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19.08.2010

Et vous, que faites-vous entre deux hivers ?

Le dernier plan hivernal à strasbourg proposait env. 400 places, dont 32 chaises.

Ces plans qui se répètent depuis des décennies dans les grandes villes n'est qu'une mise à l'abri qui dégage des places par palier, calculés en fonction des températures. 0 degré tant de place, 5 degré...

L'ancienne municipalité UMP (keller/grossmann) a laissé pourrir la situation, se désintéressant du sort des personnes, des expulsions... Depuis les municipales que s'est-il passé?

La routine !

Le projet de chalets de 30 places qui a ouvert début juillet, d'autres projets éparpillés sur Strasbourg et la CUS, tous de petites envergures (15 places...) destinés à des "publics" bien ciblés : femmes ici, jeunes là, hommes ailleurs, malades là-bas... Petits projets et vie segmentée, morcelée. Ces projets sont proposés par les associations existantes et sont dans la continuité de ce qu'elles font depuis 40, 30 ou 20 ans...

Comme si pour nous le temps s'était arrêté et les idées et la volonté envolées depuis longtemps

Et rien de ce qui est fait ne vient rattraper le retard, ni combler les demandes qui augmentent et évoluent comme il va de soi dans la société. Pourtant, l'hivers dernier, une expérience inédite menée dans des appartements voués à la démolition et que nous avons initiée avec la complicité de l'adjoint au logement qui s'est débattu pour son montage avec l'État et sa "prise en main" par une association, a vu le jour.

Quel en est le bilan ? Que sont devenues les personnes ? Sera t-elle reconduite ?

On reste toujours loin du compte. Entre deux hivers rien n'est anticipé, rien n'est initié. Pendant 7 à 8 mois plus personne ne se préoccupe de cette situation qui s'aggrave. Pour preuve cet été, une structure de distribution de repas ferme sans que quiconque se s'en émeuve, ou alerte les pouvoirs publics en dehors du Collectif.

Les solutions, les idées, existent, les moyens ne sont pas plus difficiles à trouver que 5 Millions pour un golf, ou 140 pour un stade. C'est juste une question de volonté politique et de soutien des militants et de la population.

http://blog.philippebies.fr/

20.03.2010

Caen : Les chalets prêts à héberger des SDF en insertion

Les travaux sont terminés au 13, rue de La Cotonnière, à l'extrémité nord du quartier du Chemin-Vert. L'équipe est au complet : les premiers usagers seront accueillis dans un peu plus d'une semaine. Visite.

Des lames de bois recouvrent les murs. Des fenêtres en forme de hublots apportent une touche stylée. Sous un ciel clément et ensoleillé, les chalets du Village de La Cotonnière, du nom de la rue et de la zone artisanale, ont belle allure entre La Folie-Couvrechef et Le Chemin-Vert. L'heure est aux finitions. Les espaces extérieurs, aménagés. Le site n'a rien à voir avec une aire de mobil-homes.

Nathalie Charles a « hâte que ça ouvre ». Cette assistante sociale de formation a travaillé auprès des sans-domicile fixe et des étrangers hébergés en centre d'accueil des demandeurs d'asile. Elle vient à peine de boucler sa mission en tant que coordinatrice du Schéma départemental d'accueil des gens du voyage. Là, au 13, rue de La Cotonnière, elle dirigera le « Village » à destination des sans-abri, sorte de passerelle entre la rue et le logement. « L'équipe sera au complet lundi : deux intervenants sociaux, une animatrice, cinq agents d'accueil et deux veilleurs de nuit. »

Un total de 50 places

Le chantier a duré sept mois. En entrant, on tombe sur un bâtiment collectif d'un étage. En plus des bureaux, le « centre d'urgence » compte 22 places dans 18 chambres au confort spartiate. Quatre s'adressent à des couples. Des salles d'eau sont prévues pour des personnes à mobilité réduite. « L'accueil démarrera le soir, à 17 h, jusqu'au matin, 9 h. Un repas, le soir, et le petit-déjeuner seront proposés. Les usagers auront la possibilité de réserver », indique Romain Marot, directeur d'Adoma, ex-Sonacotra, à la tête du projet.

Pour atteindre les chalets, il faut sortir du bâtiment. Derrière, le Village proprement dit, « centre de stabilisation », propose 28 places réparties dans 14 chalets mitoyens. Soit sept constructions faites pour durer. Quatre studios sont destinés aux personnes à mobilité réduite. Un chalet, divisé en deux T1 ou F1 bis, est aménagé pour deux couples. Tous les autres logements comportent deux chambres et un espace commun.

Toute personne sans logement, « capable de vivre en autonomie, en semi-collectivité et de s'inscrire dans un projet d'insertion », pourra s'y poser durant une période de trois mois renouvelable quatre fois. « On ne s'installe pas à vie ici. » Les demandes passeront par un service social, avant d'être évaluées en équipe ici. Une pré-liste est d'ores et déjà établie par le biais des services existants dédiés aux SDF : CAO, Cap'Horn, Trait d'union, Boussole... Pas question, après installation, de « leur sauter dessus dès le premier jour. Le contrat resigné tous les trois mois permettra de faire le point ».

Contre 1 € et 2 €

Hommes et femmes, sans enfant, y feront étape, « contre 1par jour pour ceux dont les ressources varient entre 400 et 700 € et 2au-delà ». Les chiens sont accueillis. Le site, qui paraît isolé, est desservi par la ligne n° 10 de bus. Un supermarché se trouve à proximité.

L'objectif numéro un du Village de la Cotonnière : « Que cette structure fonctionne de manière sereine » avec un réseau et un lien étroit avec les bailleurs sociaux, indispensables pour prendre le relais. « Nous déploierons tous les moyens nécessaires pour remettre les gens sur les rails. »

 

Nathalie HAMON.

07:57 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sdf, sans abri, morts de la rue, chalets, chrs | | |  Facebook

23.11.2009

Rhones - Des places en HLM pour désengorger l'hébergement d'urgence

Plutôt que de payer des nuits d'hôtels supplémentaires, l'Etat préfère utiliser un autre levier pour désengorger les centres d'hébergement d'urgence du Rhône.

Le préfet délégué à l'Egalité des chances, Francis Vuibert, annonce que « 383 personnes actuellement hébergées dans des centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) vont pouvoir aller vers le logement social dans les prochaines semaines ou les prochains mois ». L'an dernier, « 285 personnes » avaient déjà pu bénéficier de ce relogement « grâce à un accord avec les bailleurs sociaux ».

Critère retenu : « La capacité à être autonome ». Cet effort est une manière de répondre aux difficultés persistantes des sans-abri à trouver des places en centre d'hébergement d'urgence : chaque jour, entre 100 et 150 d'entre eux, au moins, restent sans solutions.

« Jusqu'à ce que la situation soit stabilisée, on fera des opérations spécifiques », a ajouté le préfet. Source le progres

07:03 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hébergement d'urgence, chrs, logement social | | |  Facebook

17.11.2009

Pétition Pour un réel engagement en faveur des personnes SDF, par des travailleurs sociaux

Bonsoir
Je n'ai pas l'habitude de faire suivre des mails ou des chaines quelconques.
La pétition que je vous adresse ici et que dont je souhaiterais que vous preniez connaissance émanent des travailleurs sociaux de l'urgence sociale, dont je fais parti. Nous nous permettons de demander l'appui de notre réseau personnel pour nous soutenir et nous rejoindre afin de dénoncer une situation intolérable, à Lyon, en matière d'hébergement des personnes SDF. Il manque cruellement de places sur l'aglomération. L'un des centres (accueillant entre autres des familles) menace de fermer... Le sort réservé aux sans-abri semble être le dernier des soucis de nos gouvernants... en dépit d'un droit opposable à l'hébergement que les personnes peuvent faire valoir depuis mars 2009.
Avec mes collègues, les bénévoles... nous assistons impuissants à la dégradation physique et psychiques des personnes que nous rencontrons chaque jour, le système de l'urgence sociale les condamnant à errer de centre en centre lorsqu'ils ne dorment pas à même le bitume, faute de place. Nous ne pouvons plus cautionner, par notre silence, cet état de fait et nous avons décidé de rendre publique cette dramatique situation au travers d'une pétition
Nous comptons sur votre soutien car nous pensons que la question SDF nous concerne tous, collectivement responsables du sort que l'on réserve aux personnes les plus fragiles. Nous vous invitons donc à signer le texte de pétition sur le lien suivant: http://reelengagementsdf.free.fr/
Je suis à votre disposition pour tout renseignement complémentaire. (06.18.92.41.08.)
N'hésitez pas à la faire passer dans vos réseaux le plus rapidement possible, la date de clôture étant le 1er décembre.
Cordialement
Maud Bigot

Pour un réel engagement en faveur des personnes SDF

Auteurs : Professionnels de l’urgence sociale de l’agglomération lyonnaise.

- Etant donné qu’à l’amorce de l’hiver 2009/2010, aucun nouveau centre d’hébergement d’urgence n’a ouvert ses portes à Lyon, contrairement aux années précédentes ;

- Etant donné qu’en ce début d’hiver 120 à 130 personnes ayant sollicité le 115 se retrouvent chaque soir sans solution d’hébergement et que le froid fera logiquement augmenter ce nombre ;

- Etant donné que les statistiques du 115 ne donnent à voir qu’une partie de la population sans logement ni hébergement dans l’agglomération lyonnaise, cette dernière étant estimée à plusieurs milliers de personnes1

Les moyens du dispositif d’hébergement d’urgence lyonnais sont largement insuffisants

- Etant donné que les nuitées d’hôtels (comme proposées l’année dernière) ne constituent qu’une mesure fort coûteuse masquant artificiellement la pénurie de place sans prise en compte des besoins au long terme des personnes concernées ;

- Etant donné que, si la période hivernale est un moment critique pour les personnes SDF, une prise en charge saisonnière de cette question est en contradiction avec la stabilité nécessaire à la réinsertion des personnes ;

- Etant donné la saturation du dispositif logement/hébergement à tous les niveaux (Centre d’Hébergement d’Urgence, Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale, faible nombre de places dans les maisons relais, manque de logements, etc.)

Le dispositif d’hébergement d’urgence ne constitue pas un tremplin vers des solutions pérennes et adaptées comme l’exige l’article 73 de la loi MOLLE (27 mars 2009)

Nous, travailleurs sociaux de l’urgence sociale et citoyens directement concernés ou non, exigeons :

A court terme : - l’ouverture dès janvier de deux centres d’hébergement d’urgence pérennes adaptés aux besoins identifiés par les intervenants de terrain ;

- l’engagement réel de l’Etat et des collectivités locales au travers d’un signe fort pour le maintien, la pérennisation et l’amélioration des structures existantes ;

A terme : - Une application locale du rapport PINTE et de la loi DALO à partir des diagnostics réalisés sur l’agglomération lyonnaise ; c'est-à-dire un effort financier conséquent à tous les niveaux du dispositif logement/hébergement.

« Héberger dans un centre ou à l'hôtel une famille coûte bien plus cher à la collectivité que de louer un logement même au prix du marché. Aucune estimation précise n'a été faite sur les coûts économiques, sociaux, sanitaires du mal logement. On peut les imaginer bien plus élevés que nos dépenses actuelles en matière d'accueil, d'accompagnement social et d'aide au logement. »

Nous demandons à l’Etat une réponse écrite sous quinze jours à ce sujet. Si cette dernière ne répond pas aux exigences formulées, nous nous engagerons dans un mouvement de mobilisation et inviterons les personnes concernées à faire valoir leurs droits.

1 MRIE, Connaissance des personnes sans logement ou hébergement fixe dans l'agglomération lyonnaise
Qui sont-ils ? Quelles attentes ? Quels recours ? www.mrie.org/personnes-en-difficultes

2 Etienne PINTE, Propositions pour une relance de la politique de l’hébergement et de l’accès au logement www.assemblee-nationale.fr/13/tribun/rapport_pinte12070608.pdf

 

09.07.2009

CHRS EN DANGER. Des travailleurs sociaux se mettent à nu

Aujourd'hui, l'État annonce des baisses des budgets de fonctionnement des Centres d'Hébergement et de Réinsertion Sociale (C.H.R.S.). Ces décisions sont lourdes de conséquences pour des structures ...

Des travailleurs sociaux se mettent à nu, en vidéo

http://www.youtube.com/watch?v=cjhHX1Xp_QE

22.03.2009

Les 1000 projets de la relance : Centres d’hébergement et de réinsertion sociale

Les actions

La dotation permet de financer la création de 800 places de CHRS dont 600 places en métropole et 200 places dans les DOM. Avec la mesure portant sur l’hébergement d’urgence, au total 1 000 places supplémentaires sont créées en 2009.

Par ailleurs, une dotation financière est apportée au CHRS à hauteur de 12,5 millions d’euros. Ces financements sont complétés par la mesure sur la dotation en capital d’ADOMA, à hauteur de 37 millions d’euros.

Si le dispositif d’hébergement doit être stabilisé, l’existant doit être conforté pour répondre aux besoins des publics insuffisamment pris en charge. Par ailleurs, certaines zones périurbaines (bois…) sont peu ou mal couvertes par les équipes qui vont au-devant des personnes vivant à la rue ou dans des lieux inappropriés. Par ces mesures il s’agit de redéfinir les moyens déjà existants, d’accroître de manière contrôlée le parc d’hébergement lorsqu’il est insuffisant et d’augmenter les équipes allant au-devant des personnes, en particulier dans les régions les plus urbanisées où les besoins sont les plus sensibles.
Principes d’action :
- Consolider le fonctionnement de 1 830 places d’hébergement ouvertes courant 2008 (22,5 M€) ;
- Créer 100 places d’urgence et 100 places de stabilisation (2,6 M€) ;
- Créer 800 places, dont 200 dans les DOM, en centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) (12,5 M€)) ;
- Reprendre les déficits d’exploitation d’années antérieures (12,5 M€) ;
- Créer 50 équipes de maraude supplémentaires (2,9 M€).


Attribution des moyens et pilotage : Des enveloppes globales seront déterminées pour chacune des régions sur la base de diagnostics locaux établis à l’automne 2008 (circulaire du 22 janvier 2008 de lancement du "Grand Chantier prioritaire 2008-2012 pour l’hébergement et l’accès au logement des personnes sans abri"). Un appui méthodologique de mise en oeuvre, de suivi et d’évaluation sera mis en place au niveau national.


• on reste loin du compte, loin des besoins. Des milliers de personnes resteront à la rue. D'autres resteront coincées dans le circuit de l'hébergement ... Ce n'est pas UN PLAN DE RELANCE ...

06:53 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chrs, hébergement d’urgence, adoma | | |  Facebook

19.08.2008

Immigration - Etienne Pinte député UMP s'en prend à Hortefeux

PARIS, 18 août (Reuters) - Le député UMP Etienne Pinte reproche au ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, de jeter injustement l'opprobre sur les
associations après les récentes révoltes dans des centres de rétention pour immigrés.

Dans une tribune publiée par Le Monde daté du 19 août, l'élu des Yvelines souligne que les associations avaient dès le mois de juin alerté les autorités sur la situation dans ces centres, en particulier à Vincennes.

Il rappelle que Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avait publié en 2005 un décret limitant à 145 le nombre de personnes placées dans un centre mais que celui de Vincennes en a accueilli jusqu'à 280.

"Qui a pris la décision de doubler ce chiffre à Vincennes, détournant ainsi l'esprit de la loi ? Pourquoi ne pas avoir construit des centres à dimension humaine semblables à ceux de Bobigny ou de Plaisir ?", demande-t-il.

"Il ne faut jamais oublier qu'un retenu n'est pas un délinquant. Il n'est pas un prisonnier. Il doit être traité avec dignité et humanisme", ajoute Etienne Pinte.

Pour le député, "la solution n'est pas d'interdire une manifestation au pays des droits de l'homme au moment où nous exprimons à la Chine des réticences en la matière".

"Avant de jeter l'opprobre sur les associations, que les responsables politiques assument leurs responsabilités et prennent conscience de la poutre qui aveugle leur jugement", écrit-il.

Une association de soutien s'est vu interdire au début du mois de manifester aux abords du centre du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne).

Brice Hortefeux a estimé que celle-ci avait incité des personnes retenues à mettre le feu à des matelas et qu'un nouveau rassemblement pouvait dégénérer.

Dans un communiqué, le Parti socialiste estime que "la mise en cause publique de Brice Hortefeux par Etienne Pinte montre que la politique migratoire de Brice Hortefeux crée le malaise jusque dans les rangs de la majorité."

De son côté, l'association SOS Soutien aux sans-papiers "salue le courage et la lucidité de M. Etienne Pinte, de l'UMP, remettant en cause les accusations de son gouvernement visant à criminaliser les associations de soutien aux sans-papiers", dit un communiqué remis à Reuters.

L'association précise qu'elle "continuera à demander la fermeture de tous les centres de rétention administratifs". /GB/MG (Gérard Bon et Mourad Guichard)

• Rappel : Etienne Pinte a réalisé un rapport sur l'hébergement et le logement... que Christine Boutin n'a même pas attendu pour sortir son infâme PALO... Parce que ce rapport était attendu par les personnes concernées et les associations ?

28.07.2008

L'action sociale anesthésiée ?

Reprenons collectivement l’initiative (http://web.mac.com/mihl/Site/Accueil.html)

Qui sommes-nous ?

Nous sommes tous actifs dans les métiers de l’action sociale, au sens large.

Salariés sur fonds publics et exigeant légitimement d’en vivre décemment, nous n’avons pas choisi cette voie pour faire du « business », mais par souci d’humanité et de justice.

Beaucoup d’entre nous sont quotidiennement au contact direct des gens qui souffrent et qui ont des besoins ou des demandes spécifiques. Chaque jour, ils posent des actes professionnels. Ce ne sont pas des métiers d’ « exécution », mais d’initiative et de responsabilité.

Aujourd’hui, cinq ans après les états généraux de 2004, où en sommes-nous ?

De manière générale, la situation des classes exclues, pauvres ou marginalisées, de même que celle des jeunes s’aggrave.

Les salaires stagnent par rapport aux revenus du capital.

Alors le social trinque et il trinquera demain plus encore. Pourtant protégé par la Constitution, il est devenu une variable d’ajustement. Alors que notre pays est riche ! C’est donc une affaire de choix politiques et tout spécialement de choix de politique sociale.

La relance par le haut prônée par l’actuel gouvernement est sans effet économique tangible. On assiste au contraire à un renforcement des inégalités et à un recul global des systèmes de redistribution et de partage de la richesse.

Voyons cela plus en détail.

1. ➡ Les gouvernants ne se cachent même plus pour prétendre que les pauvres coûtent trop cher et pour dénoncer les soi-disant fraudeurs. Ils ne se cachent pas non plus pour mépriser les travailleurs sociaux, du secteur public comme du secteur associatif. La privatisation des parcours vers l’emploi n’est pas loin. Elle est même déjà là !
2. ➡ Les juges pour enfants, les psychiatres et autres spécialistes voient leurs pratiques professionnelles devenir des espaces d’« obtempérance ».
3. ➡ La police s’est accaparée le dossier de la délinquance au détriment de la Justice. Les jeunes récidivistes sont désespérants pour la sécurité publique et l’éducatif est vilipendé pour ne pas être assez « performant ». Apparaissent des fichiers dangereux pour les libertés comme Edvige. La Justice contracte désormais avec Bouygues qui promet des résultats et accède ainsi au marché public des prisons.
4. ➡ La Protection judicaire de la jeunesse est renvoyée au pénal et la protection civile des enfants aux départements, plus soumise que jamais aux variations et aux limites des politiques locales, sans garanties pour les libertés publiques.
5. ➡ Dans les établissements spécialisés du secteur médico-social, de plus en plus soumis à la frénésie gestionnaire (efficacité, efficience, qualité, évaluation, concentration, CPOM), les listes d’attente s’allongent et la solution du maintien voire du retour au domicile, par exemple dans le cadre des services à la personne, a les préférences de plus d’un décideur. Ainsi chacun isolé est en charge de sa difficulté.
6. ➡ Certes, de nouveaux droits sont généreusement inventés, mais c’est souvent de l’ordre de la rhétorique plus que de l’effectivité immédiate, sauf à faire procès pour ceux qui en ont les moyens (droit au logement, droit à la scolarité pour les enfants handicapés).
7. ➡ Manque évidemment une sérieuse et courageuse politique d’offres, de la petite enfance aux personnes âgées, sans oublier les jeunes. Nous n’avons plus ni politique de l’enfance ni politique de la jeunesse.
8. ➡ L’offensive contre les services publics est engagée. Dans les territoires de la décentralisation, le développement social et les actions de solidarités sont affaire de programmes et les intervenants ne sont plus dès lors que « ressources humaines », entraînés par un régime général de mise en concurrence des opérateurs, de comparaison systématique des coûts et des résultats, et de contrôle administratif, parfois externalisé (qualité, évaluation). Comme si le social était devenu un quasi-marché.
9. ➡ La régionalisation du système de formation a accéléré son délitement et favorisé son adaptation aux besoins stratégiques du nouveau patronat social (public, associatif et lucratif), loin de ce que font nos voisins européens, souvent dans le cadre universitaire. Nous allons au contraire vers une sorte de privatisation à la française.
10. ➡ Entièrement au service du développement économique, l’État est aux abonnés absents en matière sociale. Au lieu d’en être garant, il détricote les droits sociaux. Pas rentables, peu productifs, mal gérés. Bientôt la DGAS, qui assurait tant bien que mal, l’unité politique de l’action sociale et du travail social, sera rayée de la carte. Merci la LOLF, la RGPP, l’Agence régionale de santé…
11. ➡ L’Éducation nationale est visée, mais résiste encore. Le retour aux fondamentaux s’accompagne d’un discours vichyssois contre les sciences de l’éducation et les IUFM, pendant que la réduction autoritaire des postes fait le reste. Des entreprises lucratives (ex : Acadomia ou Après la classe, ...) en font un marché de services à la personne. Les familles paieront. Dans le même temps, d’autres politiques promeuvent le droit à la scolarisation pour tous les enfants handicapés, même une heure par jour ou deux jours par mois, dénigrant au passage le secteur associatif spécialisé. Comme si c’était aussi simple.
12. ➡ Sur le front des sans-papiers, heureusement le Conseil supérieur du travail social a récemment réagi avec courage à une mise en œuvre de la politique migratoire de plus en plus attentatoire aux libertés (gestion pénalisante des familles, centres de rétention et autres pratiques). Mais n’oublions pas qu’il est présidé par la ministre !

Voilà pourquoi, il est temps de (re)prendre une fois encore la parole, tous ensemble, pour dire plus haut et plus fort : «ça suffit».

Voilà aussi pourquoi, il importe de ne pas le faire tout seuls, mais avec tous ceux qui veulent préserver une certaine idée du social, y compris quand l’intendance ne veut pas suivre.

On pense évidemment aux cadres, aux fonctionnaires, aux administrateurs, aux bénévoles, aux élus, aux universitaires et chercheurs, et, bien évidemment, aux usagers. Certains nous ont déjà rejoints dans nos mobilisations.

Des mobilisations, il en existe beaucoup dans toute la France, mais plus souvent locales que nationales, et cette dispersion est sans doute ce qui fait notre commune faiblesse.

Voilà pourquoi, un collectif composé pour l’heure de trois organisations, dont l’une est déjà un groupement, à savoir : la CPO (conférence permanente des organisations professionnelles du social), le MILH (Mouvement Interdisciplinaire pour un Humanisme Laïc) et 789 radio sociale, vous propose, dans un premier temps, de rejoindre une université de rentrée, les 4 et 5 octobre 2008, à Paris.

Ce sera l’occasion de faire le point, de rapprocher les expériences, de confronter les analyses et surtout de décider des suites à donner.

Au plan pratique, pour des raisons faciles à comprendre, nous n’assurerons ni prise en charge ni logement ni restauration. À chacun de prendre ses responsabilités.

Nous retiendrons seulement un lieu permettant tout à la fois de travailler en petits et en grands groupes. Nous avons également imaginé une soirée plus conviviale, mais sans repas. Des précisions sur le lieu seront fournies début septembre.

Sans parler d’inscription, il serait néanmoins important de savoir quelles sont vos intentions. Pour cela une seule adresse mail durant l’été: jacques1@cegetel.net

Merci à tous et à très bientôt.

Pour la CPO : François Chobeaux : www.cemea.asso.fr/spip.php?rubrique380

Pour le MILH : Joël Dutertre : joel.dutertre@free.fr

Pour 789 radio sociale : Martine Pottier ; www.789radiosociale.org

 

24.06.2008

Etienne Pinte plaide pour le développement de structures d'hébergement

Etienne Pinte : « Il faut mobiliser les propriétaires privés en faveur du logement social »

Dans le rapport qu'il s'apprête à remettre à Matignon, Étienne Pinte, député UMP des Yvelines, plaide pour développer les structures d'hébergement

Après la nouvelle mobilisation des Enfants de Don Quichotte, fin 2007, le premier ministre avait chargé Étienne Pinte d’une mission sur « la relance de la politique de l’hébergement et l’accès au logement ». Le 29 janvier, le député des Yvelines remettait à François Fillon ses premières propositions.

Certaines ont été mises en œuvre, comme la nomination d’un super-préfet, Alain Régnier, pour coordonner les actions en faveur des mal-logés. Dans quelques jours, Étienne Pinte remettra son rapport final. Ses propositions, dont il dévoile les grandes lignes à La Croix, vont peser pour la préparation du projet de loi sur le logement qui sera présenté à l’automne.

La Croix : Au terme de votre mission, à quelle conclusion êtes-vous parvenu sur les besoins d’hébergement pour les gens de la rue ?
Étienne Pinte : Au début de mes auditions, certains experts m’ont expliqué que la politique volontariste de construction de logements sera à l’avenir suffisante pour limiter les besoins de places en hébergement d’urgence ou de réinsertion sociale. Je ne crois pas à cette analyse. La France aura encore besoin de places d’hébergement pour les gens de la rue. Ce n’est surtout pas le moment de baisser la garde.

Pourquoi ce constat pessimiste ?
D’une part, la conjoncture n’est pas bonne pour la construction, en raison de l’augmentation des prix des matières premières ou de la restriction de l’accès au crédit. Les objectifs 2007 n’ont pas été tenus et la situation à venir sera encore plus tendue. D’autre part, l’accompagnement social et humain demeure aujourd’hui insuffisant dans les centres d’hébergement, qui restent la première étape indispensable pour sortir de la rue. On estime qu’il y a aujourd’hui en France entre 80 000 et 100 000 personnes sans domicile fixe.

Enfin, notre société produit de plus en plus de personnes fragiles qui ont besoin d’être accompagnées. Le désengagement de l’État en matière de prise en charge psychiatrique s’est traduit par la fermeture de nombreux établissements spécialisés. De même, on sait que 30 % des personnes expulsées d’un logement social sont concernées par des troubles de comportement. Il est donc indispensable de relancer l’effort en faveur des centres d’hébergement d’urgence ou de réinsertion.

Après l’étape de l’hébergement, comment permettre aux plus démunis d’accéder au logement ?
Il existe une large variété de solutions qu’il faut développer : les maisons relais, les dispositifs de sous-location, les logements passerelles… Les moyens de l’État étant limités, je vais insister sur la mobilisation des propriétaires privés en faveur du logement social. Par exemple, je propose de les inciter à louer à des personnes fragiles, via des associations qui apportent des garanties de paiement de loyer, d’entretien ou de récupération du bien.

On appelle cela l’intermédiation. Actuellement, les propriétaires y sont incités par des déductions fiscales à hauteur de 30 % à 45 % des loyers perçus. Il faut aller jusqu’à 80 voire 100 %. Le propriétaire pourrait également être exonéré de la taxe foncière.

Il s’agit aussi de mobiliser les communes. Les maisons relais sont des structures qui associent des studios privatifs à des parties communes, pour le logement de personnes qui ne sont pas autonomes. Afin de les développer, je propose qu’une place en maison relais compte double pour le calcul du seuil des 20 % des logements sociaux que la loi SRU impose à toutes les municipalités. De la même manière, je souhaite que les logements dits « très sociaux » comptent pour deux.

Que faire vis-à-vis des communes qui ne jouent pas le jeu ?
Parmi mes premières propositions, en janvier, je demandais que soit créé un droit de préemption et la délivrance des permis de construire aux préfets, en cas de carence du maire. Allons plus loin. Il faut accroître la pénalité financière des communes qui ne respectent pas les objectifs de logement social. Je propose aussi que tous les promoteurs immobiliers, pour les programmes supérieurs à 10 logements, soient incités à réserver 20 à 25 % de logement social.

Que pensez-vous de l’annonce du gouvernement de « surloyers » pour les locataires aisés de HLM ?
C’est une bonne chose mais cela ne suffira pas. Il faut donner davantage la possibilité aux bailleurs sociaux de faire de la péréquation entre les locataires de revenus faibles et supérieurs. Il conviendrait aussi de lier le montant du loyer aux revenus des ménages en pratiquant des loyers progressifs. Dans les communes, les tarifs de cantine scolaire ou d’une activité sportive sont proportionnels aux revenus des foyers.

Ce système du quotient familial doit être étendu au logement. On pourrait également prendre en compte le patrimoine des locataires de logements sociaux. Certains d’entre eux sont propriétaires de biens qu’ils louent pour un montant supérieur à leur propre loyer. D’autres n’occupent plus leur appartement HLM comme logement social, mais le conservent comme simple pied-à-terre. De telles situations ne sont plus acceptables.
Propos recueillis par Bernard GORCE - LA CROIX (la-Croix.com)

04.06.2008

La rencontre avec le super Préfet

Petite intro rapide de notre Préfet...
Le grand chantier en une phrase : aller de l'hébergement vers le logement !
Nous devons réfléchir tous ensemble à la sortie vers le logement. Le contingent préfectoral sera davantage mobilisé.
En ce qui concerne les Maison-relais dont nous manquons, 80 places supplémentaires seront financées.

Et la parole est donnée à Mme Wantz assez longuement car elle nous a offert un tour d'horizon complet des projets réalisés, initiés, en cours et expérimentaux.

Quelques chiffres pour commencer
• la demande d'asile a augmenté de 37 %;
• le 115 à reçu en 2007, 33000 appels qui concernent 7000 personnes environ;
• le dispositif d'accueil représentent 4700 places;

Le Parsa
• 80 % des places dîtes d'urgence sont transformées en places de stabilisation. Ce travail d'amélioration de l'accueil, de rénovation continu.

Les principales difficultés
1/ les personnes qui sont depuis très longtemps en "errance"
2/ l'accès au logement
3/ répondre à l'urgence

Plan grand froid
Vu l'ampleur des retards, des difficultés... il a encore du temps (mauvais) à vivre. L'urgence va durer car "on a encore du mal à répondre". Le plan hivernal est donc toujours basé sur 400 places.

Fin du plan grand froid
Cette année, la crainte des associations s'est trouvée fortement atténuée par un engagement de notre préfet : on ira doucement. La fermeture de ces places s'étale entre le 31 mars et le 30 août.

De nouveaux outils
• CCAS qui pilote un comité de veille sociale;
• Une cellule de travail qui se montre plus attentive aux personnes les plus "difficiles". Nous y retrouvons Abdel B. le TS professionnel qui a tenté l'expérience de maraude avec les EDQ;
• Une cellule santé on sont associés les acteurs du social et de la santé. 62 structures sont ainsi mises en "relation", 1500 personnes sont concernées.
Deux exemples : équipe mobile de psychiatrie et d'accès aux droits. Dans cette dernière "cellule" les personnes seront aidées pour l'ensemble des dossiers à faire (RMI, CMU, LOGEMENT, ETC).

Les projets dont les dossiers sont déposés (quelques uns)
• studios du Neuhof gérés par Antenne a perenniser, 10 studios;
• Regain 7 places;
• Paranthèse 8 places pour des sortants de prison;
• Accord, 5 places pour des hommes qui ont été violents avec les femmes;
• AAHJ 15 places pour des personnes en grande précarité;
• CEFR 20 places pour des personnes en grande précarité;
• etc

Préparer la sortie de l'hébergement
• ASF : sortie de 65 personnes avec dans un premier temps un bail glissant en vue de l'accès au logement

Projets expérimentaux
• Projet expérimental pour personnes vieillissantes (entre 50 et 65 ans).
Ce projet est porté par un partenariat Ville + Associations pour une prise en charge très large  : 15 places;

• Village de chalets
Village qui accueillerait des personnes en grande difficulté. ADOMA a été sollicité pour faire une proposition globale sur ce projet

À venir
Un projet "type" maison-relais pour personnes addictes à la drogue. Une structure urbaine et une structure rurale.

La question des gens "Roms" qui en fait sont alsaciens, puisque nés ici pour la plupart à été évoquée.
• Kaltenouse : enfin du terrain, donc enfin un règlement de cette situation indigne

ATD Quart Monde :
un collectif qui existe depuis 10 ans, s'occupe de ces personnes : soutien, accompagnement et suivi social.
Donc elles sont suivies, les financements sont là, il faut insister auprès des collectivités pour que du foncier soit débloqué. À Strasbourg aussi nous avons des personnes qui vivent dans des conditions d'insalubrité inacceptables.
Pour différentes raisons on les met là, puis ailleurs, on les déplace, sans cesse. Au final on les déplace d'une situation de précarité à une autre situation de précarité. Les enfants qui sont scolarisés ne peuvent pas, dans ces conditions suivre une scolarité normale.

Médecins du Monde :
nous suivons ces personnes depuis de nombreuses années. Les conditions d'insalubrité, de précarité engendrent des souffrances. Il y à un enfant sous dyalise qui vit ainsi... Suit un long témoignage assez bouleversant; impossible de prendre des notes.

Intervention de notre préfet
Nous devons tous travailler ensemble. Même si la volonté est là, même si l'argent est là, nous ne ferons rien sans les terrains.

Intervention de Philippe Bies
La Ville de Strasbourg rappelle que deux lieux ont, eux aussi, largement besoin de transformation, rénovation :
Les Remparts et Fritz Kiener
M. Bies espère (nous aussi) que le déménagement de "Femmes de parole" ne soit pas retardé
Et insiste sur le fait que pour la Ville, EDQ est porteuse du projet chalets et, qu'à ce titre cette association est un partenaire comme les autres.

Intervention du Président de EDQ
C'est notre projet et nous n'accepterons pas qu'il soit transformé ou dénaturé... Nous voulons proposer nos plans de construction, etc. En effet, EDQ doit encore formaliser son projet.
Si leurs propositions sont retenues c'est l'association Sancho Pansa qui le gérera.
EDQ souhaite faire une proposition qui comprend : la réalisation des plans, la construction des chalets par les personnes, etc.
À suivre. La balle est dans le camp des EDQ.

Intervention de Monique Maitte Porte-Parole du Collectif SDF (en réponse)
Insistance sur la qualité du travail d'accompagnement social, sur la revendication de projet "pérenne et stable", etc.

Intervention de R. Engel trésorier EDQ
État des lieux de la situation des sans-abri à Strasbourg. Présentation du projet EDQ...

<strong>En attendant EDQ a accepté de déménager sur le terrain donné par la Ville et emménagé pour offrir aux personnes de meilleures conditions.</strong>

Intervention des participants
Oui, il y à des avancées sur le département mais parfois avec un manque de concertation... Même si les résultats sont là !

Sortie de structures vers le logement : on a beaucoup de mal... Le manque de logements est criant.
Pourquoi ne pas envisager une plate-forme qui regrouperait un large panel de professionnels, dont les bailleurs sociaux, et les bailleurs privés ?

16 places pour les femmes ! Pas d'augmentation depuis l'année 2000.  Remerciements à la DDASS qui se penche sur cette question avec le regroupement de 4 associations "spécialistes".

Intervention de notre préfet
"CHICHE ON Y VA"
pour les projets expérimentaux, celui des personnes âgées et des chalets.
Mais nous souhaitons que tous les dossiers soient examinés avec la même attention et l'assurance que l'action sociale soit bien faite.
L'état n'a pas de travailleurs sociaux, pourtant il est le garant de la réussite. D'où notre souhait de travailler avec les structures qui ont les travailleurs sociaux...

PRISE DE RISQUE : OUI
Mais pas sur les personnes.
Exemple / Pour la réinsertion par l'emploi; oui, mais avec des tuteurs qualifiés.

Avant fin juin, que tous les projets expérimentaux nous parviennent. Des fonds sont débloqués en plus... 5 millions.

Le super préfet
A indiqué toutes les décisions prisent au plus haut niveau, par Madame Boutin, etc.
Il semble avoir une certaine liberté d'action. C'est un provincial, pas de risque de parisianisme !
Il connaît son sujet; alors si sa nomination a tardé, vous êtes tous pardonné, le "bonhomme" est sympathique !
Et comme dit notre philosophe préféré "on verra".

POCHETTE SURPRISE
Prochaine rencontre en septembre !
La venue de Christine Boutin...

07:13 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, parsa, plan grand froid, maison-relai, chrs, sdf, sans-abri | | |  Facebook

28.05.2008

Je ne me voyais pas comme une femme battue

Une femme témoigne de sa difficulté à prendre conscience que son couple vivait dans un climat de violence. Elle raconte le chemin qui l'a amenée dans un accueil d'urgence, à La Roche-sur-Yon.
Quand elle va chercher ses enfants à l'école, dans un quartier de La Roche, Lisa (1) est une maman comme les autres. Ça l'amuse presque : « C'est fou : nous vivons tous les trois dans une résidence réservée aux femmes qui, comme moi, fuient la violence d'un compagnon, et les gens ne soupçonnent rien de nos difficultés ! » Elle commente : « C'est aussi dû au fait qu'on n'imagine pas que ça peut toucher tout le monde, même une femme souriante et bien habillée comme moi. Moi-même, j'ai mis longtemps à réaliser que j'étais « là-dedans » ! »

Hébergée en foyer d'accueil d'urgence puis en résidence spécialisée (2), Lisa trouve bénéfique ce contact avec d'autres femmes : « En écoutant leurs histoires, je réalise que mon attitude est assez classique : je lui trouvais des excuses et je culpabilisais de mon propre comportement. »

Climat de violence
Les coups pour lesquels Lisa a porté plainte sont récents, mais elle estime qu'elle vivait dans un climat de violence depuis des années, sans s'en rendre compte : « Nous nous agressions verbalement au quotidien, mais ça nous paraissait normal. Il se moquait de mon boulot, je n'étais pas fine non plus : quand j'ai compris qu'il avait une autre femme, j'ai pris les clés pour l'empêcher de sortir. Je pense qu'il voulait me quitter depuis longtemps, mais n'avait pas les mots pour le faire... d'où les coups. »

Les derniers mois ont été particulièrement éprouvants. « Tout était difficile. Attendre que les bleus apparaissent pour aller voir le médecin, affronter la salle d'attente, subir les brimades de ma belle-mère... » Les gendarmes ont ordonné à l'homme de quitter le domicile familial, mais Lisa assure qu'il est venu prendre des meubles pendant son absence : « C'était invivable. Il avait tout mis à son nom : la maison, les voitures... Il paraît que c'est une technique courante chez les hommes qui veulent avoir une emprise sur leur femme. »

La famille a ses limites
Elle a fui, avec quelques valises, par le train de 6 h du matin. Première déconvenue en Vendée, à des centaines de kilomètres de son domicile : « Mes proches m'ont accueillie, mais les problèmes pratiques s'ajoutent aux difficultés de compréhension : ce n'est pas évident d'héberger une femme avec deux enfants ! » Une parente suggère d'aller voir une assistante sociale. Lisa n'y avait pas pensé : « Malgré ma plainte et ma fuite, je ne réalisais toujours pas que j'en étais là. »

La jeune femme fait beaucoup de compliments sur la prise en charge sociale. La situation n'est évidemment pas très confortable, même si l'aînée a déjà pu prendre le chemin de l'école : « A l'accueil d'urgence, les premières semaines, on vit vraiment en collectivité et la sécurité impose que l'on ne communique l'adresse à personne. En résidence, c'est un peu plus souple. J'ai un petit appartement pour lequel je paye un loyer en fonction de mes revenus : on est en famille, mais je suis pressée de retrouver un cadre normal, en reprenant un travail, notamment. »

Quand une voiture du même modèle que celle de son ancien compagnon pointe son nez, Lisa sursaute : « Je suis hébergée comme femme en danger, mais si le père vient prendre les enfants, je ne peux rien faire contre lui... Il sait où nous sommes : j'ai repris contact avec lui, pour les enfants. J'ai hâte que le juge se prononce au sujet de la garde. »

Petit à petit, Lisa accepte l'idée qu'il va falloir un peu de temps avant de reprendre une vie normale. Son parcours en milieu spécialisé dans l'accueil de femmes battues l'aide beaucoup : « Ça me fait du bien de me sentir enfin comprise. Et puis, ça me permet de mettre en route un travail sur moi : je prends conscience que mon rapport à la violence est faussé par ma propre enfance. Je veux travailler là-dessus, avec l'espoir de refaire ma vie sans me tromper une deuxième fois. J'ai du mal à y croire en ce moment, mais ça doit bien exister, des hommes non violents... »

(1) Prénom d'emprunt.

(2) Lisa a été aidée par l'Accueil d'urgence femmes en difficultés (AUFD). Elle est actuellement aidée par l'association Passerelle.
Ouest-France

06:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes battues, chrs, maison relais | | |  Facebook

02.04.2008

Une convention pour faciliter le passage de l'hébergement au logement social

L'Union sociale pour l'habitat (USH) et la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars) signent le 2 avril une convention de partenariat (voir ci-dessous en téléchargement) dont l'objectif est de faciliter la sortie des ménages en difficulté des structures d'hébergement. L'idée est de mettre en commun les compétences de chaque partenaire : une ouverture spécifique du parc social du côté de l'USH contre un accompagnement social pour les ménages de l'autre. Cette convention vise clairement à réduire le nombre des saisines de la commission Dalo (droit au logement opposable). La loi du 5 mars 2007 a en effet ouvert à cinq publics prioritaires, dont les personnes logées en hébergement, l'accès au logement social. Lorsque cette loi n'était encore qu'au stade de projet, en janvier 2007, l'USH avait insisté sur "la nécessité de prévoir l'accompagnement social - qui nécessite un soutien plus important et continu aux associations qui oeuvrent dans ce domaine -, une gestion de proximité renforcée et les dispositifs d'aides et de garanties de loyers nécessaires à l'accès et au maintien dans les lieux" (voir article de Localtis : "Les réactions des professionnels du secteur", 30 janvier 2007). A défaut de solution, le public prioritaire peut saisir les juges administratifs.<>

La convention répond à une commande de décembre 2004. A cette époque, une convention signée entre l'Etat et l'Union sociale pour l'habitat spécifiait que l'USH négocierait un accord avec la Fnars prévoyant un engagement au niveau local en matière d'accueil des personnes hébergées en CHRS et en centre d'accueil pour les demandeurs d'asile. La convention signée le 2 avril lance le processus avec la mise en place au niveau national et au niveau local de groupes de travail pour "favoriser concrètement le développement de l'offre adaptée".

Selon l'USH, la convention va au-delà des relations engagées depuis 1989, date de la première convention entre l'USH et la Fnars. Elle se veut opérationnelle avec une généralisation des bonnes pratiques. Dans les régions, le partenariat est souvent de mise. En région Nord-Pas-de-Calais, un observatoire et un dispositif de sortie ont été mis en place. Dans le Centre et la Haute-Normandie, des travaux sont en cours. Des dispositifs existent aussi en région Paca depuis des années pour faciliter le passage de l'hébergement au logement social.
Clémence Villedieu - Localtis

La convention liste quatre objectifs précis :
- la connaissance des besoins dans le cadre des programmes locaux de l'habitat et des PDALPD ;
- l'amélioration de la fluidité entre hébergement ou logement temporaire et logement social ;
- le renforcement de l'accompagnement social lié au logement autant en termes d'accès que de prévention des expulsions ;
- la production de centres d'hébergement et de réinsertion sociale et de formes d'habitat transitoire ou pérenne.
 
Téléchargements

06:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : HÉBERGEMENT, LOGEMENT, FNARS, CHRS, USH | | |  Facebook

16.01.2008

Les sections d'urgence des CHRS ont du mal à faire face à la demande

Alors que le Premier ministre doit en principe présenter avant la fin du mois de janvier le contrat qu'il entend passer avec les associations d'accueil de sans-abri, la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des ministères du Travail et de la Santé publie une étude consacrée, précisément, à l'hébergement d'urgence dans les centres d'hébergement et de réadaptation sociale (CHRS).
L'accueil d'urgence n'entre pas - en théorie - dans les missions premières de ces structures. Néanmoins, sur les 827 CHRS existants, 360 déclarent disposer d'une section d'urgence. Les établissement concernés offrent ainsi 4.550 places à ce titre, sur une capacité totale de 16.000 places. Pour mieux connaître la population accueillie, la Drees a donc procédé à une coupe transversale en recueillant toutes les informations sur les personnes présentes dans ces sections durant la nuit du 3 au 4 février 2005.
Premier enseignement : la nuit concernée, 5.700 personnes étaient hébergées dans les sections d'urgence des 360 CHRS, soit un sureffectif de l'ordre de 25%. L'étude montre également que la place de l'urgence au sein des CHRS concernés est très variable. Environ 20% d'entre eux - généralement de petites structures - consacrent toute leur capacité à l'hébergement d'urgence. A l'inverse, un tiers d'entre eux réservent moins de 13% de leurs places à cette activité. Comparés à l'ensemble des CHRS, ceux qui disposent d'une section d'urgence sont plus nombreux à assurer un accueil tout public et à proposer certains services comme la restauration collective (62% contre 44%). L'étude montre par ailleurs que le 115 est le principal vecteur d'admission dans ces structures (30% des personnes présentes), suivi de l'intervention directe des services sociaux (25%).
L'étude de la Drees - réalisée à l'apogée de la crise de l'emploi - apporte aussi de nombreuses informations sur le profil des personnes accueillies. Elle distingue ainsi trois grands groupes. Le premier (75% des 5.700 personnes présentes dans la nuit du 3 au 4 février 2005) regroupe des hommes seuls, âgés en majorité de 18 à 44 ans. Plus de la moitié d'entre eux, familière de ce type d'hébergement, était déjà accueillie dans un CHRS ou un centre d'urgence, mais 20% d'entre eux vivaient dans la rue au cours du mois de janvier 2005. Le second groupe (13%), à majorité féminine, comprend de jeunes parents, voire des jeunes filles mères, en grande difficulté. Environ 15% des personnes relevant de ce second groupe ont moins de 18 ans. Les deux tiers des personnes de cette seconde catégorie sont sans logement personnel depuis plus de six mois. Enfin, le troisième groupe (12%) comprend des mères isolées récemment précarisées, le plus souvent avec leur enfant. Près des deux tiers d'entre elles ont entre 25 et 44 ans. Les trois quarts ont passé le mois de janvier 2005 dans un logement ordinaire et la moitié est sans logement personnel depuis moins d'un mois. Jean-Noël Escudié / PCA / Localtis Info

08:51 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chrs, sdf, sans logis, mal logés | | |  Facebook

27.12.2007

Parsa :Suivre la mise en oeuvre de la réforme de l’accueil

Sur le site de la Fnars, à lire et à télécharger

La Fnars Nationale précise :
La Fnars vient de conduire une enquête nationale auprès des établissements ayant des places d’hébergement d’urgence dont les résultats seront prochainement rendus publics mais nous n’aurons pas de bilan du Parsa par région ou par département car tous les établissements d’une même région ou d’un même département n’ont pas participé et notre enquête porte uniquement sur les structures d’urgence.

05:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fnars, hébergement, chrs, logement social | | |  Facebook

 
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