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09.04.2012

PORTRAIT DE PHILIPPE WAHL, Homme "d'affaires" et Directeur général de la Banque postale

PORTRAIT DE PHILIPPE WAHL,

Homme "d'affaires" et

Directeur général de la Banque postale

 

Images intégrées 1 

Après avoir milité pour la fin du statut "à but non lucratif" des Caisses d'épargne,

Philippe Wahl a participé au démantèlement d'une partie de la Caisse des dépôts et consignations

par la prise de contrôle, par les Caisses d'épargne, de CDC IXIS qui disparaîtra avec la création de NATIXIS

(coût pour les épargnants : 25 milliards d'euros de pertes sur NATIXIS)

Puis Directeur général France, Belgique et Luxembourg de Royal Bank of Scotland, il a diffusé

 des emprunts toxiques, dans plusieurs pays d'Europe, avant de prendre la direction de la Banque postale.

(La déconfiture de Royal Bank of Scotland a coûté 54,4 milliards d'euros au contribuable britannique).

A la tête de la Banque postale, il projette, aujourd'hui :

  • de dégager de "la marge" sur le financement des collectivités locales et des établissements publics après la faillite de DEXIA

  • et de distribuer, prochainement,  auprès de la clientèle  la plus modeste et la plus fragile qui soit (celle de la Banque postale) du crédit renouvelable.

La prise de contrôle de CDC IXIS

(Par Laurent MAUDUIT)

 Dans un article en date du 19 novembre 2002, Le Monde raconte ainsi les dessous de la bataille : « M. Milhaud et M. Wahl ont toujours en tête deux scénarios pour prendre le contrôle d’Eulia, qu’ils ont élaborés avec l’aide du banquier conseil François Henrot, associé gérant chez Rothschild & Cie, sans toutefois lui confier de mandat en bonne et due forme.

Le premier vise à racheter une partie de la participation dans Eulia de la CDC, celle-ci conservant la minorité de blocage. Il permet à l’Ecureuil de prendre le pilotage de la banque d’investissement de son partenaire, CDC Ixis, filiale d’Eulia. L’autre option, maximaliste, consiste à reprendre tous les intérêts de la CDC dans Eulia et, en plus, à mettre la main sur le premier assureur- vie français, la CNP (dont elle détient déjà 18 %), en rachetant les parts de la CDC (37 %) et de la Poste (18 %). »

Sauf que, à l’époque, il y a un détail que personne ne connaît : pour mener cette bataille, financièrement périlleuse, et politiquement délicate, les Caisses d’épargne décident d’enrôler un conseiller très spécial qui a ses entrées partout ; un entremetteur qui reste dans l’ombre mais qui connaît très bien le nouveau ministre des Finances, Francis Mer – pour avoir travaillé avec lui à la fin des années 1970 et au début des années 1980 chez Saint-Gobain –, un homme capable de joindre quiconque compte et qui dispose d’une influence certaine dans un grand quotidien du soir. Alain Minc. Dans aucun entretien ultérieur, jamais Alain Minc n’avouera qu’il a travaillé secrètement pour l’Ecureuil. Quiconque cherche la liste de ses clients dans les milieux industriels et financiers peut facilement trouver une collection impressionnante de chefs d’entreprise très connus ; l’intéressé les livre avec fierté.

Mais le nom de Charles Milhaud n’a jamais été révélé. Dès la fin de 2001, c’est pourtant Alain Minc, dans l’ombre de Charles Milhaud, qui est à la manoeuvre pour tenter de bouter la CDC hors d’Eulia. Sans grande surprise, c’est d’ailleurs lui qui convie François Henrot (le patron de la branche française de la banque Rothschild) à se pencher sur le dossier. Et comme, entre amis proches, les choses n’ont pas besoin d’être formalisées, c’est la raison pour laquelle la banque Rothschild est saisie de l’affaire sans disposer d’un mandat en bonne et due forme.

La mission est donc peu glorieuse. Il s’agit pour le président du conseil de surveillance du Monde d’aider Charles Milhaud à s’affranchir de l’accord, pourtant fraîchement signé, qui le lie à la Caisse des dépôts.

(...)

Interrogé, Alain Minc finit par convenir de son rôle. « Oui, c’est exact, reconnaît-il, j’ai été le conseil de Charles Milhaud et de Philippe Wahl, aux Caisses d’épargne, mais pas pour une longue période. J’ai dû commencer vers l’été 2001 et j’ai souhaité mettre un terme à cette mission de mon propre chef quand Charles Milhaud après l’alternance de 2002 a voulu écarter son directeur général, Philippe Wahl, pour lequel j’ai beaucoup d’estime et d’amitié."

Comme Philippe Wahl est évincé des Caisses d’épargne en juillet 2003 (il sera embauché ultérieurement sur le conseil d’Alain Minc par Vincent Bolloré pour être le directeur général de Havas), cela veut donc dire qu’Alain Minc est secrètement rémunéré par cette entreprise pendant au moins deux ans.

Un groupe de travail est notamment constitué avec François Henrot, l’avocat François Sureau (un ancien partenaire d’Alain Minc), Philippe Wahl et Charles Milhaud.

Dans le même temps, Alain Minc fait en sorte que le travail de lobbying porte ses fruits également à Matignon, où , sous Jean-Pierre Raffarin, il n’a plus guère ses entrées. Il conseille donc à Charles Milhaud de confier une seconde mission à une grande spécialiste de la communication des chefs d’entreprise, Anne Méaux, qui est très proche du Premier ministre et peut donc le convaincre d’appuyer le projet des Caisses d’épargne.

Voilà donc le tandem Anne Méaux -Alain Minc à la manoeuvre. Charles Milhaud, de son côté, ne néglige rien. Sentant que Nicolas Sarkozy devient la figure montante de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), il demande à le rencontrer à trois reprises, et embauche aux Caisses d’épargne plusieurs de ses collaborateurs.

Les embauches deviennent si nombreuses – des hauts fonctionnaires connus, dont Thierry Gobert, un ancien de la direction du budget, Didier Banqui, et jusqu’à l’épouse du principal conseiller du candidat à l’élection présidentielle, le très fidèle et très remuant Brice Hortefeux . C’est « Sarkoland », dit-on dans les couloirs de l’entreprise.

Les mauvaises manières de l'Ecureuil par Laurent MAUDUIT

http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyen...

Philippe Wahl  débarqué par Charles Milhaud

Il songe à sa réélection en décembre. Pour cela, il vient de lâcher Philippe Wahl, énarque, ancien de Paribas, avec qui il formait un tandem redoutable. Les présidents de caisse régionale, oubliant la compétence de Wahl  pour ne voir que son assurance, voulaient sa peau. Ils l'ont eue. Milhaud a tranché pour ses électeurs. Rusé et obstiné, on vous le dit...

LE POINT

http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2007-01...

 

CDC IXIS DISPARAITRA AVEC LA CREATION DE NATIXIS

 Comment les actionnaires de Natixis se sont fait rincer de 25 milliards

 La crise, aussi, a ses champions. Natixis, vedette française de la débâcle financière, peut prétendre aux plus hautes marches du podium. Ses actionnaires ont d’abord été appâtés, avec des méthodes commerciales plutôt vigoureuses. Puis, assurent-ils, enfumés par des informations trompeuses. Ensuite, rincés par le désastre des subprimes. Et – peut-être – achevés grâce à un délit d’initiés qui aurait permis à plusieurs grandes banques de spéculer sur la déconfiture.

Article extrait du Canard Enchaîné (sur Impotsutiles.com)

http://www.impots-utiles.com/comment-les-actionnaires-de-...

 Philippe WAHL : Un expert des emprunts toxiques à la tête de l’entité qui va reprendre les emprunts toxiques de Dexia

Ceux qui pouvaient avoir des inquiétudes vont très certainement être rassurés quand ils vont savoir que le patron de la Banque Postale, Philippe Wahl, exerçait auparavant ses responsabilités à la Royal Bank of Scotland, dont il fut Directeur général pour la France à partir de février 2007 avant, à partir d’avril 2008, d’occuper le poste de Special Advisor auprès du président de RBS Global Markets à Londres, puis d’être nommé en  décembre 2008 directeur général France, Belgique et Luxembourg de RBS Paris.

Si on regarde sur Wikipedia, on apprend un certain nombre de choses intéressantes sur cette banque

“La crise financière de 2008 a provoqué une chute de ses actions en bourse de 88,40 % l’an dernier en raison des actifs toxiques qu’elle détenait en ce qui concerne les credit default swaps. Depuis début 2009, l’action a perdu 80,38 % au 20 janvier portant ainsi la baisse à 97,58 % depuis le 1er janvier 2008.

ALTERNATIVES ECONOMIQUES

http://alternatives-economiques.fr/blogs/abherve/...

Londres va vendre sa participation dans Royal Bank of Scotland à Abou Dhabi

En 2008-2009, le gouvernement britannique avait injecté 45,5 milliards de livres (54,4 milliards d'euros) dans la RBS pour la sauver de la faillite. La vente d'une partie de la RBS se ferait aujourd'hui à perte, remarque la BBC, compte tenu des performances toujours médiocres de la banque. La participation du Trésor a été payée 50 pence par action alors que la RBS a fini à 28,5 pence lundi à la Bourse de Londres. Le Trésor a déclaré lundi qu'il ne privatiserait la RBS que lorsque l'opération assurerait une plus-value au contribuable.

La RBS est restée l'an dernier dans le rouge pour la quatrième année consécutive.

LE MONDE  avec AFP et REUTERS

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/03/27/londres-v...

Prêts aux collectivités : la Banque Postale croit à un marché rentable (Philippe WAHL)

« Si nous y allons c'est parce que nous pensons qu'il va être rentable, qu'il va nous permettre de générer du PNB (produit net bancaire, équivalent du chiffre d'affaires), de la marge et du résultat », a indiqué le dirigeant (Philippe Wahl), en marge de la présentation des résultats. 

CBANQUE

http://www.cbanque.com/actu/29334/prets-aux-colle...

La Banque Postale va lancer une offre de crédit renouvelable en 2012 (Philippe Wahl)

La Banque Postale va proposer courant 2012 du crédit renouvelable, alors qu'elle l'avait jusqu'ici écarté de son offre de crédit à la consommation, a annoncé mardi le président du directoire, Philippe Wahl, en marge de la présentation des résultats.

"Nous pensons que le crédit renouvelable de la Banque Postale ne ressemblera à aucun autre", a affirmé M. Wahl, soulignant qu'il avait récemment défendu l'existence de cette forme de crédit lors de son audition devant des parlementaires.

Le crédit renouvelable est une réserve d'argent mobilisable à tout moment, mais le plus souvent assortie, en cas d'utilisation, d'un taux d'intérêt élevé.

AFP

http://www.ladepeche.fr/article/2012/03/13/130507...

Philippe Whal est également membre du Comité directeur de l'Institut Montaigne et y cotoie d'autres partisans de l'ultralibéralisme, de la casse des services publics et des sytèmes de protection sociale

http://www.institutmontaigne.org/biographie-philippe-wahl...

http://www.institutmontaigne.org/organisation-128.html

Philippe Wahl milite pour une réforme de la fiscalité au service de la social-compétitivité

Rapport de l'Institut Montaigne

Une fiscalité au service de la "social compétitivité"

 Président du groupe de travail : Philippe Wahl

RAPPORT - Mars 2012

 http://www.institutmontaigne.org/une-fiscalite-au...

 

Philippe Wahl milite pour le maintien des avantages fiscaux de l'assurance-vie et ne souhaite pas la création de nouveux produits d'épargne (Livrets réglementés)

 "Le sujet est moins d'inventer de nouveaux produits d'épargne --que les épargnants mettraient du temps à adopter-- que la stabilité fiscale" de ceux qui existent, notamment de l'assurance-vie, a déclaré le président du directoire de la Banque Postale, Philippe Wahl.

Selon lui, "la défiance vis-à-vis de l'assurance-vie trouve bien sûr sa source dans le rendement net d'inflation qui est bas" mais également dans l'instabilité de sa fiscalité.

"Si nous voulons favoriser l'épargne longue, il faut de la stabilité", a-t-il plaidé

AFP

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/03/27/97002...

29.05.2009

Icade : scandale d’État

Par Philippe Laurent, maire (DVD) de Sceaux.

C’est une histoire triste et insupportable d’injustice. Une histoire dont les victimes seront, comme toujours, des familles modestes, identifiées, impuissantes. Une histoire dont profiteront des épargnants ou des spéculateurs, anonymes, dont la plupart ne savent même pas où elle se déroule. Une histoire banale. Sauf qu’en l’occurrence, l’État (gouvernement et Parlement) est complice, et donc coupable. Coupable de duplicité et de lâcheté. Coupable d’irresponsabilité politique, malgré les appels à la raison des élus locaux concernés. Un scandale d’État.

Dans les années cinquante et soixante, la SCIC, filiale de Caisse des dépôts et consignations, elle-même bras armé de l’État - qui en est l’unique « actionnaire » et en perçoit les dividendes - dans les domaines économiques et du logement, engage de vastes programmes de construction de logements accessibles aux familles modestes. Bien entendu, les aides à la construction de l’époque et les fonds d’épargne sont sollicités. Certaines communes mettent tout ou partie des terrains à disposition. À Sceaux, dans les Hauts-de-Seine, est ainsi édifiée dans le quartier des Blagis la résidence des Bas-Coudrais, conçue par les architectes Eugène Beaudoin et Challier, Fournier, Andrault. Près de huit cents logements, avec une école et un centre commercial, dans lesquels les familles s’installent avec enthousiasme en 1956. Depuis plus de cinquante ans, la résidence n’a pas changé. Modèle d’équilibre urbain, d’une rare qualité architecturale pour l’époque, elle est protégée par les documents d’urbanisme et figure dans le projet de zone de patrimoine architectural, urbain et paysager en cours d’élaboration par l’équipe municipale, avec le soutien des locataires.

Les bâtiments et les espaces publics n’ont pas changé… sauf qu’ils sont fort mal entretenus (10 % des logements font l’objet d’un constat d’insalubrité) et que les loyers ont flambé, avec des augmentations à la relocation qui ont parfois atteint 150 % en quelques années. Sceaux, son domaine, ses équipements, ses écoles et ses lycées, est attractif… Icade, nouveau nom de la SCIC, en profite. L’État aussi, qui voit ses dividendes augmenter. Le maire proteste et souhaite, au nom de l’équilibre, qu’au moins une partie significative des logements, financés par l’argent public, soient conventionnés. Rien n’y fait. La volonté politique municipale est tenue en échec par la stratégie financière de l’État, qui, à travers ses filiales, veut engranger le maximum de dividendes. Le même État qui vient faire la leçon à la Ville qui voit son taux de logements sociaux chuter de 23 à 11 % ! Fin 2005, le conseil municipal vote, à l’unanimité, une demande au préfet de déclaration d’utilité publique de l’acquisition de cette résidence en vue de son conventionnement. Le préfet refuse. La Ville porte l’affaire devant le tribunal administratif. Le recours est rejeté, sous prétexte d’une atteinte intolérable à la propriété privée. Des logements construits avec l’argent public que les élus souhaitaient voir rejoindre le parc social !

Mais il faut dire qu’entre-temps l’ancien directeur général de la Caisse des dépôts avait laissé sa filiale Icade s’introduire en Bourse, tout ceci discrètement et avec l’aval du gouvernement et de la commission de surveillance de la Caisse, dans laquelle siègent des parlementaires de tous bords, qu’on n’a pas entendus. Si bien que la politique d’Icade, ancien bras armé de la Caisse, et donc de l’État, dans le logement social, est aujourd’hui sous la surveillance de quelques fonds de pension étrangers, qui veillent au grain… et aux plus-values, en se moquant éperdument du sort des familles logées. Les dits fonds de pension ont exigé la vente du parc de logements. La vaillante Caisse des dépôts elle-même, bien que majoritaire à plus de 60 %, vit dans la crainte permanente d’une accusation d’abus de position dominante par les « gnomes irlandais » des fonds de pension. Résultat : elle ne dit plus rien et laisse faire. L’État lui-même n’en est pas mécontent : la vente annoncée des quelque trente mille logements lui rapportera (en impôts et plus-values) autour de 1,5 milliard d’euros. Qui va acheter ces fameux logements ? Les bailleurs sociaux sont intéressés. Ils ont formé un consortium. Mais ils ne paient pas assez cher. Discussion. Manipulation. Secret. Les logements de Sceaux sont exclus du consortium. Le prix qu’en demande Icade est supérieur au coût de la construction neuve ! Impossible à financer, sauf subventions publiques à hauteur de 80 %, sans compter le coût, énorme, de la rénovation. L’État refuse de participer, au motif que cela ne crée pas de logements nouveaux ! Résultat : il faudrait que les collectivités locales apportent au bas mot cent cinquante millions d’euros pour re-conventionner sept cents logements, les rendre habitables et disponibles pour des familles à revenu modeste. Des logements déjà financés par de l’argent public il y a cinquante ans, totalement amortis. Des millions qui iront aux fonds de pension, aux dirigeants d’Icade (qui détiennent quelques stock-options) et… à l’État lui-même. Scandale d’État, on vous dit. Et un dossier emblématique du mélange des genres, proprement insupportable pour un libéral sincère.

Tribune libre - L'HUMANITÉ

06:19 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : icade, caisse des dÉpÔts, sni, vente de logements sociaux, hlm | | |  Facebook

12.12.2008

Caisse des dépôts - Les malheurs d'Augustin

Le Point - Augustin de Romanet, le patron de la Caisse des dépôts et consignations-le coffre-fort de la République-, ne sait plus sur quel pied danser. Pas facile de jouer les pare-feu contre la crise, comme l'exige l'Elysée. Romain Gubert Augustin de Romanet est un bon soldat. Depuis septembre, chaque fois que Nicolas Sarkozy le lui a demandé, il a répondu présent. Et sorti son carnet de chèques. Sans compter. La recapitalisation de Dexia ?

Il a déboursé 2 milliards. Des liquidités pour les banques ? 16 milliards. Les PME ? 2 milliards. Les collectivités territoriales ? 5 milliards. La création du fonds stratégique d'investissement ? Sans moufter, le directeur général de la vénérable Caisse des dépôts a accepté d'y apporter l'ensemble de ses participations dans les entreprises du CAC 40 (7 milliards d'euros d'actifs) et 3 milliards en cash. Et s'il n'y avait que l'argent... Sur les hommes aussi, Romanet a obtempéré sans discuter. Lorsqu'il a fallu désigner un nouveau patron pour Dexia, il a dit oui au candidat de l'Elysée, Pierre Mariani, ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au Budget (1993-1995). Même chose pour le fonds stratégique d'investissement.

L'Elysée a choisi comme conseillers Patricia Barbizet et Jean-François Dehecq. Augustin de Romanet a validé. Quant à la création du fonds, il n'y a pas d'ambiguïté : « Personne ne nous a forcé la main pour créer ce fonds. C'est dans la ligne de ce que nous faisons depuis 2007. » Bref, Augustin de Romanet est un bon soldat. Plein de bonne volonté et pas rebelle pour un sou. Seulement voilà... Cela fait des mois et des mois que la rumeur place le patron de la Caisse des dépôts dans le collimateur de Nicolas Sarkozy. Cela fait des semaines que chacune des déclarations du président de la République le concernant est décortiquée par le Tout-Paris. Comme celle-ci, il y a quelques jours, à Montrichard, dans le Loir-et-Cher : « Je demande à la Caisse d'être volontariste. Je ne vous demande pas de prendre des risques inconsidérés. Mais je souhaite que la Caisse soit dynamique. C'est la règle du jeu. Romanet sait que cette ambiguïté n'est pas tenable. Son job consiste à gérer au mieux des intérêts de la nation quelque 200 milliards d'euros d'actifs. Pas facile, car la crise boursière pourrait provoquer cette année les premières pertes de la Caisse depuis sa création en 1816. Et qu'en plus l'Elysée, en la plaçant au coeur du dispositif anticrise, l'oblige à prendre des risques, ce pour quoi elle n'a pas été inventée... La prudence et le risque. Ecartelé entre ces deux exigences, Augustin de Romanet peut apparaître comme le maillon faible de la gestion de crise

Sur le CV, l'homme est pourtant irréprochable. Il est du sérail. La liste des ministres de droite que cet énarque a servis se passe de commentaires. Madelin, Arthuis, Lamassoure, Lambert à Bercy. Jean-Louis Borloo à la Cohésion sociale. Raffarin à Matignon. Puis Chirac à l'Elysée. Ce n'est pas tout. Les turbulences sur les marchés financiers n'ont aucun secret pour lui. A deux reprises, il s'est échappé du service de l'Etat pour exercer ses talents dans le privé, justement dans le secteur financier, chez Oddo et au Crédit agricole. Quant à sa mission, servir l'intérêt général, elle colle à la peau de ce catholique convaincu (ses quatre frères et soeurs sont dans les ordres). « C'est un homme de Bercy pas tout à fait comme les autres, raconte Jean-Louis Borloo.

Lorsqu'il a accepté de rejoindre mon cabinet pour élaborer le plan de cohésion sociale, ses petits camarades lui ont dit qu'il faisait une folie. Qu'il commettait une hérésie en passant du côté des ministères dépensiers. Mais il est venu sans hésiter une seconde parce que l'intérêt général est au moins aussi important pour lui que les équilibres budgétaires. » A la tête de la CDC, qui finance, entre autres, le logement social ou les transports publics, Romanet était donc l'homme idoine. Enfin presque... Car, vu de l'Elysée, Augustin de Romanet a un défaut : il a été nommé par Jacques Chirac quelques semaines avant l'élection de Nicolas Sarkozy. Et, à moins d'une bourde monumentale, il est protégé par les parlementaires, qui veillent sur l'« indépendance » de la CDC. Il est inamovible jusqu'en 2012. En clair, Sarkozy et lui vivent depuis le printemps 2007 une drôle de cohabitation. Le président n'a jamais publiquement critiqué Romanet. Mais son entourage, lui, ne s'en est guère privé. A les écouter, dès l'élection de 2007, dans la foulée des règlements de comptes entre chiraquiens et sarkozystes, Romanet aurait commis une série d'impairs et d'impardonnables crimes de lèse-majesté. Romanet n'est pourtant pas un chiraquien pur jus. Il n'a jamais appartenu au premier cercle des intimes de l'ancien président et n'a été nommé à la CDC qu'un peu par hasard. A l'époque, deux collaborateurs de Chirac guignent la place. Maurice Gourdault-Montagne et Frédéric Salat-Barroux. Dans cette ambiance de fin de règne qui plane alors sur l'Elysée, où tous les collaborateurs prennent un à un la poudre d'escampette, la querelle des deux hommes prend des allures de psychodrame. C'est Thierry Breton, à Bercy, qui convainc Chirac de mettre fin à cette situation rocambolesque. Il propose de nommer un outsider, Romanet. Ce dernier, qui a passé dix-huit mois à l'Elysée, où les querelles de personnes lui étaient insupportables, vient de se recaser au Crédit agricole. Il n'a qu'un après-midi pour se décider. Dans la foulée de sa nomination, l'outsider est victime de sa loyauté. Lui qui a servi d'innombrables ministres n'est pas un homme de clan. Mais il fait venir plusieurs proches de Chirac ou de Dominique de Villepin qui cherchent avec insistance des points de chute. La maison est vite désignée par l'entourage de Sarkozy comme un nid de chiraquiens. Et parfois avec mesquinerie. Romanet a certes recasé quelques « politiques », mais il a aussi donné quelques coups de pouce courtois. Par exemple, en trouvant un job à une ancienne secrétaire personnelle de Jacques Chirac, ce qui ne relève pas de l'affaire d'Etat lorsque l'on sait le nombre impressionnant des membres de cabinet des gouvernements de droite et de gauche qui depuis toujours ont trouvé asile à la CDC. Qu'importe... le mal est fait. Et chacun s'en donne depuis à coeur joie pour attiser les braises... Au printemps dernier, lorsqu'il a reçu la Légion d'honneur, seuls ceux qu'il avait servis dans le passé ont fait le déplacement. Chirac, Madelin, François d'Aubert, Arthuis ou Alain Lambert. Il n'y avait ni Christine Lagarde ni François Fillon. Bercy, Matignon ou l'Elysée n'avaient dépêché que des membres de cabinet pour honorer celui qui est pourtant à la tête d'une si puissante institution publique. Beaucoup se sont alors empressés d'y voir une marque de défiance. Dans son immense bureau qui donne sur la Seine et le Louvre, le directeur général de la Caisse des dépôts fait des grands gestes. Cite un proverbe chinois sur l'art de la guerre... Pour un peu, il tiendrait presque une épée dans sa main. Prêt à fendre en deux ceux qui lui en veulent. « Lorsque je suis arrivé ici, on m'a tiré dessus au bazooka. Beaucoup de gens dans Paris s'en sont donné à coeur joie. Des banquiers d'affaires, des "entourages", comme on dit... Mais ces critiques ne me font maintenant plus ni chaud ni froid. Malgré sa bonhomie et son allure de chanoine, le patron de la CDC ne semble pourtant guère serein. «Il porte physiquement le poids de la charge »,confie l'un de ses amis qui ne le trouve guère épanoui depuis qu'il occupe ces éminentes fonctions. Et pour cause... Entre les demandes incessantes d'un président hyperactif et les lenteurs d'une institution baptisée depuis longtemps « la belle endormie », Romanet joue au funambule. « Ce n'est pas une "maison" comme une autre.

L'autre jour, alors que la création du fonds stratégique venait d'être annoncée, un cadre de haut niveau de la Caisse m'a dit droit dans les yeux : « "Je ne peux pas être partie prenante d'un tel projet." » Quant aux salariés de la CDC, ils ne lui font guère de cadeaux.

Et la CGT, le syndicat majoritaire, ne manque jamais une occasion de dénoncer le «siphonnage de la Caisse et le démembrement de ses actifs».

Ses amis l'appellent « gugus »

La CDC est aussi un terrain miné. Et Romanet se méfie de ces « barons » qui ont géré la maison pendant la maladie de son prédécesseur puis, après son décès, pendant la vacance du pouvoir. Il se protège. Il s'isole. Il a ainsi fait venir un directeur de cabinet, poste qui n'existait plus depuis longtemps dans la maison. Il a installé une salle d'attente à l'entrée de son bureau par souci de confidentialité. Il aurait même fait vérifier par une entreprise de sécurité l'absence de micros dans son bureau. Et Romanet sait qu'il ne compte pas que des amis dans sa maison. Durant une année, il a peiné à trouver une porte de sortie honorable au numéro deux, Dominique Marcel (un ancien de l'Elysée sous Mitterrand puis de Matignon sous Jospin).

Avec ce résultat : il a dû composer avec lui avant de le remplacer par l'un de ses proches. Pis, il n'a pas noué d'alliance objective avec ceux que Nicolas Sarkozy connaît bien à la CDC. A commencer par Philippe Braidy, un X-Pont qui a servi l'actuel président de la République dans les gouvernements Balladur (1993-1995) et Raffarin (2002-2005). Dans ce job éminemment politique, il faut savoir jouer les contre-pouvoirs face à l'Etat, qui considère ni plus ni moins que la Caisse lui appartient. Un crève-coeur pour Romanet, qui déteste les conflits.

« C'est un tisserand de consensus », estime Alain Lambert, député UMP et membre de la commission de surveillance de la CDC. Il y a quelques années, Francis Mayer s'appuyait ainsi sur Chirac pour préserver les intérêts de la CDC face aux assauts de Francis Mer et de son directeur de cabinet d'alors, François Pérol. Les deux hommes voulaient mettre la main sur des plus-values exceptionnelles (4 milliards d'euros) que la CDC venait de réaliser pour les affecter aux caisses de l'Etat. A l'époque, Chirac avait donné raison à Mayer. Mais la donne a changé... François Pérol est aujourd'hui à l'Elysée. Il est le fantassin de Sarkozy pour lutter contre la crise. Et, au sein de l'exécutif, les contre-pouvoirs ne sont pas légion... Pour conjurer le mauvais sort et éviter que la Caisse ne soit plus qu'un outil docile au service de l'Elysée, Romanet cherche donc de l'aide un peu partout. Il joue fréquemment la carte de Matignon. Il s'est aussi et surtout tourné vers les parlementaires qui composent « sa » commission de surveillance et doivent le « protéger » des mauvais penchants de l'Etat.

Ces derniers jours, Michel Bouvard, député UMP et président de la commission de surveillance de la CDC, est ainsi monté au créneau pour que la CNP Assurances (un demi-milliard d'euros de plus-values annuelles pour la Caisse) ne sorte pas de son giron. Il a aussi exigé d'avoir un reporting bimensuel des positions prises par le fonds stratégique d'investissement créé par l'Elysée, histoire de surveiller de près ses initiatives. Romanet, que ses amis appellent « Gugus », a pourtant une carte qui lui permet de naviguer dans l'adversité. Ce ne sont pas les calembours (dont il est un champion) qu'il utilisait dans les cabinets ministériels pour dérider les réunions.

Mais l'Histoire, dont il est féru. Surtout celle de la seconde moitié du XIXe siècle. Ses repères s'appellent Tocqueville. Ou Charles de Gaulle. Lorsqu'il a besoin de reprendre racine et de tenir sa feuille de route, c'est dans les « Mémoires d'espoir » qu'il trouve la réponse. Il attrape un exemplaire de la « Pléiade » posé sur son bureau. « Tenez, lisez, il y a tout dans cette page. L'horreur du communisme. Les excès du capitalisme sauvage, "son infirmité morale", dit de Gaulle. » Il sait pourtant qu'il joue une partie difficile et que son amour des livres n'y changera rien. Sur le papier, il n'a pas d'épée de Damoclès au-dessus de lui puisqu'il est « protégé » par le Parlement pour les quatre années à venir. Mais il sait aussi que tout cela est fragile. Il suffirait d'un faux pas, d'un accident. Et si la Caisse venait à afficher ses premières pertes... -La gestion des 200 milliards d'euros d'épargne des Français. -Le gestionnaire du régime de retraite des fonctionnaires. -60 000 salariés. -Des participations dans plusieurs entreprises du CAC 40 : Société générale (2,1 %), EADS (2,2 %), Peugeot (2,5 %), Suez (2,8 %), Vivendi (3 %), Pernod Ricard (3 %), Michelin (3 %), Saint-Gobain (3,5 %), Danone (3,5 %), Eiffage (8,5 %), Accor (9 %) Veolia (10 %). L'étrange statut de la CDC Créée en 1816 après que Napoléon eut utilisé sans limite l'épargne des Français pour financer ses campagnes militaires, la Caisse des dépôts est sous le contrôle et la protection du Parlement à la Restauration. Son mandat : la CDC est chargée de « la protection de l'épargne populaire ».

15:11 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : caisse des dépôts, banques, sarkosy | | |  Facebook

02.10.2008

LIVRET A : 2 RÉACTIONS

Jean-Luc Berho, secrétaire confédéral de la CFDT, vice-président de l'UESL (Union d'économie sociale du logement), réagissait ce matin, sur France Info,  au projet du gouvernement sur le Livret A :  "venir taper dans la caisse sans prévenir, ça va encore destabiliser le logement social".

Copé: l'Etat doit "sécuriser" le Livret A

Source : AFP

Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a estimé que l''utilisation des surplus du Livret A envisagée par le premier ministre pour financer l'économie doit être totalement "sécurisée" par "une garantie de l'Etat" ou "de la Caisse des dépôts".

Pour faire face "à une crise de crédits majeure", "il faut trouver des ressources" mais sans "perdre de vue que tout cela doit être sécurisé", a déclaré M. Copé sur RMC.
"Si on met ce tuyau en place (...) ça doit se faire dans une logique de sécurisation complète du Livret A, par une garantie de l'Etat ou d'établissements qui dépendent de l'Etat comme la Caisse des dépôts", a-t-il ajouté.

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08.07.2008

La Caisse des dépôts va changer de stratégie... et de patron

sous l'impulsion de SARKOZY...

Par Laurent Mauduit - Mediapart.fr

Plongée dans des turbulences sans fin depuis plusieurs mois, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) pourrait connaître dans les prochains mois une nouvelle crise avec l'éviction probable de son directeur général, Augustin de Romanet. Selon de très bonnes sources, recueillies par Mediapart, l'Elysée envisage en effet de prendre prétexte de la réforme de la gouvernance de l'institution et de sa transformation en un fonds souverain, pour mettre à sa tête un nouveau patron.

En théorie, l'Elysée n'a pas les moyens de pousser sur la touche l'actuel patron de la CDC. Même si l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée a été nommé par Jacques Chirac au poste de directeur général de la très puissante institution financière juste avant l'élection présidentielle -ce qui a été, à l'époque, vivement critiqué-, il est maintenant quasi inamovible pendant cinq ans. Et la CDC occupe une place singulière : statutairement, elle est placée sous la tutelle non pas du pouvoir exécutif mais du Parlement

Pourtant, l'Elysée a bien l'intention de passer outre et de mettre dans la place un proche du chef de l'Etat. La loi dite de modernisation de l'économie, qui sera bientôt entérinée par le Parlement, prévoit une modification des règles de gouvernance de la CDC et un élargissement de sa Commission de surveillance. L'Elysée pourrait donc prendre prétexte de ces modifications pour changer, à la fin de l'été, le patron de la maison.

Parmi les noms envisagés par la présidence pour diriger la CDC - dont tous n'ont pas encore fait l'objet de démarches d'approche -, l'un d'eux revient avec insistance, celui de Pierre Mariani. Ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy à l'époque où il était ministre du budget (1993-1993), l'intéressé est aujourd'hui l'un des «barons» de BNP Paribas, dont il dirige la division «services financiers et banque de détail à l'international». Ami et confident du chef de l'Etat de très longue date, il a, dans les coulisses, joué un rôle important dans la confection du programme économique du président de l'UMP pendant la campagne présidentielle. Il n'est pas sûr pourtant que l'intéressé accepte de délaisser son métier de banquier pour revenir dans l'orbite publique, même si Nicolas Sarkozy le lui demande. Auquel cas, le choix devra se porter sur un autre postulant.

Transformation de la CDC en fonds souverain

Ce mouvement, s'il se confirme, constituera une nouvelle secousse pour la caisse, qui en a connu beaucoup ces derniers temps. Augustin de Romanet, lui-même, en a suscité de nombreuses. Multipliant depuis un an les embauches de cadres proches de Jacques Chirac, il a même demandé à l'Elysée -et obtenu- la tête de son numéro deux, Dominique Marcel, l'ancien directeur adjoint du cabinet de Lionel Jospin à Matignon. Le piquant de l'histoire, c'est qu'Augustin de Romanet risque d'être envoyé à la tête de l'une des principales filiales de la caisse, la CNP ; poste qu'il a refusé, sur ordre, de confier à Dominique Marcel, sans savoir qu'il lui était à son insu... réservé.

Si Nicolas Sarkozy envisage ce jeu de chaises musicales, c'est pour transformer les missions de la CDC. Lors de son voyage au Creusot, le 3 juillet, le chef de l'Etat l'a dit clairement : « J'ai bien l'intention de faire de la Caisse des dépôts et consignations un fonds souverain.» Le projet présidentiel, dont le détail n'est pas connu, soulève de nombreuses interrogations. Car si le but est de permettre à un organisme public ou para public français de disposer d'une force de frappe financière sinon équivalente aux grands fonds souverains arabes ou asiatiques, la CDC n'y suffirait pas. Il faudrait envisager de constituer un fonds beaucoup plus large, regroupant par exemple - c'est l'idée du socialiste Laurent Fabius - la CDC et le Fonds de réserve des retraites ; et y adosser d'autres alliés, telle la CNP.

Or, à l'évidence, on n'en prend pas le chemin. Le Fonds de réserve des retraites (FRR) gère avec précaution les actifs qui lui sont confiés. Et de surcroît, l'Etat a cessé depuis longtemps de lui apporter des recettes importantes, comme celles générées par les privatisations. L'idée d'abord lancée par Edouard Balladur puis reprise par la gauche de faire du FRR une immense puissance financière est depuis longtemps en déshérence. Par ailleurs, le petit milieu des banquiers d'affaires murmure depuis plusieurs mois qu'un projet de privatisation de la CNP verra tôt ou tard le jour ; et que la puissance publique y est favorable.

Soupçons de connivence
Alors, que pourrait être ce fonds souverains français, si sa puissance financière est limitée ? Les interrogations que suscite le projet élyséen sont d'autant plus fortes qu'au cours des dernières années, la Caisse des dépôts, sous la houlette de l'ancien directeur général, Francis Mayer, décédé en décembre 2006, et de son numéro deux, Dominique Marcel, était sortie de sa politique traditionnelle de neutralité, et avait choisi de devenir un investisseur beaucoup plus actif dans le capital des firmes françaises, allant jusqu'à participer aux organes de surveillance des entreprises. Ce changement de stratégie était intervenu bien avant que les politiques, de gauche comme de droite, ne se saisissent de nouveau de ce débat sur le rôle et l'utilité de la CDC.

On en connaît le résultat : la CDC est ainsi devenue un acteur clef du CAC 40, au travers notamment de Dexia (où elle contrôle près de 14% du capital avec CNP et compte deux administrateurs), dans Veolia (11% du capital et un administrateur), dans Schneider (7% et un administrateur), dans Michelin (environ 5%), dans Suez (environ 4% et un administrateur), dans Saint-Gobain (près de 5% et un administrateur), dans Vivendi (près de 4,8%) ou encore dans Accor (près de 9,5% et deux administrateurs, sans parler de nombreuses entreprises non cotées comme Quick (restauration rapide) racheté à Albert Frère. Le dernier épisode est encore plus éclairant: la Caisse a volé au secours d'Eiffage et des relations franco-espagnoles en acceptant de racheter 10% du capital à l'espagnol Sacyr au-dessus du prix du marché.

Faut-il vraiment aller au-delà ? C'est ce que suggèrent les conseillers de Nicolas Sarkozy: la CDC doit délaisser au moins partiellement ses autres missions (financement du logement social ou des grandes infrastructures publiques...) pour se recentrer sur cette mission d'investisseur actif, tout à la fois pour défendre les entreprises françaises qui pourraient être des proies, mais aussi dans le cadre d'une stratégie offensive. Pour investir dans le nucléaire ou d'autres secteurs stratégiques...

Mais si tel est le cas, pourquoi n'avoir pas inscrit le projet dans la loi de modernisation de l'économie, au lieu de se limiter à une simple réforme de la gouvernance de la CDC ? Pourquoi n'avoir pas saisi l'occasion pour lancer un débat public sur les missions de la CDC ? On devine le procès que la gauche ne manquera pas d'instruire contre cette manière de faire : alors que l'affaire EADS fait toujours des vagues, Nicolas Sarkozy veut mettre un de ses hommes à la tête de la plus puissante institution financière française, pour une politique dont les objectifs semblent mal définis, ou entâchée de soupçons de connivence et de renvois d'ascenseur.

10:14 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : caisse des dépôts, sarkosy, france, cdc, ump, ps | | |  Facebook