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26.06.2009

La maison relais gérée par l’Adoma à Belfort existe depuis bientôt un an. Un concept appelé à se développer dans la Cité du Lion.

« Je me plais ici, c’est chez moi ». Dominique, 46 ans, sourit. Il explique qu’il a vécu à Delle, avant, et aussi à Bavilliers, pendant deux ans, au centre Pierre-Engel. Maintenant il a « son » appartement : un meublé aux murs blancs au dernier étage de la maison relais, impasse Pershing. L’établissement, géré par l’Adoma (ex-Sonacotra) a ouvert ses portes il y a presque un an, en juillet 2008. Le concept est né en 2002 en France avant d’être élevé au rang de priorité nationale l’an dernier. L’idée : proposer à des personnes désocialisées des logements sans limitation de durée dans des structures de taille réduite avec des espaces communs.

Les résidents ont leur appartement et ils s’acquittent d’un loyer — modéré — mais ils sont épaulés, au quotidien, par des salariés qui travaillent in situ.

« Nous nous situons entre la résidence sociale et l’appartement autonome », explique Patrick Bertin-Denys, le responsable de la maison relais Adoma.

L’établissement compte onze logements et deux salariés présents au quotidien, du lundi au samedi, durant la journée. Ils forment un socle, un repère. Une sorte de béquille. Leur mission : créer un lien social, via des animations et des activités et « structurer » le quotidien des résidents. Ces derniers, en effet, doivent souvent (ré) apprendre les gestes de base de la vie de tous les jours : gérer un budget, faire des courses, accomplir des démarches administratives, s’alimenter correctement, ou, tout simplement composer avec les autres.

Tisser des liens

L’apprentissage des contraintes, c’est d’ailleurs ce qu’évoque spontanément Gérard, 45 ans, qui vit au sein de la maison relais depuis environ six mois : « On ne fait pas tout ce qu’on veut », dit-il, un brin hésitant. C’est-à-dire ? « Eh bien, il ne faut pas faire trop de bruit la nuit… » Traduction : éviter d’écouter la musique trop fort à 3 h du matin.

« Nous les accompagnons mais nous sommes des logeurs avant tout », insiste Patrick Bertin-Denys. Pas question, donc, de se substituer aux acteurs du champ social. Au contraire : « Nous essayons de solliciter le plus possible les services existants. Notre mission n’est pas de répondre à toutes les problématiques sociales qui se posent à nos résidents. Nous avons besoin que de travailler en partenariat. » À Belfort, en outre, la grande majorité des locataires fait l’objet d’un suivi médical psychiatrique. D’où la nécessité d’entretenir des liens très étroits avec le centre Pierre-Engel de Bavilliers : une infirmière et une assistance sociale viennent régulièrement au sein de la maison relais, pour suivre les résidents ou leur donner leur traitement, parfois lourd.

Quel est le profil des autres habitants ? L’un d’eux, explique Patrick Bertin-Denys est arrivé au sein de la structure dans le cadre de la loi Dalo (loi sur le droit au logement opposable) ; un autre, retraité, a derrière lui un parcours de locataire un peu compliqué qui lui interdit l’accès à un logement social « classique ». Bref, des hommes — essentiellement — et des femmes, âgés de 25 à 75 ans, qui vivent sous le même toit mais avec des cheminements et des besoins parfois très différents. Une « mixité » renforcée par la présence de locataires qui n’ont rien à voir avec le dispositif : ils habitaient déjà dans ce bâtiment avant que celui-ci ne soit racheté par l’Adoma.

Comment se passe la cohabitation ? Plutôt bien, d’après Patrick Bertin-Denys : « Chacun vit chez soi. Nous ne sommes pas dans un foyer. Et puis nous essayons de tisser des liens entre les résidents en organisant, par exemple, des petits-déjeuners en commun. » La structure, quoi qu’il en soit, est très demandée. « Les besoins existent », résume Patrick Bertin-Denys. À terme la société Adoma souhaiterait d’ailleurs augmenter le nombre de places disponibles (lire ci-contre). Une nécessité, également, sur le plan financier.

Céline Mazeau pour L'ALSACE

08:14 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maison-relais, adoma, belfort, loi dalo | | |  Facebook

 
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