11.03.2009
La crise économique et financière sape les bénéfices de La Poste
LE MONDE | Les bénéfices de La Poste, le plus gros employeur après l'Etat, ont fondu sous l'effet de la crise. Ils devraient s'établir autour de 530 millions d'euros pour l'année 2008, ce qui représente une baisse de plus de 40 % par rapport à 2007 (943 millions) et de 47 % par rapport au résultat escompté dans le budget (près d'1 milliard d'euros). Ces chiffres, examinés lors d'un comité d'audit, lundi 9 mars, seront soumis jeudi au conseil d'administration. Ils reflètent l'extrême sensibilité de l'opérateur public postal à la conjoncture économique.
Les flux de courrier - qui baissent de manière continue d'environ 3 % l'an un peu partout en Europe à cause de la concurrence d'Internet - varient en fonction de l'activité économique. Fin novembre 2008, alors que la crise financière se transmettait à l'économie réelle, que les entreprises commençaient à restreindre leurs échanges, l'entreprise publique avait averti que les résultats ne seraient pas conformes aux prévisions. Elle anticipait cependant encore un bénéfice net part du groupe de 600 millions à 700 millions d'euros
Pour l'Etat, les résultats de La Poste, qui reste bénéficiaire dans un environnement économique déprimé, constituent malgré tout une bonne nouvelle. Ils devraient lui permettre d'empocher un dividende d'environ 106 millions d'euros au titre de 2008. La Poste s'est, en effet, engagée à reverser à son actionnaire public 20 % de ses bénéfices en 2008, une contribution bienvenue pour les finances publiques, mises à mal par l'effort de relance.
Ce pourcentage sera porté à 25 % en 2009, une année qui, au vu des résultats commerciaux des deux premiers mois, s'annonce tendue. La baisse du trafic postal (- 13 % en janvier) devrait s'accentuer, du fait de la chute de la publicité, de même que l'activité colis
Dans les services financiers, l'octroi de crédits immobiliers tourne au ralenti, en raison d'une moindre demande. Or, La Banque postale doit compenser, depuis le 1er janvier, la perte du monopole du Livret A, qu'elle partageait avec les Caisses d'épargne. Un partenariat est en cours de finalisation avec la Société générale, pour développer le crédit à la consommation. Il doit aboutir à la création d'une filiale commune, dont la majorité du capital appartiendra au groupe public
A La Poste, où l'on admet un second semestre 2008 difficile coïncidant avec l'aggravation de la crise, le ton se veut serein. "Nous souffrons comme les autres mais résistons plutôt mieux que les autres", estime un dirigeant.
L'attention de l'état-major est captée par la préparation du passage au statut de Société anonyme (SA), dont le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, a avalisé le principe, en décembre 2008. Ce statut doit permettre à La Poste de toucher le chèque de 2,7 milliards d'euros promis par l'Etat, pour financer son développement.
Le texte de loi est quasiment terminé. Il n'attend plus que l'Etat
"le bleuisse", souligne un proche du dossier, qui mise sur le passage du texte au Parlement après les élections européennes de juin et l'adoption du statut de SA au 1er janvier 2010. Sans surprise, comme l'avait dit M. Sarkozy, le texte stipule que la future SA sera à capitaux 100 % publics. Quelques points restent à organiser, comme l'affiliation des postiers, fonctionnaires et salariés de droit privé, aux caisses de retraite et, comme le veut La Poste, la possibilité de procéder à une augmentation de capital réservée aux salariés.
Anne Michel - le Monde
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24.07.2008
France : les banques amplifient la crise immobilière
Selon les dernières informations, les banques françaises auraient une responsabilité dans le retournement du marché immobilier français. Certes, la crise des subprimes a bouleversé de nombreux marchés immobiliers en provoquant leur ralentissement mais il n'en reste pas moins que les banques ont « envenimé » la situation en resserrant de façon drastique leurs conditions de prêts aux professionnels comme aux particuliers.
L'Observatoire du Crédit au Logement (CSA) indique dans un communiqué que les candidats à l'achat sont toujours présents malgré la crise qui opère sur le marché. En revanche, le nombre de candidats acceptés par les banques pour signer un contrat de prêt s'amenuise. Les banques ont décidé de réduire l'offre de prêt en durcissant les conditions d'obtention d'un crédit. Les banques seraient alors responsables de la chute fulgurante des ventes immobilières dans la mesure où bon nombre de candidats à l'achat se voient refuser un emprunt auprès d'une banque. Résultat, c'est tout le marché qui pâtit de la situation.
En volume, le recul du nombre de crédits immobiliers s'élève à 10,9% en France à l'issue des six premiers mois de l'année par rapport à la même période il y a un an. Au total, quelques 136 milliards d'euros ont été accordés sous forme de prêt au cours du premier semestre 2008, ce qui reflète une baisse de crédit de près de 12,5% pour un investissement dans de l'immobilier ancien et de 8,6% dans le neuf.
Le paradoxe est que le taux d'intérêt moyen a faiblement augmenté : il est aujourd'hui de 4,68% au deuxième trimestre 2008 contre 4,62% au quatrième trimestre 2007. Par ailleurs, la durée des emprunts est en baisse (en moyenne 18 ans et cinq mois). Quant à la proportion d'apport personnel, elle a tendance à augmenter légèrement. Elle représente désormais près d'un quart de l'investissement global. L'observatoire du crédit au logement considère que la capacité financière des emprunteurs est restée inchangée par rapport à ce qui prévalait début 2000 – c'est-à-dire avant le début de la flambée des prix. La demande n'aurait donc pas tant changé que cela. Par là, le CSA entend souligner le fait que c'est l'offre qui est en cause. Les banques sont confrontées au problème de refinancement de leurs activités de prêts. La crise du crédit aux Etats-Unis a fait perdre des sommes d'argent importantes à de nombreuses banques, y compris en France. De ce fait, elles sont beaucoup plus prudentes et méfiantes dans leurs offres de prêt mais également envers les autres banques. Elles prêtent moins d'argent ou bien à des conditions plus coûteuses.
Le phénomène de crédit crunch crée une crise de liquidité sur le marché. Le CSA ne s'est pas prononcé sur la durée de cette crise mais il pense que les banques vont très certainement augmenter leurs taux d'intérêt, de manière à répercuter le coût du refinancement de leurs prêts dans celui du crédit. Il s'agit là d'une mauvaise nouvelle pour les ménages qui souhaitaient concrétiser leurs projets d'acquisition immobilière.
Anne Chartier pour prix immo
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