privation de notre liberté. Dans le centre de rétention des chambres ont été incendiées. Un coran a été déchiré par les CRS. On a pas eu de réponse satisfaisante à notre égard de monsieur le procureur de la république. Après notre témoignage, c’est comme si rien ne s’était passé. Quand nous sommes malades, les médecins ne nous donnent que du doliprane et des cachets pour dormir. On a 90% des détenus qui sont musulmans, ils nous servent de la viande pas hallal. Après trop de demande et des grèves, personne ne nous a écouté. Le manque de courtoisie bien que nous sommes dans un centre de rétention et pas pénitentiaire, mais c’est le contraire qu’on subit et de cela on garde un sentiment de mépris.

Pour toutes ces raisons nous demandons à tous les medias qu’ils soient au courant et qu’ils écoutent les témoignages des retenus. Nous exigeons notre libération et nous commençons une grève de la faim qui durera un délai de 4 jours. Notre place n’est pas ici mais dehors.
* Les grévistes de la faim du centre de rétention de Vincennes *
(texte dicté au téléphone depuis le centre de rétention de Vincennes)
fermeturetention@yahoo.fr

20.02.2008

Sarkozy bat des records... d'impopularité

Ce qui explique pourquoi c'est Fillon qui se pointe à Strasbourg pour soutenir le projet vide de Keller. Projet basé sur un bilan...
MERCI : à l'heure de la nécessité de maîtriser les finances publiques; la ville est endéttée et pour un moment;
MERCI : Il était urgent d'avoir le PLUS GRAND suppositoire à 48 euros prix des premières places
MERCI : La taxe d'habitation a augmentée de 10 % ;
MERCI : Le coût de la vie à Strasbourg va croissant. Du coup même les classes moyennes doivent se serrer de plus en plus la ceinture ;
MERCI : Pour les magouilles et les polémiques récurrentes du siège du Parlement européen; alors Strasbourg européenne jusqu'à quand?
MERCI : Strasbourg se veut la vitrine de l'Europe, de la culture, du sport ... Mais l'essentiel : Les gens, Les jeunes, Les artistes locaux ?
MERCI : D'avoir continué le boulot de Mme Trautmann : extension du tram, réhabilitation de certains quartiers, ...
MERCI : Pour les antennes-relais cancérigènes
STRASBOURG EST BIEN UNE VITRINE AVEC RIEN EN MAGASIN POUR LA MAJORITÉ DES STRASBOURGEOIS

12:51 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : STRASBOURG, INÉGALITÉ, SOLIDARITÉ, PAUVRETÉ | | |  Facebook

Un propriétaire de logement insalubre a encore été déféré

En fin d'après-midi, un septuagénaire a été déféré au Parquet de Valenciennes pour avoir loué, à Denain, une maison insalubre à trois personnes (un couple au RMI et leur fils de 18 ans), malgré un arrêté d'insalubrité pris en février 2007. Le logement ne disposait pas de dijoncteur et les planchers ont été répérés comme extrêmement dangereux.

06:25 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : logement insalubre, misère, inégalité, france | | |  Facebook

14.02.2008

les Périphériques de Strasbourg vous parlent

06:25 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : STRASBOURG, INÉGALITÉ, SOLIDARITÉ, PAUVRETÉ | | |  Facebook

04.02.2008

Météo: alerte Orange en Alsace et à Belfort

Un bulletin d'alerte orange a été émis ce matin par Météo-France en raison d'un épisode de neige et de verglas attendu dans l'est de la France, dans les deux départements de l'Alsace (Bas-Rhin, Haut-Rhin) ainsi que dans le Territoire de Belfort.

Réactions immédiates inventées de toutes pièces
La Préfecture du Bas-Rhin et les Quichiotte Strasbourg soucieux (!) du sort des sans-abris les invitent soit à se rendre à la Préfecture chauffée soit dans les bureaux de la DDASS.
Le service "politique de la ville" suggère l'ouverture de squats.
Le tandem propose le Zénith parce qu'il y à trop de courant d'air à la CUS.

On nous signale qu'il reste quelques places sous les ponts et piliers d'autoroute pour ceux qui "préfèrent" la vie au grand air!

09:06 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : STRASBOURG, SDF, SANS-ABRIS, INÉGALITÉ, SOLIDARITÉ, PAUVRETÉ | | |  Facebook

27.01.2008

Parole de banlieue

"Notre passé est horrible,notre présent difficile, heureusement nous n'avons pas d'avenir..."
un jeune de banlieue

06:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : banlieue, exclusion, inégalité | | |  Facebook

26.01.2008

STRASBOURG AU SECOURS

Bonjour,

je m'appelle Jean-Pierre Klein, je suis un ancien chômeur SDF. Je voudrai bien que ma lettre elle passe sur votre site.

Moi j'ai pas voulu que le patron il nous licencies tous, j'ai pas voulu rester au chômage et j'ai pas voulu qu'on me prenne mon appartement et que je tombe dans la rue.

Dans la rue j'ai pas bu, j'ai pas prit de drogue et j'ai pas volé. Mais c'était dur.

C'était difficile de se laver, difficile de chercher du travail, difficile d'aller manger, difficile d'avoir un lit même pour une nuit.

La charité s'est pas bon, ça vous humilie tout le temps et quand tu veux pas perdre ta tête et ton énergie la charité vaut mieux l'éviter. C'est parce que tous les gens ils te voient dans la misère, ils te voient faignants, ils te voient clochard. Ils veulent pas te voir comme tu te sens que tu es. Car tu as juste pas eu la chance. Si tu perds ton travail tu perd tout, si tu perds ton logement tu perds tout. C'est comme ça et c'est pas juste qu'on soit accusé tout le temps d'autre chose.

Aujourd'hui j'ai regardé les autres mondes, de la rue on voit beaucoup de choses. On voit les gens. On peut pas dire si les gens qui sont gentils ou méchants sont chrétiens ou autre chose ou pas, on peut pas dire si ces gens ils sont de droite ou de gauche. On voit des gens c'est tout.

Dans la rue on entend les gens qui parlent devant toi, ils me voient pas. Ils parlent beaucoup au téléphone, on sait plein de choses de plein de gens surtout quand on boit pas ni rien.

Alors moi je sais qu'ici si tu es dans la galère il y a pas grand chose à faire et que même si tu le fais tu as pas d'espoir. Maintenant je vois que ma ville elle est méchante, elle est indifférente alors que beaucoup de gens sont gentils. C'est un monsieur qui est patron qui m'a aidé. D'abord il m'achetait des sandwichs, et des gâteaux le dimanche. Puis des habits, et un thermos. Aujourd'hui c'est mon patron.

Tout ça pour vous dire que faut pas que notre ville reste comme ça et que j'espère que vous regarderez bien les programmes de ceux qui veulent être le maire avant de voter, si ils font des logements pour les pauvres ça c'est important. Le vrai travail aussi c'est important mais pas les contrats pour les pauvres. Moi j'ai un cdd, c'est un vrai contrat comme veut ceux qui on les appartements, sinon c'est pas la peine.

Je dis des logements pour les pauvres parce que il y à beaucoup de pauvres à strasbourg et que il y a même pas de logements pour nous et ceux la qui sont construits c'est pas pour nous non plus.

Je vous remercie de pas détester ni de mépriser les pauvres.

Jean-Pierre Klein 

08:30 Publié dans Témoignage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : STRASBOURG, INÉGALITÉ, SOLIDARITÉ, PAUVRETÉ | | |  Facebook

23.01.2008

La misère et la pauvreté dans les villages de France

Témoignage Envoyé par: Denis sur le site "le dire pour agir" édité par le Secours Populaire

Bonjours a tous d'abord,

Je me présente, je m'appelle Denis, j'ai 37 ans, je vis dans un coin du sud de la France...
Je voudrais par ces quelques lignes parler de la précarité et la misère dans les villages de France.

A la télé, dans les médias en général, on nous parle des pauvres dans les villes comme Paris, cela c'est la misere qui se voit au yeux de tous.....
Maintenant il y a une autre misère, celle qui ne se vois pas, celle qui est cachée au fin fond des campagnes Françaises,celle la elle est terrible, terrible parce que isolée aux yeux de tous, cachée, bien cachée même dans des petits villages ou services publics et autres on disparus. Cette misère là est cachée parce que ceux qui l'a vive ont honte de dire qu'ils ont que le RMI pour vivre, qu'ils ont aussi des coupures d'électricité' qu'ils vivent sans chauffage sans lumière sans mangé a leur faim et vivant dans des logements insalubres.....
Et puis il y à sans cesse cette peur au ventre d'être "insulter" dans les ruelles du village parce que il y a un RMiste qui y vie. et bien cette vie là est bien réelle, elle est réelle parce que cela est mon quotidien, j'habite dans un petit village du département du Gard je suis seul sans famille, sans ami, avant j'avais un boulot, j'ai travailler 13 ans à l'usine et j'ai eu un accident dans la vie, maintenant je me retrouve au RMI avec des difficultés. les fêtes de fin d'années je les ai passées seul, mais on se dit qu'on a encore de la dignité, un honneur a respecté, alors ont demande rien a personne, même pas un bout de pain, et pour pouvoir s'acheter quelque chose et bien on économise pendant 1 année.
L'autre jours je me suis fait insulté parce que chez moi je possède un ordinateur connecté a internet en disant que c'est du luxe, pour vous dire a quel point les gens deviennent méchants, enfin bref si, a l'heure actuelle le fait de possédé un ordinateur est un critère de luxe et ben ou vas t'on ?
voila j'espère que mon témoignage représente aussi tout ceux qui sont dans la misère et qui vivent dans les petits villages de France
cordialement à tous, et bonne années 2008
merci au secours populaire Français qui, part ce site internet permet a des gens isolé de se faire entendre.
Denis

05:50 Publié dans Témoignage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : misère, inégalité, pauvreté, rmiste, france | | |  Facebook

Entre 1 et 2 millions d’enfants pauvres en France

Les mauvais calculs de l’INSEE
Entre 1 et 2 millions d’enfants pauvres en France : c’est le constat dressé dans le dernier rapport du CERC [1]. La fourchette est large : elle traduit la forte concentration des pauvres dans le bas de la distribution des revenus. Le CERC et l’INSEE, comme les autres administrations, privilégient le seuil le plus faible (50% du revenu médian) alors que les statisticiens européens retiennent un seuil de pauvreté monétaire un peu plus élevé (60% du revenu médian). Cela suffit pour expliquer un écart de 1 à 2. Mais l’INSEE se livre aussi à d’autres manipulations pour minimiser l’étendue de la pauvreté.

L’INSEE a longtemps répugné à publier des chiffres sur la pauvreté. Ce n’est que dans les années 1990 que l’institut a commencé à diffuser de façon régulière des chiffres. Dans un volumineux dossier (plus de 250 pages) de la revue phare de l’INSEE Economie et statistique consacré en 1997 à la pauvreté, on trouve quelques indications. Combien de pauvres en France ? Environ 5,5 millions en 1994, soit un taux de pauvreté de 10,4 % pour les ménages et un taux très proche en termes de personnes. Le même article indique que le taux de pauvreté serait resté globalement stable entre 1984 et 1994, malgré l’apparition de la « nouvelle pauvreté ».

Dans sa publication la plus récente, l’INSEE estime le taux de pauvreté à 6,1% en 2001 (soit environ 3,5 millions de personnes pauvres) [2] . Plus de 10% de pauvres en 1994, environ 6% en 2001 : la pauvreté aurait-elle baissé de 40% entre ces deux dates ? Personne ne pourrait croire une telle affirmation et les statisticiens officiels le savent bien. Aussi leur commentaire concernant l’évolution de la pauvreté est-il le même : entre 1984 et 1996, le taux de pauvreté est resté stable, mais autour de 7% et non de 10% [3] . En quelques années, environ 30% de pauvres ont donc disparu de la statistique officielle. Comme pour les polices d’assurance, c’est dans les alinéas et les petites notes que le lecteur curieux pourra trouver deux explications.

Première explication : les ménages d’étudiants sont désormais exclus des chiffres officiels. Cette « correction statistique » permet d’écarter plus de 12% des ménages et 7% des personnes pauvres. Chacun sait en effet que les ménages d’étudiants ne peuvent être vraiment « pauvres ». Et qu’il s’agit là d’une illusion d’optique. Pour enfoncer le clou, l’INSEE s’était même risqué à chiffrer dans son dossier de 1997 la ration de survie d’un étudiant en nombre de jeans, repas au Resto-U, etc. Résultat : avec un Rmi, dont le niveau est pourtant bien inférieur aux seuils de pauvreté usuels, un étudiant n’était pas « pauvre ». Les étudiants apprécieront.

Seconde explication : les données de l’INSEE reposent sur les enquêtes issues des revenus fiscaux, mais non corrigés de la sous-estimation des revenus du patrimoine. Chacun sait pourtant que ces revenus sont répartis de façon très inégalitaire. Pendant longtemps, l’INSEE s’est même vanté de procéder à des redressements pour tenir compte de la sous-estimation bien connue de ces revenus dans les déclarations fiscales (environ 80 % des revenus du patrimoine n’apparaissent pas dans les déclarations fiscales selon le Conseil des impôts). L’INSEE en concluait que la comparaison avec les autres pays européens - où de telles corrections sont rares - était biaisée. Heureux effet de l’harmonisation européenne ( ?), l’INSEE ne procède plus désormais à ces redressements et ignore ainsi une masse de revenus qui a explosé depuis une quinzaine d’années. Entre 1988 et 2002, les revenus monétaires de la propriété ont été multipliés, en pouvoir d’achat, par plus de 3 (+202%) alors que le revenu disponible des ménages a augmenté de moins de 35%. En 2002, ces revenus du patrimoine représentaient l’équivalent d’environ 30% des prestations sociales monétaires contre moins de 15% quinze ans plus tôt. Exclure ces revenus financiers pour mesurer la pauvreté est donc tout simplement scandaleux.

En chassant les prétendus « faux pauvres » (les étudiants) et en ignorant les vrais riches (ceux qui perçoivent des revenus du patrimoine), l’INSEE minimise délibérément non seulement l’ampleur de la pauvreté mais aussi son évolution. Ce sont là deux des astuces les plus grossières qu’utilise la statistique officielle pour cacher les pauvres. En cognant bien fort sur le thermomètre, l’INSEE espère sans doute faire disparaître la fièvre que chacun peut voir au coin de la rue et dont témoignent toutes les associations. C’est un bien mauvais calcul.

Pierre Concialdi

[1] CERC (2004), Les enfants pauvres en France, rapport n°4, La documentation française, Paris (http://www.cerc.gouv.fr/rapports/rapport4cerc.pdf).

[2] Insee Première n°947, janvier 2004 http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP947.pdf).

[3] Ce n’est qu’ensuite qu’il aurait légèrement diminué, passant de 7,2% en 1996 à 6,1% en 2001

05:25 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Enfants pauvres, pauvreté, inégalité, France, Sarkosy | | |  Facebook

29.12.2007

L'Allemagne souffre de ses inégalités et se veut plus juste en 2008

BERLIN (AFP) — Les uns gagnent des millions, les autres ont peine à subsister: aux yeux des Allemands les inégalités se creusent dans leur pays, et beaucoup sont décidés à ce que cela change en 2008.
Dans les dernières semaines de l'année, une série d'événements et de statistiques sont venus confirmer l'impression d'une érosion de la classe moyenne allemand au profit d'une société à deux vitesses. Elle a renforcé la détermination de beaucoup, syndicats en tête, à se battre pour une répartition plus juste.
Le patron de Porsche s'est partagé avec ses cinq collègues du comité de direction 113 millions d'euros de rémunération, conduisant plusieurs personnalités politiques dont le président de la République Horst Köhler à appeler au "sens de la mesure". Au même moment, une étude montrait que les revenus de leur travail suffisaient de moins en moins à assurer à la majorité des Allemands un niveau de vie décent.

Plusieurs morts d'enfants maltraités ou abandonnés sont venus servir de toile de fond à la discussion sur les salaires, mettant en avant le problème de la pauvreté matérielle et morale de certaines familles, et les risques encourus par les enfants.
"Actuellement 3 millions d'enfants vivent dans la pauvreté", soit deux fois plus qu'il y a trois ans, a rappelé la veille de Noël dans un entretien à la radio le porte-parole du comité de lutte contre la pauvreté, Wolfgang Gern. C'est-à-dire que leur foyer dispose de moins de 60% du revenu moyen des foyers allemands.
Pourtant depuis 2006 la croissance économique de l'Allemagne est repartie, le chômage baisse mois après mois, le pays compte actuellement quelque 700.000 de chômeurs de moins qu'à la fin de l'année dernière.

"Le nombre de personnes ayant un emploi est à son plus haut en Allemagne", s'est félicitée la chancelière Angela Merkel dans ses interviews de fin d'année. "Cela veut dire que plus de familles profitent (de la croissance)", a-t-elle déclaré.
Mais justement, la plupart des Allemands n'ont pas l'impression d'en profiter: pour 85% d'entre eux, la répartition des richesses dans le pays n'est pas juste, selon une étude de la fondation Bertelsmann publiée en décembre.

En Allemagne se creuse un "fossé de l'égalité", titrait récemment l'influent hebdomadaire Der Spiegel. Et l'aggravation des inégalités n'est pas seulement de l'ordre du ressenti, l'écart grandit réellement entre les revenus des plus riches -- qui ont crû de 31% ces quinze dernières années -- et ceux des plus pauvres, qui ont chuté de 13% sur la même période, selon des chiffres de l'institut de recherche DIW.
Dans certains secteurs de l'économie, par exemple chez les coiffeurs, des salaires horaires inférieurs à 5 euros ne sont pas rares. Environ 1,7 million de personnes travaillent, et complètent un salaire de misère avec l'aide sociale. Et 17 ans après la Réunification, dans quasiment toutes les branches, le travail est moins payé à l'est.

Dans un pays où il n'y a pas de plancher aux rémunérations, les sociaux-démocrates du SPD ont décidé de faire de l'instauration d'un salaire minimum leur cheval de bataille l'an prochain.
Les syndicats aussi s'affichent combatifs. Après plusieurs années de retenue, et sur fond de hausses des prix, ils veulent que leurs membres profitent de la croissance.
Parmi les premiers à négocier leur convention collective, les 100.000 salariés du secteur de l'acier vont réclamer en janvier des hausses de salaires de 8% parce que "les bilans sont bons, les carnets de commandes pleins et les profits coulent à flots", selon le syndicat IG Metall.
Les employés du service public veulent aussi 8%, ceux du textile 5,5%. Les autres branches devraient aussi faire preuve d'appétit.
Ces revendications qui font grincer des dents le patronat alors que la croissance s'essouffle. Pour la fédération du patronat BDI, les revendications d'IG Metall sont "dures à avaler". Ce qui laisse présager un hiver agité en Allemagne.

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18.12.2007

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*dans le cadre d'un don à un organisme d'intérêt général il est déductible à hauteur de 60%; demandez un justificatif

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