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30.04.2009

Natixis : Pérol nomme un nouveau patron

INFO FIGARO - Laurent Mignon, gérant de la société Oddo et Cie, sera le président du directoire de la banque, filiale des Caisses d'épargne et des Banques populaires.

Élusif sur le sujet il y a une semaine encore dans nos colonnes, François Pérol a finalement décidé de nommer un nouveau dirigeant chez Natixis. Selon nos informations, Laurent Mignon, 45 ans, aujourd'hui gérant de la société Oddo et Cie, sera le président du directoire de la banque, filiale des Caisses d'épargne et des Banques populaires. François Pérol a, lui, pris les rênes des deux groupes mutualistes en voie de fusion fin février.

Laurent Mignon remplacera Dominique Ferrero, directeur général depuis la création de Natixis fin 2006. Sa nomination intervient à quelques heures de l'assemblée générale des actionnaires, jeudi matin. Une réunion forcément délicate étant donné le parcours boursier de Natixis.

Après dix ans de banque d'affaires, Laurent Mignon a fait une carrière remarquée aux AGF, puis a fait le choix d'Oddo en 2007 après l'intégration de la compagnie d'assurances dans le groupe allemand Allianz. En optant pour Natixis, il revient dans le «circuit» des grandes entreprises cotées. Avec un sacré défi à la clef. La banque a affiché 2,8 milliards d'euros de pertes l'an dernier.

(Le Figaro) - Bertille Bayart

23.04.2009

Laurent MAUDUIT (Médiapart) lance un débat ouvert à tous et à toutes sur les CAISSES D'EPARGNE, les BANQUES POPULAIRES et NATIXIS

Si vous souhaitez participer à ce débat participatif, rendez vous sur ce lien
Puis suivre les recommandations de Laurent Mauduit pour faire apparaître votre contribution sur le site Médiapart :
Quiconque veut poster des billets dans cette «édition participative » et avoir les droits pour le faire peut m'en faire la demande en passant par l'onglet «devenir rédacteur», en haut à gauche de cette page : plus nous serons, plus le débat sera fécond.
22 Avril 2009 Par Laurent Mauduit

 

Ce projet d'une «édition participative» autour des Caisses d'épargne, des Banques populaires et de leur filiale commune, Natixis, est une idée qui chemine depuis plusieurs mois. Et, à quelques uns, nous avons finalement décidé de passer à l'acte. Et donner naissance à notre projet. Je voudrais ici rapidement en exposer les raisons en même temps que l'ambition.

Les raisons en sont multiples, car ce projet est en fait le produit d'une rencontre. Il y a d'abord les raisons propres de Mediapart. Voici plus d'un an, avant que notre journal en ligne ne voit le jour dans sa formule définitive, nous avons présenté sur le pré-site de Mediapart ce que serait notre ambition. Et pour donner une illustration de la priorité que nous donnerions au journalisme d'enquête, au journalisme indépendant de tous les pouvoirs, nous avons mis en ligne fin janvier et début février 2008 une très longue enquête, en six feuillets (qui nous a valu dix mises en examen), racontant les dysfonctionnements dans lesquels étaient prises les Caisses d'épargne. Une longue enquête qui a donc eu une fonction d'alerte, car elle a mis à jour, bien avant que la crise financière ne se creuse, les turbulences dans lesquelles a été emporté cet établissement, en rompant son pacte d'actionnaires avec la Caisse des dépôts, et en s'éloignant de ses missions d'intérêt général, pour mimer le fonctionnement des marchés financiers américains.

Puis, dans la foulée, tissant de nombreux liens de confiance avec de très nombreux acteurs des Caisses d'épargne, -cadres dirigeants, membres de comités de direction régionaux, syndicalistes de toutes sensibilités, sociétaires, salariés...-, nous avons continué, les mois suivant, à tenir la chronique de l'actualité mouvementée des Caisses d'épargne, des Banques populaires et de Natixis. Une chronique, grâce à tous ces liens de confiance tissés au fil des mois, très informée puisque nous avons été, pour ne parler que de la période récente, les premiers à annoncer le départ de François Pérol de l'Elysée ou encore les problèmes de légalité que cela posait. Participant à l'aventure de Mediapart, c'est l'une des grandes satisfactions que j'ai éprouvées: dans mes recherches d'informations, j'ai toujours été aidé, épaulé, conforté par de nombreuses personnes travaillant dans ces établissements, dont j'ai le plus souvent caché l'identité pour des raisons d'évidentes confidentialité. Mais le journalisme participatif a souvent pris cette forme-là: depuis plus d'un an, je profite d'aides dévouées et précieuses, même si elles ont souvent été discrètes. Des aides formidables, dans le souci d'informer le mieux possible les salariés concernés de ces entreprises, et au-delà les citoyens.

Mais, en retour, nous avons aussi senti que nombre d'acteurs avec lesquels nous étions fréquemment en contact, ou tout simplement des salariés de ces différents établissements, au premier chef concernés, ressentaient le besoin d'un lieu de dialogues ou d'échanges, pour aller au-delà de la lecture des article mis en ligne par Mediapart. Lors des journées portes ouvertes que nous avons organisée à Mediapart, le 21 mars dernier, des syndicalistes et des salariés des Caisses d'épaargne et de Natixis sont ainsi venus engager ces échanges.

C'est donc ce cheminement qui a conduit à ce projet : en plus des informations que nous publions, créer ici, sur Mediapart, un lieu de débat collectif. Pour parler de tout. Parler du bilan d'abord : de la fuite en avant dans laquelle les Caisses d'épargne se sont lancées à partir de 2006 avec l'assentiment de la puissance publique ; des dangers qui pèsent maintenant sur les missions d'intérêt général que sont la rémunération de l'épargne populaire et le financement du logement social ; de la crise financière et de son onde de choc. Pour parler aussi de l'actualité, de l'affaire Pérol jusqu'au projet de fusion, et ses conséquences notamment sur l'emploi. Et pour parler aussi de l'avenir : d'une refondation du mouvement mutualiste et coopératif, attaché d'abord à l'intérêt de ses sociétaires en même temps et à l'intérêt général.

A tous ceux qui juge ce débat important, je voudrais donc lancer une invitation : venez débattre ici. Faites connaître autour de vous ce lieu de débat. Cadres, syndicalistes de toutes sensibilités, salariés de tous les établissements, vous êtes tous les bienvenus. Quiconque veut poster des billets dans cette «édition participative » et avoir les droits pour le faire peut m'en faire la demande en passant par l'onglet «devenir rédacteur», en haut à gauche de cette page : plus nous serons, plus le débat sera fécond.

23.02.2009

LE MONDE confirme les craintes syndicales et anticipe de "fortes zones de turbulences" pour les Caisses d'épargne et les Banques Populaires ....

Elysée SA LE MONDE | 23.02.09 | 14h10 • Mis à jour le 23.02.09 | 14h10

Les communicants sont sur le pied de guerre. Dans quelques jours, l'Elysée va annoncer que, grâce à l'intervention de l'Etat, deux banques privées mal en point, les Caisses d'épargne et les Banques populaires, vont fusionner et former le deuxième groupe bancaire français. Grâce à Nicolas Sarkozy, un nouveau géant de la finance est né

Malheureusement, cette fusion laisse songeur. Pour qu'une telle opération réussisse, deux conditions sont indispensables. Premièrement : qu'elle se réalise dans la clarté. Rien n'est pire qu'un prétendu mariage entre égaux basé sur l'hypocrisie. Deuxièmement : que le dirigeant du nouvel ensemble soit capable de mobiliser ses équipes pour que "1+1 soit supérieur à 2", selon la formule consacrée. Or, la fusion annoncée ne respecte aucune de ces deux conditions. La transparence ? Toutes les négociations se sont passées au palais de l'Elysée, transformé pour l'occasion en banque d'affaires. Pour parvenir à une fusion entre égaux, on a même exclu du nouvel ensemble les filiales immobilières des deux groupes - car personne ne sait très bien, vu la conjoncture, ce qu'elles valent - sans les vendre pour autant. Même la participation de l'Etat (15 % ? 20 % ?) n'est pas arrêtée. Une chose est sûre : les actionnaires majoritaires n'ont pas leur mot à dire. C'est l'Elysée qui est à la manoeuvre et dicte sa loi aux futurs époux

Dans ce contexte, le choix du dirigeant pressenti est pour le moins curieux. François Pérol n'est pas seulement l'un des plus proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy, il est l'artisan de cette fusion. Rarement intérêts publics et privés auront été à ce point confondus. Même le sénateur centriste Jean Arthuis juge cette nomination "choquante". Il est d'ailleurs convaincu que la commission de déontologie ne lui donnera pas son aval

Alors que le nouvel ensemble va nécessairement traverser de fortes zones de turbulences - lourdes pertes en vue, suppressions d'emplois, guerres entre les "rouges" des Caisses d'épargne et les "bleus" des Banques populaires -, la contestation juridique et politique de son patron ne pourra qu'aggraver sa situation. Quels que soient ses qualités et son passé de banquier d'affaires, François Pérol va voir son destin lié à celui de son mentor. Que celui-ci ne se représente pas ou perde l'élection de 2012, et la direction du nouvel ensemble bancaire tanguera à nouveau

Il y a donc un risque important que, loin d'apporter aux deux banques le soutien dont elles ont besoin, l'intervention de l'Etat finisse par les affaiblir encore davantage.

 
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