16.04.2008
Barcelone : bref recapitulatif des actions liées aux journées internationales de défense des espaces autonomes
Hola,
bref recapitulatif des actions liées aux journées internationales de défense des espaces autonomes. A noter qu'ici il y a eu beaucoup d'autres choses ces jours-ci mais la plupart n'ont pas directement à voir avec ces journées d'actions. Ainsi les vendredis et samedis, plusieurs centres sociaux avaient organisé des "kafetas" thématiques avec projections, débats, présentations des mouvements squats dans d'autres pays...
- à Gracia okupacion d'un nouveau centre social baptisé Mayo 37 suite à une manif surprise à laquelle participèrent 200 personnes.
en castellano:
http://barcelona.indymedia.org/newswire/display/338918/in... in english:
http://barcelona.indymedia.org/newswire/display/338917/in...
- à Vilanova i la Geltrù ouverture d'un nouveau squat par des independantistes/communistes.
en catalan:
http://barcelona.indymedia.org/newswire/display/338905/in...
et explusion immédiate par les flics.
- à Clot/Camp de l'Arpa...
http://barcelona.indymedia.org/newswire/display/339019/in...
- le dimanche [13 avril 2008] il y avait un Rdv pour une "ériclaim ze estrit": une centaine de personnes se sont regroupées au Forat de la vergonya. Avec un côté cirque punk et décadent, le cortège s'est déplacé jusqu'à un parc en coupant le trafic comme une sorte d'armée du chaos mais sans souci avec les keufs.
abracad
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| Tags : Barcelone, squats, espaces autonomes |
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18.03.2008
Barcelone: Quand les squatteureuses donnent dans la lutte de classe...
Barcelone, 15 mars 2008
Rappelons quelques faits: Dans le quartier de Sants, un squat autonome résiste encore et toujours au capital : c'est Can Vies. Squatté en mai 1997 par de jeunes communistes, il est devenu une référence des luttes autonomes à Barcelone, savoureux mélange d'indépendantistes et anarchistes. Or, en 2007, une plainte est déposée par le propriétaire des lieux, qui n'est autre que l'entreprise des transports publics de Barcelone TMB (Transports Metropolitans de Barcelona). Le 22 janvier a lieu le procès qui est finalement gagné par les squatteureuses le 1er février 2008.
Or, depuis octobre 2007, des travailleureuses de TMB sont en lutte. Ce sont les conducteurs d'autobus de Barcelone (environ 3000) qui demandent 2 jours de repos par semaine. Le conflit est mené par une assemblée de travailleureuses qui décident la suite à donner a leur lutte. C'est-à-dire une lutte menée non par des syndicats mais par les travailleureuses eux-mêmes.
Et il y a pourtant des syndicats à la TMB: le comité d'entreprise est composé de 27 délégués syndicaux, 5 UGT et 5 CC.OO (genre FO ou CFDT), 5 SIT (corporatiste à la solde des patrons), 5 ACTUB (corporatiste combatif), 7 CGT (branche séparée de la CNT espagnole, anarcho-syndicaliste très présente à Barcelone dans les transports et l'industrie). Or seuls deux syndicats soutiennent le conflit: CGT et ACTUB. Les autres dénigrent.
Le conflit larvé éclate juste avant Noël : 4 jours de grève suivis de trois autres après le jour de l'an. Or à ce moment déjà, en vue du procès de Can Vies, des contacts se nouent entre conducteurs en lutte et squatteureuses. Des réunions rasssemblant différents collectifs soutenant la lutte des conducteurs se font à Can Vies, la "presse" squatteuse comme le Contra Infos ou l'Info Usurpa appelle à la solidarité active avec les grévistes. La solidarité active prend la forme de tags dans toute la ville, de collage d'affiches, d'actes de soutien devant les mairies de quartier, de sabotages (environ 200 autobus sabotés durant les différentes périodes de grève, des pneus troués, tags sur le pare-brise ou boules de pétanques lancées sur les bus circulant en dehors des minimums établis), de participation aux piquets de grève... et des conférences-débats dans les squats avec des conducteurs de bus (à Can Vies, au Blokes Fantasma, à l'Ateneu Popular de l'Aixample, la Teixidora, la Revoltosa et plein d'autres que j'oublie).
Le summum survient après la victoire de Can Vies. Le quartier de Sants commence alors une campagne : on a gagné le procès et maintenant on va gagner les deux jours de repos par semaine. Le 9 février 5000 personnes défilent dans les rues de Barcelone en solidarité avec les conducteurs de bus en lutte. Dont nombres de squatteureuses répartis selon les tendances derrière les pancartes indépendantistes, de la CNT ou encore de Can Vies.
Et la lutte continue. La direction ne plie pas, persiste ... et signe : déclarations de guerre aux grévistes, envoi des forces de police pour escorter les bus à la sortie des garages, charges et détentions de deux conducteurs, campagne de presse diffamatoire (articles comme "l'escalade de la violence"), contre-campagne de propagande de l'entreprise pour isoler les grévistes et retourner l'opinion...
Et pourtant, les conducteurs ne cèdent pas. Après une nouvelle semaine de grève début mars (du 3 au 7 mars), ils continuent de faire grève chaque jeudi. Et ce bien que 50 d'entre eux soient sanctionnés pour action de sabotage et comme par hasard 10 des 11 délégués de l'assemblée de travailleureuses.
Plus d'infos : http://comitedescansos.blogspot.com/
le blog de l'assemblée de conducteurs
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| Tags : SQUATTS, SQUATTEURS, LUTTE DE CLASSE, BARCELONE |
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24.12.2007
L'Espagne des propriétaires
Barcelone : le refus du «parc thématique»… Et ailleurs. Plusieurs dizaines de milliers d’habitants chassés du centre-ville depuis vingt ans mais le brassage de la population demeure. Explications.
Une quinzaine d’étages dans les tons marronnasses avec des balcons peints d’un rouge vif aujourd’hui délavé : l’immeuble, construit dans les années soixante-dix, est esthétiquement sans charme. Il est pourtant l’une des cibles privilégiées de touristes étrangers désirant acquérir un pied-à-terre à Barcelone. Et pour cause : situation privilégiée sur le front de mer et vue imprenable. À 6 000 euros le mètre carré, c’est abordable pour des Anglo-Saxons aisés mais rédhibitoire pour le Barcelonais lambda. En retrait de la plage, les immeubles situés au coeur de Barceloneta (20 000 habitants), coincé entre le Vieux-Port et le port olympique créé à l’occasion des Jeux de 1992, sont, eux aussi, victimes de l’envolée des prix. Il ne reste plus guère de pêcheurs dans ce quartier maritime, mais encore des familles populaires, majoritairement propriétaires de leur logement qui dépasse rarement les 35 mètres carrés, aux revenus de plus en plus modestes. Vieillissement, paupérisation, dégradation de l’habitat, « décor » naturel et positionnement central : tous les ingrédients de la spéculation immobilière sont réunis. «À la vente, le prix du mètre carré s’établit à 5 000 euros. À la location, il faut compter entre 25 et 30 euros le mètre carré. On a même vu un 30 mètres carrés se louer 1 300 euros par mois. Quand ils prennent leur indépendance, les jeunes du quartier ne peuvent plus se loger ici», expose Carmen, responsable de Foment de Ciutat Vella (1) pour le quartier de Barceloneta.
En réponse, la mairie «va mettre en place une politique de préemption et on va louer à des jeunes pendant cinq ans à des loyers raisonnables ainsi qu’une politique de réserve foncière». Avec une telle inflation des prix de l’immobilier, l’intervention publique ne se produit-elle pas trop tard ? La mairie de Barcelone veut aussi rénover les habitations dégradées. «Des gens ont l’impression qu’on va les expulser du quartier. Ce n’est pas vrai», assure Carmen.
Pourtant, les habitants de Barceloneta ont en mémoire la destinée, dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, de leurs homologues du Barrio Chino, en plein coeur de la Ciutat Vella. En prévision de l’organisation des jeux Olympiques, la mairie de Barcelone, alors dirigée par le socialiste catalan Pasqual Maragall, avait lancé l’immense chantier de rénovation urbaine de la vieille ville, laissée à l’abandon pendant le franquisme. Autour des Ramblas, grande pauvreté, délinquance, prostitution puis consommation de drogues étaient alors le quotidien.
«Il y a vingt ans, la situation était très dangereuse. Nous avons sauvé le coeur de la ville. Certaines villes abandonnent leur centre-ville, c’est une conception libérale», se félicite l’actuel maire, Jordi Hereu. Le chantier fut quasi herculéen : de 1988 à 2005, réfection de 42 000 logements privés grâce à des aides publiques, destruction de 4 200 logements et construction de 2 600 nouveaux logements publics. L’habitat n’a constitué qu’un aspect des actions de requalification (17 %) derrière les équipements publics (36 %) et les espaces publics (19 %). En tout, 1,3 milliard d’euros ont été investis dans le centre-ville (38 % mairie, 23 % le gouvernement catalan, 13 % le gouvernement central et 9 % le Port de Barcelone).
Aujourd’hui, la Ciutat Vella accueille 113 000 habitants, soit 7 % de la population de la métropole catalane et présente un mariage réussi de forte densité (25 000 habitants au kilomètre carré, soit l’équivalent de Manhattan), de cadre agréable et de patrimoine valorisé. «La ville de Barcelone a tenu l’engagement qu’elle avait pris au commencement de ce processus lorsqu’elle avait garanti que tous les habitants seraient relogés dans le même district», assure l’adjoint à l’urbanisme, Ramon Garcia. Pourtant, un rapide coup d’oeil aux statistiques démographiques permet de constater qu’en vingt ans le coeur de ville a perdu plusieurs dizaines de milliers d’habitants repoussés, pour la plupart, dans une périphérie plus ou moins lointaine.
Dans une étude consacrée à Barcelone (2), des universitaires évoquent «une véritable chirurgie urbanistique que l’on pourrait presque définir comme un nettoyage social et ethnique». Mais, ajoutent-ils aussitôt : avant les opérations de rénovation, les résidents étaient des gens à très faible pouvoir d’achat ou à revenus précaires, à présent, «le brassage de la population y est plus marqué».
«Même si nous avons favorisé la mixité habitat-commerces, nous avons voulu éviter que la Ciutat Vella ne devienne un parc thématique sans résidents», revendique Jordi Hereu. Le revenu par habitant - l’un des plus faibles de la ville - confirme que l’hyper-centre est resté populaire. Et, malgré les plans de réhabilitation qui conduisent en général à la «gentrification», il demeure la porte d’entrée de l’immigration. Depuis la fin des années quatre-vingt-dix, cette dernière est repartie à la hausse. Elle concerne principalement des jeunes hommes originaires d’Amérique du Sud ou du Maroc qui y implantent des commerces. Les Dominicains, par exemple, ont constitué des réseaux de travail solidaire qui fonctionnent comme de petites coopératives informelles. Conclusion de l’étude citée ci-dessus : «Autant de savoir-faire que les planificateurs n’ont pas prévu mais qui ont le don de transformer une ville tout autant que les travaux d’aménagement.»
(1) Société d’économie mixte créée par la mairie et chargée de la réhabilitation du centre-ville de la capitale catalane.
(2) Dans Villes internationales. Entre tensions et réactions des habitants. Éditions La Découverte.
Christophe Deroubaix
05:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : barcelone, logements |
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