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18.03.2009

Chennevières (94) ne veut pas du hameau de l’Espoir

Levée de boucliers des élus municipaux contre la volonté du gouvernement d’implanter un lieu d’accueil pour SDF à Chennevières. L’Etat maintient malgré tout son projet.

Le projet d’hébergement, baptisé projet Adoma, impulsé par la préfecture sur des terrains le long de la N 4 à Chennevières, est encore dans les cartons en attente du permis de construire adéquat. Mais pas enterré pour autant : lors de l’inauguration d’un autre centre d’hébergement en Seine-et-Marne, lundi après-midi, Christine Boutin, ministre du Logement, a clairement précisé qu’il y « aurait un troisième hameau de l’Espoir à Chennevières », dont la livraison serait prévue pour fin 2009. Ce serait ainsi la deuxième structure de ce type dans le département après le village de l’Espoir ouvert en avril 2007 à Ivry.

Une démarche contre laquelle se dressent toujours les élus de la commune, comme en témoigne la banderole posée sur la façade de la mairie : « Le conseil municipal dit non à l’unanimité au projet d’un village d’isolement et d’exclusion sur la N 4. »

« Tout a été prévu pour que l’hébergement ne mette pas en péril les projets futurs de la commune »


« Il s’agit d’ouvrir un centre de stabilisation constitué de maisons jumelées pour 33 personnes et d’un bâtiment d’hébergement collectif pour 22 personnes, précise Olivier Du Cray, sous-préfet de l’arrondissement de Nogent. Juste pour permettre aux gens en difficulté de se relancer. Tout a été prévu pour que l’hébergement se passe le mieux possible et ne mette pas en péril les projets futurs de la commune. »
« Malgré une opposition unanime du conseil municipal et de la population, par le biais de pétitions, la préfecture a maintenu son projet, souligne la municipalité de Chennevières. Nous avions également constitué un groupe de réflexion, réunissant majorité et opposition, qui a formulé des propositions pour que ce village constitue une véritable chance d’insertion, par une prise en charge et un accompagnement par des associations référentes. » Parmi les mesures avancées pour favoriser un retour à l’emploi, la mairie souhaitait voir s’implanter une entreprise spécialisée dans l’accueil de personnes en réinsertion, « une société de fabrication de produits en lien avec l’écoquartier, par exemple ». Dans la plaine des Bordes, sur le projet pédagogique du conseil général de création d’une exploitation maraîchère, elle avait imaginé pouvoir ouvrir une structure de main-d’oeuvre permettant de distribuer des aliments bio pour l’Amap (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) locale.
De son côté, l’opposition n’est guère plus réjouie par ce projet : « Nous avons déjà 28 % de logements sociaux sur la commune, constate Bernard Haemmerlé, son chef de file. Il vaut mieux fondre l’habitat social plutôt que de le concentrer. » Le premier permis repoussé pour un problème d’assainissement, la DDE (Direction départementale de l’équipement) a repris sa copie pour la remplacer par un permis modificatif. « Les problèmes d’assainissement ont été réglés, les habitations disposeront d’un assainissement individuel tout à fait performant », insiste le sous-préfet. La commune a désormais un mois pour instruire le permis avant qu’il ne soit signé.

Fabienne Huger | LE PARISIEN

 
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