15.02.2008
PC : Le logement ravive les clivages
L’HUMANITE - Vendredi 15 fevrier – L’événement
La réponse apportée par les candidats aux municipales à cette question sera un des éléments déterminants du vote.
En reliant le prix du logement à la baisse du pouvoir d’achat, les électeurs en ont fait un enjeu électoral. Plus que jamais dans une élection, ce sujet pèsera dans la balance à l’occasion des municipales, le 9 mars. Prix, mais aussi accès au logement : à Paris, 46 % des inscrits sur les listes électorales (sondage du Parisien du 1er février) en font une priorité. À Strasbourg, le logement social arrive en troisième position des priorités du prochain mandat citées par les électeurs (38 %). Même chose à Lyon. Les exemples pullulent, qui obligent les candidats locaux à décliner une thématique nationale. Pour le meilleur et pour le pire.
Dans les villes qui respectent, voire qui dépassent, les quotas de logements sociaux imposés par la loi SRU, les sortants sont les plus à l’aise. Gilles Poux, maire communiste de La Courneuve, est sempiternellement attaqué par l’UMP et le PS, qui à l’instar de Gilbert Roger, vice-président socialiste du conseil général de Seine-Saint-Denis, reproche aux élus communistes de vouloir «engranger des logements sociaux pour se constituer un stock électoral». Stigmatise-t-il ces logements du quartier de la Tour, construits après la destruction de la barre Renoir et jugés « trop luxueux » pour des HLM par les services de l’État ? «On a rendu justice aux habitants», estime le maire. Rien que de plus normal, «le logement est une question identitaire des communistes», souligne Jacques Daguenet, conseiller PCF (sortant) de Paris. Dans la capitale, où l’on dénombre 109 000 demandeurs de logement social, la question structure également la campagne. L’accroissement du nombre de Parisiens « ne pouvant louer dans le parc privé », met « la pression » sur le parc public. « C’est une course de vitesse entre la création de logements publics et leur disparition », explique l’élu. Non sans arrière-pensée pour le programme de Françoise de Panafieu, qui dans le même temps qu’elle propose la création de 1 000 logements par an, prévoit d’en vendre 2 500…
Le sujet est une ligne de fracture politique. Lorsque la municipalité parisienne proposait de réserver «210 logements sociaux dédiés aux infirmières dans le 16e arrondissement», l’UMP, les Verts et le Modem, craignant sans doute la mixité dans un espace jusqu’ici «préservé», «se sont opposés au Conseil de Paris», rappelle Bertrand Delanoë. Incohérence ? Le Modem qui, souvent dans cette campagne demande «plus de logements sociaux», a tendance à se ranger aux côtés de la droite, comme à Valence. Dans cette ville où 1 500 habitants attendent un logement social, la municipalité UMP sortante, pour coller à l’annonce de Nicolas Sarkozy d’une «France de propriétaires», va vendre 5 200 logements sociaux. À Dax, malgré «800 permis de construire (signés) par an», selon l’adjoint UMP à l’urbanisme, on est passé sous le seuil des 20 %. «En douze ans, l’office municipal des HLM n’a pas construit un seul logement social, alors qu’il a aujourd’hui 800 demandes de logement en attente», dénonce le candidat de la gauche unie, le socialiste Gabriel Bellocq. Exit, la loi SRU ? Les urnes réintroduiront la question dans le débat. Grégory Marin
La réponse apportée par les candidats aux municipales à cette question sera un des éléments déterminants du vote.
En reliant le prix du logement à la baisse du pouvoir d’achat, les électeurs en ont fait un enjeu électoral. Plus que jamais dans une élection, ce sujet pèsera dans la balance à l’occasion des municipales, le 9 mars. Prix, mais aussi accès au logement : à Paris, 46 % des inscrits sur les listes électorales (sondage du Parisien du 1er février) en font une priorité. À Strasbourg, le logement social arrive en troisième position des priorités du prochain mandat citées par les électeurs (38 %). Même chose à Lyon. Les exemples pullulent, qui obligent les candidats locaux à décliner une thématique nationale. Pour le meilleur et pour le pire.
Dans les villes qui respectent, voire qui dépassent, les quotas de logements sociaux imposés par la loi SRU, les sortants sont les plus à l’aise. Gilles Poux, maire communiste de La Courneuve, est sempiternellement attaqué par l’UMP et le PS, qui à l’instar de Gilbert Roger, vice-président socialiste du conseil général de Seine-Saint-Denis, reproche aux élus communistes de vouloir «engranger des logements sociaux pour se constituer un stock électoral». Stigmatise-t-il ces logements du quartier de la Tour, construits après la destruction de la barre Renoir et jugés « trop luxueux » pour des HLM par les services de l’État ? «On a rendu justice aux habitants», estime le maire. Rien que de plus normal, «le logement est une question identitaire des communistes», souligne Jacques Daguenet, conseiller PCF (sortant) de Paris. Dans la capitale, où l’on dénombre 109 000 demandeurs de logement social, la question structure également la campagne. L’accroissement du nombre de Parisiens « ne pouvant louer dans le parc privé », met « la pression » sur le parc public. « C’est une course de vitesse entre la création de logements publics et leur disparition », explique l’élu. Non sans arrière-pensée pour le programme de Françoise de Panafieu, qui dans le même temps qu’elle propose la création de 1 000 logements par an, prévoit d’en vendre 2 500…
Le sujet est une ligne de fracture politique. Lorsque la municipalité parisienne proposait de réserver «210 logements sociaux dédiés aux infirmières dans le 16e arrondissement», l’UMP, les Verts et le Modem, craignant sans doute la mixité dans un espace jusqu’ici «préservé», «se sont opposés au Conseil de Paris», rappelle Bertrand Delanoë. Incohérence ? Le Modem qui, souvent dans cette campagne demande «plus de logements sociaux», a tendance à se ranger aux côtés de la droite, comme à Valence. Dans cette ville où 1 500 habitants attendent un logement social, la municipalité UMP sortante, pour coller à l’annonce de Nicolas Sarkozy d’une «France de propriétaires», va vendre 5 200 logements sociaux. À Dax, malgré «800 permis de construire (signés) par an», selon l’adjoint UMP à l’urbanisme, on est passé sous le seuil des 20 %. «En douze ans, l’office municipal des HLM n’a pas construit un seul logement social, alors qu’il a aujourd’hui 800 demandes de logement en attente», dénonce le candidat de la gauche unie, le socialiste Gabriel Bellocq. Exit, la loi SRU ? Les urnes réintroduiront la question dans le débat. Grégory Marin
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