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08.05.2008

Assurance-chômage : une manne d'au moins 8 milliards en 2011

LES ECHOS - A réglementation inchangée, l'Unedic dégagerait un excédent de 8 milliards d'euros en 2011, selon de nouvelles projections. La suppression de la dispense de recherche d'emploi pour les plus de 57,5 ans devrait encore améliorer ce solde.
L'argent n'est pas certain de faire le bonheur des partenaires sociaux, hostiles, hormis la CFDT et peut-être la CGC, au transfert des cotisations d'assurance-chômage vers les caisses de retraite. Selon les projections, encore jamais publiées, de la direction des études et statistiques de l'Unedic, l'assurance-chômage devrait en effet dégager un excédent de 4,9 milliards d'euros en 2009, 6,9 milliards en 2010 et 8 milliards en 2011 (après 4,6 milliards cette année et 3,5 milliards en 2007). Avec de telles évolutions, les dettes de l'Unedic seraient apurées dès la fin 2009 et, en cumulé, les excédents atteindraient 14,8 milliards fin 2011.

Dans ce contexte, le principe d'une baisse des cotisations Unedic concomitante à une hausse des cotisations retraite (François Chérèque propose 0,5 point dès 2009, soit un transfert de plus de 2 milliards d'euros) apparaît plus que jamais justifié aux yeux du gouvernement. Ces données sont d'autant plus intéressantes qu'elles se fondent sur des hypothèses économiques relativement prudentes. L'Unedic a tablé sur une croissance annuelle de 1,7 % en 2009, puis 2 % en 2010 comme en 2011. Le nombre de demandeurs d'emploi, quant à lui, se réduirait de 152.000 en 2010 et de 114.000 en 2011 (contre 200.000 chômeurs en moins constatés l'an dernier).

Une belle marge de manoeuvre
Les projections sont réalisées à réglementation inchangée (taux de cotisation, indemnisation). Surtout, elles n'intègrent pas la suppression progressive, d'ici à 2013, de la dispense de recherche d'emploi (DRE) pour les salariés de plus de 57 ans et demi (« Les Echos » d'hier), qui concerne quelque 400.000 personnes et représente 20 % des coûts d'indemnisation. Les seniors au chômage seront certes toujours indemnisés, mais ils auront l'obligation de rechercher activement un emploi et, en cas de refus de deux offres valables, seront sanctionnés comme les autres. Les économies pourraient s'avérer très importantes, car, outre les indemnités, le régime prend aussi en charge les cotisations retraite des bénéficiaires de la DRE.

Les marges de manoeuvre sont donc élevées, même si les partenaires sociaux, prudents, entendent constituer un fonds de réserve pour s'assurer 6 milliards d'euros de trésorerie, afin de faire face à un éventuel retournement de la conjoncture. Outre la baisse des cotisations chômage, la manne de l'Unedic risque aussi de faire grimper les revendications des syndicats sur l'amélioration de l'indemnisation des chômeurs, au coeur de la négociation dans les semaines à venir. Sentant venir le danger, le patronat réagit : « Nous aurions tous envie de mieux indemniser ! Mais avec quel argent ? », interrogeait hier Jean-François Roubaud (CGPME), dans « Le Figaro », en refusant toute baisse des cotisations Unedic tant que la dette ne serait pas apurée.
LUCIE ROBEQUAIN

25.04.2008

383 117

383 117 chômeurs de plus de 57 ans étaient officiellement dispensés de recherche d’emploi (DRE), selon les chiffres de l’Unedic. Quelques jours après l’annonce de Christine Lagarde, ministre de l’Emploi, de lever cette dispense, le gouvernement a confirmé qu’un projet de loi serait présenté « avant la fin de l’année » pour « inciter les seniors chômeurs ainsi que les retraités à travailler ». Non comptabilisée dans la statistique des demandeurs d’emploi (catégorie 1), qui sert de baromètre officiel au chômage, la suppression des DRE entraînera une forte hausse du nombre de demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE. Et augmentera le nombre de pauvres touchant l’allocation spécifique de solidarité, puisque les droits à l’assurance chômage des seniors chômeurs seront réduits, eux aussi. Source POLITIS

06:38 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chômeurs, dre, anpe, demandeurs d'emploi, assurance chômage | | |  Facebook

23.04.2008

Retraites : la mise à contribution de l'assurance-chômage envisagée

L'argent de l'assurance-chômage finira-t-il par financer les déficits des caisses de retraite ?
La "cagnotte" de l'Unedic, organisme qui gère l'assurance chômage suscite des convoitises et le gouvernement n'exclut pas de procéder à un mouvement de transfert financier, dont l'effet principal serait de ne pas aggraver les comptes sociaux. En préalable au coup d'envoi de la renégociation de l'assurance-chômage, prévu mardi 6 mai, cette question figure parmi les sujets prioritaires que doit aborder Christine Lagarde avec les dirigeants syndicaux et patronaux. La ministre de l'économie et de l'emploi débute sa série d'entretiens, mardi 22 avril, avec François Chérèque (CFDT), Jean-Claude Mailly (FO) et Laurence Parisot (Medef).
Après avoir accumulé jusqu'à 15 milliards d'euros de déficit, les caisses de l'Unedic sont redevenues excédentaires : de l'ordre de 3,5 milliards d'euros en 2007, avec une prévision de 5 milliards d'euros pour 2008. Ce redressement spectaculaire est la conséquence de la réduction du nombre de demandeurs d'emploi. "Un chômeur qui retrouve du travail, c'est non seulement une dépense d'indemnisation en moins, mais surtout une recette de cotisation supplémentaire", résume-t-on à l'Unedic. Moyennant quoi, la dégradation est aussi forte en période de crise que son redressement est remarquable lors du retour de la croissance.

Pour le gouvernement, la tentation est forte de prélever une partie de la manne retrouvée pour financer ses déficits sociaux, notamment ceux de la retraite. D'autant que, selon le bilan établi, lundi 21 avril, par la commission des comptes de la Sécurité sociale, ils ont atteint 4,6 milliards d'euros en 2007.

Le rééquilibrage des comptes pourrait se révéler plus complexe qu'il n'y paraît. En premier lieu, le dossier est géré par deux ministres différents dont il n'est pas sûr qu'ils poursuivent le même objectif. Mme Lagarde engage la discussion sur l'assurance-chômage une semaine avant que Xavier Bertrand, ministre du travail et des relations sociales ne lance le marathon de la réforme de 2003 sur les retraites. Et le gouvernement s'est fixé pour objectif de boucler ces deux dossiers sensibles avant la fin du premier semestre.

La situation financière de l'Unedic, dont la dette à l'égard des établissements financiers s'élève à 9,9 milliards d'euros, est loin d'être assainie. Avant sa fusion avec l'ANPE dans un service unique de l'emploi, l'organisme paritaire doit ainsi rembourser, en septembre, un emprunt de 4 milliards d'euros. Les partenaires sociaux ont, sans attendre, commencé à manifester leurs exigences : rediscuter le montant des cotisations sur les salaires au taux élevé de 6,4 % ; redéfinir le taux et la durée d'indemnisation des demandeurs d'emploi qui, de l'affaire des recalculés à celle des intermittents du spectacle, a suscité de vifs remous. Les syndicats et associations relèvent aussi que seule la moitié des chômeurs bénéficient d'une allocation.

Le gouvernement envisage, lui, de conditionner le maintien de ces indemnités à l'acceptation "d'offres valables d'emploi". Et parallèlement, il souhaite établir des règles plus contraignantes d'emplois des seniors. Dans cet esprit, les partenaires sociaux suggèrent qu'une part des excédents de l'Unedic puisse être affectée à ces efforts d'accompagnement et de réinsertion, notamment par le biais d'un fonds de régulation. Le Medef reste, lui, arc-bouté à l'objectif de réduction des charges sociales pour les entreprises.

L'éventualité d'un prélèvement sur les excédents de l'Unedic pour combler le déficit des retraites reste inscrite dans la réforme de 2003 dont le bilan sera rediscuté à partir du 28 avril. Dans cet esprit, une baisse des cotisations chômage avec, en contrepartie, une hausse des cotisations de retraite devrait, pour les syndicats, permettre d'éviter l'allongement de la durée du travail avec le passage de 40 ans à 41 annuités de la durée de cotisations que le gouvernement a déjà jugé inéluctable.
Michel Delberghe - LE MONDE

22.04.2008

Un test majeur à venir : l'assurance-chômage

Le compte à rebours débute le 6 mai, date à laquelle Christine Lagarde, ministre de l'économie, et Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat chargé de l'emploi, ouvriront les négociations officielles avec les partenaires sociaux sur la convention de l'assurance-chômage - comprenez les nouvelles règles d'indemnisation des demandeurs d'emploi. Tout doit être réglé pour le 31 décembre.

De leur côté - et c'est une mini-révolution -, les syndicats (CFDT, CFTC notamment) et le Medef planchent sur l'idée d'une filière unique d'indemnisation. Aujourd'hui, quatre filières existent, qui conditionnent la durée du versement des allocations au nombre de mois travaillés. Ce système conduit à des aberrations liées aux effets de seuil. Ainsi, une personne qui a travaillé douze mois sur les vingt derniers, bénéficie de douze mois d'indemnisation. Mais une autre qui aura simplement travaillé onze mois et demi ne bénéficiera - à quinze jours près - que de sept mois d'indemnisation. "On souhaite réfléchir à une harmonisation par le haut avec une durée d'indemnisation la plus élevée possible (vingt-quatre mois), explique Séverin Prené, secrétaire confédéral CFDT. Tout en faisant attention au cas des plus de 50 ans, qui pourraient obtenir une prolongation si nécessaire." Du côté du gouvernement, l'objectif est de pousser à un retour au travail le plus rapide possible. "Il y a clairement deux logiques qui s'opposent, constate M. Prené. La nôtre vise à une mutualisation des risques, celle du gouvernement à une individualisation." Impossible de savoir aujourd'hui où la barre sera placée.

M.-B. B.
Article paru dans l'édition du 22.04.08. LE MONDE

20.04.2008

Les «vieux» devront chercher le travail qu’on leur refuse

SOURCE ACTU CHOMAGE
Chez Fillon/Sarkozy, la machine à inverser les responsabilités tourne à plein régime. Dernier épisode : Christine Lagarde confirme que les chômeurs de plus de 57 ans et demi, actuellement dispensés «de recherche d’emploi» (DRE), devront prochainement s’y remettre… à chercher ce boulot qu’on leur refuse.

Tout le monde au turbin, même celles et ceux qui, chaque jour, sont foutus à la porte des entreprises à cause de leur âge ou se voient refuser un poste… pour la même raison. Dans l’esprit de la majorité au pouvoir, une fois de plus, ce sont les victimes du système qui endossent l’entière responsabilité de leur situation… ô combien enviable. Après les chômeurs de tous âges qui refusent en bloc et massivement les offres «valables» qu’on leur fait et qu’il est grand temps d’obliger à accepter le premier job venu, ce sont les «vieux» chômeurs, ces fainéants, qui devront se bouger les fesses pour retrouver du travail après 57 ans et demi.

La mal nommée «DRE»
Les seniors «doivent pouvoir chercher du travail» a affirmé la ministre de l'Emploi, «parce que tout simplement on est dans un monde qui vieillit mieux, qui vieillit bien et qui va travailler plus longtemps». Donc, dans l’esprit de nos gouvernants aussi privilégiés qu’ignares, si ces «vieux» chômeurs ne travaillent plus, ce n’est pas parce que les entreprises ne veulent plus d’eux, non... C’est parce qu’ils sont «dispensés de recherche d’emploi» et qu'ils se la coulent douce en attendant la retraite. Ben voyons ! Christine Lagarde ignore que la DRE est en réalité une dispense de pointage mensuel et de suivi ANPE, pas de recherche : ainsi, beaucoup de «dispensés» - qui n'ont jamais compté sur l'ANPE et refusent de se résigner - continuent à postuler. En vain. Mais ils le font !

Les «vieux» contrôlés… et sanctionnés
Et c’est ainsi qu'une ministre dilettante justifie son salaire (mais elle n'est pas la seule : Laurence Parisot semble ignorer tout autant ce qu'est la DRE). Et c’est ainsi qu’on inverse les responsabilités, en dédouanant les employeurs et en culpabilisant les chômeurs. Elle est pas belle la vie ? Ne nous faisons aucune illusion : la suppression de la DRE s’accompagnera immanquablement, pour les «vieux» chômeurs, du contrôle de leurs recherches forcément infructueuses, de harcèlement et de sanctions s’ils ne mettent pas assez de cœur à retrouver le chemin de l’usine, de l’atelier ou du bureau, voire de radiation (avec suppression des allocations) si ces odieux récalcitrants se découragent.

Les discriminations toujours impunies
Et pour les entreprises qui pratiquent ouvertement ou de façon déguisée la discrimination à l’embauche sur des critères d’âge, quelle sanction est prévue par madame Lagarde ? Aucune !!! Et nous sommes bien placés pour en parler, ici sur Actuchomage, nous qui avons porté plainte en 2005 contre 40 entreprises pour cette raison. Alors que nos plaintes, soutenues par la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité), étaient fondées sur des preuves IRRÉFUTABLES (des offres d'emplois laissant apparaître des critères d'âge prohibés par le Code pénal et le Code du travail), 90% d’entre elles ont été classées sans suite, notamment par le Procureur de la République de Paris. Seules quatre entreprises ont été poursuivies et condamnées en 2007 : lire en commentaire...

Une fin de vie professionnelle réjouissante !
Une précision quand même. Christine Lagarde assure que la mesure ne sera pas rétroactive : les chômeurs qui bénéficient actuellement de cette dispense ne seront pas concernés (les petits veinards !). S'il passe, son projet de loi n'entrera en vigueur qu'au 1er janvier 2009. Seuls les «nouveaux arrivants» âgés de plus de 55 ans ou 57 ans et demi seront soumis à la double peine : celle de se retrouver au chômage, et dans l’obligation de rendre des comptes sur la quête de cet emploi qu’on leur refuse en raison de leur âge. Voilà une fin de vie professionnelle qui promet d’être réjouissante ! Sans parler de l'espoir compromis de toucher une retraite à taux plein.

383.000 DRE non comptabilisés dans les chiffres officiels
Pas folle, la guêpe. L'Unedic recense 383.117 DRE au 31 décembre 2007 : ces privés d'emploi ne sont nullement inclus dans les statistiques servies chaque fin de mois aux médias. Lagarde va donc bien se garder de faire basculer du jour au lendemain tous ces chômeurs âgés en catégorie 1, le baromètre officiel du chômage en France. Ils resteront dans l'ombre, puisque la mesure n'est pas rétroactive et que seuls les nouveaux seront concernés !

Pas folle car, du jour au lendemain, le chômage augmenterait de près de 20% !!! Ce qui aurait un effet catastrophique sur l'opinion qui, évidemment, ignore que ces 383.000 personnes sont escamotées des chiffres officiels et pense que «le chômage baisse». Le tour est joué !

 
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