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07.06.2009

Appel des Appels 67 : Participation du Collectif SDF

Relation entre travailleurs sociaux et sans-abri

Entre répression et assistance

Répression

Un discours, souvent incompréhensible, les TS usent d'un langage qui leur appartient mais qui met une barrière entre nous.
La communication est parfois impossible et donc toute proposition est mal perçue. La méfiance s'installe.

Les TS ne tiennent pas compte de la rue, de ce qu'elle exige : la manche et le point de manche de plus en plus dur à garder, chaque démarche qui demande du temps, les va et vient d'un endroit à un autre pour dormir, manger, s'habiller, se laver ...
Certains ont l'air de penser qu'on aime la rue, et qu'il nous plaît d'y rester, parce qu'on refuse certains lieux, parce qu'on rechigne à plier, parce qu'on discute tout. C'est faux.
Personne n'aime la rue, on s'y sent coincé, elle nous prend tout, sauf l'impression d'une certaine liberté, que nous ne trouvons pas dans vos propositions.

Les TS sont trop souvent dans l'interprétation, et veulent à tous prix nous faire entrer dans une case : tox, alcoolo, violent, malade ...

Nos différences, ou nos trop proches ressemblances avec les gens, avec vous-même, sont dérangeantes, car alors rien ne colle à notre "cas".
On a rarement notre mot à dire, et si on exprime un souhait, ou une inquiétude, tout est balayé par des "il n'y à que ça", ou "j'ai eu du mal à trouver, j'ai du me battre pour cette place, vous devez y aller", "y'a qu'à" ...

Comment envoyer de force, une personne dans une structure d'hébergement ?
Qu'est ce qui vous donne le droit de faire de nous ce que vous voulez, de nous forcer la main, parce que vous n'avez rien d'autre en stock.
Quelle loi, vous donne le droit d'agir ainsi ?
Certainement pas les droits de l'homme.

On perd de plus en plus notre droit à agir, à être un acteur de notre vie. J'ai moi, refusé les hébergements de femmes, car si un homme un jour à détruit ma vie, les autres ne sont pas à mes yeux, des prédateurs, et je refuse l'habit de victime.

Tout est imposé, sans explication, comme si on était étranger aux dysfonctionnements du système, incapable de comprendre, ou comme si c'était tabou, ...

L'assistanat
Une autre manière de nous faire culpabiliser, un poids à porter.
Beaucoup d'entre nous aimerait bien parfois être dans l'échange, proposer quelque chose : souvenir d'un ancien métier, une compétence ...
On en a assez de se sentir dans la dette.

L'accompagnement
Ce mot nous plaît. Il nous semble être au plus juste de notre besoin d'aide, plus juste à accepter.
L'accompagnement mis face à l'assistanat qui pèse du poids de la culpabilité.
L'accompagnement sans définition précise parce que moi je suis je et les autres sont aussi des personnes.
L'accompagnement parce qu'il devrait nous laisser la liberté d'être, et vous laisser la liberté de nous accompagner sans pression castratrice.

Ma liberté de voir enfin mes failles, mes faiblesses, mes fragilités, mes impossibilités, et de les accepter, d'y faire face ... Avancer, et vous dire un jour, "salut, ciao, c'était bien nous deux" et moi qui vais vers l'aventure de ma vie, et toi qui accueille une autre personne.

Une idée de l'accompagnement où le temps est un allié pour nous tous.
Cette idée de l'accompagnement ne peut exister si vous ne voyez pas en moi une personne, et si vous n'avez pas conscience de votre responsabilité.
Car chacune de vos décisions est lourde de sens et de conséquences dans ma vie pleine de précarités, pleine d'échecs, ...

L'accompagnement dans l'idée simple de soutenir l'autre, de ne jamais oublier son intérêt, que nous oublions ou que repoussons si souvent, car demain est dur à affronter.

La relation
Certains TS vont être les semeurs de graines, et je veux moi, rendre hommage à mon premier semeur de graines : Jean-Louis GATTO qui, parce qu'il a refusé l'absurde, défendu son métier et nous, a été balayé, renvoyé.

Sans doute est-ce frustrant de nous voir disparaître sans raison évoquée. J'ai, il est vrai, "consommé" plusieurs TS, mais c'est parce que je ne me voyais plus avancer, j'étais au bout de mes confidences.
Il faudra parfois plusieurs rencontres, plusieurs semeurs de graines pour nous donner l'envie, le courage, la volonté, d'affronter le parcours que les associations impose parce que la société l'a programmé, évalué, décidé, calculé, estimé ...  

Nos retards, nos colères, nos questions, nos reculades, rien ne compte plus pour le Travailleur Social, que notre présence.

Ce parcours via les semeurs de graine montre l'espérance de trouver sa place, de regagner le droit à marcher debout. Parce que le TS nous l'explique, et en discute de personne à personne, tout simplement. Il explique ce qu'il va entreprendre, indique les possibles refus, évoque les freins, il parle même d'échec ... Il parle de vie.

La passation
Aucun de nous n'a rencontré le TS qui apporte avec lui, toutes les graines et qui nous accompagne du début à la fin, et parfois au delà.
On passe d'un TS à l'autre, d'une association à l'autre, et il faut toujours recommencer à dire, à raconter, à se dévoiler ...
À quoi servent vos ordinateurs ?
À quoi ça sert de nous mettre dans vos fichiers ?
Puisqu'il n'y à jamais de travail entre les TS d'une association à l'autre, et que les associations ne travaillent pas assez ensemble.

Si un TS a le droit de ne pas supporter une personne sans-abri, pourquoi les sans-abri n'auraient pas le droit de "choisir" leur TS ?

Pourquoi n'y à t-il pas de passation entre vous, entre association, alors que l'enjeu est un homme ?

Chaque association à l'air de protéger sa "recette", ou ses "usagers".
Les associations n'aiment pas qu'un dossier lui échappe, si on la quitte pour une autre, on est grillé.
Les associations ont des listes noires.
Les sans-abri aussi.

Une grande partie de nos souffrances, celle des associations, celle des travailleurs sociaux, disparaîtrait, si on décidait de travailler ensemble.

Solidarité
Le Collectif SDF est solidaire des travailleurs sociaux et des associations; nous sommes dans le même bateau.

C'est pourquoi nous avons dénoncé les chaises du dernier plan hivernal; c'est cela que vous voulez devenir ? gardiens de chaises;

Et avec la loi Dalo, vous risquez de devenir gratte papier, car Mme Boutin semble vouloir l'imposer;

Nous dénonçons la municipalité qui dans son ensemble coloré à défendu jusque dans les ministères un projet qui ne propose qu'1 seul TS pour 30 personnes et 6 surveillants, sans qualification particulière, sinon celle de savoir surveiller les personnes et leurs biens;
un 2e projet du même type est déjà en négociation;

Nous avons dénoncé il y a quelques mois de cela, les refus de RMI et les ruptures de RMI ;

Nous dénonçons tous les dysfonctionnements, toutes les absurdités ...
Aujourd'hui nous considérons l'Appel des Appels comme le lieu où nous pourrons ENSEMBLE questionner, nous questionner, interpeller et imaginer des actions.

Le Collectif SDF Alsace, remercie sincèrement le Collectif 789-Alsace, Nathalie, Christine, Robert et Rudi, vous êtes de belles rencontres.

Merci Jean-Charles de ta présence à nos côtés depuis plus de 2 ans;

Merci à Jean-Claude Meyer, toujours présent sur tous les combats, merci pour cette FEUILLE DE CHOU toujours un bon moment à lire et de magnifiques photos;

merci à tous les travailleurs sociaux, aux associations, aux ORTHOPHONISTES (formidables), aux médecins, à l'urgentiste, aux avocats, magistrats, ... et bien sûr merci aux "intellos" :)

et merci à L'APPEL DES APPELS 67 ...

03.04.2009

SDF / OTAN : VA CREVER AILLEURS

C'était en février, le Collectif SDF Alsace essayait en vain, d'attirer l'attention sur la situation des sans-abri pendant le sommet de l'otan.

Il était temps d'envisager des solutions dignes ;

Il était temps d'appréhender tous les problèmes que nous allions rencontrer ;

Il était temps de soutenir ceux qui ont essayé ...

Mais, trop naïf, notre collectif s'est tourné vers ceux qui lui semblait à même de porter sa voix : le collectif anti-otan, les représentants de nombreux groupes, associations, collectifs, écolos, bobos, pacifistes de tous bords et de tous poils (synthétiques bien sûr). Comme ils avaient la possibilité d'aller en préfecture pour l'organisation de "leur" village, on pensait qu'ils penseraient à nous ... Pire, ça nous semblait logique.

Rien ! Nada !

• Tous les foyers d'hébergement sont saturés à longueur d'année. Il n'y à pas de chambres d'hôtel libres. Le 115 est saturé depuis des années.

• Le Plan hivernal c'est 334 places ... L'histoire que la préfecture écrit pour les personnes les plus démunies est courte : va crever ailleurs ! Pourquoi est-ce si facile pour elle ? Pas de contestation, pas d'intérêt,  ...

Le dispositif anti-otan pour les sans-abri a été négocié, discutté, par les associations et les services de la ville, et bien ? Et bien la chasse est ouverte. Alors nous maintenons notre avis, ce n'est que du bricolage.

Ces conneries n'ont qu'un objectif déjà dénoncé, nettoyer la ville de ses sans-abri.

• Les structures hivernales resteront ouvertes jusqu'au 06 avril, le 07 c'est la remise à la rue.

En attendant, contrôles de police, contrôles de police, harcèlement, magasins fermés, bus supprimés, contrôles de police, contrôles de police ... Et oui, surtout le contrôle.

Vous posez en face le chiffre de 1,5 million déjà dépensé et vous devez comprendre 2 choses : ON N'INVESTIE PAS ASSEZ SUR L'HUMAIN, et LES SANS-ABRI VALENT MOINS QUE DES OBJETS.

L'article des dna, la semaine dernière est arrivé bien tard. Mais voilà qu'il provoque de petits remous, par ci par là ... Quelle honte.

• Tous les sans-abri qui sont hors dispositif, resteront à la rue à moins qu'on ne les envoient à l'elsau ?.
• Car même les structures de distribution de repas doivent fermer. On affame les sans-abri, sans ancun scrupules ... dans un silence assourdissant.

Nous souhaitons un bon séjour à tous les gentils militants de france, d'allemagne, de suisse et d'ailleurs qui oeuvrent à un monde meilleur, qui pensent qu'un autre monde est possible, qui luttent contre le capitalisme sous leur tente chauffée, etc, etc... en laissant crever d'autres personnes.

Le premier qui ouvre sa gueule sur les mauvais résultats de la ville et des associations après coup, on lui rentre dans le lard. Le premier politique véreux qui oserait en profiter pour ses intérêts électoralistes, on lui rentre dans le lard. Vous ne ferez pas votre beurre sur notre dos.

LE COLLECTIF SDF ALSACE POUR UN MOUVEMENT CITOYEN

26.03.2009

LE COLLECTIF T'INVITE À MULHOUSE LE 26 MARS POUR UN ENTRECHAT POÉTIQUE

http://mail.google.com/mail/?ui=2&ik=75a1b324c7&view=att&th=11fb3c8a37e3bdfd&attid=0.1&disp=inline&zw

Invitation à "Entrechats poétiques" à Mulhouse le 26 mars

Communiqué - Ce spectacle Danse et Poésie intitulé « Entrechats poétiques » est présenté par la Compagnie Créa-Danse dans le cadre du printemps des poètes qui accueille Monique Maitte (Collectif SDF Alsace).

Il rassemble des textes de 5 poètes alsaciens, Nathan KATZ, Gérard LESER, Monique MAITTE, Abd Al MALIK, et Claude VIGEE. 4 hommes, une femme, d’horizons très différents, ayant vécu à la campagne, à la ville, ou à la rue, et dont les textes s'interpellent, et s'appellent "comme une évidence de vie".

La danse d'Anne-Florence Dauchez nous entraîne avec force et fragilité dans ces puzzles de vie, elle fait revivre les échos de mémoires multicolores parfois douloureuses.

Les traductions en Alsacien de Gérard Leser plantent les racines de ces coeurs, en leur donnant force, dans les chairs de l'Alsace.

Le respect absolu du chemin de vie de chacun, chacune, permet d’en percevoir toute la force, et de voir aussi comment ces parcours si différents peuvent être en lien entre eux, et s'enrichir …

Avec Anne-Florence DAUCHEZ pour la chorégraphie et la danse, Gérard LESER pour les textes en alsacien et la présence de Monique Maitte.

Le jeudi 26 Mars, 20 h, à la Bibliothèque Municipale 19 Grand Rue, Mulhouse, Entrée libre.

Contacts : Créa Danse - Anne-Florence Dauchez - Tel/Fax : 03 89 40 11 03

Collectif SDF Alsace - Monique Maitte - 06 33 29 06 42 / 03 88 84 80 49 sdf.alsace@gmail.com

31.05.2008

STRASBOURG : QUESTIONS/RÉPONSES A DON QUICHOTTE

Après notre constat alarmant sur la situation du campement;
après que les personnes rencontrées aient demandés clairement notre aide;

Nous leur avons proposé un rendez-vous vendredi 10 heures place de la bourse.
En effet, l'État, la DDASS et la Ville, conformément à ce qui a été refusé par les EDQ proposaient à ceux qui le souhaitaient :
• possibilité d'hébergement ou de camping (en de meilleures conditions) en attendant que le terrain mis à disposition par la ville soit prêt
• un appartement f2 pour un couple (proposition du collectif)
• et bien sûr un accompagnement social.

Il semblerait que les EDQ aient profité d'un incident jeudi soir (avec une personne qui aide parfois le collectif tout comme les EDQ) pour convaincre encore plus, les personnes que le collectif ne leur apporterait rien, et nous en passons...
Des impressions extraites de nos blogs; bouts de texte retirés du contexte et traficotés, ont été distribués et utilisés pour manipuler ces gens.

Nous tenons à dénoncer ces méthodes indignes et mensongères.
Force nous est de constater aux appels reçus, aux mails reçus par les seuls EDQ, que le principal est de parler, de se donner bonne conscience, de garder les gens sous la tente... Plutôt que de répondre au concret.

Critiques, accusations sans fondement et menaces : toujours cette même technique qui permet d'occulter l'essentiel.

Pourquoi ne pas avoir laissé ces personnes venir au RDV ?
Pourquoi avoir dit que la proposition de logement n'était pas vrai ?
Aurez-vous le culot de répéter que les propositions de la DDASS et de la Ville ne conviennent pas ?
Vous qui en 2007 après avoir "prit le campement" pour reprendre vos termes, avez négocié de l'hôtel infâme principalement.

Aussi nous demandons aux citoyens et aux associations de communiquer largement sur le projet chalets, sur son avancée et sur les propositions concrètes que les personnes peuvent obtenir.

09:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, sans abri, social, mal-logés, collectif sdf alsace | | |  Facebook

03.05.2008

PAS DE NOUVELLES CE DIMANCHE POUR CAUSE DE DÉMÉNAGEMENT

 
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