18.03.2012
Martin Hirsch ... on t'aime pas
Avec l'annonce du durcissement de l'accès au Revenu de solidarité active (RSA) plus difficile pour les étrangers notamment, la vedette du RSA, soit disant expert de l'insertion, j'ai nommé Martin Hirsch est invité pour livrer ses réflexions. La presse ne va pas chercher plus loin, passive, elle imprime sans réflexion.
Sarkozy pour qui Hirsch a bossé ne s'attaque pas au "vrai" problème dit-il. Sans blague, il ne l'a jamais fait, ça ne l'intéresse pas. Ce qui intéresse Sarkozy c'est de garder le pouvoir et de continuer sur sa lancée : taper sur les pauvres en désignant des boucs émissaires, en dressant les uns contre les autres.
Hirsch ne s'attaque pas au vrai problème, ce type est un marchand de soupe qui comme son ex patron, nous balance ses chiffres. Chiffres contre chiffres, rapports contre rapports et une pincée d'enrobage social pour faire avaler la pillule.
Pour Hirsch il faut accompagner la recherche d'emploi. On pourrait dire, ouais on est d'accord.
L'accompagnement à l'emploi, mais quel emploi et quel accompagnement ???
Une majorité des personnes n'a même pas de formation, pas le plus petit diplôme, certains sont illetrés, d'autres vivent dans la misère depuis si longtemps que leur santé est déglinguée. Combien sont sans logement ?. Hirsch n'évoque même pas la coupure des budgets pour les cours de FLE (Français Langues Étrangères).
Ce serait l'occasion de poser la question des budgets réduits de la formation et de la diminution des Travailleurs sociaux pour accompagner, sans oublier leur noyade dans les papiers à remplir pour fabriquer du chiffre. Ce serait l'occasion d'élargir la vision de tous ces pompeux sur notre réalité, d'avoir une vision globale, d'approcher la vérité.
Mais hirsch qui a bossé pour ce gouvernement de droite dure, n'aura de cesse de "vendre" son bébé, sans jamais aborder le problème des précarités en profondeur.
Il a complètement accepté l'idée de l'emploi "obligatoire" même si c'est noyé dans des chiffres, des rapports, ... Il a beau dire que la fraude chère à Sarkozy ne représente rien, il nourrit la bête de la suspiscion.
Il dit qu'il faut contrôler chaque trimestre, oui il veut CONTRÔLER la situation des personnes, pour étudier leur évolution... Les travailleurs sociaux y verront-ils une évolution dans leur job ; 5 ans d'étude pour contrôler...
Tous droite comme gauche sont d'accord sur cette idée de l'emploi obligatoire, à ne pas refuser ; c'est scandaleux. Et ça conforte dans l'idée que les gens seraient heureux de survivre dans une misère noire.
Qui contrôle les conseils généraux, les pôle-emploi, les patrons, le cac40, et quel contrôle est réalisé sur l'évolution des ENTREPRISES d'insertion?.
Hirsch ne parle jamais de QUALITÉ, trop occupé à ses chiffres et à ses conférences. Qualité de l'accompagnement, qualité des formations par les entreprises qui décrochent les marchés, qualité des intervenants et Hirsch, le soit disant expert-spécialiste, ne parle surtout pas du TEMPS nécessaire à chaque personne "accompagnée".
C'est toute la chaîne formation/insertion/emploi qui est pourrie, car la misère est un gros marché ...
Être au RSA c'est être nié, manipulé, comptabilisé, quotarisé, stigmatisé.
Être au RSA n'est pas la garantie d'avoir le temps de se reconstruire, de trouver un emploi et surtout pas un emploi qui plaît.
Être au RSA n'est pas la garantie de trouver une formation qui convient, ni même d'y avoir accès.
Être au RSA c'est être coincé dans la précarité.
Hirsch est présenté comme un expert de l'insertion professionnelle, mais il n'est qu'un technocrate. Les experts sont sur le terrain pas dans les bureaux. Où est la place de l'humain dans tout ce blabla ?
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03.01.2011
Le Gouvernement a réduit les aides au logement des nouveaux locataires
Le Sénat a confirmé, la suppression de l’effet rétroactif des aides au logement APL. Jusqu’à présent, l’aide personnalisée au logement (APL) pouvait être perçue de manière rétroactive, sur trois mois, pour les locataires effectuant une demande après leur installation effective. Ceux-ci bénéficiaient donc d’un délai pour constituer leur dossier et faire valoir leurs droits."
Alors que la crise sociale accentue la crise du logement, le gouvernement vient de faire confirmer au Sénat, ce mardi 16 novembre 2010 à 19h, la suppression de l’effet rétroactif des aides au logement APL (article 54 du PLFSS). Fillon IV reprend l’œuvre de démolition sociale là où Fillon III l’avait laissée.
Ce sont 240 millions d’euros qui seront ainsi économisés sur le dos des locataires les plus fragiles
Ce qui signifie que l'Etat n'hésite pas à aggraver les difficultés financières des plus pauvres, qui risquent de se trouver en situation d'impayés de loyer dès leur entrée dans le logement.
LIRE : http://www.bastamag.net/article1291.html
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Crédit RSA : prêt pour bénéficiaire RSA et minima sociaux ?
Le RSA, Revenu de Solidarité Active, est venu remplacer le RMI en 2009. Face aux défauts du RMI, principalement au niveau de la réinsertion sociale et du retour à l’emploi, le RSA permet à ceux qui ont la chance de ne plus être sans travail de ne pas voir leurs revenus diminuer. En effet, beaucoup de RMIstes préféraient ne pas travailler plutôt que de perdre le RMI : pourquoi travailler pour gagner la même chose qu’au RMI? Le RSA permet donc d’augmenter les revenus des anciens bénéficiaires du RMI, pour peu qu’ils trouvent un boulot. L’objectif du RSA est de venir compléter les revenus d’un éventuel travail, et non de s’y substituer. Le RSA, qui est une aide de l’état plus large que le RMI, touche une population de 3 millions de personnes en France.
L’ancien RMI équivaut au nouveau « RSA socle », le revenu minimum. Le RSA, contrairement au RMI, peut venir compléter les revenus issus d’un emploi, même à temps partiel, pour que le bénéficiaire des minima sociaux ne se retrouve pas à gagner moins d’argent en travaillant qu’en ne faisant rien. Le RSA est ainsi une aide sociale visant à encourager le retour à l’activité. Il est considéré comme étant un revenu plus stable que le RMI, qui peut progresser et favorisant le retour au plein emploi. En théorie, les banques sont donc moins réfractaires à faire un dossier de crédit aux personnes qui sont au RSA et qui travaillent en même temps.
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12.08.2009
Quand le travail rend pauvre
Source - OBSERVATOIRE DES INÉGALITÉS - Alors que le revenu de solidarité active se met en place, près de 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté. Une analyse de Denis Clerc, extrait du magazine Alternatives Economiques.
Depuis début juillet, les premiers paiements au titre du revenu de solidarité ac- tive (RSA) sont effectués, se substituant à l’ancien revenu minimum d’insertion (RMI) et à l’ancienne allocation parent isolé (API). S’agit-il d’un simple changement de nom ? Pas vraiment, car le RSA (dit alors " chapeau ") est versé également aux ménages de travailleurs pauvres dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté [1]. L’objectif est de lutter plus efficacement contre cette pauvreté. Il n’est pas sûr cependant qu’on y parvienne par ce biais.
En 2007, 8 millions de personnes en France disposaient d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté tel que défini par l’Union européenne, soit 60 % du niveau de vie médian [2] ce qui correspond actuellement à un revenu net, après impôts et prestations sociales, de 908 euros par mois pour une personne seule [3], de 1 362 euros pour un couple, de 1906 euros pour un couple avec deux enfants. Il faut toutefois noter que ce nombre de personnes en situation de pauvreté est sans doute sous-évalué, car l’enquête qui permet de l’obtenir exclut les départements d’outre-mer (cela devrait changer l’an prochain) et toutes les personnes qui vivent en institution (maisons de retraite, couvents, maisons d’arrêt, internats divers) ou qui n’ont pas de domicile fixe (caravanes, foyers d’urgence...). Or, ce sont justement souvent les ménages les plus précarisés qui vivent dans ces institutions. (...)
Les jeunes en première ligne
Qui sont ces 8 millions de personnes ? Dans leur grande majorité, elles sont jeunes, voire très jeunes : quasiment la moitié (49 %) ont moins de 30 ans, alors que cette tranche d’âge ne représente que 36 % de la population française. Pour les enfants, cette situation constitue souvent un lourd handicap. En effet, selon une étude du Cerc, le fait d’être élevé dans une famille pauvre réduit sensiblement (de l’ordre des trois quarts) leur probabilité de réussir à l’école : moindre soutien parental, manque de chambre à soi pour faire ses devoirs, proportion élevée d’enfants ayant des difficultés scolaires, etc., tout ceci accroît fortement le risque pour ces enfants de devenir à leur tour des adultes pauvres.
Au contraire, les seniors sont moins présents dans la population pauvre (15 %) que dans la population dans son ensemble (21 %). Il s’agit là d’un changement profond dans le visage de la pauvreté. Depuis le début des années 1980, celle-ci ne cesse de rajeunir : au cours des dix dernières années, la part des moins de 18 ans dans la population pauvre a augmenté de trois points.
Personnes isolées, familles nombreuses et monoparentales
Trois types de ménages sont particulièrement exposés au risque de pauvreté. D’abord, les personnes isolées : elles représentaient 18 % du total des personnes pauvres, alors qu’elles ne comptent que pour 14 % dans l’ensemble de la population. Cette exposition forte au risque de paupérisation est facile à comprendre : aucune autre rentrée d’argent ne vient compenser les insuffisances éventuelles du revenu en cas de chômage non indemnisé, d’inactivité ou même d’emploi mal payé.
Répartition des travailleurs pauvres par secteurs d’activité en 2006 [4]

Evolution du nombre de personnes pauvres, en millions

Il en est de même des familles monoparentales, le deuxième type de ménages particulièrement frappés par la pauvreté. Mais avec une difficulté supplémentaire par rapport aux personnes isolées : dans le meilleur des cas, non seulement il ne rentre qu’un revenu d’activité par ménage (comme pour les personnes isolées), mais en plus il y a plusieurs bouches à nourrir. Il n’est donc pas étonnant de constater que, alors que les familles monoparentales regroupent 9 % de la population dans son ensemble, elles représentent 20 % des personnes en situation de pauvreté. Près d’une famille monoparentale sur trois est dans ce cas.
Les familles nombreuses forment le troisième groupe de ménages particulièrement exposés : alors que les ménages de cinq personnes et plus (en général deux adultes et trois enfants au moins) regroupent 15 % de la population française, ils comptent pour 25 % dans la population en situation de pauvreté, pas loin de deux fois plus. Si l’on isole les couples ayant au moins quatre enfants à charge, la proportion grimpe à 34 % ! Là encore, l’emploi, ou plutôt les difficultés d’accès à l’emploi jouent fortement, car la présence d’enfants limite ou empêche un des deux adultes de travailler " normalement " : la question de la garde des enfants est essentielle si l’on veut lutter efficacement contre la pauvreté.
Mais ce n’est pas tout : l’insuffisance des prestations familiales joue également dans le cas des familles nombreuses. Bien que relativement plus élevées en France que dans la plupart des autres pays de l’Union européenne, elles demeurent trop faibles pour empêcher certaines familles de basculer en dessous du seuil de pauvreté lors de la naissance d’un nouvel enfant : les allocations familiales s’élèvent en effet à 120 euros pour deux enfants, puis augmentent de 160 euros par enfant supplémentaire. Alors qu’il faudrait qu’elles atteignent 250 euros par enfant supplémentaire pour éviter qu’une famille ne bascule en dessous du seuil de pauvreté lorsqu’elle se trouvait juste à ce niveau avant la naissance.
Si les allocations familiales étaient soumises à impôt, il serait possible de les augmenter de 70 à 80 euros par enfant sans coût supplémentaire pour l’Etat, le supplément d’allocation étant financé par le supplément d’impôt payé par les familles imposables. Les familles plus riches aideraient ainsi les familles pauvres, qui pour la plupart dépasseraient ainsi le seuil de pauvreté. Mais, en France, le lobby familial a obtenu un traitement fiscal unique en Europe grâce à deux dispositions : le quotient familial (alors que la plupart des autres pays pratiquent un abattement forfaitaire par enfant), même s’il est désormais plafonné, et la non-imposition des prestations familiales.
Toujours plus de travailleurs pauvres
La pauvreté a fortement partie liée avec le développement des emplois peu rémunérés. Sur les 4,2 millions de personnes de 18 à 59 ans en situation de pauvreté en 2006, 1,85 million était en emploi, contre 1,55 million en 2003. Si l’on prend en compte le nombre de personnes vivant dans des ménages au niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, les ménages de travailleurs pauvres en emploi représentaient 3,16 millions de personnes en 2003 et 3,62 millions en 2006. Soit une augmentation de 500 000, pour un nombre total de personnes en situation de pauvreté qui s’est accru de 800 000 : l’extension de la pauvreté laborieuse est donc désormais le principal facteur d’aggravation de la pauvreté.
Le RSA - en moyenne une centaine d’euros supplémentaires par ménage de travailleur pauvre - ne sera pas de trop pour réduire les difficultés du quotidien que vivent ces familles ! Mais comme rien n’est prévu pour mettre fin à l’expansion de leur nombre, il risque fort d’être sans effet sur la pauvreté laborieuse ; il se contentera de boucher quelques-uns des trous existants, tandis que les employeurs s’emploieront sans cesse à en creuser d’autres...
Pas tous les employeurs cependant : dans les postes et télécommunications, on ne comptait en 2006 qu’un travailleur pauvre sur 77 personnes en emploi, mais à l’autre extrême, dans l’hôtellerie-restauration, on en recensait presqu’un sur cinq et un sur six dans les ser-vices personnels et domestiques [5]. Même la branche de l’intérim ne parvient pas à faire aussi mal, puisqu’on y dénombre un salarié pauvre sur huit. Or, quelles sont les branches les plus aidées par les pouvoirs publics en dehors de l’agriculture ? Justement l’hôtellerie-restauration (avec des aides directes d’un montant annuel supérieur à 600 millions d’euros, qui ont été remplacées, depuis le 1er juillet, par une baisse de TVA représentant 3 milliards en année pleine).
Autre branche abonnée aux aides : les services à la personne (sous la forme d’une réduction de l’impôt sur le revenu égale à la moitié du coût salarial dans la limite de 12 500 euros annuels en 2008, portée à 15 000 euros en 2009...). On a beau s’interroger, on ne parvient pas à comprendre pourquoi les pouvoirs publics ne se décident pas à utiliser ces aides pour mettre un peu plus d’équité dans un marché du travail qui en connaît si peu. Conséquence : si l’on compte les personnes à charge, sur le 1,28 million de personnes vivant dans un ménage dont la personne de référence travaille comme " personnel des services directs aux particuliers ", 470 000 (une sur trois) vivaient dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Or, cette branche est aussi celle qui se développe le plus, au point qu’elle est présentée comme le principal réservoir d’emplois... Le travail paupérisant a de beaux jours devant lui !
Depuis quatre ans, le développement de l’emploi de mauvaise qualité est le principal responsable de la progression de la pauvreté. Permettre à tous ceux qui le souhaitent d’accéder à l’emploi est essentiel, mais il convient aussi de veiller à ce que cet emploi soit de qualité suffisante pour en vivre de façon décente. Le RSA améliore la situation d’une majorité de ménages de travailleurs pauvres. Pas de tous, hélas, puisque ce complément de revenu n’est versé ni aux travailleurs de moins de 26 ans (sauf s’ils ont des charges de famille) ni aux chômeurs, qui font pourtant partie de la population active. Mais si, en même temps, il ne s’accompagne pas d’une lutte résolue contre les emplois paupérisants, il risque fort d’accompagner la progression du nombre de travailleurs pauvres alors qu’il visait à le diminuer.
Article extrait du magazine Alternatives Economiques, n° 282 ( juillet 2009).
[1] En fait, le RSA chapeau est versé aux personnes ayant un revenu d’activité allant jusqu’au niveau du Smic à temps plein pour une personne seule (1,5 fois le Smic pour un couple). Mais dans ce cas, leur prime pour l’emploi est réduite d’autant, ce qui ne change rien pour ces personnes.
[2] revenu tel que la moitié des ménages a un niveau de vie supérieur et l’autre moitié un niveau de vie inférieur,
[3] Aux Etats-Unis, la norme est assez différente : est pauvre la personne qui dispose d’un revenu inférieur à un montant déterminé par le coût d’un panier de produits alimentaires, pondéré par la taille du ménage et l’âge des personnes. Soit 690 euros en 2006 pour une personne seule de moins de 65 ans, contre 880 euros en France.
[4] Pour être travailleur pauvre, il faut être en emploi (ou en recherche d’emploi après avoir travaillé au moins un mois au cours des six derniers mois) et vivre dans un ménage dont le niveau de vie (mesuré par les revenus de tous les membres du ménage) est inférieur au seuil de pauvreté. Dans le graphique ci-contre, seule une partie des chômeurs (de l’ordre de 40 %) peut donc être comptabilisée comme travailleurs pauvres en plus des personnes en emploi. Depuis 2005, les revenus de la propriété sont presque tous comptabilisés, alors que, précédemment, ce n’était que très partiellement le cas. Les chiffres ne sont donc pas totalement comparables.
[5] Dans l’agriculture, on en était aussi à un sur cinq, mais la situation y est particulière : les petits agriculteurs ne sont pas imposés au réel, mais au forfait, sur la base d’un revenu cadastral qui est généralement assez inférieur au revenu réel. En outre, dans certaines activités (fruits et légumes notamment), les mauvaises années peuvent aboutir à des revenus très faibles, compensées l’année suivante le plus souvent par des revenus plus élevés. Ainsi, en 2006, les agriculteurs de grande ou moyenne exploitation (en gros 50 hectares ou davantage) étaient aussi nombreux à être considérés comme pauvres que chez les agriculteurs de petite exploitation.
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22.07.2009
RSA et épargne disponible : Martin Hirsch nous a menti !
Actuchômage - Avec les liens sur le site :
http://www.actuchomage.org/Mobilisa..
Déclarer les quelques sous qu’on a de côté a une réelle incidence sur le montant du RSA, contrairement à ce que nous a affirmé le Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté.
Mercredi 8 juillet, nous avons été invités dans ses locaux de l’avenue de Ségur afin de "dissiper les zones d’ombres" sur son dispositif flambant neuf => Compte-rendu à (re)lire sur le site..
Notamment, il nous avait certifié que tout demandeur disposant d’un petit bas de laine ne risquait rien (les montants déclarés étant évalués selon les barèmes fixés par le décret sur le "train de vie" des RMIstes - patrimoine, voiture, bijoux, œuvres d’art, etc…) et que nous ne prenions pas le chemin de l’Allemagne avec un "Hartz 4 à la française" : pas question d’amputer le RSA d’une personne qui a un LEP, par exemple...
OR, C’EST TOTALEMENT FAUX. Pour preuve le cas d’une "ex-RMIste" qui nous signale avoir déclaré en toute honnêteté quelque 10.000 € d’économies, et qui vient de recevoir un courrier de la CAF lui précisant que son RSA "socle" sera désormais rabotté de 28 € : "forfait logement" déduit (53 €), elle touchera donc 371 € par mois au lieu de 399 !
Pourtant, ce précieux matelas lui permet de compléter son budget de misère. D’ailleurs, beaucoup de personnes aux minima sociaux sont obligées de procéder ainsi. En effet, quand le montant du RMI et de l’APL couvrent tout juste le prix du loyer et de l’électricité, comment faire face aux dépenses imprévues (frigo qui tombe en panne, par exemple…) ou, tout bonnement, se nourrir ? Que cet argent utilisé avec parcimonie provienne d’une vie antérieure — car, avant de devenir chômeurs de longue durée, les personnes aux minima sociaux avaient, elles aussi, un emploi et une situation — ou d’un héritage/don de la famille, il sert surtout à ne pas finir à la rue.
Martin Hirsch ne maîtrise pas son sujet : il a omis de préciser que les intérêts d’épargne versés par les banques sont considérés comme "ressources", et donc décomptés du RSA (dans le cas de notre "ex-RMIste", c’est 336 € à l’année… un vrai luxe !). Impossible d’y échapper avec le croisement des fichiers et le nouveau système de déclaration pré-remplie des impôts où leur montant figure : la CAF est ainsi renseignée automatiquement. C’est d’ailleurs pourquoi sa déclaration de ressources annuelle a été supprimée.
Quant à la déclaration de l’épargne disponible en elle-même, l’opacité règne. Selon l’article R262-74 modifié par le décret n°2009-404 du 15 avril 2009 - Art. 2 : L’évaluation forfaitaire du train de vie prévue à l’article L. 262-41 prend en compte les éléments et barèmes suivants : .../... 10° Capitaux : 2,5% du montant à la fin de la période de référence.
Or, aucun texte de loi ne précise qu’un LEP, un LDD ou un Livret A font (ou ne font pas) partie des "capitaux" mentionnés à l’article R.262-6 du Code de l’action Sociale et des Familles !
Moralité : Ne déclarez rien !!!
On l’a compris : pour les intérêts des comptes d’épargne, considérés comme "ressources", le fisc se charge de remonter les sommes, elles-mêmes communiquées par les banques. C’est automatique, il n’y a plus rien à faire. Mais alors, pourquoi obliger les allocataires à déclarer en sus le montant de leur "épargne disponible" ?
Dans un précédent article sur le formulaire RSA, nous dénoncions l’intrusion dans la vie privée et le flicage accru dont fait montre ce nouveau questionnaire. (D’ailleurs, nous attendons toujours l’avis de la CNIL à son sujet...) Intrigués par cette obligation de tout déclarer, de la solidarité familiale aux aides extra-légales et associatives, nous avons jugé qu’il outrepassait sa fonction.
En France, le secret bancaire — tant défendu par les "libéraux" qui, selon eux, garantit un droit fondamental : celui du respect de la propriété et de la vie privée des individus (mais pour les libéraux qui nous gouvernent, le secret bancaire est à géométrie variable quand il concerne… les pauvres) — est un secret professionnel comme un autre, selon l’article L.511-33 du Code monétaire et financier, mais avec une restriction importante : certaines administrations ont automatiquement accès aux informations qu’elles demandent. Il s’agit de l’administration fiscale, des services des Douanes, de la Banque de France, de la Commission bancaire et de l’Autorité des marchés financiers. On peut donc dire que, par chez nous, le secret bancaire ne correspond pas à un fort respect de la vie privée, puisque des administrations de plus en plus nombreuses possèdent un droit d’accès direct sans contrôle judiciaire aux informations détenues par les banques. Mais quand la justice, dans le cadre d’une procédure pénale, met son nez dans les informations visées par le secret bancaire, ses motifs se limitent à la lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment d’argent.
En ce qui concerne le RSA, le formulaire déborde largement, puisqu’il ne s’agit pas de dépister ces deux phénomènes mais que le demandeur déclare son "patrimoine" et ses "ressources". Or, l’état du compte bancaire (à la base fluctuant) et l’existence de livrets d’épargne (pour les petits chanceux qui survivent avec), hormis leurs intérêts, ne sont pas des "ressources à déclarer" et, de ce fait, ces questions ne devraient donc pas figurer sur un formulaire de demande d’allocation.
Aujourd’hui, on découvre que Martin Hirsch nous a menti : lentement mais sûrement, nous allons bien sur le chemin de l’Allemagne où les comptes des Hartzi sont surveillés et, au moindre mouvement créditeur, les allocations suspendues. Petit à petit, l’oiseau du contrôle social des pauvres fait son nid.
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13.06.2009
Formulaire RSA : Un flicage de plus en plus intolérable !
ACTUCHOMAGE - Mercredi, 10 Juin 2009
Choqués, plusieurs de nos lecteurs «ex-RMIstes» nous alertent sur la teneur douteuse du document de six pages à remplir afin de prétendre au Revenu de solidarité active qui, non seulement, fait montre d'un contrôle social hautement intensifié, mais scrute au plus près la solidarité familiale, associative voire amicale dont pourraient bénéficier les allocataires.
=> Voir le formulaire en PDF1521_formulaire_rsa.pdf

Plus que jamais, la situation familiale (célibat ou vie commune, divorce ou séparation, enfants…) et les ressources (tous types de revenus, allocations, indemnités y compris Sécu, pensions, rentes, biens immobiliers, épargne disponible, aides financières de la famille ou autres…) sont passés au crible à travers un questionnaire hyper poussé, limite indiscret qui, par sa précision et sa densité, surpasse de très loin la traditionnelle déclaration aux impôts.
On est en plein dans l'examen du «train de vie» des RMIstes… désormais élargi aux ex-allocataires de l'API et aux «travailleurs pauvres» ! Sans compter que ces informations financières et sociales — qui doivent être réitérées tous les 3 mois afin que la CAF puisse tenir compte au plus près des «variations de ressources» — feront l'objet d'un énorme fichier consultable par un grand nombre d'intervenants parmi les administrations sociales et fiscales. Administrations dont nous ne connaissons ni la qualité ni la diversité exactes, ni l'éventail des usages qu'elles pourraient en faire.
Le RMI était un revenu de droit mais pas le RSA. Au nom des «droits et devoirs» de tous ces «assistés», on monte d'un cran dans l'intrusion dans la vie privée et dans l'atteinte aux libertés individuelles.
Côté logement, la CAF semble plus évasive car elle connaît déjà la situation de ses allocataires, soit parce qu'elle ampute chaque mois leur RSA flambant neuf d'un «forfait logement» (53 € pour une personne seule, 106 € pour une personne seule avec enfant ou un couple sans enfant, etc) s'ils sont logés gratuitement ou bien propriétaires ne remboursant plus d'emprunt, soit parce qu'elle leur verse une APL. Mais avec toutes ces questions particulièrement inquisitoires autour des revenus, il est évident que, par exemple pour le chômeur dont le montant du loyer est supérieur ou égal à ses allocations — ce qui n'est pas rare, hélas —, la CAF n'aura aucune peine à deviner qu'il bénéficie soit de la solidarité familiale, soit qu'il pompe dans ses économies. En pages 4 et 5, il lui est donc demandé de déclarer ses sommes placées (comptes ou livrets d'épargne, etc). Par conséquent, on devine que ce formulaire vise à lever le voile sur le montant et/ou la provenance de ces petits «à-côtés» qui lui permettent de survivre et de ne pas finir à la rue... Subrepticement, par une pression larvée, on tente ainsi de violer le secret bancaire.
Le RSA rétablit… l'obligation alimentaire !
Un détail des plus étranges nous a aussi interpelés. Jusqu'à présent, on parlait de «pension alimentaire» au sujet de parents séparés dans le cadre de la charge des enfants mineurs, ou bien majeurs mais poursuivant leurs études. Or figurez-vous qu'avec le RSA, même les «enfants» de plus de 25 ans — puisqu'il est interdit aux jeunes — et non scolarisés sont concernés !
Voyez en bas de la page 2, dans la rubrique "Vos droits à pension alimentaire". Pour les célibataires vivant seul(e)s, on lit : «Percevez-vous une pension alimentaire ? OUI - NON
Si non, vous êtes susceptible d'engager une action envers vos parents pour obtenir une pension alimentaire. Si vous souhaitez être dispensé de cette démarche, précisez le motif (logé gratuitement par les parents, aide financière versée par eux…)»
Ce questionnaire informe clairement qu'un célibataire très majeur, vivant seul mais n'étant pas en mesure d'assurer sa subsistance, peut engager une action en justice envers ses ascendants (s'ils ne l'aident pas spontanément) afin d'obtenir une pension, comme prévu par la loi. Hormis une «dispense» qu'il doit motiver, le candidat au RSA est-il, effectivement, obligé d'entamer «cette démarche» ? Que signifie le terme «susceptible», ici employé ?
Mieux. Page 3, à "Pensions alimentaires reçues", on demande : «Précisez qui vous verse cette pension (parents, amis, ex-conjoint…)» ! Outre les parents, même les «amis» sont dans le collimateur, dites donc ! Faut-il, eux aussi, les assigner au tribunal ? (On plaisante...)
Toujours à la page 3, à "Aides et secours financiers réguliers", on demande : «Précisez qui vous verse cette aide (parents, amis, ex-conjoint, associations…)». Visiblement, un SDF abonné au Secours Populaire doit aussi le déclarer !
En clair : considérant que, si vous avez quelques sous de côté, si les proches peuvent — doivent ? — vous aider ou si vous êtes secouru régulièrement par les Restos du Cœur, ces compléments viendront en déduction du RSA versé, Martin Hirsch et le gouvernement montrent ainsi leur intention de substituer au maximum la solidarité nationale à toute autre forme de solidarité, privée ou associative.
Pire ! Lentement mais sûrement, on se rapproche du système Hartz IV instauré en Allemagne où tout chômeur recevant un cadeau ou une aide de sa famille, si cela est détecté sur son compte en banque, se voit suspendre son allocation à hauteur du montant perçu (on rappelle que là-bas, la surveillance bancaire des Hartzi est autorisée de longue date et que leur vie privée est totalement mise à nu).
Nous allons, par conséquent et dans un premier temps, saisir la CNIL sur le bien-fondé de ce questionnaire. Puis nous aviserons pour la suite et ne manquerons pas de vous tenir informés.
APNÉE/Actuchomage.org
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30.05.2009
Pôle emploi veut que les départements financent le suivi renforcé des allocataires du RSA
Vendredi 29 mai, le ministère de l'économie devrait confirmer l'augmentation du chômage au mois d'avril, une hausse continue depuis un an. Mardi, l'Unedic annonçait 639 000 chômeurs de plus en 2009 et, jeudi, le Bureau international du travail a dit ses craintes d'un "record absolu avec 210 à 239 millions de chômeurs dans le monde et une augmentation de 39 à 59 millions en 2009".
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L'inquiétude règne pourtant au sein du personnel. Régis Dauxois (FO) critique une direction "incapable d'évaluer la charge de travail supplémentaire".
Sur le 1,2 million de bénéficiaires du RMI, un petit tiers était pris en charge par l'ANPE. La proportion, avec le RSA, devrait être inverse. Soit un afflux de près de 400 000 personnes. "Avant, explique Martin Hirsch, le haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, même quand l'ANPE allait bien, les RMistes étaient laissés de côté. Là, les bénéficiaires du RSA seront traités comme tous les demandeurs d'emploi qui auront affaire à un service public surchargé."
Pour faire face, Pôle emploi a soumis une convention cadre à l'Association des départements de France (ADF) proposant un accompagnement renforcé des bénéficiaires du RSA, à la charge financière des départements. Comme en 2005, quand une convention avait été signée pour la prise en charge des RMistes.
L'ADF n'en a pas voulu, trouvant l'addition trop salée. Pour Claudy Lebreton, président de l'ADF et du conseil général (PS) des Côtes d'Armor, "la loi précise que Pôle emploi doit assurer une prestation normale à destination des titulaires du RSA, sans que les départements n'aient à payer en plus". Selon lui, beaucoup de conseils généraux considèrent de plus que ce n'est pas obligatoirement Pôle emploi qui doit assurer cette mission. "Je me pose la question, confie M. Lebreton, de créer un service public pour faire cet accompagnement, au vu des tarifs proposés par Pôle emploi."
Pour M. Hirsch, la démarche de Pôle emploi reste normale. "Si les départements estiment que les allocataires du RSA nécessitent un accompagnement renforcé, il est normal que Pôle emploi leur dise ne pas en avoir les moyens et les mettent à contribution", explique-t-il. A contrario, dit M. Hirsch, "si certains départements ont été déçus par Pôle emploi ces dernières années et qu'ils veulent travailler avec un autre partenaire, c'est de leur responsabilité, on leur laisse la liberté."
Le directeur de Pôle emploi relativise le problème. "Nous allons signer des conventions avec la grande majorité des départements, dit M. Charpy, comme nous venons de le faire dans le Rhône où le conseil général finance 50 postes à Pôle emploi".
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24.05.2009
RSA : Dans la rue tu dormiras... ...dans le hall de la CAF, publiquement te justifiera.
Dans la luxueuse salle du Conseil Municipal Parisien, lundi et mardi, Bertrand Delanöe et ses pairs communiquent sur la mise en place du RSA à Paris : des grandes envolées lyriques des élus, chacun comprend que le RSA sera un empilement d’harmonieux dispositifs, un ascenseur social extrêmement sophistiqué, où les trouvailles de Martin Hirsch pour améliorer la reprise d’emploi se conjugueront avec les initiatives du Conseil Général pour développer l’insertion sociale.
Jeudi : dans la salle minable de la CAF Nationale du 13ème arrondissement, bondée, une table d’interrogatoires est dressée, devant laquelle se succèdent des gens de tous âges, qui racontent leur vie de pauvres au milieu d’autres allocataires et des agents de sécurité.
Un casting pour la campagne télé de Martin Hirsch sur les bien faits du RSA ? Non, les contrôles CAF qui se tiennent là, car aucun bureau ne serait disponible. Nous sommes venus en nombre, car tant qu’à raconter notre vie, autant la raconter à tout le monde, puisque notre misère quotidienne doit être disséquée, analysée, scrutée, pourquoi les contrôleurs seraient-ils les seuls à en profiter ?
Aussi, lisons nous à voix haute nos textes, notre version de l’histoire, de nos vies précaires, la diffusons-nous aux autres allocataires en leur proposant de faire pareil. Ballet du chat et de la souris avec les agents de sécurité, légèrement lassés du rôle qui leur est imposé par la direction, comme dit l’un d’eux « Au bout de dix ans ici, on commence à se demander pourquoi on passe notre vie à faire le con dans ce hall pour 1052 euros par mois ».
On accompagne donc Mr T., un Parisien depuis trente ans, à qui la CAF demande de jouer le rôle du con de fraudeur radié pour moins que ça, le montant du RMI en l’occurrence. Rôle complexe puisque Mr T., doit de plus entrer dans la peau du profiteur immigré qui se paye des voyages au bled, tout en touchant les allocs ici.
C’est un scénario de merde, comme tous ceux rédigés par les contrôleurs CAF, certes assermentés et mandatés par Delanoe, le président du Conseil Général, et nous en avons un meilleur.
Notre réalité contre leur fiction, que la direction est finalement bien obligée de venir entendre.
Comme la moitié des allocataires parisiens, Mr T. n’a pas de logement stable. Il dort dehors, en fait, quand aucun ami ne peut lui proposer une nuit sur un canapé. A vingt ans, ça peut être mortel, avec trente de plus, ça l’est presque à coup sûr, surtout quand on souffre d’une pathologie grave et qu’on reporte une opération lourde depuis quelques années, car sa réussite nécessite ensuite un repos complet pendant plusieurs mois.
Alors, cet hiver, c’était partir ou mourir.
Mourir, c’est ce que lui proposait la permanence sociale d’accueil de Bastille pour les SDF, évidemment, la proposition se fait dans les formes "Repassez chaque matin, une place au 115 peut-être demain". Partir au Maroc jusqu’au printemps, c’est tout ce qui lui restait comme solution.
Manque de chance, l’hiver parisien dure un peu plus que les trois mois réglementaires, pendant lesquels un allocataire du RSA a le droit de quitter son département sans perdre son revenu.
Gêne manifeste de la direction, puis de la contrôleuse CAF.
Ce scénario là leur semble assez déplaisant, c’est ça la littérature, selon le point de vue de l’auteur, les mêmes personnages , peuvent se retrouver dans la peau du preux Roland sonnant le cor contre l’invasion des fraudeurs sarrasins, ou dans celle de Javert, en train de pourchasser le voleur de pain.
Il faut donc d’urgence trouver la bonne réplique, trouver un autre Méchant, à qui faire endosser la saloperie qui consiste à convoquer des SDF à la gorge, pour contrôler leur train de vie.
Seul le Hasard est disponible. Ben oui, le Hasard qui choisit les allocataires qui subiront les contrôles, le Grand Logiciel qui sort un numéro, l’informatique a fait des progrès certes, mais pas au point de voir l’humain derrière le matricule.
Mais le Hasard a un acolyte, il s’appelle Ciblé.
Comme nous sommes nombreux et que certains ont hâte que le polar se termine, on finit donc par nous lâcher les ressorts secrets du scénario. En l’occurrence, les cibles des contrôles CAF de cette année.
Alors, au grand casting de Bertrand Delanoe 2009, vous avez une chance d’être le Héros si :
vous êtes au RMi depuis plus de cinq ans : bref, si vous êtes SDF , double chance de décrocher le rôle titre, puisqu’évidemment, une fois à la rue, on a un tout petit peu moins de chances de sortir de la précarité
Vous y êtes depuis moins de cinq ans , car vous avez entre vingt cinq et trente ans : "Jeune et Fainéasse" sera la grande co-production Hirsch/Delanoe de l’année.
On nous annonce aussi un grand drama , inspiré du cinéma réaliste italien : « Ignorants, Sales et Méchants » : une opération est lancée contre toutes les familles dont les gosses ont entre seize et dix huit ans, il s’agit de vérifier si ceux-ci n’ont pas encore été virés de l’école, et si leurs parents n’ont pas tenté de faire passer leurs enfants pour de bons petits lycéens en uniforme alors qu’ils sont déjà constitués en bande organisée.
Et vu le succès remporté par « Enfonce moi la tête sous l’eau, je n’arrive pas à me noyer tout seul » , Delanoe a programmé une saison 2 de contrôles sur les allocataires qui arrivent à payer un loyer dans le privé, alors que la logique voudrait qu’avec un RSA ou une API, ils soient déjà à la rue.
Lundi et mardi dans la somptueuse salle du Conseil Municipal, des affameurs déguisés en mécènes ont déclamé « Au possible, nous sommes tenus » .
Ce jeudi, dans le hall bondé de la CAF Nationale, le possible est déjà en place. Misère, contrôle et humiliations parce que, nous a dit la direction « Les SDF ne sont pas au dessus des lois ».
Direction et contrôleurs qui n’ont pu s’empêcher après nous avoir donné l’assurance, qu’évidemment dans ce genre de cas , le Président du Conseil Général tient compte de la situation, de nous demander comment nous nous connaissions avec ce monsieur, qui n’avait même pas de suivi social régulier.
Car à l’impossible, ils ne s’attendent pas. Qu’au fin fond de leur merde, des précaires puissent trouver la force de se rencontrer et de se battre ensemble, voilà qui les inquiète. Raison de plus pour continuer.
Réseau Solidaire d’AllocataireAilleurs en Ile de France, des permanences et des actions sont organisées , contactez nous pour connaître les prochaines dates ou nous proposer quelque chose près de chez vous ! Mail : ctc.rsa@gmail.com Site : collectif-rto.org ou ac.eu.org->http://www.ac.eu.org] |
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08.05.2009
La France compte plus de travailleurs pauvres que de retraités pauvres
Dans la seconde édition (2009) de son ouvrage sur "Les revenus et le patrimoine des ménages", l'Insee publie notamment les résultats d'une étude consacrée aux "Inégalités de niveau de vie et mesures de la pauvreté en 2006". Certes, l'année considérée se situe au début de la brève période d'embellie de l'emploi et avant la crise mondiale de l'automne 2008. Mais elle apporte néanmoins plusieurs éléments intéressants, notamment à quelques jours de la mise en place du revenu de solidarité active (RSA).
Elle montre ainsi que la pauvreté monétaire relative (proportion des individus ayant un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté) était en 2006 de 13,2% de la population, soit 7,86 millions des personnes. Cette année-là, le revenu médian - qui partage la population en deux parties égales - était de 17.600 euros, soit 1.470 euros mensuels. Le seuil de pauvreté, égal à 60% du revenu médian selon la norme européenne, était donc d'environ 880 euros par mois pour une personne seule et de 1.320 euros pour un couple sans enfant. Le taux de pauvreté de 2006 paraît nettement supérieur à celui des années 2002-2005, qui se situait autour de 12%, mais il s'agit là essentiellement d'un effet statistique. L'année 2005 a vu en effet la mise en place d'une nouvelle méthode de calcul, prenant en compte les transferts sociaux réels et assurant une meilleure couverture des revenus du patrimoine. Le taux de pauvreté de 2005 recalculé sur cette base est ainsi de 13,1% (au lieu de 12,1%), très proche de celui de 2006 (13,2%).
L'étude de l'Insee montre également l'évolution du niveau de vie moyen en fonction de l'âge. Faible chez les moins de 40 ans, celui-ci culmine dans les tranches de 50 à 64 ans, avant de diminuer chez les plus de 65 ans, mais à un niveau qui reste supérieur à celui des tranches d'âge avant 49 ans. Cette courbe explique un autre phénomène mis en valeur par l'étude : le fait que la France compte proportionnellement davantage de travailleurs pauvres que de retraités pauvres. Les premiers représentent en effet 9,8% de la population des travailleurs, alors que les seconds ne constituent que 9,6% de celle des retraités. Un résultat qui n'est pas sans intérêt à l'approche de la mise en place du RSA "chapeau", qui vise directement les "travailleurs modestes". L'emploi reste néanmoins une protection efficace contre la pauvreté monétaire relative : 15% des inactifs ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté et le risque d'être pauvre est 4,8 fois moins élevé pour les actifs en emploi que pour les chômeurs. Autre confirmation : les familles monoparentales sont tout particulièrement exposées à la pauvreté. Près du tiers (30,3%) des personnes vivant au sein d'une famille monoparentale sont ainsi confrontées à la pauvreté, soit une proportion 2,3 fois supérieure à celle constatée dans l'ensemble de la population.
Malgré la persistance de la pauvreté, la France reste néanmoins une société moins inégalitaire que d'autres pays développés, en particulier grâce aux effets de la redistribution. Le niveau de vie des 10% de personnes les plus aisées est ainsi 3,4 fois supérieur à celui des 10% de personnes les plus modestes, incluant celles en situation de pauvreté. Et le niveau de vie médian en euros constants n'a pas cessé d'augmenter - avec des intensités variables - entre 1970 et 2006.
08:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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17.04.2009
La France qui se lève tard...
Par Nelly Margotton sur MEDIAPART
J'ai écrit plusieurs billets au sujet du RSA sur ce blog, notamment sur l'impact discriminatoire qui consiste à classer les chômeurs en catégories de "méritants" et de "non-méritants" sans prendre en compte le parcours de chacun et les difficultés personnelles (santé, familiales, sociales, etc) qui sont parfois plus fortes que toutes les incitations de retour à l'emploi.
Le RSA est en test depuis juin 2007 dans 34 départements, et entrera en vigueur sur tout le territoire français dès le 1er juin 2009. Il permettra aux différents foyers tributaires des aides sociales et à faibles revenus de s'assurer des ressources financières complémentaires en cas de retour à l'emploi, accompagnant ainsi les différentes contraintes à prendre en compte dans ce cas (garde des enfants, frais de transports, ...). Les Echos publient aujourd'hui les études menées par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), DREES RSA.pdf,pour le compte du ministère du travail : en comparant les départements test avec des départements "témoin", ils mettent en valeur les limites de ce dispositif :
- le RSA ne favorise pas l'accès à l'emploi ou son maintien, sauf sensiblement pour les personnes seules et sans enfant, et pour les diplômés... ==> rien donc pour ceux qui sont soumis aux plus grosses contraintes qui perturbent les chances de trouver du travail.
- le RSA n'ouvre pas la porte à d'autres emplois que ceux qui sont occupés actuellement ==> rien donc pour répondre à la pénurie de main d'oeuvre dans certains secteurs.
- le RSA conduit à trouver des emplois aux salaires plus faibles, à temps partiel, et de courte durée ==> rien donc pour réduire la précarité et envisager un parcours professionnel à long terme.
- le RSA répond aux mêmes motivations de retour à l'emploi que pour toute personne retrouvant un travail ==> rien donc pour favoriser l'insertion des plus éloignés de la vie active.
Néanmoins, on constate une forte baisse du nombre de contrats d'insertion dans les zones tests... Est-ce à dire que le RSA remplace numériquement l'insertion???
- le RSA qui prévoyait à l'origine un accompagnement de la part d'un référent ne permet néanmoins presque aucun suivi durant la période de retour à l'emploi ==> rien donc de nouveau pour encourager la construction d'un projet professionnel à long terme.
En attendant, le gouvernement nous prépare sa stratégie de communication pour célébrer la généralisation de ce dispositif dans notre joli pays...
Le RSA, sous couvert de réelles bonnes intentions, ne se contente donc pas de creuser le fossé entre la "France qui se lève tôt" et la "France des exclus"! En plus, il ne sert ... à rien. La politique de l'emploi devrait plutôt englober la population en âge de travailler de manière plus transversale et mettre l'accent non pas sur ceux qui "méritent", mais sur le système qui fabrique l'exclusion.
Le 22 avril 2009, le conseil des Ministres va adopter la réforme sur la formation professionnelle, qui sans rien transformer de nouveau dans l'accompagnement des personnes, se soucie surtout de la gestion des financements des formations.
RSA - insertion et formation sont pourtant des éléments indispensables à intégrer à la réflexion sur l'emploi et la gestion des parcours professionnels.
Prenons exemple sur l'Europe, qui dans le cadre de la Stratégie de Lisbonne a organisé un encadrement renforcé de l'emploi : les Lignes directrices intégrées pour la croissance et l'emploi fixent des règles communes, dont la n° 19 est particulièrement significative au regard du RSA :
les États s'engagent à « assurer des marchés du travail qui favorisent l'insertion, renforcer l'attrait des emplois et rendre le travail financièrement attrayant pour les demandeurs d'emploi, y compris les personnes défavorisées et les personnes inactives, au moyen des mesures suivantes : appliquer des mesures actives et préventives du marché du travail, telles que l'identification précoce des besoins, l'aide à la recherche d'un emploi, l'orientation et la formation dans le cadre de plans d'action personnalisés, la mise à disposition des services sociaux nécessaires pour favoriser l'insertion des personnes les plus éloignées du marché du travail et contribuer à l'éradication de la pauvreté (…) ».
Pour ce faire, il s'agit de mettre en place un "PLAN D'ACTION PERSONNALISE" intégrant :
- l'accompagnement par un conseiller dédié.
- un diagnostic des besoins.
- une évalution des qualifications
- des services de formation.
En période de crise, ces plans d'action méritent d'être renforcés...!
Mais pas chez nous...
Pour conclure, demandons à notre ami Brice Hortefeux et ses équipes de revoir leur copie et d'enfin envisager la politique de l'emploi dans une perspective européenne.
Bref, stop au débat qui renforce l'idée d'une nation qui avance à deux vitesses et qui se concentre sur le pouvoir d'achat au lieu du pouvoir de construire des parcours...
Le débat a commencé sur mon autre blog : http://dansmabesace.blogspirit.com/
21:03 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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RSA : la Réforme qui Sert A rien
Merci à Jacques B. pour l'envoi d'info ...
Martin Hirsh voulait lutter contre l'assistanat et résoudre le problème des travailleurs pauvres. L'enquête publiée par la Drees démontre au contraire que le RSA renforce certaines inégalités sans apporter aucune amélioration sur le retour à l'emploi.
Selon une enquête de la DREES – Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques – le RSA a « un impact limité en terme de maintien ou d’accès à l’emploi ». En effet, « aucune différence significative » n’a été observée entre les zones tests, dans lesquelles le RSA a été expérimenté, et les zones témoins, zones comparables où le RSA n’a pas été expérimenté. Pire: la Drees fait apparaître que le RSA est contre-productif.
Le RSA accroît les inégalités sociales!
Le rapport précise en effet que la reprise d’emploi est plus importante pour les personnes titulaires d’un baccalauréat. Et les auteurs de cette étude de conclure : « Il semblerait donc que l’accès à l’emploi ait été facilité par le RSA pour les populations ne cumulant pas trop d’obstacles ». Donc pour des populations qui n'en avaient pas réellement besoin. En revanche, pour les moins diplômés, le RSA s'avère être un véritable boulet : dans les zones tests – avec RSA – seuls 8% d'entre eux ont retrouvé un emploi, contre 12% pour les zones témoins – sans RSA.
Inquiétant, quand on sait que les non diplômés sont sur-représentés chez les futurs bénéficiaires du RSA (seul un sur cinq est titulaire du bac) !
Des différences entre départements qui n’arrangeront rien !
Et l’accompagnement des allocataires, fer de lance du projet de RSA? Il ne vaut guère mieux que celui (déjà quasi inexistant) réservé aux bénéficiaires du RMI : là encore, il n’y a pas d’amélioration observable dans les territoires qui ont testé le dispositif. Certes, la gestion du RSA étant décentralisée, les mesures d’accompagnement pourront différer selon les départements. Mais comme le passage du RMI au RSA va se faire à moyens constants dans la plupart des conseils généraux, on peut légitimement douter du volontarisme sur la question, d'autant que les départements qui ont testé le RSA étaient tous volontaires, donc ultra-motivés. C'est dire… D’où ce constat sans appel : « l’accompagnement, tant sur le volet social que sur le volet professionnel, a peu varié depuis la mise en place du RSA »
Un mécanisme obscur...
Enfin, le rapport met en cause le mode de calcul même du RSA. L'allocation va fluctuer en fonction du salaire. En cela, elle va créer une instabilité car les bénéficiaires s’interrogeront chaque mois sur le montant de leurs droits, sans savoir véritablement si des erreurs ont été commises ou non. Le Canard enchaîné du 8 avril faisait état de 4 lettres envoyées au même chômeur en même temps et accordant 4 montants d’allocation différents. Cette « variabilité » des droits est une source inépuisable d'inquiétude chez les allocataires : « 64 % des personnes préfèrent avoir une allocation fixe chaque mois plutôt qu’une allocation qui varie ».
Mais ce n'est pas tout. Le rapport de la Drees montre aussi que l’objectif initial du RSA, qui était de motiver et récompenser le travail, est loin d'être atteint. Au contraire, « la diminution de l’allocation en lien avec l’augmentation des revenus d’activité est vécue comme une injustice, même si les ressources globales de l’allocataire s’améliorent ».
Que reste-t-il donc à sauver, dans le RSA? Son sigle : la Réforme qui Sert A rien !
06:06 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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12.04.2009
Revenu de solidarité active : un simulateur en ligne pour connaître ses droits
Vous exercez ou non une activité professionnelle, vous avez peu ou pas de ressources, vous avez au moins 25 ans, ou vous êtes plus jeune et avez au moins un enfant à naître ou à votre charge ? Vous avez peut-être droit au Revenu de solidarité active (RSA).
Pour en savoir plus sur vos éventuels droits au RSA et pour en estimer le montant, la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf) vous propose de retrouver en ligne son simulateur. Le RSA est une nouvelle prestation qui entre en vigueur au 1er juin en France métropolitaine, le premier versement intervenant en juillet. Il remplace le Revenu minimum d’insertion (RMI) et l’Allocation de parent isolé (API). Le RSA accompagne et soutient le retour à l’activité professionnelle. Il garantit aux allocataires exerçant ou non une activité, sans ou avec peu de ressources, un revenu minimum défini selon la composition du foyer.
Si vous êtes allocataire du RMI ou de l’API, vos prestations seront remplacées automatiquement par le RSA à partir du 1er juin sans aucune démarche à faire auprès de votre Caisse d’allocations familiales.
06:27 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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09.04.2009
Gros retards dans les Caf à la veille du RSA
SECOURS-CATHOLIQUE - D’importants retards de versement sont constatés depuis janvier dans les caisses d’allocations familiales. Ils font craindre des difficultés dans la mise en place duRevenu de solidarité active (RSA) en juillet.
Le retard des allocations de logement se répercute de façon dramatique sur le paiement des loyers. Des aides sont accordées en urgence par le Secours Catholique. Des ouvertures de droits au Revenu minimum d’insertion (RMI) prennent également beaucoup plus de temps que prévu. Des personnes qui n’ont que les prestations sociales pour vivre se retrouvent sans ressources.
La Caisse d’allocations familiales du Val-de-Marne est actuellement fermée au public, précisément pour résorber les retards. Il y a des dossiers en souffrance dans d’autres Caf. A Nice, par exemple, la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) reconnaît « un stock significatif non résorbé », avec un retard de traitement des dossiers de quinze jours .
Craintes sur le RSA
Principale cause des retards : le remplacement de la traditionnelle déclaration de ressources par la déclaration fiscale de revenus, qui ne contient pas les mêmes renseignements. De plus, de nombreuses personnes non imposables ne font pas de déclaration de revenus. Leurs droits à prestations ne peuvent donc pas être calculés.
La charge de travail des caisses s’est alourdie alors même que leur personnel diminuait. La crise économique et financière aggrave encore la situation en provoquant un afflux de personnes dans les accueils des Caf.
Dans ces conditions, le Revenu de solidarité active pourra-t-il être concrètement payé début juillet à ses 3 millions de bénéficiaires potentiels ? Bénévoles et travailleurs sociaux en doutent. Les quelque 1 250 professionnels recrutés pour gérer cette prestation nouvelle étaient encore en formation début avril… La Cnaf assure de son côté que les renforts du RSA arrivent dans quelques semaines.
06:58 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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05.04.2009
CaféContact SOLIDAIRE JEUDI 16 AVRIL 10h00 UGC CINE CITE ETOILE
Vous proposez des postes, et ou des emplois saisonniers en Agriculture, BTP, Distribution, Production, Hôtellerie, etc....
16:25 Publié dans Communiqué | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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08.03.2009
La situation des CAF aux infos nationales
SOURCE : BLOG DES TRAVAILLEURS SOCIAUX CAF
Alors que l'information sur la détérioration de la situation des CAF était jusqu'a présent cantonnée dans la presse locale, elle a commencé à apparaître aux infos du petit écran
http://videos.tf1.fr/video/news/0,,4280382,00-caf-du-reta...
http://jt.france2.fr/player/13h/index-fr.php?jt=20090305&...
Les deux reportages s'appuient sur la situation de Lyon.
Le reportage de F1 cite le manque de personnel, une législation de plus en plus contraignante, un système informatique défaillant, des allocataires de plus en plus nombreux. Selon le directeur, la CAF a du faire en 3 semaines ce qu'elle fait habituellement en 3 mois. Quelques secondes sont laissées à un représentant syndical pour dénoncer le manque criant de personnel.
Le reportage de France2 fait complètement l'impasse sur les causes profondes de la crise et notamment l'insuffisance des effectifs. Il n'évoque que la réorganisation entre le fisc et la CAF, qui serait à l'origine des difficultés. Il interroge non pas un représentant syndical, mais un "employé" qui déclare qu'on essuie les plâtres et que ça ira mieux l'année prochaine. En fin de reportage on apprend que la CAF espère rattraper son retard d'ici la fin du mois et le directeur énonce les mesures prises pour y parvenir : heures supplémentaires, rachat RTT, fermeture hedomadaire de l'accueil...
Pour F1, une centaine de CAF serait touchées en France pour le problème (rappel : il y a actuellement 123 CAF en France) et pour F2 le problème concernerait toutes les grandes villes.
De fait, si toutes les CAF sont en difficulté, il semble que l'acuité du problème aille de pair avec l'importance de l'organisme. La situation est particulièrement tendue dans les CAF parisiennes. Dans la Seine-Saint-Denis, le nombre de pièces en retard était en janvier de 60 000 ; début mars, 160 000. Les files d'attentes sont démesurées, provoquant des rixes entre allocataires excédés et entraînant l'intervention de la police. Pour l'ensemble de la Région parisienne le retard cumulé en janvier serait de 500 000, selon FO.
Dans ces conditions, pourquoi le gouvernement s'obstine-t-il à imposer la fusion des CAF infra-départementales ?
07:16 Publié dans Communiqué | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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24.02.2009
Les CAF dans la tourmente
Les CAF sont dans la tourmente, seule la presse locale s'en fait l'écho. A l'origine de cette situation, des effectifs en diminution et une charge de travail qui ne cesse de s'accroître, du fait de...
Pour lire la suite cliquez ici
06:48 Publié dans Communiqué | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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20.02.2009
MONTANT DU RMI
Le RMI est fixé à 454,63 euros par mois pour une personne seule. Le montant du revenu minimum d’insertion applicable depuis le 1er janvier 2009 est fixé par décret.
Ce texte confirme les chiffres diffusés par la Cnaf début janvier (v. Bref social n° 15280 du 14 janvier 2009). Rappelons qu’au 1er juin 2009 le revenu de solidarité active (RSA) se substituera au RMI
Le montant du RMI est revalorisé de 1,5 % et porté à 454,63 euros par mois pour une personne seule.
Ce montant est majoré de
. 50 %, soit de 227,32 euros, pour la première personne supplémentaire présente au foyer ;
. 30 % soit de 136,39 euros, par personne supplémentaire au-delà de la première ;
. 40 %, soit de 181,85 euros, pour chaque personne supplémentaire à partir de la troisième (décomptée sans le conjoint, le concubin ou le partenaire de pacs)
E D. n° 2009-190 du 17 février 2009, JO 19 février, p. 2918
Liaisons Sociales Quotidien, 20/02/2009
06:21 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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18.02.2009
Allocataire du RMI, de l’API, de l’APL et ALS : La prime de solidarité active (PSA)
Le décret n°2008-1351 du 19 décembre 2008 (JO du 20 décembre 2008) est venu instituer la prime de solidarité active (PSA).
Cette prime, exceptionnelle, d’un montant de 200 euros, sera versée par foyer, au cours du mois d’avril 2009 (la date de versement reste à préciser) :
aux allocataires, au titre des mois de janvier, février ou mars 2009, du revenu minimum d’insertion, de l’allocation de parent isolé ou du revenu de solidarité active expérimental ;
aux bénéficiaires, au titre des mois de janvier, février ou mars 2009, de la prime forfaitaire d’intéressement rattachée à un droit au revenu minimum d’insertion (prime mentionnée à l’article L. 262-11 du Code de l’action sociale et des familles) ;
aux bénéficiaires, au titre des mois de janvier, février ou mars 2009, de la prime forfaitaire d’intéressement rattachée à un droit à l’allocation de parent isolé (prime mentionnée à l’article L. 524-5 du Code de la sécurité sociale (CSS)) ;
aux bénéficiaires, au titre des mois de janvier, février ou mars 2009, d’une aide au logement familiale ou sociale (mentionnées aux articles L. 542-1, L. 755-21 et L. 831-1 du CSS) ou de l’aide personnalisée au logement (mentionnée à l’article L. 351-1 du Code la construction et de l’habitation), qui, d’une part, sont âgés de plus de vingt-cinq ans ou assument la charge d’un ou de plusieurs enfants nés ou à naître et, d’autre part, exercent une activité professionnelle ou se trouvent, depuis deux mois consécutifs, en chômage total.. source AC
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06.11.2008
le nombre de bénéficiaires du RMI augmente
Le nombre de bénéficiaires du RMI repart à la hausse
Le haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté a indiqué que le nombre de bénéficiaires du RMI a progressé de 1% en septembre, ce qui représente environ 10.000 allocataires supplémentaires. Cette hausse, qui devrait se confirmer dans les prochains mois, succède à près de deux ans de baisse continue.
Le haut commissaire cite d'autres indicateurs, regroupés dans un document de synthèse remis aux membres de la commission élargie (à télécharger ci-dessous) qu'il a rencontré le 03 novembre.
Il a fait ainsi état d'un élément inhabituel, qualifié d'"indicateur rustique, mais très parlant" :
-> l'évolution des demandes de prêts sur gage auprès des crédits municipaux. Depuis le début de l'année, le nombre de ces prêts a augmenté de 40% à Paris et de 20% en moyenne dans les autres villes concernées, "ce qui est un signe d'inquiétude et de tension".
Outre cet indice précurseur, Martin Hirsch a également évoqué
-> l'accroissement des contraintes pesant sur les ménages à faibles revenus, qui les fragilise encore davantage face à un retournement de conjoncture.
Les dépenses "préengagées" (logement, assurances, impôts et remboursements d'emprunts) représentaient en effet 73,8% du revenu courant des ménages modestes en 2006, contre 52,1% en 2001.
Le compte rendu de la réunion du 03/11 à lire sur le site de l'assemblée nationale
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08.10.2008
L'Assemblée vote le financement du revenu de solidarité active
PARIS, 8 oct 2008 (AFP) - L’Assemblée a voté l’article sur le financement du revenu de solidarité active (RSA) lors de l’examen du projet de loi défendu par Martin Hirsch qui se poursuivait dans la nuit de mardi à mercredi.
L’UMP a voté pour et l’opposition contre l’article deux sur le financement, qui a fait l’objet d’âpres débats depuis lundi soir. L’article prévoit l’instauration d’une nouvelle taxe de 1,1% sur les revenus du capital, qui doit rapporter 1,5 milliard d’euros pour financer le RSA, appelé à remplacer le RMI. Les députés ont voté un amendement majeur qui prévoit que ce taux de 1,1% sera diminué grâce au plafonnement des niches fiscales (déductions d’impôts). Ce plafonnement doit rapporter entre 150 et 200 millions d’euros, selon l’exécutif. L’opposition a demandé en vain que les bénéficiaires du bouclier fiscal, qui plafonne les impôts directs à 50% des revenus directs, s’acquittent aussi de la taxe de 1,1%. Le gouvernement a répondu qu’il ne voulait pas toucher au bouclier fiscal à 50%, instauré par la loi travail, emploi, pouvoir d’achat (TEPA) de l’été 2007. L’exécutif et sa majorité UMP ont estimé que le plafonnement des niches fiscales était plus juste et plus efficace. Le Haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, a estimé à plusieurs reprises que le plafonnement des niches fiscales rapporteraient plus d’argent que la mise à contribution des bénéficiaires du bouclier fiscal. France Info
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13.09.2008
Le Conseil général du Bas-Rhin liquide ses bénéficiaires du RMI
La méthode pour radier le maximum de personnes est violente et pernicieuse. Jusque là, rien de nouveau les "politiques" de tous bord utilisent les mêmes grosses ficelles lorsqu'ils s'agit de "gérer" les pauvres, les exclus au niveau de "leur" ville ou de "leur" département.
Plusieurs contacts du Collectif SDF ont reçu un courrier du Conseil Général du Bas-Rhin, les convoquant afin "d'évoquer leur situation face au RMI". En réalité, la commission locale d’insertion (CLI), dépendant du Conseil général, a décidé de faire face à la décentralisation en réduisant le nombre de bénéficiaires du RMI. Le mot d'ordre est : économie.
Chaque mois, une commission composée de fonctionnaires, convoque et «auditionne» les bénéficiaires du RMI dans leurs locaux aux Ponts Couverts. Les convocations "pleuvent". Le bénéficiaire du RMI est seul face à des juges déterminés à accomplir leur tâche.
La cible dans sa grande majorité, est facile. Car le CG67 vise en priorité les personnes qui, comme on vous l'a rabâché sont passer à travers le I de RMI. Aujourd'hui on les rends responsables de cette défaillance. C'est bien connu, le "rmiste" est un fainéant, un profiteur, comme le chômeur, comme l'expulsé, comme le malade, comme le paralytique, comme l'étranger, comme le jeune des ghettos de banlieue, comme l'intermittent du spectacle, etc.
Il y à environ un an de cela, lors d'une rencontre, quelques travailleurs sociaux posaient des questions gênantes : qui sont ces personnes, quel est leur profil, comment se fait-il qu'elles n'aient pas rencontrées un travailleur sociaux...
Ces imbéciles préconisaient d'aller à leur rencontre, de leur parler et de cerner leurs besoins, leurs demandes... Bref ces Travailleurs sociaux faisaient leur travail en donnant au dispositif RMI sa dimension humaine...
Le Conseil Général du Bas-Rhin a donc décidé de faire à "sa manière", sans s'encombrer de ces empêcheurs de radier à la chaîne. On repère les cibles (grâce à qui au fait ?), on les convoque et on les radie. C'est simple et "efficace".
Car cette mesure, c’est bien trop clément et trop «humain» pour le département du Bas-Rhin qui a décidé de réduire ses "coûts".
Pour l'aider à accomplir cette mission les commissions CLI, sont composées de directeurs d'anpe, de fonctionnaires... Bref, le casting
parfait pour atteindre l'objectif tout en lui donnant un air de respectabilité.
Le bénéficiaire du RMI est considéré par ces gens là, comme un sous-homme, et un profiteur. Il est donc un "homme" que l'on destitue de tous ses droits, à la merci de ses "juges" et d'une société trop indifférente. Et tout est permis.
Pour Jacky, le petit Fred, Pierre, et d'autres, tous à la rue, après 20 minutes "d'audition" la sentence est tombé : 3 mois de radiation immédiatement, on vous convoquera à nouveau (quand?), vous devez avoir un référent.
Aucune aide, aucun conseil, pas même une adresse d'association; circulez et au suivant.
Depuis le mois de mars le CG67 a "embauché" des élus de la "nouvelle" municipalité sans qu'aucun changement de "stratégie" n'intervienne. L'"opposition" reste silencieuse, comme les associations qui "attendent" que ces "cas" viennent à elles...
Jusqu'où peut aller l'inacceptable ?
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12.09.2008
LE RSA : PROPAGANDE OU DÉSINFORMATION...
Le RSA n'augmente pas l'incitation monétaire à la reprise d'emploi
<http://cidrolin.over-blog.fr/
À force d'écouter des contre vérités on finirait presque par y croire...ou par s'irriter vraiment. Avec le RSA, on est servi. Le RSA, rappelons-le, est censé remplacer les minima existants et faire en sorte que tout le monde puisse sortir de la pauvreté en travaillant. Dit autrement, on ne pourra désormais sortir de la pauvreté que si l'on travaille. C'était le thème d'une chronique publiée l'an passé dans Alternatives économiques(1).
Pour justifier son projet de Revenu de solidarité active (RSA), le gouvernement entonne depuis un an la même rengaine : avec le RSA, la reprise d'emploi sera toujours financièrement attractive. Le VRP Hirsch le répète à longueur d'entretiens et les « vrais » ministres lui emboîtent le pas, comme Xavier Bertrand, dans l'édition de France Soir du 1er septembre 2008 : « J'ai croisé beaucoup trop de personnes qui me disent : « Si je reprends un boulot, j'y perds. » Avec le RSA, c'est terminé. Ils auront la garantie d'y gagner s'ils reprennent un emploi. »
« Si je reprends un boulot, j'y perds ? » On ne le répétera jamais assez : ceci est un mensonge, this is not true, das ist nicht wahr...
On peut le répéter dans toutes les langues. Désolé pour Martin Hirsch, mais ceux qui ont conçu le RMI s'étaient déjà posé la question avant lui. D'ailleurs ils avaient fait les mêmes écoles. Depuis la création du RMI, il existe des mécanismes « d'intéressement », comme disent les spécialistes, qui permettent de cumuler son salaire avec tout ou partie de son allocation de façon à ne pas y perdre quand on reprend un emploi, même pour des emplois à temps très partiels. Ces mécanismes ont changé depuis 20 ans. Mais ils rendent toujours la reprise d'emploi financièrement attractive. Du moins si on ne veut pas tordre le sens des mots. Reprendre un emploi, c'est passer d'une situation « d'assistanat », comme se plaît à insister Xavier Bertrand, à une situation d'emploi.
Ces mécanismes de cumul qui permettent de toujours y gagner quand on reprend un emploi disparaissent au bout d'une année. Car reprendre un emploi ce n'est pas passer sa vie à la perdre dans des emplois à trois francs six sous. Quand ces mécanismes d'intéressement disparaissent, la réalité de l'emploi retrouvé apparaît dans sa vérité toute crue. Si le salaire perçu est inférieur au revenu minimum garanti (le RMI aujourd'hui), alors évidemment, « on y perd ». Mais ce n'est pas un scoop. À partir du moment où la société garantit un revenu minimum, il est évident que l'on peut toujours convertir ce revenu minimum en un minimum d'heures de travail... C'est précisément, d'une certaine façon, ce que le gouvernement essaye de faire avec le RSA. En forçant les pauvres à travailler pour avoir un revenu minimum. Cela s'appelle du travail forcé. Xavier Bertrand le confirme d'une façon finalement assez candide dans sa réponse à la première question de l'entretien accordé à France Soir : « C'est la même logique que l'offre raisonnable d'emploi. »
Bref, on supprime le revenu minimum pour le remplacer par un travail minimum. Évidemment, il n'est pas question de le claironner ainsi. Donc on invente le mythe de la « désincitation au travail » : si les pauvres ne reprennent pas d'emploi, ce n'est pas par paresse. Non, nous sommes des gens civilisés et les pauvres modernes sont rationnels. Les pauvres ne reprennent pas d'emploi parce qu'ils font des calculs et qu'ils constatent qu'ils y perdent. C'est faux, comme on l'a déjà dit. Mais peut-être que le RSA va accroître les incitations existantes ? Quand on cherche la réponse, on a bien du mal à la trouver. On retrouve toujours les mêmes discours incantatoires (quelque chose qui ressemble beaucoup à de l'idéologie) mais rien de très concret. Quand on pose la question aux journalistes, ils sont tout aussi démunis pour y répondre...
Et puis on finit par trouver sur le site du Premier ministre une infographie qui donne le montant du RSA dans différentes situations : selon l'emploi retrouvé et la situation familiale. Les chiffres sont reproduits dans le tableau suivant. C'est le montant mensuel du RSA que l'allocataire perçoit en plus de son salaire de smicard (250 euros pour un quart temps, 500 euros pour un mi temps, 1000 euros pour un temps complet, en chiffres arrondis).
Quart temps Mi temps Temps complet
Célibataire 313 237 87
Personne isolée avec un enfant de - 3 ans 311 236 85
Couple monoactif sans enfant 480 405 254
Couple bi-actif sans enfant 179 103 0
Couple monoactif avec 2 enfants 480 405 254
Couple bi-actif avec 2 enfants 179 103 0
http://www.premier-ministre.
Alors on compare avec la situation actuelle de reprise d'emploi sur la première année où l'on peut déjà cumuler son RMI avec une partie de son salaire. Et l'on constate que la reprise d'emploi est moins avantageuse financièrement avec le RSA. Oui, vous avez bien lu : c'est MOINS avantageux. Sur un an, pour un célibataire qui reprend un quart temps au SMIC, le gain de la reprise d'emploi diminue de près de 500 euros par an avec le futur RSA. Pour une personne isolée avec un enfant de moins de 3 ans, la perte annuelle serait de plus de 3000 euros !
Quand la reprise d'emploi s'effectue sur un temps complet, le déficit avec la situation actuelle est encore plus important ...Mais vous ne le verrez pas dans les chiffres reproduits sur le site du journal Le Monde.
Ce journal se fait en effet le porte voix du gouvernement en reproduisant des chiffres grossièrement truqués
(http://www.lemonde.fr/web/
<http://www.lemonde.fr/web/
Pour les salariés qui reprennent un SMIC à temps complet, le « quotidien de référence » oublie simplement le cumul intégral avec le RMI pendant les trois premiers mois et la prime forfaitaire de 175 euros pendant les 9 mois suivants. Dans ce calcul, la reprise d'emploi pour un SMIC à temps complet permet de percevoir 12456 euros (soit douze fois le montant d'un smic mensuel à temps complet), alors qu'avec le RSA le total des revenus perçus la première année serait de 13 099 euros, selon le journal. En réalité un Rmiste qui reprend un emploi à temps complet, même au SMIC, perçoit près de 3000 euros de plus (2918,73 euros pour être très précis) que le chiffre indiqué par Le Monde.
La reprise d'un emploi à temps plein, même au salaire minimum, est donc bien plus avantageuse aujourd'hui qu'elle ne le serait demain avec le RSA. Le RSA diminue l'incitation à reprendre un emploi à temps complet et accroît, par conséquent, les incitations au temps partiel.
Faut-il parler de propagande, ou simplement de désinformation ?
07:08 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
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11.09.2008
RSA : un bilan en trompe-l’oeil
La campagne de communication du gouvernement sur le RSA a connu un nouveau développement avec la remise officielle, hier, à Martin Hirsch, du rapport d’étape du comité d’évaluation de l’expérimentation du dispositif. Présidé par François Bourguignon, directeur de l’École d’économie de Paris, ce comité a été chargé de tirer un bilan d’un an d’expérimentation du RSA dans 34 départements français, afin de nourrir la discussion au Parlement sur le projet de loi de généralisation du dispositif.
Or, ce premier bilan se veut encourageant. À en croire la présentation faite par les services de Martin Hirsch, on observe dans les zones de test une « tendance favorable sur le retour à l’emploi ». De décembre 2007 à avril 2008, « le taux moyen de retour à l’emploi est régulièrement supérieur dans les zones expérimentales par rapport aux zones témoins ». En cumul sur ces cinq mois, « l’écart observé atteint 30 % », font valoir les services de communication. À y regarder de plus près, l’enthousiasme s’effondre puisque cette augmentation de 30 % porte sur des chiffres dérisoires : sur les cinq mois cumulés, le retour à l’emploi avec le RSA est de 2,92 % contre 2,25 % sans le RSA, soit une progression de 0,67 point ! Avec le RSA, moins de trois chômeurs sur cent retrouvent un emploi. Observés mois par mois, les écarts entre zones test et zones témoins restent même dans « l’intervalle de confiance, non statistiquement significatifs », admet le document. Ces faibles résultats sont d’autant plus notables que les expérimentations prévoyaient une incitation financière plus avantageuse que le RSA qui doit être généralisé. La plupart des départements engagés dans l’expérimentation avaient en effet autorisé un cumul de 70 % du salaire avec l’allocation en cas de reprise d’emploi, contre 62 % dans le projet de loi présenté en Conseil des ministres le 3 septembre.
L’évaluation souffre également de la faiblesse numérique du panel. Au 30 juin, 14 675 allocataires du RMI ou de l’API (Allocation
parents isolés) étaient entrés dans un dispositif test, sur
des territoires regroupant 111 000 bénéficiaires potentiels. Autrement dit, le RSA n’a été appliqué qu’à 12 % du public potentiel, ce qui implique une sélection qui a écrémé les plus motivés ou les plus proches de l’emploi. Enfin, la qualité des emplois retrouvés est faible. Seuls 28 % des allocataires du RSA occupent des emplois dits « durables » incluant les CDI mais aussi les CDD de plus de six mois. Un tiers est en emploi aidé, 25 % en CDD de moins de six mois ou en intérim, 10 % en activité indépendante, 5 % en formation rémunérée. Du point de vue de la lutte contre la pauvreté, le document indique qu’avec 100 à 200 euros mensuels en moyenne, « le RSA représente un complément de revenu toujours bienvenu pour les ménages concernés », mais ne tire pas de bilan plus global de l’expérimentation.
Fanny Doumayrou
07:20 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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09.09.2008
RSA : Attention au déni de justice
Une tribune intitulée « RSA : attention au déni de justice », co-signée par Gaby Bonnand (CFDT), Denis Clerc (Alternatives économiques), Maryse Dumas (CGT), Nicole Maestracci (FNARS), Pierre Naves (IGAS), Jean-Luc Volatier (Afssa), est parue en page « Débats » du Monde daté du 10 juillet dernier.
Revenant sur le problème devenu structurel en France des bas salaires et des travailleurs pauvres, dans « une proportion inconvenante », le texte, tout en soulignant l'avancée que représente le RSA, met en garde contre ce projet s'il devait être financé par le redéploiement de la politique publique de l'emploi : « Car ce serait alors au détriment de salariés qui, situés parmi les 30 à 40 % de ménages aux revenus les plus modestes, verraient alors ce complément de revenu - de l'ordre de 400 euros par an en moyenne – disparaître ou être réduit sensiblement pour financer un RSA destiné à des salariés appartenant à des ménages pauvres ou proches de la pauvreté. »
Les auteurs proposent ainsi : « la mise en place du RSA doit être supportée par la solidarité nationale pour laquelle l'ensemble des contribuables interviennent en proportion de leurs capacités, et pas par ceux d'entre eux qui perçoivent la PPE. [...] D'autre part, les employeurs doivent assumer leurs responsabilités, en réduisant leur recours aux contrats précaires et en pratiquant une véritable politique salariale qui ne se borne pas à suivre les décisions de l'Etat en matière de smic. »
Consulter un extrait de la tribune sur le site du Monde
Lire la tribune dans son ensemble sur le site de la Fnars
06:53 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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08.09.2008
Le RSA : une réforme à risque
Par Jacques Cheminade
Toute la presse soumise à la pensée unique a accueilli le Revenu de solidarité active de Martin Hirsch comme « une avancée historique dans la lutte contre la pauvreté », « du Rocard fait avec du Sarko » (Le Nouvel Observateur), un « gage donné au peuple de gauche » (Le Point) ou une mesure habile annoncée à la veille de l’Université d’été du Parti socialiste (Le Figaro). En fait, il s’agit d’une bonne idée au départ, totalement déformée dans son application et aboutissant, à l’arrivée, au contraire de ce qu’elle prétend être.
Le RSA, passé le 3 septembre en conseil des ministres et inscrit à l’ordre du jour de la session extraordinaire du Parlement pour entrer en vigueur en juin 2009, prétend inciter à la reprise d’activité et à la réintégration sociale des plus dépourvus. Pour les inciter à retrouver une activité salariée, il leur propose le maintien d’une allocation équivalant au montant actuel du RMI (447,91 euros pour une personne seule) au départ, en complément du salaire, avec une diminution au fur et à mesure que l’activité et le salaire augmentent. Environ 4 millions de personnes sont concernées par cette mesure. Financée par un impôt sur le capital, elle ne pèsera pas sur les comptes des entreprises.
Denis Olivennes, dans Le Nouvel Observateur –encore lui – y voit « justice sociale, respect des lois du marché et redistribution fiscale ». Cependant, le diable est dans les détails, et ici il n’y en a pas qu’un.
Tout d’abord, dans la conception même de la mesure. Comme l’analyse une chronique du Cercle des économistes, le RSA ne bénéficie pas aux jeunes de 18 à 25 ans, qui sont les plus touchés par la pauvreté et l’exclusion. Il ne retient qu’un « taux de cumul » de 62%, et non de 100%, c’est-à-dire qu’au-delà du revenu minimum, le pourcentage du revenu salarial conservé par le bénéficiaire est, pour chaque euro gagné, de 62 cents. Ce n’est que médiocrement « payant » et donc incitateur, d’autant plus que, comme nous le verrons plus bas, l’application du décret sur le train de vie allocataires sociaux vide encore davantage la mesure de son effet. En outre, le projet Hirsch, faute d’être accompagné de mesures sur la taxation du travail à temps partiel, risque d’ouvrir la trappe à la précarité. En clair, un employeur pourra multiplier, grâce au RSA, des petits boulots puisque pour lui, le revenu minimum peut s’assimiler à une aide… en sa faveur ! De même que pour les mesures visant à favoriser l’emploi en réduisant les cotisations patronales sur les bas salaires, le RSA est ainsi potentiellement créateur d’un réservoir de main d’œuvre exploitée et mal payée. Enfin, échapperont à la « logique » du RSA les RMIstes de longue durée, inaptes au travail de manière structurelle. Car le RSA n’est pas étayé par une amélioration de l’accompagnement vers l’emploi des bénéficiaires. Le périple des RSA risque donc de ressembler à celui des RMIstes qui veulent trouver un emploi : une aventure souvent incohérente dans une bureaucratie kafkaïenne. Cela fait beaucoup. Mais ce n’est pas tout.
Le financement du RSA sera assuré par la mise en place d’une taxe additionnelle de 1% sur tous les revenus des patrimoines et des placements, à l’exception du livret A et du livret d’épargne populaire. Qui sera touché ? Les quelque 12,5 millions de Français possédant un contrat d’assurance-vie, les 2,2 millions possédant des revenus locatifs et les 11 millions détenant des valeurs mobilières. C’est-à-dire les classes moyennes, car les très riches qui peuvent se prévaloir d’un bouclier fiscal y échapperont, au motif qu’ils paient déjà beaucoup d’impôts ! C’est ainsi un révélateur significatif de la politique sarkozyste, et d’une opposition socialiste qui va sans doute une fois de plus se laisser faire. Or il y a d’autres pistes, mais qui auraient touché les 0,01 à 0,1% des Français à très hauts revenus. Par exemple en soumettant au droit commun de l’impôt les 8,6 milliards d’euros distribués chaque année sous forme de stock-options à environ 100000 personnes. Cela rapporterait plus de 3 milliards d’euros, de quoi faire un vrai RSA, tout comme le permettrait une juste imposition des parachutes dorés, des retraites abusives ou des plaisanciers de luxe du type Vincent Bolloré.
Enfin, le pire. L’application automatique du décret sur le train de vie des allocataires de minima sociaux, mesure ajoutée au RSA sous prétexte de sanctionner les « fraudeurs », permettra deux choses. La première sera d’autoriser la CAF et les autres organismes de Sécurité sociale à effectuer des contrôles, sans le consentement du bénéficiaire et à son insu, pour établir notamment son « train de vie ». Car le décret change le mode de calcul des minima. Auparavant, on ne retenait que le revenu actuel de la personne et de son foyer. Désormais, on prendra en compte le patrimoine, ce qui signifie que les foyers appartenant aux classes moyennes les plus dépourvues, n’ayant plus de salaire ni d’indemnité de chômage, mais détenant encore une propriété modeste, n’auront d’autre choix que de vendre les biens qu’ils possèdent pour survivre. De plus, outre cette exclusion de l’accès à un complément de salaire, ceux-là perdront les droits connexes afférents au statut actuel de RMIiste, en particulier le droit aux transports ou l’accès automatique à une couverture sociale complémentaire.
Bref, le RSA à la sauce actuelle consiste à faire financer par les classes moyennes, à l’exclusion des plus riches, une mesure qui crée une trappe à petits boulots et ne prévoit pas d’accompagnement digne de ce nom vers l’emploi. Comme l’a exprimé un lecteur de Libération (le 30-31 août), beaucoup « seront réduits à la précarité "brute", le salaire de merde et point barre ». Le RSA est donc bien la version française, administrée avec de la vaseline social-libérale, du plan HARZ IV allemand, que notre parti frère là-bas a tant combattu. Les conséquences seront, faute de corrections, les mêmes qu’en Allemagne. Comme le dit le lecteur de Libération :« Paupérisation brutale d’une partie de la population », non du fait du RSA lui-même mais par rapport au système dont il se fait complice. La preuve est ici donnée qu’il y a bien aujourd’hui une politique européenne, et qu’elle est devenue cohérente, anti-sociale et autodestructrice.
Les analyses de Jacques Cheminade sur Solidarité & Progrès
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02.09.2008
RSA. Le retour à l’emploi mis en doute
L’action du RSA sur la reprise d’emploi, est incertaine voire contestable, selon de nombreux experts.
Pour certains experts, le RSA (Revenu de solidarité active) ne serait pas la solution au problème du chômage. Ils soulignent que la question financière est loin d’être le seul obstacle à la reprise d’un travail. Le RSA doit se substituer à partir de juillet 2009 au revenu minimum d’insertion (RMI) et à l’allocation parent isolé (API). Il permet en cas de reprise d’emploi de cumuler un petit salaire et 62 % de l’ancienne allocation. Pour les économistes Pierre Concialdi et Denis Clerc, le RSA comporte le risque que les employeurs, privés ou publics, multiplient les emplois précaires ou à temps partiel peu rémunérés et profitent du fait que les bénéficiaires du RSA reçoivent un complément des pouvoirs publics.
Pour Noëlle Burgi, chercheur au CNRS, « le RSA risque de multiplier les mauvais petits boulots, d’institutionnaliser un second marché du travail basé sur le précariat et ne peut pas tenir lieu de politique d’emploi ». Fin mai, le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), composé d’élus, de syndicalistes, de dirigeants patronaux et d’experts, et rattaché à Matignon, soulignait que « si le RSA peut être l’un des instruments d’un retour à l’emploi, il n’en est pas le remède miracle ». Pour eux, les obstacles sont surtout « le manque d’emplois disponibles, la qualification défaillante, et les problèmes de garde d’enfants ou de santé ».
source : http://www.letelegramme.com/gratuit/generales/france/rsa-le-retour-lemploi-mis-en-doute-20080901-3715983_1443864.php
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31.08.2008
RSA : la naissance d’un régime de précarité assistée
Par Serge Paugam
[Serge Paugam est directeur d’études à l’EHESS, l'Ecole des hautes études en sciences sociales, Ndlr]
En 1988, la première mesure sociale du second septennat de François Mitterrand fut le vote de la loi sur le RMI. Vingt plus tard, Nicolas Sarkozy propose l’instauration d’une contribution de 1,1 % sur les revenus de placement et de patrimoine pour financer la mesure phare de la politique sociale du gouvernement : le RSA. Si le RMI avait été salué comme une grande avancée sociale et voté à la quasi-unanimité à l’Assemblée Nationale, le RSA risque d’apparaître nettement moins consensuel. A droite, des voix commencent à s’élever pour protester contre l’instauration de cette nouvelle taxe sociale, à gauche des interrogations subsistent sur le bien fondé d’une mesure dont les effets sur la reprise d’emploi ne sont pas démontrés et qui risque de modifier en profondeur le fonctionnement du marché du travail en institutionnalisant ce que l’on peut déjà appeler le RPA, le «régime de précarité assistée ».
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30.08.2008
Denis Clerc : "Le RSA risque d'augmenter le travail à temps partiel"
Quel jugement portez-vous sur le RSA?
Un jugement nuancé : cela réduira (un peu) la pauvreté laborieuse, mais avec le risque d'augmenter les miettes d'emploi.
Pensez-vous que le RSA encouragera les employeurs à proposer des emplois à temps partiel ?
Craignez-vous un blocage des salaires ?
Non, mais le RSA pourrait avoir un effet indirect. La plupart des emplois qui seront occupés par les bénéficiaires du RSA seront à des niveaux proches du smic. Or les salariés au smic bénéficient de forts allégements de cotisations. Cela incite les employeurs à ne pas augmenter les salaires pour ne pas perdre ces avantages. Ce mécanisme pervers risque donc de s'accentuer.
L'Etat doit-il subventionner des emplois paupérisants? Faut-il plutôt sanctionner les entreprises qui les proposent?
Il faut subventionner l'emploi au bénéfice des personnes qui n'arrivent pas à en trouver car l'employeur les soupçonne d'une productivité faible. Mais il faut aussi sanctionner les employeurs qui profiteraient du RSA pour multiplier les emplois indignes. On doit manier à la fois la carotte et le bâton.
Pour l'heure, on crée la carotte mais pas le bâton…
L'absence, dans le projet de loi RSA, d'obligations pour les employeurs est une lacune. Il faut obliger les branches à ouvrir des négociations sur les bas salaires et la réduction des emplois à temps partiel. Il faut aussi imposer une évaluation annuelle de la réforme pour vérifier que les emplois précaires ne se multiplient pas.
Pourrait-on limiter les effets pervers potentiels du RSA ?
Oui, en commençant à verser le RSA à partir d'un tiers-temps et non dès la première heure de travail, comme prévu. Verser le RSA à partir de onze heures trente de travail hebdomadaire moraliserait le marché du travail et permettrait d'allouer un complément de revenu plus élevé. Les salariés incités à occuper des emplois d'une durée inférieure pourraient légitimement les refuser puisqu'ils ne seraient pas éligibles au RSA.
Pour ne pas pénaliser les plus en difficulté, ceux qui ne sont pas en mesure de reprendre tout de suite un emploi à temps plein – ou même à mi-temps –, on pourrait imaginer que des associations spécialisées ou des chantiers d'insertion les aident dans leurs premiers pas sur le marché du travail.
Le RSA va-t-il faire baisser le taux de pauvreté?
Ce n'est pas une arme telle qu'elle permette à plus de 1 million de personnes de sortir de la pauvreté. Si on arrive à 500000, ce sera bien. La mesure que je propose (réserver le RSA aux gens qui travaillent au moins un tiers-temps) permettrait, avec la même somme dépensée, de sortir 800 000 à 900 000 personnes de la pauvreté.
Ces chiffres paraissent faibles au regard de l'ambition du gouvernement de faire baisser la pauvreté d'un tiers d'ici à 2012.
C'est peu, sauf qu'il peut y avoir une dynamique. Aujourd'hui stagnent dans la pauvreté des gens qui n'ont pas accès à l'emploi. Le RSA peut avoir un rôle incitatif. Néanmoins, les freins au retour à l'emploi sont très peu monétaires. Ils sont bien davantage liés aux problèmes de mobilité, de santé ou de garde d'enfant. La dynamique ne sera enclenchée que si l'Etat et les partenaires sociaux font un très gros effort de formation et de soutien envers les personnes les plus en difficulté, qui sont aujourd'hui complètement laissées à l'abandon.
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28.08.2008
Pour Sarkozy, le RSA est un dispositif vraiment capital
Précarité. Le Revenu de solidarité active sera financé par la taxe sur le patrimoine.
Le RSA (revenu de solidarité active) sera financé par une cotisation de 1,1 % sur les revenus du patrimoine. Nicolas Sarkozy doit l’annoncer aujourd’hui lors d’un déplacement à Laval (Mayenne). Mais l’Elysée a dû confirmer que cette hypothèse, révélée hier par Les Echos, était non seulement «une piste sérieuse», selon l’expression du ministre du Budget Eric Woerth, mais bel et bien un arbitrage présidentiel, qui sera soumis au Parlement cet automne avec le projet de loi de finances.
Le dispositif, expliquait hier un conseiller de Nicolas Sarkozy, sera très simple. Actuellement, tous les revenus du patrimoine (dividendes, plus-values, loyers…) sont taxés au titre des contributions sociales à hauteur de 11 %, dont 8,2 % pour la seule CSG. Ce taux passera à 12,1 % ; le produit supplémentaire, soit 1,5 milliard d’euros, étant reversé à un fonds qui financera le RSA. Ce fonds recevra également les sommes actuellement versées pour le RMI (revenu minimum d’insertion) et l’API (allocation parent isolé), deux prestations qui seront remplacées par le RSA.
Dégressif. Martin Hirsch (lire ci-contre) a donc gagné la partie contre ceux des élus UMP qui trouvaient sa réforme trop onéreuse. Le RSA coûte en effet 1,5 milliard d’euros de plus que les prestations qu’il remplace. Il coûte plus cher, parcequ’il est aussi versé aux RMistes qui retrouvent un emploi mais dont les revenus sont très faibles. Il est dégressif jusqu’au Smic, et même au delà pour les couples ayant des enfants à charge.
En décidant de taxer les revenus du patrimoine pour financer le RSA, le président de la République effectue un changement de cap à 180 ° par rapport aux engagements du candidat Sarkozy et aux 15 milliards d’allégements fiscaux votés l’an dernier. Hier, la présidente du Medef, Laurence Parisot, s’étonnait de voir ainsi «financer une bonne idée par une taxe en plus». Quant à l’ancien ministre du Budget, Alain Lambert, il estime que ce n’est «pas une bonne idée de créer une nouvelle taxe quand l’Etat est en faillite». «Je me marre quand je pense à ce que l’on entendait pendant la campagne présidentielle, quand nous étions quelques-uns à dire qu’il ne fallait surtout pas s’engager à baisser de 4 points les prélèvements obligatoires! », ajoute le sénateur UMP.
Le rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, Gilles Carrez (UMP, Val-de-Marne) était aussi de ceux qui criaient casse-cou. Mais il admet que taxer les revenus du patrimoine est la moins mauvaise solution pour tenir les engagements sur le RSA : «On ne pouvait ni creuser le déficit, ni taxer les entreprises, ni mettre à contribution les ménages.»
Ce qui réjouit quand même la droite, c’est que la gauche est encore plus embarrassée qu’elle par cette décision. Il n’est plus question de financer le surcoût du RSA en réduisant la prime pour l’emploi. La gauche était déjà partie en guerre contre cette façon de faire payer les pauvres pour aider les encore plus pauvres qu’eux.
«Légitime». Désormais, le RSA apparaît comme une réforme de gauche menée par un ministre d’ouverture. Et quand la loi sur le RSA viendra cet automne devant le Parlement, les élus PS, s’ils ne la votent pas, auront du mal à expliquer pourquoi ils n’approuvent pas une telle mesure. Le premier secrétaire du PS, François Hollande a d’ailleurs jugé «légitime» ce mode de financement. «Le gouvernement reconnaît l’erreur du paquet fiscal», a tenté de contre-attaquer de son côté le président du groupe socialiste à l’Assemblée, Jean-Marc Ayrault.
Par FRANÇOIS WENZ-DUMAS pour LIBÉRATION
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/348003.FR.php
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08.08.2008
Je dénonce
Je dénonce
"Le premier devoir d'un responsable, c'est la lucidité", affirme Nicolas Sarkozy
Alors …. Bonjour... Aux « aveugles » qui nous gouvernent !
Mon cri ... N'est pas seulement le mien ... Mais celui de milliers de personnes en situation d'exclusion, d’invisibilité ... D'INEXISTANCE! … Une personne handicapée vivant seulement avec l'AAH ... Un travailleur SDF ... Un SDF sans travail ... Un travailleur précaire ...
Tous nous sommes à bout!
S'il vous plait ... Diffusez, faites diffuser ce message !
Aidez nous à être entendu(e) s!
Moi, Janine Thombrau, rongée par une Sclérose En Plaques , n’ayant pas choisi d’être handicapée ni de ne pouvoir travailler, en mon nom et celui de milliers d’autres exclus, malades, travailleurs précaires, citoyens sans toit….
JE DENONCE…
*Je dénonce le pouvoir de notre pays incapable d’assurer la protection de ses citoyens les plus fragiles.
*Je dénonce le pouvoir législatif, Députés et Sénateurs, qui, malgré leurs belles paroles tricotées de condescendance et de compassion de théâtre, ignorent totalement le vécu d’une grande part de leurs concitoyens.
*Je dénonce le pouvoir exécutif qui, avec la complicité des deux assemblées, prend aux plus pauvres pour donner aux plus riches…. Et ce même pouvoir de n’être rien de plus qu’un pantin au service des plus riches.
*Je dénonce les dirigeants d’un pays qui dans quelques jours sera à la présidence de l’Union Européenne et j’ai honte pour nous quand ces mêmes osent dire que le handicap sera une de leurs priorités. ( En vue de sa Présidence de l'Union Européenne à partir du 1er juillet, le Ministre du Travail et de la Solidarité a affirmé que "la politique du handicap était au cœur des priorités d'action" du Gouvernement…).
*Je dénonce encore ces dirigeants qui ont signé une convention de l’ONU et qui ne l’appliquent même pas sur leur territoire. (Cette convention de 32 pages avec son Protocole facultatif adoptés le 13 décembre 2006, - ouverts à la signature au siège des Nations unies, à New York, le 30 mars 2007, sont entrés en vigueur le 3 mai 2008 – interdit toute forme de discrimination au travail liée au handicap, notamment en matière de recrutements, de promotion et de conditions de travail. Elle stipule qu'à travail égal on doit toucher un même salaire…).
Elle exhorte par ailleurs les Etats signataires à promouvoir l'emploi des personnes handicapées, notamment au moyen d'une "discrimination positive" à leur égard.
La convention stipule encore que les handicapés ne peuvent être exclus des systèmes éducatifs et exige des Etats signataires qu'ils facilitent leur accès aux bâtiments, aux moyens de transports, aux écoles et aux lieux de travail…)
*Je dénonce l’opulence et les bénéfices des industries pharmaceutiques qui se nourrissent de la maladie et de la détresse des malades et des handicapés (Rien que 7,11 milliards d'euros, pour Sanofi Aventis en 2007)
*Je dénonce les bénéfices « pharaoniques » des entreprises qui utilisent chômage et misère comme une arme de soumission
*Je dénonce ces patrons et ces actionnaires du CAC 40 qui n’imaginent même pas reverser 10% de leurs bénéfices pour sauver la sécurité sociale, la santé et la solidarité.
(DOUZE milliards pour Total, sept milliards pour BNP et Sanofi, cinq milliards pour EDF et Société générale. Les profits dégagés en 2006 par les entreprises du CAC 40 totalisent 97 milliards d'euros. Soit une progression de 10 % par rapport à l'année précédente… Et plus de cent milliards d’euros en 2007)
*Je dénonce ces entreprises qui affichent leurs bénéfices pantagruéliques et délocalisent ou licencient pour en faire encore plus…. Allongeant sans vergogne la liste des chômeurs et par là même des malades.
*Je dénonce l’incompétence … Le mépris … L’inhumanité … D’un pays qui est incapable d’assurer une retraite normale, avec les mêmes plaisirs, la même qualité de vie, à ses « vieux » qui l’ont construite.
*Je dénonce la misère de 850 000 handicapés, qui n’ont pas choisi d’être dans cet état et de ne pas travailler … Qui, de fait, vivent largement au dessous du seuil de pauvreté…
(Il me reste 408,97 € sur mon AAH, après avoir payé frais médicaux non remboursés et franchises ... Pour: m'héberger, manger, payer ma part de charges, téléphoner, écrire, et peut-être m'habiller ... ???? Car vu ma dépendance, il m'est impossible d'habiter seule...)
*Je dénonce le volontaire oubli de cette population qui se situe en dessus de 7,5 à 8 sur l’échelle EDSS … Et qui se trouve dans l’impossibilité totale de vivre seule et de travailler…. Ainsi que le manque de structures pour les accueillir.
*Je dénonce les mensonges du pouvoir, vos mensonges, sur le soi-disant déficit de la Sécurité Sociale … Afin de culpabiliser les français et en particulier les malades. Bien sûr que si des recettes ne rentrent pas … Il y a déficit ! Mais de quelles recettes s’agit-il ?
(Qu’en est- il de la part des recettes fiscales qui doivent être imputées au fonctionnement de la « Sécu. » ? Une partie des taxes sur le tabac : 7,8 milliards, sur l'alcool : 3,5 milliards, La partie des primes d'assurances automobiles : 1,6 milliards, La partie de la taxe sur les industries polluantes : 1,2 milliards, La part de TVA : 2 milliards, retard de paiement pour les contrats aidés : 2,1 milliards, retard de paiement par les entreprises : 1,9 milliards. En faisant une bête addition, on arrive au chiffre faramineux de 20,1 milliards d’Euros).
*Je dénonce cette outrecuidance que vous avez de nous culpabiliser en nous mettant sur le dos vos incompétences de gestion… Où plutôt de dissimuler sous ces apparentes incompétences vos choix de faire les riches plus riches et les pauvres à la fois plus pauvres et responsables des malheurs de notre société…
*Je dénonce cette société qui stigmatise les pauvres, les malades, les chômeurs, bref tous les « fragiles » ou les « pas dans le moule », cherchant à en faire des boucs émissaires et à faire régner un régime de la PEUR... »
*Je dénonce cette société et ce système qui fait son chemin vers un individualisme forcené et un incivisme qui fait oublier que : « Ca n’arrive pas qu’aux autres » …
*Je dénonce par là même cette même société qui fait que nombre d’employeurs préfèrent payer des amendes plutôt que d’employer des handicapés.
*Je dénonce ces centaines de communes qui ne se fendent pas des aménagements indispensables pour nous permettre une vie respectant notre liberté de circulation et l’égalité dans les transports…. Fauteuils roulants … Poussettes … Même combat !
*Je dénonce l’état de la majorité de leurs rues et trottoirs, de du peu de places accessibles en stationnement handicapé… Car même si elles en avaient pour certaines la volonté politique … La compensation du transfert des charges ne se fait pas ou si mal.
*Je dénonce une république qui ne nous donne pas, malgré ses fondements, les moyens d’autonomie et d’indépendance financière nous permettant la qualité de vie à laquelle peut prétendre tout citoyen.
*Je dénonce aussi une société qui n’accorde l’AAH qu’à partir de 20 ans, déniant ainsi la majorité à 18 ans.
*Je dénonce, messieurs qui nous dirigez, votre arrogante inhumanité, vos certitudes goguenardes lorsque vous parlez des handicapés et des exclus, et votre incommensurable mépris de la connaissance et du respect de ceux dont vous avez la charge.
*Je dénonce … J’accuse … L’Etat Français d’abuser « le peuple électeur », d’en abuser et d’utiliser la démocratie contre toute une partie du peuple…. Au bénéfice outrageant d’une infime partie… De pratiquer un népotisme d’état !
Alors … Si personne ne réagit … A qui le tour ?
Quelles seront les prochaines victimes de cette course sociale à reculons… Quels seront les nouveaux coupables de la descente aux enfers de notre société ?
http://motspourmaux.perso.cegetel.net/
http://www.nipauvrenisoumis.org/
http://www.appelcontrelafranchise.org/franchise.php
http://www.ensemblepourunesantesolidaire.fr/
A lire ... A diffuser .. Utiliser ..... Copier ... Sans aucune modération
Amitiés
Janine Thombrau
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