02.06.2008
Urbanisme: Trappes tente de redorer son image
Par Raphaëlle PICARD AFP
TRAPPES (AFP) - Victime de l'urbanisme malheureux de banlieue des années 70, Trappes (Yvelines), une ville de 29.000 habitants au sud-ouest de Paris comptant 76% de logements sociaux, tente de redorer son image grâce à un vaste chantier de rénovation urbaine qui pourtant ne fait pas l'unanimité.
Elément phare de cette opération, l'enfouissement de la RN10 qui assume un trafic autoroutier et dont le tracé saigne la ville en deux: d'un côté le centre historique où se trouvent mairie, gare et commerces; de l'autre, les quartiers nord, hérissés de cités morcelées et décaties où s'entassent 80% des Trappistes.
Comme un pansement, ce projet, exposé à la mairie, "va raccommoder la ville", se réjouit Guy Malandain, maire PS depuis 2001. Le chantier de trois ans (75 millions d'euros), débutera en 2009.
Parallèlement, des opérations de désenclavement, de "résidentialisation" et de modernisation des habitations sont en cours, conduites par l'agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru).
En tout, 280 millions d'euros seront débloqués, précise M. Malandain qui ambitionne une "cicatrisation" de sa ville. Conviant la presse pour un tour du propriétaire, il affirme: "Avant, c'était la catastrophe: personne n'avait envie de venir vivre ici."
Aux "terrains vagues, bouillasse et façades lépreuses" d'avant, il oppose aujourd'hui la "résidentialisation": rues bien tracées, résidences digicodisées et plates-bandes soignées.
Sarwat Ghobreal, un locataire, confie "se sentir enfin bien chez lui": "En quinze ans, l'ascenseur n'a jamais fonctionné, en 2001, j'ai eu deux voitures brûlées, mais maintenant depuis les travaux, on respire!"
L'appropriation des lieux, selon l'édile, a permis de diviser la délinquance urbaine de moitié. "Le soir, tout le monde rentre chez soi, c'est aussi calme qu'à Versailles!", risque-t-il.
Pour l'heure, cette "renaissance" ne concerne pourtant que quelques poches, comme à la Plaine du Neauphle ou dans les squares Sand et Verlaine: 500 logements en accession à la propriété construits, 1.000 prévus. Des pavillons surgissent des anciennes friches, quelques tours ont sauté: en tout 1.309 logements seront détruits, 1.850 construits.
Dans le reste de la ville, la transformation reste discrète. Parfois, là où les travaux sont finis, des habitants parlent de "camouflage".
"Bien sûr, c'est plus joli", reconnaît Annabelle Rendu, une mère de six enfants, résidant square Gérard Philippe. "Seulement depuis qu'ils ont mis des grilles, c'est Prison break! Et pour faire les courses, on est obligé de faire tout un tour."
"Les parkings et les espaces verts, c'est bien mais on n'a pas traité les problèmes de plomberie et d'ascenceurs", dénonce Gérard Fourgous, conseiller municipal UMP. "Le maire s'est occupé de la ville, pas des habitants."
Au square de la Commune, "on a repeint les murs des couloirs mais pendant deux mois on n'a pas eu d'ascenseur", se plaint Mustapha Zazar qui habite au 11e étage.
"On a fait du cache misère", dénonce Laoudi Kamel, un locataire de 32 ans du square Thorez. "Ils nous ont planté des palmiers mais on n'a plus d'eau chaude!"
Chez Sarepa, l'un des douze bailleurs de la ville, on se défend: "Tous les habitants sont consultés avant les travaux." "Nous avons installé des équipements nouvelle génération et nous faisons le maximum dans la remise aux normes."
Les habitants devront attendre 2012 et la fin de l'enfouissement de la RN10, pour savoir si le pari de restaurer l'image ternie de Trappes était réaliste.
07:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : urbanisme, logement, hlm, social, citÉes hlm, anru |
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