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02.05.2008

Brève occupation d'un immeuble du centre de Paris par le collectif Jeudi noir

PARIS (AFP) — Quelque 200 militants du collectif Jeudi noir ont brièvement occupé jeudi un immeuble du IXe arrondissement de Paris pour réclamer une régulation des loyers et un meilleur accès des jeunes au logement.

Les militants avaient pris possession en milieu d'après-midi de cet immeuble d'habitation du 16 boulevard Montmartre, qui appartient selon eux à un bailleur privé, Gecina.

Ils ont quitté les lieux dans le calme peu après 20H00 à la demande des policiers, massés en nombre devant l'immeuble et qui avaient reçu une demande du propriétaire pour les expulser. La police n'a procédé à aucune interpellation.

Jeudi noir a choisi d'occuper ce vaste bâtiment de style néo-classique car il était "vide depuis trois ans", a déclaré à l'AFP Julien Bayou, un des animateurs du collectif. "Le bailleur se passe de loyers", a-t-il ironisé.

Dans une ambiance festive, les militants ont déployé plusieurs banderoles sur la façade de l'immeuble rebaptisé "Cité Valérie Pécresse", sur lesquelles on pouvait notamment lire "Boutin barratin" ou "136.000 logements vides à Paris, 50 de moins".

Quelque 40 fourgons de policiers et de gendarmes mobiles étaient présents aux abords de l'immeuble, entraînant la fermeture d'un café adjacent et une courte interruption de la circulation sur le boulevard.

Plusieurs représentants d'organisations étudiantes (Unef, Fage, Fac verte), de partis politiques (MJS, jeunes Verts, JCR) ou encore d'Attac participaient à cette "réquisition", selon Julien Bayou.

"La réquisition n'est pas la panacée mais il faut se bouger, on en appelle à Christine Boutin", la ministre du Logement, a-t-il ajouté, en regrettant le "manque de volonté politique" à enrayer la crise du logement.

Pour les militants, "le gouvernement encourage la spéculation, avantage encore et toujours les propriétaires (4,5 milliards d'euros de baisses d'impôts), alors qu'il vend des HLM et refuse toujours le contrôle des salaires".

"C'est une opération réussie, médiatiquement ça permet de poser le problème", a estimé un des militants présents, après l'évacuation.

"Le recours à la police de la part de l'Etat, c'est la preuve qu'il n'a pas de réponse au problème du logement. C'est un signe d'échec de sa part", a de son côté jugé Jean-Marc, un étudiant en philosophie de 21 ans en haut-de-forme.

Les militants de Jeudi noir réclament la réquisition des logements vides, comme "mesure d'urgence", a-t-il expliqué. "Mais au-delà, ce qu'il faut c'est un véritable encadrement des loyers car la loi du marché ne permet pas de répondre au problème".

Pour Cécile Ganeval, une sexagénaire retraitée de l'action culturelle qui a participé à l'occupation avec son badge Attac sur la poitrine, "les jeunes ont raison de ce se faire entendre, il faut qu'on en parle.

Les militants de Jeudi noir ont reçu le soutien du maire socialiste du IXe arrondissement, Jacques Bravo, qui doit les recevoir en mairie vendredi pour s'entretenir du problème du logement des jeunes et de l'avenir de cet immeuble, selon Julien Bayou.

22.04.2008

Biarritz : Tous à la marche pour un toit!

Comme chacun le sait la 3e édition du salon de l’immobilier aura bien lieu les 25, 26 et 27 avril à Biarritz.

D’après les organisateurs de ce salon, la population locale représente le plus grand nombre de visiteurs. Pourtant sur leur site internet rubrique " accéder au salon" le salon est situé à 3 km de l’aéroport, avec lien sur les compagnies aériennes. Le salon est situé à 3km de la gare avec les références de taxis ou les autoroutes D’après leur publicité 1/3 des visiteurs cherche une résidence secondaire, des promoteurs et agences viennent depuis Toulouse ou Montreux ainsi que des conseillers en gestion du patrimoine depuis Bordeaux. Le Pays Basque n’est pas à vendre !

Les organisateurs sont fiers de "faciliter un cheminement long et fastidieux" en réunissant tous les acteurs. Certes, mais en faisant encore et toujours faveur aux mêmes rapaces de l’immobilier : les agences immobilières pour qui les rémunérations se font au pourcentage des transactions, aux notaires qui font payer leur signature5000euros, ou aux banques à qui on remboursera 280000 euros sur 15 ans pour un prêt de 200 000 eurosŠ Le salon ouvre ses portes à tous ces intermédiaires et les aide à se remplir les poches sur le dos de la population et ce sans scrupule.

En effet cette année le COL sera présent au salon. Pour se donner bonne conscience ? Peut-être en réponse au mécontentement manifesté par les habitants l’année dernière ? Ou veulent-ils nous faire croire que ce salon fait du social ?

Paraît-il "pas de gros investisseurs financiers", tout de même selon leur propre plaquette de communication, 31% des investisseurs sont des cadres ou des professions libérales. Et combien de smicards ?

Avoir un logement est un droit trop souvent piétiné, ce salon profite de la situation tout en donnant raison à la loi du marché basé uniquement sur l’offre et la demande.

Devant la gravité de la situation chacun doit prendre ses responsabilités, c’est une réelle politique du logement et du foncier qu’il faut pour ce territoire. Ce salon ne répond en rien aux besoins de la population locale, ni plus globalement à la problématique du foncier et ne fait qu’alimenter les inégalités. En l’état actuel des choses, ce salon n’est qu’une pure provocation.

Pour ce qui est de la proposition des organisateurs concernant notre participation à leur supplément publicitaire, nous ne voulons pas servir de caution à ce salon qui joue le jeu de la politique libérale. Par contre, nous y serons pour distribuer des tracts d’information, et non seulement sur les parkings comme on nous l’a proposé, mais également à l’entrée du salon.

Soyons nombreux samedi 26 avril prochain à 15h à Biarritz, place Clemenceau pour répondre à cette provocation, pour dire non à la spéculation, dire non à ce salon de l’immobilier et revendiquer le droit au logement. Soyons nombreux à marcher pour un toit !

04.03.2008

250 locataires de HLM priés de déménager

Hauts de Seine - COURBEVOIE.
Des logements sociaux et intermédiaires de La Défense vendus pour laisser la place à une opération immobilière. Une douche froide pour les locataires.

C'était trop beau pour durer. Des HLM en bord de Seine, terrasses avec vue sur la Seine et l'île de la Jatte, balcons face à Neuilly, sans vis-à-vis... Les heureux locataires de ces logements sociaux et intermédiaires des Damiers, des immeubles en forme de Lego construits au milieu des années 1970 dans le secteur de La Défense 1, ne devraient plus pouvoir en profiter très longtemps.

Leur propriétaire, le bailleur social de la RATP (Logis Transports), a signé un compromis de vente avec la société l'Hermitage, promoteur immobilier.

Le bailleur leur laisse six mois de délai
Fin janvier, les 250 locataires ont reçu une lettre de leur bailleur qui a fait l'effet d'une douche froide : « Logis Transports a envisagé la vente de votre résidence à un investisseur privé qui souhaite libérer l'immeuble. » Aucune précision sur les échéances, les aides éventuelles au relogement. « C'est scandaleux ! s'indigne Katie. Dans un pays où on a tant de mal à se loger, on va raser des HLM en bon état, qui n'ont besoin que d'être ravalés, pour construire une tour de bureaux ou des appartements de grand standing ! Mais moi, où vais-je pouvoir trouver un appartement, divorcée, avec 1 200 € de salaire ? Certainement pas à La Défense ! »

Katie habite son appartement depuis vingt-huit ans, ses enfants y ont grandi, elle s'y plaît. Comme elle, ils sont nombreux à vivre dans ces appartements depuis leur création. L'ensemble est composé de plusieurs immeubles (210 logements PLI, dits «intermédiaires», et 40 PLS, du vrai social) qui ont été revendus en 2001 par une filiale d'Axa à Logis Transports, sans avoir jamais été ravalés ni fait l'objet de gros travaux.

Logis Transports justifie la mise en vente des Damiers : «Un investisseur nous a contactés, nous avons choisi de vendre ces logements majoritairement PLI (NDLR : pas considérés comme des logements sociaux au titre de la loi SRU) pour nous recentrer sur des logements plus sociaux (PLS et PLAI). L'intégralité de la plus-value issue de cette vente sera réinvestie dans la construction ou l'amélioration de notre patrimoine social. Aucun dividende ne sera distribué aux actionnaires.»

Le bailleur assure qu'il «reconstituera» aussi les 40 PLS démolis dans la ville de Courbevoie, soit en construisant, soit en achetant un nombre de logements équivalent qui seront conventionnés. Logis Transports devrait proposer aux actuels locataires des PLS soit un relogement (il possède un millier de logements dans le département, dont une centaine à Courbevoie), soit des indemnités. De leur côté, la préfecture et la ville de Courbevoie ont mis comme condition à leur accord le relogement des locataires PLS.

Mais que vont devenir les 210 familles des logements intermédiaires ? «Leur bailleur leur donne un préavis de six mois pour libérer leur logement», explique la ville. «Est-ce que cela veut dire je peux me retrouver à la rue ?» s'affole Katie. La société l'Hermitage assure au contraire «que les gens seront traités avec dignité» et qu'ils «seront relogés dans le département».

Une rencontre avec les habitants des Damiers est organisée sur place ce soir à 20 heures.
Florence Hubin | Le Parisien

 
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