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15.06.2009

Le Conseil d'Etat veut "reconstruire le droit au logement"

Le Conseil d'Etat consacre son rapport annuel 2009 au thème "Droit au logement, droit du logement". Ce rapport, qui doit être publié prochainement à la Documentation française, se fixe comme ambition de "comprendre pourquoi la France ne construit pas assez de logements ou ne les construit pas assez bien, malgré l'amélioration tangible des dernières décennies". A travers ses propositions, le Conseil d'Etat entend "ne pas faire une grande loi de plus, mais reconstruire les droits du et au logement". Pour cela, le rapport procède à une analyse détaillée des politiques du logement, en particulier à travers leurs - nombreuses - traductions juridiques. La construction législative et réglementaire du droit au logement est pourtant relativement récente, puisque sa première apparition remonte à la loi du 22 juin 1982 sur les droits et obligations des locataires, dont l'article 1er indique que "le droit à l'habitat est un droit fondamental". D'autres textes sont ensuite venus préciser le contenu de cette notion, comme la loi du 31 mai 1990 sur la mise en oeuvre du droit au logement, la loi d'orientation du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions ou la loi du 5 mars 2007 sur le droit au logement opposable.
Malgré la construction de ce corpus juridique, l'accès au logement demeure encore "un parcours du combattant". Le rapport passe en revue les difficultés d'application et les limites de la notion de droit opposable au logement (Dalo), au premier rang desquelles figurent la difficulté d'ajustement entre l'offre et la demande, mais aussi "l'effacement progressif" de l'Etat après la période de la reconstruction, au profit du marché puis, dans un deuxième temps, des collectivités territoriales. Sur ce dernier point, le Conseil d'Etat relève que "la décentralisation entamée en 1982 l'a [NB : l'Etat] en particulier privé de la maîtrise sur l'urbanisme et le foncier. Un malthusianisme local et un éclatement de la gouvernance entre une multitude d'acteurs - ayant l'aptitude à se paralyser mutuellement - en ont résulté".
A partir de ce constat, le Conseil d'Etat formule un ensemble de propositions intéressantes, même si elles n'ont pas toujours l'aspect de refondation ex nihilo revendiqué en introduction. En matière de développement de l'offre, le rapport propose ainsi de "mieux articuler" les documents d'urbanisme (Sdau, POS et PLU) et ceux relatifs à l'habitat (PDH et PLH) et de fixer une obligation de 20% de logement sociaux pour tout programme immobilier de plus de dix logements. Il invite également à revisiter des pans importants du droit du logement. Sur ce point, il estime que les collectivités territoriales devraient davantage utiliser la constitution de réserves foncières, pour laquelle il existe déjà un cadre juridique adapté. Sur la gouvernance, le rapport propose de promouvoir un "partenariat décentralisé" permettant de "favoriser une responsabilisation accrue des collectivités territoriales, en veillant au maintien d'un financement étatique prépondérant". Cette décentralisation devrait se faire principalement au profit des intercommunalités, "sauf en région parisienne où le niveau régional apparaît être le seul pertinent". Le rapport demande par ailleurs à l'Etat de renoncer à ses objectifs annuels de ventes de logements HLM.

Enfin, sur la mise en oeuvre du Dalo, le Conseil d'Etat préconise de développer les outils d'évaluation et d'aide à la décision et d'"investir massivement" dans la connaissance de la demande. Il propose aussi d'abandonner la fixation d'un objectif annuel de production de logements, pour se centrer sur le seul logement social et de fixer un effort budgétaire minimal "autour de 2% du PIB". Au passage, le Conseil d'Etat propose de mettre à jour un certain nombre de notions fondamentales comme celles de sur et de sous-occupation, les indices d'indexation des loyers ou l'indice du coût de la construction.
Dans un communiqué du 10 juin, la ministre du Logement "salue le travail juridique du Conseil d'Etat qui permettra de faire progresser le droit au logement opposable (Dalo) dans notre pays et de faciliter l'accès pour tous à un logement décent". Christine Boutin rappelle néanmoins "que les lois successives ont permis de donner une plus grande efficacité à la politique du logement". Elle considère aussi que "plusieurs problèmes évoqués par le rapport ont déjà trouvé une solution dans la loi qu'elle a défendue au Parlement" : assouplissement des règles d'urbanisme pour construire davantage, mobilité au sein du parc HLM et surloyers, garantie des risques locatifs, meilleure articulation entre le Dalo et la lutte contre l'habitat indigne, prévention des expulsions ou pilotage plus efficace de la politique d'hébergement

Jean-Noël Escudié / PCA - LOCALTIS

 

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05.08.2008

Présidence Française de l'UE : L'accès au logement à l'agenda

L'accès au logement dans l'UE constituera le fil conducteur du volet logement de la Présidence française de l'UE. Cette problématique commune aux Etats-membres est non seulement d'actualité compte tenu de la situation de tension sur les marchés du logement et de retour de cycle consécutif à la crise des sub-primes mais également au coeur des réflexions communautaires engagées sur la cohésion territoriale, la révision de l'agenda social, la réforme de la politique de cohésion ou encore la politique énergétique.

5 grands évènements vont rythmer les travaux de la Présidence française autour de la question de l'accès au logement:
o 15-16 octobre Marseille : Septième table ronde sur la pauvreté et l'exclusion sociale, PFUE
o 28-29 octobre Paris : Deuxième forum sur les services sociaux d'intérêt général (SSIG), PFUE
o 5 novembre Paris : Accès au logement : nouveaux défis sociaux, nouveaux enjeux territoriaux, CECODHAS-USH
o 20 novembre Strasbourg : Accès au logement des personnes défavorisées : Intergroupe Urban-Logement du Parlement européen- Forum européen du Logement
o 24 novembre Marseille : Accès au logement des personnes ayant des difficultés à se loger sur le marché, réunion des ministres européens du logement, PFUE

* En savoir plus : • site de la Présidence française de l'UE

• Programme de travail Logement - Développement urbain - Cohésion territoriale

14.06.2008

Sans abri : l’application du plan 2008-2012 évaluée

La Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS) publie un baromètre évaluant par trimestre l’application du plan d’actions 2008-2012 en faveur des personnes sans abri ou mal logées. Elaboré par un collectif d’associations, ce baromètre s’appuie sur le suivi d’une centaine de mesures traduisant le plan pluriannuel présenté par le gouvernement en janvier 2008.

Les premiers résultats publiés en mai 2008 montrent que 3% des mesures annoncées sont d’ores et déjà appliquées quand la mise en œuvre de 12% d’entre elles est engagée et que celle des 85% restantes n’a pas encore débuté. Le baromètre révèle que seules deux des seize mesures identifiées comme nécessaires à la conduite du plan d’actions ont jusqu’à présent été appliquées. Les associations notent qu’il a fallu cinq mois pour nommer le haut fonctionnaire en charge de piloter la mise en œuvre du plan et qu’il n’a pas été possible d’attribuer les 250 millions d’euros de crédits débloqués en urgence pour l’année 2008.

Le collectif à l’initiative de ce baromètre est constitué d’une trentaine d’associations, unions et fédérations intervenant notamment dans le domaine du logement, parmi lesquelles la FNARS, Emmaüs France, la Fédération des associations pour la promotion et l’insertion par le logement (FAPIL) et l’Union nationale pour l’habitat des jeunes (UNHAJ).

 Sites internet publics sélectionnés
© La Documentation française

30.04.2008

Un délégué général pour coordonner l'accès au logement des sans-abri et des mal logés

Au lendemain du succès de la "nuit du logement solidaire", organisée par une trentaine d'associations le 21 février dernier, le Premier ministre avait choisi de donner un coup d'accélérateur au plan d'action en faveur des sans-abri présenté par le gouvernement le 29 janvier et qui semblait quelque peu marquer le pas. François Fillon avait alors annoncé la nomination d'un "superpréfet" délégué général à la coordination de l'hébergement et de l'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées. Le choix s'était porté sur Alain Régnier, jusqu'alors préfet délégué à l'égalité des chances auprès du préfet de la région Rhône-Alpes. Deux mois après sa nomination à ce nouveau poste, celui-ci dispose désormais d'un cadre juridique pour son action. Un décret du 28 avril 2008 définit en effet le contenu de ce poste. Compte tenu de la dimension interministérielle du logement, le délégué général est placé auprès du Premier ministre. Il est chargé "d'assurer la coordination et le suivi de la mise en oeuvre des priorités définies par le gouvernement en matière d'hébergement et d'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées". En pratique, sa première mission consistera à veiller à la mise en oeuvre du plan d'action en faveur de ces dernières. Le décret précise les domaines sur lesquels le délégué général devra plus particulièrement se pencher : prévention des expulsions locatives, lutte contre l'habitat indigne, prévention de l'errance, humanisation et rénovation des centres d'hébergement, mobilisation du parc locatif social et du parc privé, construction de logements très sociaux et de maisons-relais. Dans ces différents domaines, il devra veiller, en liaison avec les préfets de département, "à la coordination des interventions des différents services et organismes de l'Etat et à leur articulation avec celles des collectivités territoriales, des associations et des bailleurs sociaux, avec lesquels il favorise le développement de partenariats".
Pour assurer sa mission, le délégué général pourra faire appel aux services et organismes placés sous l'autorité des ministres chargés du logement, de la lutte contre l'exclusion et de la lutte contre la pauvreté. En tant que de besoin, il pourra également recourir aux services des autres ministères, aux établissements compétents de l'Etat - on songe par exemple à l'Anah - et aux préfets de département. Le délégué général rendra compte "régulièrement" de son action au Premier ministre et aux ministres concernés.
Jean-Noël Escudié / PCA - LOCALTIS INFO

Référence: décret 2008-406 du 28 avril 2008 instituant un délégué général pour la coordination de l'hébergement et de l'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées (Journal officiel du 29 avril 2008).

 
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