25.02.2009
Cahors. Menacés, les centres d'accueil haussent le ton
Des travailleurs sociaux ont manifesté contre la diminution des moyens contre l'exclusion.
De Toulouse, du Gers, de Montauban, quelque 200 travailleurs sociaux sont venus hier à Cahors soutenir deux associations lotoises de lutte contre l'exclusion. Fin janvier, la DDASS du Lot a signifié une baisse de budget de 20 % des moyens attribués par l'État à l'Accueil hébergement insertion sociale (AHIS) et au Comité d'études et d'information pour l'insertion sociale (CEIIS), respectivement basés à Cahors et à Cajarc. En pleine crise sociale et dans un contexte de flambée du chômage « le quart des effectifs sur les deux structures seraient à termes menacés », précise Isabelle Rautureau, chef de service de l'association cadurcienne.
L'accueil de jour et de nuit pour les sans domicile fixe, les soins spécialisés pour toxicomanes et la veille sociale, également assurés par ces associations, seraient de fait menacés. « S'ils n'étaient pas là, je ne sais pas ce qu'on deviendrait », rappelle Thierry Pregorier, frappé par la spirale infernale de l'exclusion. Outre un logement pour une durée de six mois renouvelables, il dispose d'un suivi, chaque semaine, auprès d'une assistante sociale et d'une éducatrice.
Philippe Javerliat, délégué du personnel de l'AHIS, dénonce « une logique comptable qui ne prendrait pas en compte les spécificités du travail dans les zones rurales ».
Les zones rurales les plus touchées
Au niveau de la Région, les subventions ne baisseraient que de 2,5 %. Les zones urbaines, dont le prix moyen à la place serait moindre en raison du nombre important de bénéficiaires, seraient privilégiées. Une logique contestée par Bruno Garcia, délégué régional de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS) venu soutenir les Lotois : « Soit on met juste les exclus sous un toit, à l'abri du regard du public et ça ne coûte pas cher. Soit on fait un véritable travail de réinsertion avec un accompagnement social complet par des professionnels ».
Hier soir, la directrice adjointe de la DDASS du Lot a rappelé la priorité de l'État d'investir dans le logement à long terme plutôt que dans l'hébergement d'urgence. « Nous souhaitons continuer de travailler avec les associations pour les aider à rationaliser leur travail », a-t-elle ajouté, tout en rappelant que « rien n'avait été décidé pour l'instant ». Un point sur lequel s'accordent les travailleurs sociaux de la région, qui sont toujours dans l'attente.
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| Tags : hébergement, ddass, travailleurs sociaux, fnars, assistante sociale, éducatrice spécialisée |
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26.04.2008
175 ans au service des plus démunis
«Aimer, partager, servir», telle est la devise (ici dans le désordre) de la société de Saint-Vincent-de-Paul.
Dès demain, 1 000 à 1 200 membres de la Société de Saint-Vincent-de-Paul vont converger de la France entière pour le congrès national à Lille Grand Palais. Portrait de Christian Verheyde, bénévole lillois depuis 13 ans.
C’est le chef d’orchestre dans l’organisation de ce congrès national. Il a peaufiné sa partition pour qu’il n’y ait aucune fausse note. Mais ne comptez pas sur lui pour se reposer sur ses lauriers lundi soir. Il préfère mettre en avant le « formidable travail d’équipe des bénévoles » plutôt que son propre rôle.
Christian Verheyde intervient à la Société de Saint-Vincent-de-Paul depuis 13 ans. À 73 ans, son enthousiasme est intact : « Ça apporte aussi beaucoup à soi-même ! Ça m’a permis de connaître concrètement des situations de pauvreté... Avant, pour moi, c’était Les Misérables de Victor Hugo. Je ne l’avais jamais approchée. Heureusement, ça a quand même un peu évolué depuis : aujourd’hui, on ne meurt plus de faim, mais on meurt toujours de froid. Et ce n’est pas pour autant qu’on mange bien ! » Et de citer les travailleurs précaires, dont le revenu ne permet pas de joindre les deux bouts, et la solitude, « qui n’est pas réservée aux personnes âgées en période de canicule et peut atteindre toutes les couches sociales, du curé à l’artiste ». Deux destins auxquels il avait pensé quand il avait 20 ans, avant de choisir une autre voie, comme représentant en vin.
Il n’a pas attendu la retraite, prise le dernier jour du millénaire à 65 ans, pour s’engager comme bénévole. D’abord dans le domaine culturel, pour défendre le cinéma d’auteur, puis à la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Une fibre qui lui tient à coeur : « Ce n’est pas juste un petit service, c’est un véritable engagement, vis-à-vis de soi-même et de l’association. Moi, je l’ai toujours fait en couple. On a tout fait en couple, même nos enfants », plaisante-t-il en regardant d’un oeil complice son épouse Geneviève.
C’est grâce à ces bénévoles que la Société oeuvre depuis 1833 au service des plus démunis. Au départ, c’est le chrétien Frédéric Ozanam qui, houspillé par des étudiants athées, fonda la première conférence de Saint-Vincent-de-Paul à 20 ans.
Une aide précieuse
175 ans plus tard, la société est présente sur les cinq continents. À Lille, elle dispose d’un centre d’accueil de jour qui porte justement le nom de Frédéric Ozanam. Six salariés y travaillent, bien épaulés par une centaine de bénévoles. Beaucoup de retraités bien sûr, mais aussi des mères de famille et quelques jeunes en activité. « Notre mission première, c’est d’accompagner les personnes en difficulté sur leur lieu de vie, en général un logement, souvent insalubre, mais ça peut aussi être le squat, la rue, l’hôpital ou la prison. » Le signalement de ces situations peut provenir d’une assistante sociale, d’un curé ou encore d’un voisin. Ces bénévoles qui ont la charité chevillée au coeur interviennent partout où ils peuvent se rendre utiles. Une aide précieuse et appréciée. •Source Nord eclair
07:52 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : centre d'accueil de jour, travailleurs précaires, logement social, squat, assistante sociale |
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