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24.05.2008

Fonction publique: cinq syndicats signent un accord sur le dialogue social

PARIS - Plus de la moitié (53%) des personnes âgées de 25 à 39 ans ont connu le chômage au moins une fois dans leur vie professionnelle, et 31% disent même avoir vécu une période de recherche d'emploi supérieure à un an, selon une enquête du CREDOC rendue publique vendredi.

Cette enquête a été réalisée pour le Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté. Elle témoigne également de la lassitude vécue par les personnes les plus précaires -les allocataires des minima sociaux- face aux difficultés de recherche d'emploi: 49% disent avoir été découragées "au point d'arrêter de chercher pendant plusieurs mois".

"La majorité des personnes interrogées (53%) a connu le chômage au moins une fois dans sa vie professionnelle", et "15% l'ont même connu au moins trois fois", souligne le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (CREDOC) dans cette enquête réalisée en avril dernier.

L'enquête précise que "près du tiers des personnes ayant été concernées par le chômage (31%) ont connu au moins une période de recherche d'emploi de plus d'un an".

Par ailleurs, 15% des personnes interrogées qui travaillent se considèrent "dans une situation professionnelle précaire ou très précaire", et 10% déclarent bénéficier ou avoir déjà bénéficié de contrats aidés.

Interrogées sur le revenu de solidarité active (RSA) lancé par Martin Hirsch, 55% des personnes interrogées disent ne pas en avoir entendu parler.

L'enquête apporte également un éclairage sur la situation des ménages en matière de revenu: 57% des personnes interrogées "s'estiment dans une situation financière tendue ('c'est juste, il faut faire attention'), voire délicate" avec l'impossibilité de joindre les deux bouts "sans faire de dettes".

Le surendettement concerne au total 4% des personnes, majoritairement des familles monoparentales (24%) et des ouvriers (18%).

- enquête réalisée en avril 2008 auprès d'un échantillon de 2.028 personnes "représentatif de la population âgée de 25 à 39 ans en termes de sexe, d'âge, de taille d'agglomération, de région d'habitation, de catégories sociaux professionnelles et de situation par rapport au travail", selon le CREDOC. AP

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Fonction publique: cinq syndicats signent un accord sur le dialogue social

PARIS (AFP) - Cinq organisations syndicales de fonctionnaires sur huit représentant plus de 65% des agents, ont accepté vendredi de signer un texte sur le dialogue social dans la Fonction publique, qualifié d'accord "historique" par le ministère du Budget et de la Fonction publique.

"C'est le premier accord fruit d'une négociation sur le dialogue social et son organisation au sein de la Fonction publique depuis sa fondation en 1946", ont indiqué vendredi dans un communiqué le ministre du Budget et de la Fonction publique Eric Woerth et le secrétaire d'Etat à la Fonction publique André Santini qui l'ont signé.

Selon les ministres, cet accord est "historique pour le dialogue social dans la Fonction publique".

La CGT, la FSU, l'Unsa, Solidaires ont donc accepté de signer le texte, se joignant à la CFDT qui avait déjà donné son accord mardi, a précisé le ministère à l'AFP.

A l'issue d'une ultime séance de négociation début mai, le gouvernement avait remis deux relevés de conclusion aux syndicats qui avaient jusqu'à ce vendredi pour se prononcer.

Le premier texte prévoit de renforcer le poids des élections pour mesurer la représentativité des syndicats, sur le modèle de l'accord récent dans les entreprises privées, et de mieux prendre en compte les voix des agents non titulaires.

Il fixe aussi des critères pour définir la validité d'un accord, une première dans la Fonction publique, qui emploie 5,2 millions de personnes.

Désormais, un accord sera considéré comme valide s'il recueille la signature de deux syndicats représentant au moins 20% des voix et s'il ne rencontre pas l'opposition d'organisations représentant une majorité de voix.

Et à partir de 2013, un accord sera valide seulement s'il est signé par des syndicats représentant une base électorale de plus de 50% de votants.

Le projet prévoit aussi la création d'une instance consultative commune aux trois fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalière) qui sera appelée à se prononcer sur les sujets "transversaux".

Enfin, désormais, seuls les syndicats voteront dans les instances consultatives et en cas d'opposition unanime à un texte, une nouvelle discussion devra se tenir.

"Portées par les mobilisations qui ont eu lieu de manière très forte depuis des semaines, les organisations syndicales ont obtenu des avancées importantes dans ce texte" et "certaines revendications portées depuis des années par la CGT ont été reprises", s'est félicité Jean-Marc Canon (CGT).

Se félicitant que "des négociations avec le gouvernement aient enfin eu lieu" sur ce sujet dans la Fonction publique, la FSU estime que les dispositions du texte "vont dans le sens d'un renforcement de la démocratie et d'une plus grande légitimité syndicale".

Dans un communiqué, l'Unsa a cependant indiqué qu'elle signait "avec réserves", critiquant les dispositions de l'accord relatives aux "négociations et à la valeur des accords".

La CFTC a refusé de signer tandis que ni FO ni la CFE-CGC n'avaient fait connaître leur position vendredi en fin d'après-midi.

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17.04.2008

L’Etat grappille sur les familles

Allocations. Le 1er mai, les prestations familiales pour le deuxième enfant seront réduites.

CORDÉLIA BONAL - LIBÉRATION / QUOTIDIEN : jeudi 17 avril 2008

C’est une mesure passée quasiment inaperçue mais qui risque bien d’entamer à son tour le pouvoir d’achat déjà mal en point des Français. A compter du 1er mai, les familles toucheront moins d’allocations pour leurs enfants adolescents. Jusqu’à présent, le système des allocations voulait que les familles d’au moins deux enfants touchent plus au moment de l’entrée dans l’adolescence de leurs enfants. L’augmentation fonctionne en deux temps : une première majoration de près de 34 euros par mois quand le cadet atteint l’âge de 11 ans, puis la majoration passe à 60 euros entre 16 et 20 ans. Un bonus bienvenu pour les parents dont les ados mangent comme quatre, sont hors forfait pour leur portable et se ruinent en vêtements. Mais, rigueur budgétaire oblige, ce coup de pouce est revu à la baisse.

Calcul. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2008, promulguée en décembre, prévoit non plus deux mais une seule majoration. Elle sera fixée d’entrée de jeu à 60 euros mais prendra effet à partir de 14 ans et non plus 11 ans. Les familles avec un enfant ayant actuellement entre 11 et 16 ans continueront à percevoir la majoration «ancien système». La règle consistant à ne pas verser de majoration pour l’aîné d’une famille de deux enfants est également maintenue. «Les études montrent depuis plusieurs années que le coût d’entretien de l’enfant augmente à partir de 14 ans», justifiait le projet de loi. Reste que pour les familles le calcul est vite fait. Au final, le manque à gagner pour des parents dont le deuxième enfant aura 11 ans après le 1er mai ne sera pas négligeable : 587 euros entre la onzième et la vingtième année. Soit, espère le gouvernement, 80 millions d’euros d’économies pour la branche famille de la sécurité sociale dès 2008. La Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf), dont les administrateurs, consultés pour avis en février, avaient «désapprouvé à une très large majorité» cette «majoration unique qui s’exercera au détriment des familles», estime à 138 millions d’euros les économies réalisées à l’horizon 2013. «L’application de cette mesure est incompatible avec une politique familiale dynamique, volontaire et concertée», dénonçait la Cnaf. François Fondard, le président de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), se dit «totalement opposé» à cette mesure qui «entraîne une perte sèche de 406 euros par an pour les familles qui perdent trois années de majoration entre 11 et 14 ans. […] Une fois de plus, on touche aux prestations et à la politique familiale». Même discours à la CFE-CGC, où l’on dénonce «un recul des prestations familiales, déjà insuffisantes», et «une atteinte au pouvoir d’achat des familles» ; ou à la CGT, qui parle d’une «mesure scandaleuse».

Condition. Après la revalorisation de 1 % des prestations familiales le 1er janvier, jugée largement insuffisante par les associations, et la remise en cause - abandonnée - de la carte familles nombreuses SNCF, le tour de vis commence à être rude pour les familles. Et ce n’est peut-être pas fini : l’allocation de rentrée scolaire (272 euros en 2007 pour les enfants de 6 à 16 ans), attribuée sous condition de ressources, doit être modulée en fonction de l’âge de l’enfant à la rentrée 2008, selon des montants qui ne sont pas encore déterminés.

 
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