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08.05.2009

Alsace : Gardiens de prison déçus

Les surveillants qui manifestent depuis lundi, devant les maisons d’arrêt, ont poursuivi leur mouvement dans les grandes villes.

À Strasbourg, les surveillants ont discuté, dès 8 h hier, du projet d’accord issu des négociations de la nuit de mercredi à jeudi. « La majorité des surveillants de Strasbourg ne sont pas satisfaits des mesures proposées par le gouvernement, relève Robert Pierson, de l’Ufap (Union fédérale autonome pénitentiaire). Ils estiment que les revendications au niveau national ne sont pas à la hauteur de celles de la base. »
Les trois syndicats, Ufap, FO et CGT pénitentiaires ont ainsi relevé que la question du 13 emois, réclamé par les gardiens de prison, n’avait pas été évoquée à Paris. De la même façon, ils estiment que les 350 postes créés « sont largement insuffisants. Cela ne représente qu’à peine deux agents par établissement, alors qu’on n’arrive déjà pas à combler le manque de postes actuel, dont 22 à Strasbourg. » Et puis surtout, le projet d’accord ne règle pas le problème de la surpopulation carcérale. « Si on veut que les règles pénitentiaires européennes s’appliquent, remarque le représentant de l’Ufap , il faut des cellules individuelles avec douche. Or, on en est loin. »
L’intersyndicale de Strasbourg a décidé de suspendre le mouvement ce week-end. « Nous verrons lundi sous quelle forme continuer le mouvement. Car, rappelle Robert Pierson, nous risquons des sanctions disciplinaires si nous ne sommes plus soutenus par la direction nationale. »
À Mulhouse, une vingtaine de manifestants ont maintenu leurs actions dès 6 h hier, devant la porte de la maison d’arrêt. Par trois fois, des pompiers ont dû intervenir, car les grévistes avaient allumé des palettes de bois devant la porte d’entrée. Les représentants locaux de l’Ufap et de la CGT ont décidé de continuer leurs actions à partir de la semaine prochaine, avant une rencontre prévue avec la direction mercredi matin. Durant la matinée, la sénatrice PS Patricia Schillinger est venue dialoguer avec les gardiens en grève, avant d’être reçue par la directrice de l’établissement.
À Colmar, des surveillants de la maison d’arrêt ont encore tenté de bloquer le transfert de deux détenus, hier matin. Ils ont été délogés par la police, toujours sans violence. « Notre mouvement de protestation est désormais suspendu en Alsace, indiquait hier soir Raphaël Humbert, secrétaire du syndicat UFAP à Colmar. Mais les hommes de la base s’interrogent encore sur l’opportunité de reprendre la mobilisation lundi prochain ».

G. D.-A., G. L. et J.-F. S. pour L'ALSACE

07:43 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prisons, surveillants de prison, rachida dati | | |  Facebook

22.09.2008

«Ce n’est pas l’hôtel…»

Jean Bérard historien (université Paris-VIII)et Gilles Chantraine sociologue (CNRS et Centre de recherches sociologiques et économiques de Lille).

«Tenez-vous à carreau, et vous serez chez vous, libre, avec une chambre et des toilettes séparées. La prison, ce n’est pas l’hôtel», a répondu Rachida Dati à un détenu qui l’interpellait sur ses conditions de détention dans une prison de Metz. Le meurtre, quelques jours plus tard, d’un jeune homme par son codétenu donne à cette sortie brutale l’allure d’une provocation, d’une gaffe rendue dérisoire par le drame qui lui a succédé.

Il faut pourtant la lire de près, car, mieux que les discours lénifiants du ministère, elle en dit long sur la façon dont la ministre conçoit la «grande» réforme des prisons promise depuis 2007, et (toujours ?) programmée pour cet automne.

Elle renoue avec le discours traditionnel de la droite sur les prisons qu’il ne faudrait pas trop modifier sous peine de les transformer en «quatre étoiles». Les moments où, comme en 2000, le personnel politique, tous bords confondus, a regardé les prisons «en face» (selon le mot alors employé par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale) et jugé leur état «humiliant» pour la République (selon celui de la commission d’enquête du Sénat), semblaient prémunir contre cette rhétorique hôtelière. Il n’en est rien : lorsque la droite est lasse de répondre de l’écart criant entre les droits de l’homme et la situation des détenus, elle renoue avec une idée simple : la prison ne doit pas protéger la dignité, sans cela elle ne serait pas dissuasive.

Cette idée permet de comprendre pourquoi la ministre se permet de renvoyer l’indignité des conditions de détention à la responsabilité des détenus eux-mêmes. Elle prolonge un argument qui a servi pour justifier la mise en œuvre des peines plancher à l’été 2007 : pour empêcher les délinquants de sévir, il suffirait de brandir devant eux la menace de sanctions de plus en plus lourdes.

Un an plus tard, alors que les effets de la politique pénale se font sentir sous la forme d’une surpopulation record, il est temps de renforcer le message aux potentiels infracteurs : non seulement vous allez passer longtemps en prison, mais ne comptez pas que l’Etat y garantisse vos droits élémentaires, comme celui de disposer d’une cellule pour soi, ou de conserver un minimum d’intimité.

Un tel discours ne tient que par une occultation complète des conditions de la délinquance et de l’inégalité selon le statut social, sans même parler de la présence massive en détention de personnes souffrant de graves troubles psychiatriques. En 2002, l’Insee a publié une enquête sur l’histoire familiale des hommes détenus, qui montre que celle-ci est faite, pour une immense majorité d’entre eux, de précarité, d’échec scolaire, de ruptures familiales… Lors de la consultation organisée en 2006 par les Etats généraux de la condition pénitentiaire, et à laquelle plus de 15 000 personnes détenues ont participé, 79 % des réponses jugeaient nécessaire «d’élargir les possibilités d’accès des sortants de prison aux dispositifs d’accueil d’urgence, d’hébergement et de logements sociaux». Autrement dit, la provenance et la destination de très nombreux prisonniers, ce n’est pas «chez eux», ce sont des foyers, des hôpitaux, ou encore la rue.

Pour le savoir, il suffirait d’entendre ce qu’ils ont à dire sur la trajectoire de leur vie. Mais, et c’est peut-être le sens le plus profond de cette déclaration, pour Rachida Dati, celui qui ne s’est pas tenu «à carreau» n’a pas le droit de se plaindre. La revendication du détenu est exorbitante et plus encore sa volonté de revendiquer comme n’importe quel citoyen dans un Etat de droit.

Ainsi s’engage le «débat» sur la réforme des prisons que le gouvernement nous prépare : les prisonniers sont responsables de la surpopulation car ils n’entendent rien à la dissuasion pénale pourtant martelée depuis un an. L’Etat n’est pas tenu de respecter les droits fondamentaux des personnes car, pour avoir des droits, il ne fallait pas commettre d’infraction. Les détenus voudraient-ils prendre la parole contre cette situation que la ministre leur rappellerait promptement que la condamnation pénale est également une condamnation au silence.

Auteurs de : 80 000 détenus en 2017 ? Réforme et dérive de l’institution pénitentiaire, paru en septembre 2008 aux éditions Amsterdam.

SOURCE LIBÉRATION

07:02 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sortant de prison, prisons françaises, rachida dati | | |  Facebook

29.03.2008

Frais de réception de Rachida Dati

Le ministère de la justice, dirigé par Rachida Dati, a reconnu avoir dépassé le budget qui lui était alloué en 2007 pour les frais de réception, confirmant une information du site Internet Mediapart. Son porte-parole a indiqué qu'une rallonge de 100 000 euros avait été décidée, après les réceptions organisées pour la Fête de la musique et le 14 juillet. Selon Mediapart, plus de 112 000 euros ont été dépensés entre janvier et mars 2008, sur une enveloppe annuelle de 200 000 euros. Le ministère a démenti qu'une rallonge de 100 000 euros soit prévue pour 2008.

• Les caisses ne sont donc pas vides ! Mais l'argent est très mal utilisé.
Ce gouvernement a décidé d'un plan de rigueur qui va touché encore plus tous ceux qui ont moins. Et il n'en a jamais assez. Pour exemple de sa duplicité : plutôt que de construire du logement il va chasser les Smicards des HLM et y mettre les Rmistes, renforçant les ghettos. Une tactique odieuse qui consiste à dresser des "catégories" de gens les unes contre les autres : les smicards, les Rmistes, les CDD, CDI, RMA, intérimaires, les étudiants, les retraités... Et pire encore : les malades.
Pendant ce temps là les femmes du Président dansent !

06:20 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Gaspillage de l'argent public, Rachida Dati | | |  Facebook

 
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