02.08.2008
La parole des SDF ?
Le désaveux de notre parole est constant !
Contacté par une organisation européenne au sujet de la parole des SDF, nous avons trouvé "amusant" que pour une fois qu'elle est sollicitée nous devions respecter un nombre précis de caractères !
Une amie du collectif nous envoie, pour info, l'enquête participative d'agora sur la parole des sdf, la place des pauvres en france.
Ce sera tout ?
Non, voilà le nouveau plan de Christine Boutin. 25 associations réunies" protestent sur certains articles... Mais restent silencieuses sur les articles 23 et 26. Le premier "assoupli" le quota de places en hébergement d'urgence en y intégrant les places de CHRS et de stabilisation. Le 2e propose de la sous-location temporaire sans garantie de relogement et pas un mot sur l'accompagnement social !
Les souvenirs remontent : décembre 2006 à strasbourg, la naissance des don quichotte, "la prise" du campement... et le vol, le détournement, le désaveux de notre parole... comme d'habitude.
Il ne s'agit pas de dénoncer l'action des associations qui sont engagées dans la précarité, dans l'urgence sociale, mais de mettre en avant combien elles collent à un modèle installé depuis des lustres qui nous déni toute parole et de ce fait va à l'encontre de nos besoins, de nos demandes et, plus incroyable, de leurs intentions.
Notre parole ?
Quelques témoignages apparaissent parfois, très rarement, en réunion. Ces témoignages ont été recueillis par les travailleurs sociaux d'une structure. Les questionnaires ont été développés en interne, on a fait appel à un sociologue comme si ce titre détenait notre vérité.
À quel moment de ce processus les SDF sont consultés ? Jamais évidemment.
Ces "témoignages" répondent aux questions que les "acteurs" de l'urgence sociale se posent, en nous tenant à l'écart ou en filtrant notre perception, notre avis d'usagers comme ils disent. Généralement sur les témoignages recueillis on en sélectionne quelques uns; sur quels critères ?
Ne sommes nous pas acteurs pour que notre parole, lorsqu'elle est sollicitée soit filtrée ?
"les sdf sont fragiles"; voilà l'excuse la plus souvent utilisée qui est lâchée !
"les sdf n'ont pas l'habitude de parler"... sous-entendu "ils s'expriment mal".
Les images des sdf filmés lors du mouvement edq sont dans les mémoires; les médias ont aimés ces hommes gueulant devant la caméra. Les médias qui pour une fois nous "donnaient la parole" se sont amusés de nous.
C'est pour cela que nous avons créé nos blogs.
Les exclus sont systématiquement exclus de leur "insertion"
C'est pour nous mettre à l'abri;
C'est pour nous placer hors péril;
C'est pour préserver notre anonymat;
Ces principes associatifs ne sont jamais remis en cause. On nous protège sans nous demander notre avis.
La distance, la violence même, qui s'intensifie entre les travailleurs sociaux et leurs "usagers" vient de là.
Une association nous appelait "clients"; j'en ai profité un jour en me positionnant comme "cliente insatisfaite et exigeante". On m'a vite replacée dans mon rôle de crève la faim dépendante. J'ai prouvé mon indépendance, en ne revenant plus. J'ai payé cash ce désaveu de ma parole, de ma personne.
L'urgence, l'hébergement, les dispositifs... ça ne marche pas
La précarité n'est pas enrayée, et elle gagne du terrain.
Tout le monde s'accorde à dire qu'elle touche tout le monde ! Le travailleur sdf, le divorcé sdf, la famille sdf... Pourtant l'image du sdf ne change pas et notre position dans tout ce foutoir de bonnes intentions n'évolue pas; forcément.
Le manque et l'impossible, voilà dans quoi on nous place, le seul "choix" qui nous est imposé. Car le sdf dans le circuit de l'urgence et de l'insertion se retrouve à chaque étape dans l'arbitraire.
Toute action passe par la contrainte
"Ce n'est pas ce que j'ai dit", "il ne s'agit pas de ça", "vous ne comprenez pas"
On a beau le dire, le répéter, nos interlocuteurs n'entendent pas nos demandes. L'objectivité n'a pas sa place dans l'urgence.
Les associations nous reprochent de vouloir "aller trop vite", nous "devons" suivre un circuit... parce-que "il faut parer au plus pressé" vous comprenez !.
Entre nos droits à (se) retrouver et l'urgence à parer, il y à les morts de la rue dont on ne connaît pas le nombre, les laissés pour compte, ceux qui baissent les bras.
Vivant ou mort le sdf est effacé systématiquement
Elle vient de là notre "invisibilité". Au collectif nous en avons parlé souvent de notre invisibilité, en dehors d'une "stagiaire" personne ne s'est intéressé à ce phénomène.
L'effacement
"le grand David", "Fred le rat", "Papillon", "Tchao", "l'intello" ... Aucun de nous n'avait de papiers, perdus depuis des lustres...
La volte face impossible
Toutes ces associations humanitaires;
Toutes ces personnes qui veulent nous aider à "en sortir"
Et ce constat : les sdf sont coincés dans la précarité et l'urgence sociale est dans une impasse.
Il serait temps de donner un espace à "la parole des sdf"
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| Tags : la parole des sdf, sans-abri, strasbourg, alsace, urgence sociale, action sociale, association humanitaire |
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25.01.2008
Paroles de Brest : la précarité s'exprime
Mardi soir, le groupe « paroles de Brest » invite les candidats aux municipales et cantonales à écouter la voix des plus précaires et de ceux qui les aident.
Parce que l'institution ne permet plus de réels échanges entre les personnes qui sollicitent une aide et ceux qui pourraient le leur apporter ; parce que les assistants sociaux ont de plus en plus l'impression de ne plus être au coeur de ce pour quoi ils sont employés ; parce que les personnes qui ont besoin d'une aide ont aussi l'impression qu'on ne peut plus les aider ; et parce que les associations ont le sentiment de palier, de plus en plus, des carences de l'État... un groupe de personnes a voulu briser le silence. Briser la glace aussi, que de multiples incompréhensions, de part et d'autre, ont laissé s'installer.
« Nous avions envie de confronter nos points de vue de professionnels avec le public que nous rencontrons habituellement dans nos fonctions. Ces échanges, nous les voulions en dehors des institutions et administrations qui nous emploient. Depuis quelque temps, nous avons l'impression d'être instrumentalisés dans des logiques de gestion, de n'être que les exécutants d'objectifs institutionnels. Or notre travail, à la base, c'est d'accompagner les personnes », explique Sophie Youenou, assistante sociale, membre de l'ANAS (Association nationale des assistants des services sociaux), initiatrice du projet.
« Du côté du public, nous avions le même ressenti. Nous pensions qu'il n'y avait plus de dialogue possible. Nous nous sentions rejetés. Alors nous nous tournions plutôt vers les associations », poursuit Julien.
Renouer avec le dialogue
C'est précisément pour éviter qu'une logique visiblement déshumanisée, ne vienne rompre totalement les rapports entre les personnes, que l'Anas, le Secours catholique de la rive droite, A.C ! (Actions contre le chômage) et le théâtre de l'opprimé, ont mis en place ce groupe.
Ils ont commencé par se réunir une fois par mois au tout début en mai 2006. Puis, chaque samedi matin depuis septembre dernier. « Au départ, il y avait une espèce de méfiance. Un gros bloc de glace qu'il fallait briser entre les travailleurs sociaux et nous », se souvient Florence.
Finalement, les uns et les autres ont fini par apprécier ces temps de rencontre. Ils avouent en avoir besoin, même. « Ca fait du bien de parler. Même si ça ne rapporte rien », souligne Julien.
Tous ces échanges, les membres du groupe ont voulu les matérialiser. « Au départ l'idée était de faire une pièce de théâtre. Mais on a préféré écrire un recueil de témoignages avec des entretiens qui se sont déroulés à deux et qui témoignent du quotidien et des réalités de chacun. Un usager a interviewé une assistante sociale, par exemple... » explique Brigitte Millet, théâtre de l'Opprimé.
En 20 pages, le recueil intitulé, paroles de Brest, raconte les difficultés qu'ont voulu exprimer ces hommes et ces femmes, chacun à leur niveau. Il dévoile, aussi, une fracture entre les administrations et les personnes les plus fragilisées. « Au milieu, les assistants sociaux et les associations essaient de remédier. Mais est-ce seulement à eux de le faire ? », s'interrogent les membres du groupe.
Les politiques interpellés
Cette grande question qui émerge, les auteurs de « paroles de Brest » ont souhaité la poser aux candidats aux municipales et cantonales. Et également, aux responsables des institutions concernées (Assédic, ANPE, Caf...). « Nous voulions transmettre les constats que l'on a pu établir au fil de nos rencontres, et interpeller. L'idée était également de donner la parole à qui elle revenait », souligne Annie Le Moigne, du Secours catholique.
Mardi soir, les candidats, qui ont tous accepté de participer à la rencontre, pourront entendre ce que ces personnes ont à leur dire, mais également répondre aux questions qu'elles ont à leur poser. Cette soirée est ouverte au public.
Christel MARTEEL. OUEST FRANCE
06:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : LA PAROLE DES SDF, TRAVAILLEURS SOCIAUX |
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06.01.2008
Municipales: un SDF fait campagne dans le 6e arrondissement de Paris
Jean-Marc Restoux, un SDF de 54 ans vise la mairie du 6e arrondissement. Il s'est très sérieusement lancé dans la campagne des municipales avec pour premier objectif, la lutte contre la précarité.
Jean-Marc Restoux bat le trottoir entre le café de Flore et les Deux-Magots, deux célèbres enseignes du 6e arrondissement de Paris. Mais contrairement à son habitude, ce n'est pas seulement une petite pièce que ce SDF de 54 ans va demander aux gens. Cette fois, c'est leur vote qu'il tente de récolter.
Installé depuis plus de vingt ans au c¿ur de Saint-Germain-des-Prés, Jean-Marc Restoux a acquis une certaine notoriété auprès des riverains. Une notoriété qui lui a permis de recruter des co-listiers prestigieux comme l'acteur Louis Garrel, actuellement à l'affiche d' "Actrices", le dernier film de Valeria Bruni-Tedeschi.
Déterminé, Jean-Marc Restoux entend bien arriver au second tour des municipales. Son combat, il entend notamment le mener contre la précarité. Pour la première fois de sa vie, il s'est inscrit sur les listes électorales.
Encore des choses à écouter sur Europe 1
04:20 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : SDF, LA PAROLE DES SDF, ÉLECTIONS MUNICIPALES |
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