03.01.2009
Communiqué du Collectif Romeurope
COMMUNIQUE
Les associations de soutien aux Roms reçues au Ministère de l’Education nationale : se sont-elles trompées de Ministère ?
Une délégation a été reçue au Ministère de l’Education nationale le 3 décembre dernier suite à la publication du rapport du collectif Romeurope sur la situation des Roms d’Europe de l’Est en France. La teneur des propos tenus en réaction à nos interpellations est apparue suffisamment grave pour mériter d’alerter les syndicats enseignants et les associations.
Les associations ont rappelé que si l’on observe quelques belles réussites scolaires, et ce malgré la précarité des conditions de vie et les expulsions fréquentes, en France, des centaines d'enfants Roms venant de Roumanie, Bulgarie et d’ex-Yougoslavie ne sont pas scolarisés. Cela tient notamment à des refus d’inscription de la part de certaines municipalités, sous divers prétextes inadmissibles, dont notamment le fait que les familles ne sont pas domiciliées, qu’une procédure d’expulsion est en cours, qu’il manque de place ou de moyens adaptés, que les enfants n’ont pas toutes leurs vaccinations à jour…. Face à cela, les instances de l’Education Nationale et les Préfectures manquent parfois de fermeté pour faire appliquer la loi.
Des propositions concrètes ont été faites dans l’objectif simple que tous les enfants puissent être inscrits et scolarisés durablement. Nous avons en particulier demandé au Ministère qu'il rappelle la règle de l'obligation et du droit scolaires (y compris aux âges où l’école n’est pas obligatoire) et incite les inspections d’académie à faire preuve de fermeté auprès des communes et par l'intermédiaire des préfets, qu’il mette œuvre les moyens nécessaire (CLIN, CLA, NSA,...) pour une intégration progressive des enfants, dont certains n’ont jamais été scolarisés, qu’il favorise les liens avec les autres administrations (sociales, santé, logement, transport, cantines, activités périscolaires..) pour assurer les conditions d’une scolarité régulière et que cessent les expulsions de terrains sans alternatives, principale cause de déscolarisation.
A l’opposé des réponses que nous attendions, le Ministère a interrogé la motivation des parents à scolariser ces enfants (oubliant qu’il est lui-même garant de l’obligation scolaire), émis l’hypothèse que la scolarisation était pour certaines familles un moyen détourné pour accéder à d’autres droits, posé comme préalable la question du droit au séjour des familles concernées, exprimé sa compréhension à l’égard des maires contraints d’accueillir des populations instables et qui se déplacent (alors même qu’il s’agit d’une mobilité subie du fait des expulsions) et déprécié de façon générale l’efficacité des classes d’accueil et d’initiation (y compris pour des enfants ne parlant pas français et n’ayant jamais été à l’école) et rappelé qu'aucun moyen supplémentaire ne serait débloqué dans les écoles pour ces enfants.
A l’issue de cette rencontre, le collectif Romeurope tient à rappeler que localement l’institution scolaire est une des rares qui s’inscrive dans un rôle d’accueil et d’intégration à l’égard des populations Roms. Les efforts du personnel enseignants méritent d’être soutenus par leur hiérarchie dans le respect des missions de l’Education nationale, indépendantes de la politique d’immigration.
Contact : Michel FEVRE . Collectif Romeurope(06-08-55-28-33)
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09.04.2008
Le collectif ROMEUROPE accuse Brice Hortefeux "d'acheter" des retours parmi les Roms
PARIS (AFP) - "Le ministre de l'immigration achète, grâce à l'Anaem (Agence nationale d'accueil des étrangers et des migrations, ndrl), plusieurs milliers de +retours au pays+ qui vont lui permettre d'atteindre ses quotas", écrit, dans un communiqué, le collectif Romeurope, à la veille de la journée internationale des Roms.
Selon ce collectif, "le discours est simple": +retournez dans votre pays, nous paierons votre voyage de retour, nous vous donnerons de l'argent et nous vous aiderons à votre arrivée+".
"Depuis quelques mois, l'Anaem recrute dans les bidonvilles où des familles roms roumaines et bulgares sont contraintes de trouver un abri", assure le collectif qui qualifie de "pervers" le système mis en place par le ministère de l'Immigration.
"Des familles roms installées, pour certaines en France depuis quelques années, qui y ont établi des liens (scolarisation des enfants, emplois, suivi médical), rompent ces liens pour retourner en Roumanie et bénéficier de cette somme", déplore le collectif.
Romeurope estime que ce système est "un échec" puisqu'il avait "pour objectif de diminuer le nombre de personnes présentes en France" et que les sommes distribuées attirent en fait de nouveaux venus très pauvres de Roumanie. Il rappelle que l'argent promis (300 euros par adulte et 100 euros par enfant) est très attractif au regard de la situation en Roumanie où le salaire moyen est de 194 euros par mois.
Ces aides au retour sont "d'autant plus absurdes" qu'en tant que ressortissants européens, les Roms peuvent revenir quand ils le souhaitent et sont parfois comptabilisés plusieurs fois dans les quotas, ajoute Romeurope.
Selon le collectif d'une quinzaine d'associations dont la Cimade, Médecins du Monde, Parada et la Ligue des droits de l'Homme, "les moyens financiers doivent être orientés vers un accueil digne et durable dans notre pays pour les Roms qui le souhaitent, sans discrimination envers des ressortissants européens".
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