22.09.2008
La Banque mondiale découvre d’un coup 400 millions de pauvres en plus
Lu sur http://www.oulala.net/Portail/
La Banque mondiale vient de reconnaître des erreurs importantes dans ses calculs concernant la situation mondiale de la pauvreté. En effet, alors que « les estimations de la pauvreté établies par la Banque mondiale s’améliorent grâce à des données plus fiables sur le coût de la vie », le résultat constitue à lui seul une violente remise en cause des statistiques produites par cette institution qui traverse une très grave crise de légitimité depuis plusieurs années : d’un seul coup, la Banque mondiale vient de découvrir que « 400 millions de personnes de plus que l’on ne pensait précédemment vivent dans la pauvreté ». C’est plus de la moitié de la population de l’Afrique subsaharienne !
Cela reflète surtout le manque de fiabilité des statistiques publiées par la Banque mondiale, statistiques qui servent surtout à cautionner les politiques néolibérales imposées à travers le monde par ses propres experts. Selon son communiqué [1], « 1,4 milliard de personnes vivant dans le monde en développement (1 sur 4) subsistait avec moins de 1,25 dollar par jour en 2005 », alors que les estimations précédentes tournaient autour de 1 milliard de personnes. Pour autant, la Banque mondiale ne manque pas de se réjouir car ce qui compte pour elle, ce n’est pas le nombre de pauvres, mais la proportion de personnes pauvres. Pourquoi ?
Parce qu’avec la démographie mondiale galopante, ce chiffre permet plus facilement de faire illusion : si par exemple le nombre de personnes pauvres stagne, la proportion de pauvres baisse mécaniquement au fil des ans.
Voilà pourquoi l’objectif dit « du millénaire » est de réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour. Mais avec les énormes erreurs de la Banque mondiale dans ses calculs sur la pauvreté, c’est tout l’édifice des politiques internationales actuelles contre la pauvreté qui s’écroule. Les politiques d’ajustement structurel (réduction des budgets sociaux, recouvrement des coûts dans les secteurs de la santé et de l’éducation, agriculture tournée vers l’exportation et réduction des cultures vivrières, abandon de la souveraineté alimentaire, etc.), imposés par le FMI et la Banque mondiale depuis le début des années 1980, ont détérioré les conditions de vie de centaines de millions de personnes dans le monde.
Les critiques envers la Banque mondiale n’ont pas manqué à ce propos, puisque Thomas Pogge, professeur à l’université de Columbia, écrivait récemment : « Les méthodes de calcul de la Banque mondiale sont extrêmement douteuses. Il y a des raisons de penser qu’avec une méthode plus plausible, on observerait une tendance plus négative et une pauvreté beaucoup plus étendue. [...] Tant que la méthode actuelle de la Banque mondiale et les données qui se basent sur elle conserveront leur monopole dans les organisations internationales et dans la recherche universitaire sur la pauvreté, on ne pourra pas prétendre prendre ce problème réellement au sérieux [2]. »
La Banque mondiale a fait la preuve de son échec, tant sur le plan statistique que sur le plan politique. Plus que jamais, l’objectif visé doit être triple : l’abandon de la logique de l’ajustement structurel, l’abolition de la Banque mondiale et son remplacement dans le cadre d’une nouvelle architecture institutionnelle internationale.
Damien Millet, porte-parole du CADTM France (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org), auteur de L’Afrique sans dette, CADTM/Syllepse, 2005.
Eric Toussaint, président du CADTM Belgique, auteur de Banque du Sud et nouvelle crise internationale, CADTM/Syllepse, 2008.
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19.04.2008
Si l’espoir nous venait du sud ?
Souveraineté alimentaire et Economie solidaire ou Alternative
Nous, les représentants des mouvements et des organisations rurales, engagés dans la cause des secteurs marginalisés de la société des pays asiatiques du Bangladesh, de l’Inde, de la Corée du Sud, du Népal, du Pakistan, des Philippines et de la Thaïlande, nous sommes réunis à Jessore, Bangladesh pour un séminaire sur le thème de la Souveraineté alimentaire et de l’Economie solidaire. A cette occasion, nous avons eu l’opportunité d’analyser en profondeur nos réalités à partir de nos propres expériences.
À la fin de la Seconde guerre mondiale, les élites menant le monde, ont mis en place un certain nombre d’outils comme la Banque Mondiale, le FMI, l’OMC, etc. dans le but d’assurer le développement global du monde. Il nous apparaît qu’à présent, ces institutions servent seulement les intérêts de quelques privilégiés et poussent la grande majorité de la population mondiale dans la pauvreté, l’analphabétisme et l’injustice.
Si au départ, les secteurs agricole et rural ont été négligés par ces institutions, ils sont devenus aujourd’hui les cibles principales de l’OMC dans le but d’exploiter ces secteurs pour en retirer encore plus de bénéfices pour les Compagnies Multinationales, sans aucun respect pour les êtres humains, ni pour l’environnement. Au cours des dernières années, les communautés marginalisées ont commencé à s’organiser pour résister à ces conditions inhumaines au travers de mobilisations pacifiques et par le développement de modèles alternatifs. Mais le système dominant, bien organisé bénéficiant d’un fort appui financier et du soutien des medias fait tout son possible pour empêcher ces résistances en travaillant sur des accords bilatéraux directement avec les Etats nations après la faillite des négociations de l’OMC à Hong Kong.
Cette situation nous conduit à nous engager dans la lutte contre l’idéologie néo-libérale par une résistance organisée et en construisant une nouvelle idéologie que nous pourrions appeler l’économie souveraine. Cette idéologie développée par les sections marginalisées combine 2 concepts importants qui gagnent de l’importance jour après jour, partout dans le monde. Il s’agit de la Souveraineté alimentaire et de l’Economie solidaire.
La Souveraineté alimentaire est le droit des paysans, des communautés, des pays ou groupe de pays de définir leur propre politiques alimentaire, agricole et territoriale, de même que leur travail dans ces secteurs, incluant le secteur de la pêche et des populations indigènes. Ces politiques doivent être économiquement, socialement et culturellement adaptées à chaque situation spécifique. La souveraineté alimentaire comprend le droit réel à l’alimentation et à la production alimentaire, ce qui signifie que chaque population a le droit à une nourriture saine, culturellement et nutritionnellement adaptée, de même que l’accès aux ressources pour la production alimentaire afin d’assurer sa survie et la survie de sa communauté.
L’économie solidaire est un modèle alternatif, juste et humain, de réaliser l’économie. Il est basé sur le travail solidaire, le soutien mutuel et sur la coopération ; il comprend un développement intégral et durable à l’échelle humaine ce qui se réfère spécialement aux réalités locales, avec de nouvelles relations entre acteurs économiques, basées sur les principes de compréhension mutuelle et de coopération, avec l’objectif principal d’utilité sociale avant le profit.
Pour renforcer et développer l’existence des expériences d’Economie solidaire et de Souveraineté alimentaire, nous voulons consolider ces concepts et les développer en une idéologie de Souveraineté Economique. Afin de matérialiser cette idéologie, nous les participants au Séminaire Asiatique, nous nous engageons à
* Boycotter les produits des multinationales qui envahissent nos marchés par la publicité, et à promouvoir les produits locaux, respectueux de la culture et bien meilleurs pour la santé
* A expliquer à nos familles, groupes et communautés les dangers de ces produits
* A éviter l’utilisation des semences hybrides et génétiquement modifiées, les composants chimiques qui endommagent nos ressources naturelles
* A promouvoir systématiquement l’agriculture biologique et le commerce juste de ces produits
* A joindre toutes les campagnes, et spécialement la campagne « plus d’armes », de faire alliance avec les groupes de défense des mêmes intérêts auprès des structures gouvernantes aux niveaux local, national et international afin d’atteindre nos objectifs.
Nous demandons fortement à nos politiciens, chefs religieux et tous les représentants des institutions gouvernantes de considérer notre demande légitime pour une économie qui respecte le bien être des communautés et assure la justice et une vie digne pour tous. La situation actuelle d’impérialisme n’est plus supportable et nous sommes prêts à utiliser tous les moyens pour la changer.
Nous tenons à remercier chaleureusement les organisations du BSDF du Bangladesh pour leur accueil à Jessore ainsi que les autorités locales pour leur soutien et leurs encouragements.
Les participants
Jessore, le 28/01/08
06:40 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : économie solidaire, agriculture biologique, banque mondiale, fmi, omc |
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