18.03.2012
Martin Hirsch ... on t'aime pas
Avec l'annonce du durcissement de l'accès au Revenu de solidarité active (RSA) plus difficile pour les étrangers notamment, la vedette du RSA, soit disant expert de l'insertion, j'ai nommé Martin Hirsch est invité pour livrer ses réflexions. La presse ne va pas chercher plus loin, passive, elle imprime sans réflexion.
Sarkozy pour qui Hirsch a bossé ne s'attaque pas au "vrai" problème dit-il. Sans blague, il ne l'a jamais fait, ça ne l'intéresse pas. Ce qui intéresse Sarkozy c'est de garder le pouvoir et de continuer sur sa lancée : taper sur les pauvres en désignant des boucs émissaires, en dressant les uns contre les autres.
Hirsch ne s'attaque pas au vrai problème, ce type est un marchand de soupe qui comme son ex patron, nous balance ses chiffres. Chiffres contre chiffres, rapports contre rapports et une pincée d'enrobage social pour faire avaler la pillule.
Pour Hirsch il faut accompagner la recherche d'emploi. On pourrait dire, ouais on est d'accord.
L'accompagnement à l'emploi, mais quel emploi et quel accompagnement ???
Une majorité des personnes n'a même pas de formation, pas le plus petit diplôme, certains sont illetrés, d'autres vivent dans la misère depuis si longtemps que leur santé est déglinguée. Combien sont sans logement ?. Hirsch n'évoque même pas la coupure des budgets pour les cours de FLE (Français Langues Étrangères).
Ce serait l'occasion de poser la question des budgets réduits de la formation et de la diminution des Travailleurs sociaux pour accompagner, sans oublier leur noyade dans les papiers à remplir pour fabriquer du chiffre. Ce serait l'occasion d'élargir la vision de tous ces pompeux sur notre réalité, d'avoir une vision globale, d'approcher la vérité.
Mais hirsch qui a bossé pour ce gouvernement de droite dure, n'aura de cesse de "vendre" son bébé, sans jamais aborder le problème des précarités en profondeur.
Il a complètement accepté l'idée de l'emploi "obligatoire" même si c'est noyé dans des chiffres, des rapports, ... Il a beau dire que la fraude chère à Sarkozy ne représente rien, il nourrit la bête de la suspiscion.
Il dit qu'il faut contrôler chaque trimestre, oui il veut CONTRÔLER la situation des personnes, pour étudier leur évolution... Les travailleurs sociaux y verront-ils une évolution dans leur job ; 5 ans d'étude pour contrôler...
Tous droite comme gauche sont d'accord sur cette idée de l'emploi obligatoire, à ne pas refuser ; c'est scandaleux. Et ça conforte dans l'idée que les gens seraient heureux de survivre dans une misère noire.
Qui contrôle les conseils généraux, les pôle-emploi, les patrons, le cac40, et quel contrôle est réalisé sur l'évolution des ENTREPRISES d'insertion?.
Hirsch ne parle jamais de QUALITÉ, trop occupé à ses chiffres et à ses conférences. Qualité de l'accompagnement, qualité des formations par les entreprises qui décrochent les marchés, qualité des intervenants et Hirsch, le soit disant expert-spécialiste, ne parle surtout pas du TEMPS nécessaire à chaque personne "accompagnée".
C'est toute la chaîne formation/insertion/emploi qui est pourrie, car la misère est un gros marché ...
Être au RSA c'est être nié, manipulé, comptabilisé, quotarisé, stigmatisé.
Être au RSA n'est pas la garantie d'avoir le temps de se reconstruire, de trouver un emploi et surtout pas un emploi qui plaît.
Être au RSA n'est pas la garantie de trouver une formation qui convient, ni même d'y avoir accès.
Être au RSA c'est être coincé dans la précarité.
Hirsch est présenté comme un expert de l'insertion professionnelle, mais il n'est qu'un technocrate. Les experts sont sur le terrain pas dans les bureaux. Où est la place de l'humain dans tout ce blabla ?
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15.09.2008
RSA : Ce qu'en pense le MNCP Mouvement national des Chômeurs et Précaires
Le communiqué de presse du Mouvement national des Chômeurs et Précaires.
Projet de loi sur le RSA : trop d’ambiguïtés en l’état !
Le MNCP est d’accord avec le fait qu’un travailleur pauvre, ou une personne reprenant une activité, puisse augmenter ses ressources comparativement à sa situation initiale. Des règles de cumul existent d’ailleurs déjà (et souvent plus favorables que le RSA, mais trop complexes, non durables et pas ouvertes à tous). De même, nous sommes conscients du fait que cette allocation spécifique répond à une partie des attentes des personnes concernées.
Cependant, nous ne pouvons qu’émettre les plus grandes réserves sur un projet de loi qui consiste, indirectement, à se focaliser sur les personnes qui n’auront pas trouvé de travail et à chercher toutes les procédures possibles pour les en rendre responsables. D’où, en fait, le grand recul contenu dans ce projet de loi qui avance masqué.
Pour que le MNCP puisse soutenir ce projet et le considérer comme un progrès par rapport à la situation actuelle, il faut que l’on admette une bonne fois pour toutes :
• Qu’il n’y a pas d’emploi pour tous et qu’il est donc inconcevable de ne réfléchir qu’en terme de «sanctions» pour ceux qui ne retrouveront pas quelques heures de travail. (Rappel : on est sur la base d’une rotation de 300.000 offres ANPE en moyenne, pour 5 millions de personnes susceptibles de travailler.)
• Que, parmi les 1,4 millions de personnes concernées (RMI + API), beaucoup sont éloignées de l’emploi : les inscrire dans le droit commun de l’«Offre Raisonnable d’Emploi» est une façon de les éliminer de ce nouveau dispositif (et donc de tout revenu), ou de leur faire accepter n’importe quel petit boulot.
• Que le droit au refus d’un travail précaire ou à temps partiel soit respecté (Déclaration universelle des Droits de l’Homme sur le libre choix de son travail).
• Que le minimum garanti - RSA de base - soit d’abord considérablement relevé, loin des montants actuels qui sont la honte de notre société (447 € maximum pour une personne seule, souvent moins, alors que le seuil de pauvreté est évalué à 817 € par Eurostat).
• Qu’aucune personne, jamais, ne puisse être laissée sans revenu et que le RSA de base soit un droit opposable et attribué sans conditions ni contreparties autres que les conditions de ressources; il est d’abord indispensable de garantir à ceux qui ne peuvent travailler les moyens de vivre décemment.
• Et, si ces conditions sont réunies, que soit alors étendu un dispositif satisfaisant à tous (ASS, jeunes de moins de 25 ans…).
Enfin, pour être valable, ce projet de loi doit exiger des entreprises qu’elles s’engagent sur une politique d’emploi allant vers du temps plein pour les personnes… et qu’elles soient, elles aussi, elles surtout, contrôlées et redevables sur cet engagement.
Alors seulement, le MNCP pourra soutenir ce projet de loi. Mais pour le moment, il est clair qu’il ne constitue pas un progrès pour les personnes aux minima sociaux et que, globalement, il contient plus de négatif que de positif. Aussi, serons-nous très attentifs aux amendements pour l’amélioration de ce projet.
Jean-François YON, Président du MNCP
Mouvement national des Chômeurs et Précaires
17 rue de Lancry - 75010 Paris
Tél : 01 40 03 90 66
mncp.national@free.fr
www.mncp.fr
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29.08.2008
Sapin : Les plus riches ne paieront pas la taxe RSA
Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 |
Pour financer le RSA, Sarkozy crée une taxe sur les revenus du capital. Une mesure de gauche ? Pas pour le socialiste Michel Sapin.
Nicolas Sarkozy s’apprête à annoncer une mesure aux (faux ? ) airs de Robin des Bois. Il manquait à Martin Hirsch 1,4 milliard d’euros pour financer son Revenu de solidarité active (RSA) ? Il les prend dans la poche des épargnants, avec une nouvelle taxe sur les revenus du capital. Sont visés par ce nouveau prélèvement les revenus issus du patrimoine, ainsi que les dividendes et l’assurance-vie. Les détails de ces mesures doivent être donnés ce jeudi lors d’un déplacement présidentiel à Laval (Mayenne).
Une mesure "de gauche" ? Bousculant les traditionnelles lignes politiques, elle a eu le don, en tout cas d’embarrasser le PS, qui depuis longtemps prône ce type de mesure.
La gauche s’est sentie obligée de saluer une décision "légitime" (Hollande), allant même jusqu’à envisager de le voter, tandis qu’à droite des voix comme celle du député UMP Hervé Mariton s’élevaient pour dénoncer un "impôt nouveau".
"Il n’y a aucune raison de bouder son plaisir"
Michel Sapin, secrétaire national du Parti socialiste en charge de l’économie, relativise pourtant la bonne nouvelle, comparant des "montants qui n’ont rien à voir", entre les 15 milliards du paquet fiscal de l’an dernier et ce milliard et demi dont les contours doivent encore être précisés.
"Je ne suis pas dans l’embarras", assure-t-il, "ce qui est embarrassant, c’est que le président de la République annonce de mauvaises mesures qui sont mal financées". D’ailleurs, ajoute le député de l’Indre, "ce n’est pas une bonne action aujourd’hui qui va effacer le péché originel du bouclier fiscal". Avec certaines réserves, il avoue tout de même : "Il n’y a aucune raison de bouder son plaisir." (Ecoutez le son.)
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04.08.2008
Une loi à l'automne pour préserver le statut d'Emmaüs, annonce Hirsch
PARIS (AFP) — Une disposition pour préserver le statut du mouvement Emmaüs sera présentée au Parlement cet automne, à l'occasion de l'examen du texte instaurant le Revenu de solidarité active (RSA), annonce dimanche dans le JDD Martin Hirsch.
"Cette année, une loi va pour la première fois reconnaître officiellement le statut des compagnons d'Emmaüs", affirme dans le Journal du Dimanche l'ancien président d'Emmaüs France, aujourd'hui Haut commissaire aux solidarités actives.
En janvier, Martin Hirsch et le ministère du Travail s'étaient engagés à présenter une telle disposition reconnaissant le statut particulier du mouvement, afin que ses principes et pratiques originaux ne puissent pas être remis en cause.
Les communautés Emmaüs, fondées à partir de 1949, respectent les principes établis par leur fondateur l'abbé Pierre, mort en janvier 2007, selon lesquels les compagnons vivent de leur travail sans être salariés et leurs communautés pratiquent l'accueil inconditionnel.
Cette situation a donné lieu à un arrêt de la Cour de cassation mais Emmaüs et son fondateur avaient demandé, jusqu'ici en vain, que la loi la consacre.
"La solution la plus conforme aux valeurs d'Emmaüs sera retenue", avaient assuré en janvier le Haut commissaire et le ministère du Travail. "Si cela nécessite une disposition législative, elle sera proposée au Parlement. Près de 60 ans après la création de la première communauté, un cadre approprié pourra être adopté, respectueux de l'indépendance des communautés et protecteur pour leurs compagnons", avaient-ils ajouté.
Le RSA sera examiné "en urgence" par le Parlement lors de la session extraordinaire commençant le 22 septembre.
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26.07.2008
Pour le RSA, on verra plus tard ?
Minima sociaux . Les Échos évoquent un report du revenu de solidarité active à la fin de 2009, en raison de « contraintes budgétaires ».
Martin Hirsch est embarrassé. Comment concilier le titre de haut-commissaire aux Solidarités actives avec la réalité de sa fonction, plus modeste en vérité, de membre du gouvernement ?
En début de semaine après la lecture du journal les Échos, qui faisaient état, lundi matin,d’un report possible de la mise en place du revenu de solidarité active à 2010, Hirsch n’avait d’autres arguments que de se référer aux engagements de Nicolas Sarkozy et de François Fillon de mettre en route le dispositif dès 2009…
Selon le journal économique, qui citait Bercy et la commission des Finances de l’Assemblée, la généralisation du RSA pourrait être repoussée en raison des contraintes budgétaires et des délais techniques et administratifs de mise en oeuvre. Martin Hirsch avait précisé le 9 juillet, lors d’une conférence de concertation sur le RSA, que celui-ci serait généralisé au 1er juin 2009.
Serait-il désavoué par la grande argentière Christine Lagarde ? « On travaille pour que le RSA soit techniquement prêt à temps », déclare-t-on sobrement au haut-commissariat. L’hypothèse du report de plusieurs mois semble avoir été retenue lors d’une réunion qui s’est tenue mardi à l’Elysée avec la particpation de François Fillon et de plusieurs ministres, indiquaient hier Les échos.
La CGT de la CNAF (Caisse nationale des allocations familiales) avait estimé le 10 juillet qu’une généralisation du RSA en juin 2009 était « incompatible avec les moyens humains et techniques de gestion disponibles » à la CNAF. Car le gouvernement ne fait pas que reporter l’unique « mesure sociale » dont se targue Martin Hirsch, il réduit également le nombre de fonctionnaires.
Le RSA devrait remplacer à terme le revenu minimum d’insertion (RMI) et l’allocation parent isolé (API), il a pour objectif, selon son concepteur, d’encourager le retour à l’emploi en permettant de cumuler revenus du travail et allocation de solidarité.
Un an de plus à attendre ? Il n’est pas facile d’être une caution sociale dans un gouvernement antisocial. Martin Hirsch en fait une fois de plus l’expérience.
J.-P. P. pour L'HUMANITÉ
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30.06.2008
Le RSA en action
La seule question qui semble se poser jusqu'à présent au sujet du Revenu de Solidarité Active concerne le calendrier de sa généralisation et l'épaisseur de l'enveloppe budgétaire qui lui sera allouée. En réalité, le RSA pose bien d'autres problèmes qui appellent une discussion de fond.
pour en savoir plus :
http://www.laviedesidees.fr/IMG/pdf/20080424_rsa.pdf
Source : Laviedesidées.fr
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16.06.2008
RSA : une "conférence de consensus" en juillet
Parmi les points abordés au cours de l'émission A vous de juger, jeudi 12 juin sur France 2, le Premier ministre, François Fillon, a annoncé que le revenu de solidarité active (RSA) allait être "mis en place par un texte législatif (...) examiné au Parlement à l'automne", après l'organisation, avant la fin du mois de juillet, d'une "conférence de consensus" sur le sujet.
Ce rendez-vous réunira l'Etat, les collectivités locales, les partenaires sociaux, les partis politiques et les associations, pour mettre "la dernière pierre au RSA qui sera mis en oeuvre dès le 1er janvier 2009", a précisé Matignon.
Sur le financement, le Premier ministre a assuré qu'avec les "11,5 milliards d'euros de minima sociaux et les 22 milliards d'allègements de charge dans notre pays", et en essayant de rationaliser les dépenses, "il était possible de trouver les moyens nécessaires". Source ASH http://www.ash.tm.fr/front/flash.php
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29.05.2008
RSA : les pauvres vont payer pour les très pauvres
Cherchez l’erreur
Les caisses publiques sont vides et pour financer le RSA pour les pauvres, il faudra prendre sur la Prime pour l’Emploi des moins pauvres. Jean Gadrey l’analyse de façon tout à fait pertinente sur son blog http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey
Il semble pourtant qu’il y ait de l’argent dans ce pays, du moins si l’on en juge par la forte augmentation annoncée des revenus des grands patrons. Laurence Parisot elle-même en est choquée !
Source : Le Grenelle de l’insertion suivi par l’Usgeres
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09.05.2008
Un baromètre de la pauvreté pour évaluer l'action politique
LE MONDE | Pour la première fois en France, les politiques de lutte contre la pauvreté pourront être évaluées, chaque automne, au moyen d'un "tableau de bord", que s'apprête à présenter le haut-commissariat aux solidarités actives de Martin Hirsch. Cet instrument de mesure, qui comprend 15 indicateurs principaux et 18 complémentaires, devrait notamment permettre de vérifier si l'engagement du chef de l'Etat de réduire la pauvreté d'un tiers en cinq ans sera tenu ou non.
Actuellement, 7,1 millions de personnes, soit 12,1 % de la population, vivent sous le seuil de pauvreté, fixé à 817 euros de revenu par mois en 2005. L'objectif est de ramener ce chiffre sous la barre des 4,7 millions d'ici à 2012.
Ce "baromètre" est le résultat d'une concertation qualifiée de "constructive" par plusieurs acteurs. Associations et experts avaient critiqué le projet initial de Martin Hirsch, qui consistait à suivre l'évolution de la pauvreté principalement au moyen d'un indicateur monétaire : "le taux de pauvreté ancré dans le temps", mesurant l'évolution du nombre de pauvres depuis une année repère. Elles craignaient une approche restrictive – la pauvreté ne se limitant pas à une faiblesse de revenus.
L'indicateur central a donc été complété par une série d'indicateurs thématiques. Ils permettront de mesurer les progrès en matière de logement (avec la part des demandes de logement social non satisfaites après un an), d'emploi (par le taux de travailleurs pauvres, et la proportion de personnes vivant dans un ménage sans actif occupé), d'éducation (taux de sortants du système scolaire à faible niveau d'études), ou de santé (taux de renoncement aux soins, écart entre la proportion d'adolescents ayant au moins deux dents cariées non soignées selon les catégories sociales), etc.
Devant l'insistance de plusieurs acteurs, notamment ATD Quart Monde, le haut-commissariat a inclus dans le baromètre le suivi du taux de pauvreté à 40 % du revenu médian, afin de vérifier que les plus pauvres ne seront pas les oubliés des réformes. Alors que le nombre de personnes qui vivaient sous le taux de pauvreté ancré dans le temps fixé à 60 % du revenu médian avait régressé de 4 % entre 2002 et 2005, le nombre de personnes qui vivaient sous un seuil fixé à 40 % du revenu médian avait augmenté de 14 %.
OBJECTIF DE COHÉSION SOCIALE
"Nous saluons le travail qui a été fait pour prendre en compte les différentes facettes de la pauvreté, explique Carole Lardoux, de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars). Désormais, nous devrons veiller à ce que les médias ne se focalisent pas uniquement sur l'indicateur central."
Le choix de cet indicateur "ancré dans le temps" a fait débat. Dans une note du 24 janvier, dont Le Monde a pris connaissance, l'Observatoire national de la pauvreté (Onpes) estime qu'il "aboutit à dissocier la question de la pauvreté de celle des inégalités et compromet ainsi l'objectif de cohésion sociale légitimement poursuivi". Avec cet indicateur, "l'objectif de baisse d'un tiers de la pauvreté peut résulter quasi mécaniquement des conditions générales de la croissance sans qu'il soit possible de distinguer cet effet de celui de l'action volontariste engagée".
Sur la période 2000-2005, ce taux a ainsi baissé de 22 % tandis que l'indicateur habituel n'a diminué que de 3 %. Néanmoins, relativise un spécialiste, le ralentissement actuel de la croissance laisse présager que cette distorsion va diminuer. "L'indicateur parfait n'existe pas. Nous avons pris le moins mauvais. Aussi, l'idée d'y associer d'autres indicateurs s'est imposée très vite", indique-t-on dans l'entourage du haut-commissaire.
Le travail n'est pas terminé. En juin, Martin Hirsch réunira à nouveau les mêmes partenaires afin de fixer, pour chacun des 15 indicateurs principaux, un objectif à atteindre sur cinq ans. "Pour les travailleurs pauvres, dont la proportion a explosé (+ 21 %) entre 2003 et 2005, nous devrons obtenir un renversement complet de tendance", indique M. Hirsch.
Pour le haut-commissaire, "ce tableau de bord a une triple vertu : nous donnons à des interlocuteurs indépendants les moyens de vérifier si nous tenons nos engagements, cela nous force à regarder quel est l'impact des réformes que nous engageons, et enfin, cela permet de dire au président, au gouvernement, à la majorité : "Voilà, il faut prendre cette mesure-là car elle a tel impact sur l'objectif que vous avez fixé."
Emmanuelle Chevallereau
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03.05.2008
Revenu de Solidarité Active (RSA) : « Bonnes œuvres » à bon marché du gouvernement
Sarkozy a affirmé vouloir donner un coup de pouce pour financer la généralisation du Revenu de Solidarité Active (RSA). À tout le pays, il déclare que l'État apportera entre 1 et 1,5 milliard d'euros à ce projet, mais que pour en assurer l'essentiel du financement, il va redéployer, « recentrer » a-t-il dit, la prime pour l'emploi (PPE).
Martin Hirsch, haut-commissaire, promoteur du RSA avait refusé, il y a quelques semaines, un « RSA au rabais », après que Sarkozy avait déclaré qu'il faudrait « calibrer » le RSA en fonction des « disponibilités financières ». Mais il a fait acte d'allégeance à son patron Sarkozy, indiquant qu'il faudrait financer le RSA « en reprenant un peu des primes existantes là où elles ne servent pas à grand-chose ». Et de répondre à ceux qui lui ont reproché de vouloir déshabiller Pierre pour habiller Paul, que : « On est en train d'habiller Pierre et Paul. Pierre c'est celui qui est au RMI et qui n'arrive pas à retravailler, Paul c'est celui qui travaille aujourd'hui et qui reste travailleur pauvre. » Autant dire que les pauvres le resteront et devront se partager les aumônes du gouvernement.
Le RSA, voté en août 2007, et depuis le 1er février à l'essai dans 26 départements, avait été proposé par Martin Hirsch, dès son arrivée comme haut-commissaire aux solidarités actives. Il prévoit pour l'allocataire d'un minimum social, RMI ou allocation de parent isolé par exemple, une augmentation de ses revenus s'il retrouve un emploi. En effet, certains chômeurs, quand ils retrouvent un emploi, perdent le bénéfice des minima sociaux. N'ayant plus droit à des aides comme la couverture maladie universelle, l'allocation chômage ou encore la gratuité des transports, ils touchent au final moins en travaillant qu'en restant au chômage. Ainsi pour financer une mesure dont l'objectif déclaré est de remettre les chômeurs au travail, le gouvernement n'a rien trouvé de mieux que de réduire, voire à terme de supprimer, la prime pour l'emploi destinée aux salariés les moins payés. À aucun moment, pour cette mesure comme pour d'autres, il n'a été question de demander le moindre effort financier aux actionnaires des grandes entreprises, aux plus fortunés. C'est à l'image de la politique de ce gouvernement qui, quand il prétend faire du social, réduit le peu qu'il donnait déjà en redistribuant à d'autres, pour faire semblant de jouer les généreux.
David MARCIL. LUTTE OUVRIERE
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30.04.2008
La pauvreté est stable, les travailleurs pauvres plus nombreux
PARIS (AFP) — La pauvreté reste stable en France mais s'aggrave chez ceux qui sont touchés, tandis que le nombre de travailleurs pauvres augmente, selon le cinquième rapport de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (Onpes), rendu public mardi.
Ainsi, "la baisse du chômage ne s'accompagne pas en même temps de la baisse de la pauvreté", comme l'a reconnu la ministre du Logement Christine Boutin lors de la remise du rapport de l'Onpes, en présence du Haut Commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch.
La présidente de l'Onpes, Agnès de Fleurieu a souligné que "l'emploi ne permet pas toujours d'éviter la pauvreté".
En effet, en 2005, environ 1,7 million de personnes, soit 7% des travailleurs, occupent un emploi mais sont malgré tout dans un ménage dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté (817 euros mensuels pour une personne seule). Ils étaient 1,5 million en 2003.
En moyenne, selon l'Onpes, les travailleurs pauvres ont perçu 775 euros par mois au titre de leur activité, soit environ la moitié des revenus d'activité moyens de l'ensemble des travailleurs alors qu'une grande majorité d'entre eux (78%) occupent un emploi toute l'année, dont 21% ayant principalement un emploi à temps partiel.
Si le nombre d'allocataires des minima sociaux s'est stabilisé à 3,5 millions de personnes en 2006, l'Onpes signale que cette stabilisation ne doit pas cacher une aggravation de la situation financière des plus pauvres, notamment chez les personnes âgées isolées, les familles monoparentales et les jeunes en recherche d'emploi.
Ainsi, l'écart entre le niveau de vie médian des ménages pauvres et le seuil de pauvreté s'accroît depuis 2002, ce qui signifie que la pauvreté est "plus profonde" selon le rapport. En 2005, une personne pauvre sur deux avait un niveau de vie inférieur à 669 euros par mois.
S'appuyant sur les conclusions de ce rapport sur la situation française, Mme Boutin a par ailleurs indiqué que la lutte contre la pauvreté serait le thème de la réunion des ministres "qui suivra immédiatement la Table ronde européenne", quand la France aura pris la présidence de l'UE, à partir du 1er juillet.
"C'est la première fois que cette question sera portée au niveau ministériel. Il s'agira de poursuivre à l'échelle de l'Union européenne, un objectif chiffré de réduction de la pauvreté", a-t-elle conclu.
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03.03.2008
Martin Hirsch répond ce lundi aux internautes de Rue89
Par Chloé Leprince (Rue89)
Pouvoir d'achat en berne et hausse des inscrits à l'ANPE, dont le nombre progresse de 0,7% en janvier: les Français vivent moins bien. A l'automne, Martin Hirsch constatait déjà que le taux de pauvreté s'était "sensiblement aggravé". Le Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté répondra en direct, lundi à partir de 17 heures, aux questions des internautes de Rue89. Cliquez ici pour lire le post en entier et envoyer vos questions
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29.02.2008
Le petit «livre vert» de Martin Hirsch
Le petit «livre vert» de Martin Hirsch - Source ACTU CHOMAGE
Vert comme l'espoir, ou verts… de stupéfaction ? La réforme des minimas sociaux que le Haut commissaire nous concocte par le biais de son Revenu de solidarité active (RSA) demeure à nos yeux toujours aussi contestable.
Martin Hirsch rend sa copie. En 130 pages, son petit «livre vert» servira de base à une concertation qui en finalisera le contenu et l'impact budgétaire, en vue de la présentation d'un projet de loi devant le Parlement à l'automne et pour une mise en route précipitée, fin 2008.
Or, on sait que le RSA ne sortira pas les allocataires du RMI, de l'ASS ou de l'API (trois prestations distinctes dont on parie qu'elles seront fusionnées au rabais) de la pauvreté dans laquelle ils sont tombés, puisque ce dispositif ne leur propose que des petits boulots à temps partiel et peu rémunérés à combiner avec des «aides» qui profiteront surtout… aux employeurs.
On ne va pas se répéter : mieux que nous ne le ferions, l'économiste Jean Gadrey a déjà démontré l'absurdité de cette usine à gaz qui, loin d'être l'alternative à un «assistanat» sur lequel on crache, permettra à peu de frais (2 ou 3 milliards alors qu'on en consacre 15 aux plus riches du pays) et à quelques euros près (il s'agit de dépasser les 817 € de revenu mensuel par personne) de «franchir le seuil de pauvreté», donc d’embellir les statistiques sans modifier sensiblement la situation de ces personnes.
Dans un contexte où disparaissent les vrais emplois correctement payés et où se crée essentiellement de l'emploi en miettes, l'idéologie véhiculée par le «Grenelle de l'insertion» et ce «livre vert» est celle du «toujours mieux que rien». Ainsi, l'incitation au travail s'accommode des pires reculs sociaux qu'elle tente de rendre acceptables. Qu'il le veuille ou non, Martin Hirsch n'est que la caution sociale du discours sarkozyste.
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