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07.03.2009

“La crise va s’accroître en termes de logements sociaux”

Le 19 février dernier, le Sénat adoptait le projet de loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion (Loi BOUTIN) après un débat animé, marqué par de vrais débats de fonds puisqu’un recours à une commission mixte paritaire a été nécessaire, mais un débat constructif avec la volonté d’aller de l’avant, dont la bonne ambiance fut d’ailleurs soulignée. Marie-Noëlle Lienemann, ancienne Ministre du logement, revient avec nous sur les problématiques autour de ce sujet

Délits d’Opinion : En 2005, soit avant le début de la crise du logement, 83% des Français estimaient que le problème principal lié au logement était le coût trop élevé du loyer : est-ce que vous pensez que cette réforme peut permettre de remédier, ne serait-ce qu’en partie, à ce problème ?

Marie-Noëlle Lienemann : Absolument pas, je pense même qu’existe le risque d’effet inverse. La part du coût du logement a littéralement explosé depuis dix ans, notamment auprès des ménages les plus défavorisés : celle-ci est passée de 20% en 2000 à 27% aujourd’hui.

Cela notamment en raison de la loi de Robien qui a entretenu la spéculation déjà engagée dans l’immobilier grâce aux avantages fiscaux qu’elle permet. Aujourd’hui la loi Scellier va engendrer le même phénomène. Elle va même contrecarrer la tendance à la baisse des prix. En ce sens, elle va amortir les avantages engendrés par la baisse des prix pour l’accession aux loyers des foyers les plus modestes. Vous avez aujourd’hui une situation extrêmement difficile pour les locataires où l’indice ne baisse pas, en partie pour ceux qui sont en sur-loyers en raison de l’abaissement du seuil au-delà duquel ils ne peuvent plus résider dans des logements sociaux. Or sur toutes ces questions, la loi Boutin ne règle rien, elle aggrave leur difficultés.

Cette loi prétend favoriser l’accès aux logements sociaux en faisant sortir une partie des gens, ceux dont les revenus sont trop importants pour pouvoir désormais prétendre à ce type de logements : c’est une vaste fumisterie, le nombre de personnes vraiment au-dessus de ce seuil est très limité. On ne répondra pas ainsi aux immenses besoins en termes de logements locatifs sociaux. On pense et on fait croire qu’avec la rotation du parc social on va améliorer le droit au logement, ce qui n’est évidemment pas le cas. Cette loi ne sera pas suffisante, d’autant que la part affectée aux logements sociaux dans le plan de relance est faible, et rétablit à peine les budgets de l’année précédente. La crise va s’accroître en termes de logements sociaux

Délits d’Opinion : Le texte abaisse de 10% les plafonds de ressources pour accéder au logement social pour ramener la proportion des ménages y ayant droit de 70% à 60% : cela devrait permettre de réserver les logements sociaux aux personnes qui en ont le plus besoin ? De même, le « pass foncier » (baptisé « maison à 15€ ») va dans le sens d’une accession à la propriété par les foyers populaires ?

Marie-Noëlle Lienemann : Cela va surtout permettre d’augmenter les loyers des gens qui sont au-dessus du nouveau seuil. La seule vraie façon de libérer des logements sociaux reste tout d’abord d’en construire de nouveaux et ensuite de permettre aux classes populaires d’accéder à la propriété. Or en 2000, 240 000 foyers qui touchaient moins de deux smic et demi accédaient à la propriété : en 2006, c’est 170 000. Il y a donc un décalage de 70 000 foyers : ces personnes-là ne peuvent plus accéder à un logement à cause de la flambée des prix, en partie par la faute de la loi Robien.

Le pass-foncier n’est pas une mauvaise idée en soi mais il ne résout pas le problème du niveau global de l’endettement, qu’il prolonge. Son seul avantage réel repose dans le taux de TVA à 5,5% qui peut permettre pour ces foyers de baisser le coût réel de l’habitation. En outre, le pass-foncier concernait avant le logement individuel, désormais il concernera également le logement collectif : c’est un progrès indéniable.

Il reste cependant un souci : le pass-foncier est financé par le 1% logement, or le prélèvement important, voté dans la loi Boutin, va assécher les fonds disponibles et nécessaires à cette mesure. Le 1% logement va s’amenuiser, au nom de la transparence, c’est un réel problème qu’il faudra, hélas, aborder dans l’avenir

Délits d’Opinion : Vous vous êtes déclarée favorable à la réquisition de logements vacants. Pensez-vous que la crise du logement va imposer ce thème dans le débat public et que la pression de l’opinion peut obliger les pouvoirs publics à légiférer dans ce sens, comme ce fut le cas avec le droit opposable au logement ?

Marie-Noëlle Lienemann : Concernant la réquisition, les sondages sont souvent bons mais cela ne fait pas réagir les pouvoirs publics car ils estiment que cette mesure ferait peur aux propriétaires et que ceux-ci n’oseraient plus investir dans la pierre. Il y a cette idée en France que si les petits propriétaires n’investissent pas, le logement se stoppera net. Or si on n’a pas assez d’investissement locatif privé, ce n’est pas à cause des petits investisseurs mais du fait que les grandes banques, les assurances, les institutionnels se sont éloignés de ce genre de projet. Le général De Gaulle avait imposé que ce type d’établissements ait un patrimoine important dans la pierre. Dans les années 80, cette obligation a sauté : les banques et assurances ont fui ce type d’investissements pour préférer des placements plus financiers. Nous avons ici une des nombreuses conséquences de la dérégulation financière. Il faut revenir à de telles obligations.

Je pense qu’à chaque crise il y a un grand mouvement, alors j’espère que la réquisition va être mise en place concrètement. Mais la réquisition n’est pas une solution miracle. Cela ne marchera que si cette pratique se fait à rythme continu. Elle nécessite un travail rigoureux et progressif de repérage du parc immobilier. Il y a en outre une surestimation du nombre de logements vides annoncés. Dans les faits, ces locaux ne sont pas forcément adaptés ou adaptables à ce type de mesure

Propos recueillis par Olivier.

03.02.2009

La crise immobilière va aggraver la crise du logement (Fondation Abbé Pierre)

La Fondation Abbé Pierre exprime la crainte, dans son rapport 2009 qui sera présenté aujourd'hui, que la crise immobilière, qui s’accompagne d’un ralentissement de la construction, n’aggrave la crise du logement déjà conséquente.

La crise immobilière va avoir de lourdes conséquences sur la résorption du déficit de logements, avertit la Fondation pour qui ce déficit risque de passer de 800.000 à 900.000 logements à la fin de 2009.

Elle critique vigoureusement les mesures prises en décembre par le président Sarkozy dans le cadre du plan de relance : un programme de construction de 70.000 logements supplémentaires sur 2009-2010 qui s’ajoute aux 30.000 logements que les organismes HLM doivent racheter à des promoteurs privés. Faisant valoir que ces 100.000 logements supplémentaires comporteront moins de 50% de véritables logements sociaux, la Fondation dénonce "le développement d’une offre totalement décalée par rapport à une demande sociale qui elle-même continue à se fragiliser". La part des dépenses engagées par la collectivité publique en faveur du logement (1,79 % du PIB en 2008) est en recul, connaissant son niveau le plus bas depuis 30 ans, un recul essentiellement imputable à la diminution de la contribution de l’Etat, passée de 1,36% du PIB en 2000 à 1,1% en 2008, souligne par ailleurs la Fondation dans son "tableau de bord" du suivi des politiques du logement. Dans son rapport, la Fondation s’attaque par ailleurs à plusieurs thématiques comme les "territoires d’exclusion", le droit au logement opposable (Dalo) et le logement des personnes âgées. De ce point de vue, l’étude souligne qu’aujourd’hui 600.000 personnes âgées vivent avec une allocation de solidarité de 628 euros qui les situent sous le seuil de pauvreté. Après une "parenthèse heureuse", le recul de la pauvreté des plus de 65 ans, enregistré sur la période récente, est aujourd’hui terminé, indique le rapport. La Fondation dénonce également la relégation des 4,6 millions de personnes vivant dans les 750 quartiers définis comme ZUS (zone urbaine sensible). Elle pointe ainsi le "blocage de la mobilité résidentielle" et la "spécialisation" des 750 ZUS dans l’accueil des immigrés (18% contre 7,5% pour l’ensemble de la population) et des ménages pauvres (27% soit 3 fois plus que dans le reste de l’espace urbain)

Rapport 2009 sur l’état du mal-logement en France

Prochaine présentation du Rapport de la Fondation le mardi 3 février 2009 à la Maison de la Mutualité (Paris V)

Dans un contexte social particulièrement préoccupant qui accentue la dégradation de la situation des mal-logés en France, le prochain rapport de la Fondation Abbé Pierre s’arrêtera notamment sur les thématiques suivantes : la situation des personnes âgées, la dérive des territoires d’exclusion et l’analyse des politiques publiques avec un regard particulier sur le Droit au logement opposable.

L’augmentation de la population âgée suscite de multiples interrogations chez les acteurs du logement. Le minimum vieillesse actuel se situant au dessous du seuil de pauvreté (normes européennes), les personnes âgées sont appelées à se retrouver en grand nombre parmi les exclus. Leur situation conduisant inéluctablement à une réorganisation de la vie et à un nouveau rapport à l’habitat. Comment et où se loger quand les ressources diminuent ou lorsque survient la perte d’autonomie ? Des questions que la Fondation Abbé Pierre a voulu poser et développer.

D’autre part, les travaux effectués dans le cadre des précédents rapports avaient permis de constater que les populations et leur habitat se répartissent sur des territoires donnés selon différents paramètres : leur accessibilité vis-à-vis des pôles d’emplois, leur niveau d’équipements, la forme urbaine, les services scolaires, etc... Il en résulte que les territoires concernés par le mal-logement sont souvent les secteurs les plus stigmatisés des agglomérations, où se concentrent les ménages pauvres ou modestes. La banlieue révèle aujourd’hui des trajectoires résidentielles contraintes par la crise du logement et qui renforcent les ségrégations socio-spatiales.

Autant de territoires qui fonctionnent comme des « nasses », des lieux spécialisés dans l’accueil des plus démunis d’où il est très difficile de sortir…

Enfin, deux ans après l’annonce de son instauration, on dispose enfin des premiers éléments permettant de s’interroger sur les espoirs suscités par le du Droit au logement opposable et sur la portée des politiques publiques qui peuvent en accompagner sa mise en œuvre.

Forte de ces analyses, la Fondation Abbé Pierre formulera également de nouvelles propositions pour contribuer à résoudre une situation sociale extrêmement préoccupante au regard de l’accès et du maintien dans le logement et les risques d’aggravation...

05.01.2009

la crise ? 3,9% de rendement en 2009 !

crise financière,

baisse de la rémunération du livret A,

crise immobilière,

crise des hôpitaux,

crise de l'emploi,

pas pour tous ...

Les contrats d'assurance vie placés sur des fonds en euro restent particulièrement attractifs pour leurs investisseurs.

Selon André Babeau, professeur à Paris Dauphine et conseiller scientifique associé au Bipe (société d'études économiques et de conseil en stratégie), le rendement moyen pourrait encore atteindre 3,9% en 2009 contre un peu plus de 4% en moyenne en 2008.

"Un meilleur marché boursier devrait permettre aux assureurs de réaliser des plus-values en 2009, qui viendront doper le rendement du fonds euros par l'intermédiaire de la provision pour participation aux bénéfices.

Beaucoup d'assureurs possèdent encore un stock important d'obligations achetées il y a longtemps, ce qui leur permet de dégager des rendements plus substantiels. Enfin, dans les remplois actuels, certaines émissions d'entreprises se font à des niveaux intéressants pour les investisseurs." explique l'économiste - à lire là Capital.fr

05.12.2008

On peut redouter une baisse des prix de 30 à 40% en cinq ans

Capital.fr : Vous avez été un des premiers, dès 2005, à parler de « bulle immobilière ». Cette même bulle qui se dégonfle aujourd’hui. Quelle va être selon vous l’ampleur de la crise ?
Jean-Pierre Petit :
De 1997 à 2007, les prix de l’immobilier ont augmenté quatre fois plus vite que le pouvoir d’achat du revenu des ménages. En cause, une financiarisation du logement poussée à l’extrême. Les banques ont artificiellement encouragé la demande et l’emprunt alors que l’emploi et les revenus n’ont pas suivi. Une situation encore aggravée par la multiplication des politiques incitatives de l’Etat. Nous entrons désormais dans un cycle baissier qui va certainement s’étendre sur plusieurs années. On peut clairement redouter une baisse des prix de l’ordre de 30 à 40% sur les cinq années à venir. Ceci vaut pour la France, mais ce retournement va également toucher l’ensemble des pays développés qui connaissent tous aujourd’hui les mêmes problèmes. Seuls l’Allemagne et le Japon n’ont pas produit de bulle immobilière durant les années 2000. L’Allemagne ne s’est jamais véritablement remise du boom de la construction observé suite à la réunification. Le Japon connaît quant à lui un marché tendanciellement baissier depuis près de 20 ans…

Le Président de la République annoncera demain un plan de relance. Les mesures politiques évoquées vous paraissent-elles être à la hauteur du problème ?
Jean-Pierre Petit :
Le rachat organisé de 30 000 logements par les bailleurs sociaux est une mesure d’urgence salutaire. En revanche, je ne pense pas que doubler le prêt à taux 0 % ou favoriser l’investissement locatif soit judicieux. Avec de telles mesures nous reproduisons les erreurs des années 2000.

Capital.fr : Faut-il vraiment soutenir la demande ?
Jean-Pierre Petit :
Il faut arrêter de penser que l’accès à la propriété est un objectif fondamental. Au contraire, il serait à mon sens, beaucoup plus urgent de mettre en place des politiques d’amélioration des conditions de logement : outre le logement social, repenser l’aménagement urbain, développer des politiques de transport plus efficaces…
La volonté de prohiber les bulles immobilières devrait par ailleurs constituer un objectif public prioritaire. Il serait ainsi bon de penser à des dispositifs prudentiels permettant de réguler les pratiques bancaires excessives, mais aussi de limiter les politiques fiscales incitatives... Les banques centrales devraient par ailleurs à l’avenir intégrer les prix du logement dans leurs objectifs. Il est totalement absurde de les voir passives, comme ce fut le cas ces dernières années, lorsque la hausse des prix s’approche de 10 ou 15%.

Propos recueillis par Guillaume Chazouillères - Capital.fr

06:55 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, sarkosy, crise immobilière, logement social | | |  Facebook

18.10.2008

la caravane passe

Voici un article du Comité Droit Au Logement de Dax : www.daldax.org.

Vidéo reportage à Dax : La caravane de la crise du logement a été stoppée par les forces de police et de gendarmerie avant d’arriver à la sous-préfecture. La caravane avait choisi de mettre l’accent sur l’absence d’un centre de jour pérenne pour accueillir les personnes sans domicile fixe. Interventions de Jean-Baptiste Eyraud et d’Emmanuel Klein,... La caravane passe, par Emma Saint-Genez Sud Ouest Actualité sociale chargée hier dans les rues de Dax : alors que les retraités manifestaient dans le centre, la caravane du mal-logement partie mardi de Pau, arrivait route de Tercis. La quinzaine de cyclistes a été stoppée net devant le lycée Borda par un cordon de policiers et de gendarmes. La préfecture avait fait savoir à la délégation locale du Droit au logement (DAL) qu’elle ne souhaitait pas recevoir de délégation. Le sous-préfet Jacques Delpey ne tenait pas non plus à quelque incident devant ses grilles. Les membres de la caravane ont dû se contenter des timides applaudissements des lycéens rythmant le slogan « Solidarité avec les sans logis ». Accueil de jour Initiée par le collectif la Fraternité, la communauté Emmaüs de Lescar et le DAL, la manifestation itinérante dénonce le projet de loi Boutin (...)

16.10.2008

Les coulisses d'une émission biaisée

Le collectif Jeudi noir vous parle de "ils font bouger..." 

Ce soir mardi 14 octobre, vous pourrez voir en prime time sur France 2 une émission entière consacrée à la crise du logement, intitulée Ils font bouger la France. Une émission présentée par Béatrice Schönberg, par ailleurs épouse de Jean-Louis Borloo, lui-même prédécesseur de Christine Boutin à la tête du ministère du Logement. A priori, on ne peut que se féliciter que le débat politique, sur un thème aussi crucial, s’ouvre pendant deux heures à une heure de grande écoute.

C’est d’ailleurs pour cela que dès que les journalistes de cette émission ont contacté Jeudi Noir, en juin dernier, nous avons tout fait pour les aider : des réunions avec eux, des conseils pour rencontrer des mal-logés donnés à la pelle, des reportages sur nos réquisitions, l’explication de nos revendications, etc. Et quand il nous a été proposé d’intervenir sur le plateau de l’émission face à Christine Boutin, nous avons accepté, pour porter le débat sur sa loi qui arrive ce même jour au Parlement, ses défauts et ses insuffisances.

Vous comprendrez en regardant l’émission pourquoi nous avons déchanté… Pourtant, notre collectif a désormais une assez grande expérience des médias. Et même si nous ne nous faisons pas de grandes illusions sur leur capacité à mettre en scène des débats sur le fond, nous arrivons presque tout le temps à glisser des éléments de compréhension sur les causes politiques de la crise du logement, et à faire entendre la voix des mal-logés.

C’est en arrivant sur le plateau que nous comprenons que nous serons cantonnés aux canapés derrière le plateau lui-même, et que nous parlerons d’en bas, en interpellant la ministre une minute, mais jamais sur un pied d’égalité avec elle ou Jean Perrin, le représentant des propriétaires de l’UNPI. Nous serons aussi les seuls sans micro «HF», mais avec un micro à la main, c’est-à-dire que nous ne pourrons parler que quand on nous en donnera la permission, sans aucun droit de suite. Sur tous ces points, encore un quart d’heure avant l’émission, on nous promettait l’inverse, c’est-à-dire que, dans une émission où tout était minuté (au point que la journaliste nous demandait de nous limiter à telle ou telle revendication), on nous avait menti d’un bout à l’autre. De même, le reportage tourné sur Jeudi Noir et ses étudiants contraints de réquisitionner les bâtiments vides est finalement passé à la trappe.

«Ça ne sert à rien de prendre la parole, vous n’avez pas le micro»

Bien qu’invités, nous n’avons pas le droit de prendre la parole, même quand Christine Boutin sort des énormités. Sans bien sûr être reprise à aucun moment par Mme Schönberg-Borloo. Premier exemple : Boutin, révoltée par la crise du logement, menace le représentant des propriétaires d’une vague de réquisition d’appartements vacants. Mme Schönberg-Borloo aurait pu lui rappeler qu’elle avait fait la même promesse il y a un an à l’approche de l’hiver 2007, «si nécessaire».Nécessité fut. Mais de réquisition point. 
Second exemple : pour se dédouaner des échecs répétés de son gouvernement, Mme Boutin tente d’expliquer que «la crise du logement est une conséquence de la crise financière». Ah bon ? Pourtant, la crise du logement existe depuis près de dix ans. Pourtant c’est plutôt la crise du logement, la bulle immobilière, les subprimes et l’idéologie du «Tous propriétaires», qui sont à l’origine de la crise mondiale. Face à cela, Béatrice Schönberg-Borloo s’en prend… au militant de Jeudi Noir : «Non, mais ça ne sert à rien de prendre la parole, vous n’avez pas le micro.» L’émission est en différé, inutile de faire un esclandre…

Inutile non plus de dire qu’à aucun moment Mme Schönberg-Borloo ne demandera à Mme Boutin si ses maisons à 15 euros, qui ressemblent fortement aux maisons à 100 000 euros dites aussi «maisons Borloo», vont connaître le même échec. Christine Boutin et Jean Perrin, le représentant des propriétaires de l’UNPI, peuvent deviser tranquillement côte à côte. La ministre passe même pour une grande humaniste comparée à Jean Perrin, qui, confronté aux difficultés d’une jeune mère célibataire, déclare tranquillement que «à mon époque, il y avait un papa et une maman. Alors si on veut faire un bébé toute seule, hein…».

Pascal Légitimus et Mme Fort Boyard en experts

Sont venues ensuite les prises de parole d’incontestables experts sur des sujets graves : la discrimination raciste dans l’accès au logement et la conversion écologique de l’habitat. Pour le premier sujet est arrivé, au dernier moment, Pascal Légitimus, célèbre membre du trio Les Inconnus qui a fait les belles heures de France 2 il y a vingt ans. «Quelle est sa légitim(us)ité ?», pensions-nous. En effet, hormis des blagues tombant totalement à plat, le comique a déclaré tout de go qu’il était « SDF, c’est-à-dire sans difficulté financière». Il était antillais, il était connu, il était (censé être) drôle, il était de France 2, trois raisons suffisantes pour être un expert des discriminations dans l’accès au logement ?

Pour le second sujet, nous avons vu surgir une autre surprenante spécialiste : Cendrine Dominguez, l’ex-animatrice de Fort Boyard de France 2 et inoubliable auteur de Les Terrines de Cendrine, présentée comme spécialiste de décoration d’intérieur. Elle était invitée pour parler de maisons écologiques, mais surtout sans politiser la question, pour dire que chacun pouvait faire son petit geste pour la planète, grâce aux mesures prises par le gouvernement.

Chaque reportage est ponctué d’applaudissements du public enregistrés à l’avance, comme si cette actualité heureuse des mille et unes initiatives individuelles censées répondre à la crise du logement (rentes viagères, colocation intergénérationnelle…). A la fin, Mme Schönberg-Borloo nous demande de tous nous réunir au centre de ce plateau sur lequel nous n’avions pu poser le début d’un orteil, pour montrer à la caméra que tous ensemble, nous faisions bouger la France, en nous battant tous pour le logement. Oui, nous tous, y compris la ministre qui démantèle la loi SRU et prend un milliard d’euros au 1 % logement pour compenser les coupes claires dans son budget. Y compris aussi le chef des propriétaires qui pense que les mères célibataires mal-logées l’ont quand même bien cherché.


«Je n’ai pas eu le disque de Carla Bruni !»

Un seul événement est venu perturber ce bel ordonnancement où ministre et femme de ministre se répondent et se congratulent sous les applaudissements : un coup de gueule mémorable d’Augustin Legrand, des Enfants de Don Quichotte, qui bouillait sur la banquette à côté de nous. D’entrée, il parle des promesses trahies de Borloo de 2007, «votre mari», souligne-t-il à Béatrice Schönberg-Borloo. Coup de froid et de vérité sur le plateau. 
Sans doute pour pouvoir couper au montage cet intolérable débordement, la présentatrice lui repose trois fois la même question «mais alors, Augustin, à l’approche de l’hiver, vous êtes confiants ?». Après une tirade d’Augustin prouvant par A plus B les mensonges du gouvernement et le silence obligé des associations caritatives financées par l’Etat, Mme Boutin et sa conseillère en com’, qui lui chuchote à l’oreille entre chaque séquence, font pâle figure. Quand Augustin lui rappelle ce jour du Conseil des ministres en juillet 2008 où elle avait reçu le disque de Carla Bruni, où elle avait été félicitée par le Front national pour avoir promis de loger «tous les Français», elle ne trouve à balbutier que : «Ah non… non non, je n’ai pas eu le disque de Carla Bruni…» 
Touchée-coulée la ministre ? Non non non, l’autre invité, le prêtre Bernard Devert, président de la fondation Habitat et Humanisme vole au secours de… Christine Boutin, en disant que c’est vraiment dur d’être ministre et qu’elle est vraiment de bonne volonté etc etc. Il faut dire que ce prêtre-agent immobilier n’est pas un farouche opposant (voir sa vidéo lors de sa rencontre au ministère du logement iciou cette interview , où il disait que faire du logement social une priorité nationale«tenait à cœur à madame la ministre»)… Et Béatrice Schönberg-Borloo de conclure :«C’est pas facile d’être ministre…»

Vieux militants, jeune producteur…

A la sortie, Mme Boutin fait mine de ne pas trop s’inquiéter pour sa réforme de l’article 55 de la loi SRU, critiquée de toute part. «Il y a aussi des élus socialistes qui sont pour la réforme de la loi SRU.» Intox ?
Dans les coulisses, nous croisons également Emmanuel Chain, l’ex-animateur de M6. Apprenant qu’il est producteur du programme, nous lui donnons notre avis sur cette émission biaisée. Que n’avions-nous pas dit… «Vous n’allez pas m’apprendre mon métier quand même ! Vous ne pouvez pas juger, attendez de voir le montage.»Comme si nos deux minutes de prise de parole allaient se transformer en 20 minutes par la joie du montage pro-Jeudi Noir de M. Chain. Peut-être comptait-il nous monter au ralenti ? Mais surtout, puisque M. Chain, en faisant ainsi la promotion de Mme Boutin, exerçait son «métier», notre critique, elle, ne pouvait être que «politique»n’est-ce pas, selon ses propres mots, et donc inacceptable. La sentence du toujours jeune Emmanuel Chain, amusé puis agacé, tombait rapidement : «Vous êtes des militants, vous êtes déjà vieux dans votre tête.» Vieux, vieux, peut-être… La BBC a été créée il y a plus de 80 ans, et elle n’aurait jamais toléré un spectacle ORTF de cet acabit chez elle !

• Manuel Domergue (Jeudi Noir) •

Revue de presse de la caravane du mal logement

Kepasakonlakasa

L’internationale du logement : Caravane Irun-Paris
mercredi 15 octobre 2008 par Webmaster DAL Dax
Irun. Caravane Irun-Paris pour la défense du droit à un logis décent. Le DAL y a retrouvé l’association Kepasakonlakasa qui elle aussi, défend le droit pour tous à un Logement digne. Elle intervient en Guipuzcoa, l’une des régions où l’immobilier est le plus cher d’Espagne. Le problème ne s’arrête pas aux frontières. Il est grandement partagé outre Bidassoa, comme l’ont souligné les représentants de Kepasakonlakasa. >>>

La Caravane part

Départ de la Caravane d’Emmaüs Lescar-Pau
mercredi 15 octobre 2008 par Webmaster DAL Dax
Après une nuit dans la communauté Emmaüs de Lescar-Pau, qui a pris le parti du mouvement social depuis plusieurs années et a apporté son soutien à la caravane. Sans logis mal-logés, locataires, militant(e)s du DAL, du CDSL et d’Emmaüs Lescar-Pau, qui ont connu la galère du logement, l’expulsion, la rue, 25 cyclistes, après une conférence de presse, donnée sur le tas,se lancent, suivis par un bus au couleurs de la caravane, une cantine roulante et un camion atelier vélo. >>>

Pas de HLM privées

Interview de Jean-Batiste Eyraud, porte parole de la Fédération DAL
mardi 14 octobre 2008 par Webmaster DAL Dax
Sud Ouest : Pourquoi une caravane de la crise du logement ? Jean-Baptiste Eyraud : L’idée est partie du comité local DAL de Dax qui voulait organiser une marche pour les sans-abri de Dax vers Paris. « La caravane des mal-logés, des sans-logis, des locataires » prendra le départ ce matin de la communauté Emmaüs de Lescar. Elle sera à Bayonne jusqu’à mercredi puis Dax, Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Tours, Orléans, Les Mureaux. Fin du parcours à Neuilly, le 26 octobre. Une marche sera organisée de Neuilly à Paris avec une demande d’audience au gouvernement. >>>

10.10.2008

Nexity, la douche froide

Numéro un français de la promotion immobilière, Nexity est frappé à son tour par le tempête financière et boursière : réservations de logements en chute libre (- 28%), suppressions d'emplois (150 personnes), révision à la baisse des perspectives financières. Selon son président, Alain Dinin, la crise pourrait même menacer 180.000 emplois dans le bâtiment.

Sur le marché global, le groupe Nexity se montre encore plus pessimiste que le président de la FPC, Jean-François Gabilla, en ne tablant que sur 75.000 ventes en promotion cette année et sur un recul des mises en chantier de logements de 90.000 unités.
Les données communiquées par la filiale des Caisses d'épargne ne tiennent pas compte du plan de rachat annoncé par le gouvernement en fin de semaine, sur lequel il attend d'en savoir plus. Elles montrent une chute de 24% des réservations nettes de logements auxquelles s'ajoute un recul de 39% du nombre de terrains à bâtir. Au global, la baisse ressort donc à 28% en nombre de lots. En valeur, elle est à peu près équivalente (- 29%).
Hors ventes en bloc à des institutionnels, les annulations de réservations de logements progressent de 19%. Elles dépassent les 40% sur les neuf mois. Un chiffre à rapprocher des indications données par Jean-François Gabilla: ce jeudi matin, sur LCI, il assurait que 50% des dossiers étaient aujourd'hui refusés par les banques contre 35% au premier semestre. Fait notable: le prix moyen des logements vendus (hors ventes en bloc aux institutionnels) s'élevait au cours des 9 premiers mois à 200.000 euros, en baisse de 4% sur la même période de 2007. Le prix des terrains à bâtir n'était en recul que de 3%.

Riposte rapide
Face à l'aggravation des événements, Nexity donne un tour de vis: Comme Kaufman il y a quelques jours, le groupe annonce un plan social dans sa branche promotion, portant sur environ 150 personnes. L'activité est freinée: 40% seulement des programmes prévus seront lancés au second semestre (47 contre 63 lancés au S1). Le niveau moyen des pré-commercialisations constaté lors du lancement des travaux était en moyenne de 61% sur les 9 premiers mois. 110 opérations aux rythmes de commercialisation insuffisantes sont purement et simplement abandonnés, entraînant l'annulation de 204 réservations au 4ème trimestre. Le gel de 19 terrains aura le même effet sur 123 réservations... autant dire que le dernier trimestre ne sera pas bon sur le plan commercial.
Dans le logement et le lotissement, la fermeture ou le regroupement régional d'agences est annoncé. Deux implantations étrangères sont fermées au Portugal et république Tchèque. L'ensemble de ces mesures nouvelles aura un impact de 60 millions sur le résultat opérationnel du groupe (80 millions, compte tenu des mesures précédentes).
Tout en rappelant que la situation financière du groupe est "saine" et qu'il bénéficié de finances bancaires "corporate" sécurisés sur le moyen terme, Nexity revoit à la baisse ses perspectives pour 2008 et sur le moyen terme. Il prévoit un résultat net consolidé de 140 millions contre 200 millions avancés à la fin du 1er semestre et 212 millions affichés en 2007. Plus globalement, il reste comme en juin sur une "reprise du marché immobilier attendue pour 2010 après un point bas en 2009".

Menaces sur l'emploi
Comme Jean-François Gabilla il y a dix jours, Alain Dinin, le président du Nexity, met l'accent sur les conséquences d'un recul de la promotion pour l'ensemble de la filière bâtiment, l'emploi et les recettes fiscales. Durcissant le trait par rapport au président de la FPC, il estime à 180.000 le nombre d'emplois menacés et à 3 milliards le recul des recettes de TVA.
Une déclaration au Monde qui intervient en pleine négociation entre promoteurs et bailleurs sociaux sur la décote appliquée lors du rachat des 30.000 logements vendus en Vefa. "Si ces habitations sont destinées au parc locatif social et qu'elles sont soumises à une TVA de 5,5%, alors nous pourrons aller jusqu'à 20% de décote. Sinon, nous serons en mesure de baisser nos prix de 8 à 10%", déclare-t-il dans Le Monde. Une position encore éloignée des 25% avancés par la SNI, qui avance dans sa démarche de rachat de 10.000 unités en lançant aujourd'hui même un appel à projets, ou des 20% évoqués la semaine dernière par les HLM. De son côté Michel Delebarre, président de l'Union sociale pour l'habitat, demande d'ailleurs que "soient mis en place les moyens budgétaires nécessaires à la réalisation des opérations". Même s'il ne le veut pas, l'Etat risque bien d'y être contraint, ne serait-ce que par le biais du différentiel de TVA appliqué à la construction sociale, qui se traduira dans ses comptes par une moindre recette fiscale.
Sur le terrain, les salariés font les frais des difficultés des promoteurs: le comité d'entreprise du breton Celeos (500 emplois), en redressement judiciaire depuis le 3 septembre, examinait jeudi un plan social visant à supprimer la moitié des emplois, selon Ouest-France

Françoise Vaysse - le moniteur fr

Lire aussi le Billet de Françoise Vaysse : "Surenchère ?"

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06.10.2008

INSEE : la conjonture

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04.09.2008

Revue de presse : logements neufs

Coup de froid sur les ventes de logements neufs
Depuis l'euphorie du début de l'année 2007, les ventes de logements neufs restent sur une trajectoire baissière.
Au deuxième trimestre 2008, moins de 21 500 logements ont trouvé preneurs, soit 34 % de moins qu’un an  auparavant. Du côté de l'offre, comparé au deuxième trimestre 2007, la mise en vente de logements en immeubles collectifs recule de 28 % et celles de maisons de 19%. Fort logiquement, le niveau des ventes restant inférieur à celui des mises en ventes, l'encours de logements neufs proposés à la vente progresse...
Le Moniteur Expert - 2008-08-26
http://www.lemoniteur.fr/actualite/immobilier/coup_froid_...

Mises en chantier et ventes de logements neufs : la chute
Sur les 12 derniers mois, les mises en chantier ont reculé de plus de 6%. Le ministère de l’Ecologie aégalement publié des résultats inquiétants concernant les ventes de logements neufs qui enregistrent une chute de 33,9% au deuxième trimestre 2008 par rapport à la même période l’année dernière. Détail et analyse...
Batiactu - 2008-08-26 
http://www.batiactu.com/data/26082008/26082008-182041.html

06:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : logements neufs, immobilier, crise immobilière | | |  Facebook

27.08.2008

La construction de logements recule

En cette rentrée 2008, les résultats de la construction de logements marquent le pas. Comme dans le secteur des travaux publics, le rythme baisse mais toujours dans un volume d'activité soutenu.

A la lecture des chiffres transmis par le Meeddat sur l'ensemble des douze derniers mois (août 2007-juillet 2008), près de 494 000 logements ont été autorisés en France. Comparée à la même période un an auparavant _un millésime record_, cela représente une baisse sensible de 12,6%. Une baisse homogène puisqu'elle affecte dans les mêmes proportions le logement collectif (-13,5%) et le logement individuel (-12,7% au global ; -14,1% en individuel pur ; -8,8 en individuel groupé).
S'agissant des mises en chantiers sur la même période, leur nombre s’élève à 401 623, en repli de 6,6 % par rapport au chiffre constaté au cours des douze mois précédents. L'individuel pur souffre particulièrement (-10,1%) mais le ministère rappelle que des perturbations imputables à la mise en place de la réforme du droit des sols intervenue au 1er octobre 2007 peuvent encore affecter les statistiques sur les ouvertures de chantier. Reste que la Capeb, dans son bulletin de conjoncture publié en juillet, estime pour sa part que "les perturbations statistiques […] sont aujourd'hui largement résolues et que le recul des mises en chantier est bien réel." Si le coup de frein observé sur le marché du neuf était prévu, il vient s'ajouter à celui, plus surprenant, du marché de l'entretien-amélioration. Conclusion laconique de la Capeb : "le bilan 2008 sera moins satisfaisant que prévu."

Julien Beideler - lemoniteur.fr

04.08.2008

Immobilier France : les experts sonnent l’alarme

Alors que la crise immobilière bat son plein en France sur le marché résidentiel et commercial, la société Courtois vient grossir les inquiétudes des professionnels de l’immobilier en affirmant que la crise financière mondiale « continue à se propager avec un impact réel sur l’immobilier ».

Selon les dernières informations publiées par le groupe d’intérêt économique Immostat – Organisme de collecte et d’analyse d’informations issues d’AtisReal, CB Richard Ellis, Jones Lang LaSalle et DTZ Jean Thouard – le marché immobilier d’entreprise accuse une sérieuse baisse depuis le début de l’année. Les chiffres sont plutôt alarmants dans la mesure où le volume total des investissements effectués dans la région parisienne chute de 60% en un an. Et la tendance est plutôt similaire dans les autres régions de France.

http://prix-immo.com/actualite-du-marche-immobilier/5-imm...

30.07.2008

Logement:la chute de la construction compromet les objectifs du gouvernement

Par Julie CHARPENTRAT - PARIS (AFP) - Les chiffres de la construction continuent de nettement baisser, en raison de la crise économique et financière, rendant plus difficile à atteindre l'objectif du gouvernement de construire 500.000 logements par an.

Les mises en chantier ont baissé entre avril et juin, de 28,2% à 79.220 unités, et les permis de construire de 15,3%, à 115.880 unités, a annoncé mardi le ministère de l'Ecologie, après des reculs de 9,9% et 15,5% respectivement au premier trimestre.

Sur les 12 derniers mois, le nombre de mises en chantier est en repli de 6,5%, à 394.859 unités. Le nombre de permis recule de 11,5%, à 503.471 unités.

Pour la première fois depuis septembre 2005, le seuil des 400.000 mises en chantier n'est pas atteint, relève le ministère, alors que le gouvernement a pour ambition de faire construire 500.000 logements par an.

Pour Jean-François Gabilla, président de la Fédération des promoteurs constructeurs (FPC), ces chiffres ne "sont pas une surprise" car ils ne sont que "la conséquence du retournement du marché" intervenu fin 2007.

Néanmoins, note-t-il, "autant on pensait que le marché ralentirait, autant la crise financière a entraîné une chute encore plus forte" déjà visible au premier trimestre et qui s'accentue aujourd'hui.

"Les promoteurs sont aujourd'hui, quelle que soit leur taille, tétanisés par la conjoncture", estime Michel Mouillart, professeur à Paris X Nanterre.

Le fait que les banques aient "durci leurs conditions de crédit n'arrange rien et constitue clairement un facteur de blocage actuellement", ajoute Jean-François Gabilla.

Le marché des crédits immobiliers a baissé de 11% au premier semestre.

Qui plus est, la hausse du taux moyen des prêts immobiliers --si elle a été "faible" au deuxième trimestre-- "devrait s'accentuer" et ainsi "amplifier le ralentissement", ajoutent les analystes de la banque HSBC.

Autant dire que la situation ne devrait pas s'arranger d'ici la fin de l'année, même si le ministère relativise les chiffres, en rappelant qu'ils sont "sous-évalués" en raison de la réforme du permis de construire qui retarde les remontées d'information.

Jean-François Gabilla s'attend a une poursuite de la baisse au troisième et au quatrième trimestre, "probablement" dans les mêmes proportions car "on prendra de plein fouet" la baisse des ventes du deuxième trimestre, qui "commercialement n'a pas été bon".

Reste à savoir ce qui va se passer ensuite: "c'est surtout 2009 qui préoccupe", avance Michel Mouillart. "Si les autorisés (permis de construire, ndlr) continuent à fléchir, cela signifiera que 2008 n'est pas une parenthèse".

Le gouvernement affiche pourtant sa volonté de résorber le déficit de logements, notamment à travers le projet de loi de Christine Boutin présenté lundi et qui vise à "permettre à tous les Français d'être logés".

Le ministère du Logement souligne d'ailleurs mardi que la baisse des chiffres de la construction "doit être prise en compte dans les orientations de la politique du logement que le gouvernement entend mener, en partenariat avec l'ensemble des acteurs".

Mais, pour Michel Mouillart, cette baisse constitue "un mauvais signal pour les entreprises", et ce, "quelle que soit la volonté des uns et des autres" pour encourager la construction.

Et d'ajouter : "Si le tendance se poursuit, on ne peut pas exclure le risque de démobilisation et d'abandon de l'objectif" des 500.000 logements.

Immobilier europe : krach général

L’Europe est décidemment frappée par une crise immobilière relativement dramatique. Le Royaume Uni n’en finit pas de constater amèrement la chute des ventes et des prix chaque mois. De leurs côtés, l’Espagne a connu sa première faillite immobilière et la France s’inquiète de plus en plus de la baisse des investissements en immobilier d’entreprise et d’habitation.

Les faits marquants de ce mois pour le Royaume Uni tournent essentiellement autour de l’évolution des prix de l’immobilier : en effet, selon l’organisme Hometrack – le cabinet de renseignements immobiliers n°1 au Royaume Uni – le prix moyen d’une maison a dégringolé de 4,4% pour le seul mois de juillet, une baisse record depuis la mise au point de cette étude en 2001 dans la mesure où la baisse annuelle s’élève à 20%. Les experts estiment que le marché britannique est très fragile, tout comme celui des Etats-Unis, car tous deux présentent des caractéristiques identiques : bulle spéculative, fort endettement des ménages, économie préalablement favorable, des banques qui multipliaient les accords de prêts etc. Or, cette bulle immobilière ne cessait de prendre de l’ampleur depuis l’an 2000. Aussi l’on peut comprendre qu’aujourd’hui, l’effondrement des marchés britannique et américain soit « violent ». Les similitudes entre les deux marchés expliquent que les diverses crises (crise de liquidité, hausse des taux d’intérêt, confiance en baisse) qui touchent les Etats-Unis aient contaminé le marché britannique.

Toutefois, le Royaume Uni n’est pas le seul touché du vieux continent : l’Espagne, la France et l’Irlande font tout autant grise mine. En réalité, toutes les économies qui ont vu les prix de l’immobilier flamber au cours des dernières années ont été impactées par la crise. En Espagne, c’est un véritable retournement de situation : après une inflation immobilière de plus de 200% en dix ans, le marché s’effondre avec 850 000 logements à vendre en moyenne. L’économie espagnole est complètement ébranlée par cette crise car le bâtiment et la construction ont été pendant dix ans le propulseur de l’économie (18% du PIB en 2007). L’Irlande est elle aussi grandement affectée par cette crise. Viennent ensuite le Danemark où l’on constate une baisse importante d’activités, l’Italie où le ralentissement s’amorce et la France qui voit les prix de plus en plus baisser actuellement.

Les ménages et entreprises européens boudent le marché de l’immobilier de manière grandissante, craignant que leur investissement ne soit pas rentable, trop onéreux et risqué. A l’heure actuelle, seule l’Allemagne est relativement épargnée par la crise puisqu’aucune bulle immobilière ne s’est emparée du marché ces dernières années et que d’autre part, les Allemands louent plus qu’ils n’achètent leur bien immobilier.

Il est encore bien trop tôt pour prédire un retour au calme du marché.

Anne Chartier pour prix-immo.com

28.07.2008

Le projet de loi sur le logement promet une rupture

Reuters - Christine Boutin a présenté en conseil des ministres son projet de loi sur le logement, qui vise à répondre à la crise actuelle avec notamment le dispositif de la maison à 15 euros par jour.

De nombreuses associations reprochent à la ministre du Logement de détricoter à cette occasion la loi SRU et lui demandent de revoir son texte. En outre, des interrogations demeurent sur le financement, patronat et gouvernement ayant révélé la semaine dernière leur désaccord sur l'utilisation du 1% Logement.

"C'est un projet de loi global, ça va bousculer certaines habitudes", a affirmé Christine Boutin à la sortie du conseil des ministres.

Sur Canal+ dans la matinée, la ministre n'avait pas exclu d'amender son texte tout en restant ferme sur les grandes lignes.

"Je n'ai pas prévu de revoir ma copie, il est possible que je vais l'amender (...) J'ai toujours pratiqué le dialogue, le texte n'est pas figé", a-t-elle déclaré.

Le texte s'articulera autour de quatre priorités : construire plus de logements, favoriser l'accession des plus modestes à la propriété, permettre l'accès du parc HLM à plus de personnes, et lutter contre l'habitat indigne.

La mesure emblématique est la maison à 15 euros par jour, un dispositif qui permet de payer d'abord la maison, sur 25 ans maximum, puis le terrain, grâce au 1% Logement.

La ministre espère vendre 10.000 maisons de ce type en 2009, après 5.000 en 2008. Ce montage rappelle la maison à 100.000 euros de son prédécesseur Jean-Louis Borloo, qui a été cependant un échec.
LEVÉE DE BOUCLIERS

Le but est de développer l'accession à la propriété, un engagement de campagne du président Nicolas Sarkozy.

Le texte prévoit l'intégration du dispositif à la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain), qui impose aux communes un quota de 20% de logements sociaux.

Or, ce projet a déclenché une levée de boucliers lors de son annonce le 10 juillet.

Un collectif de 25 associations, dont la Fondation Abbé Pierre et les Enfants de Don Quichotte, a dénoncé une mesure affaiblissant "l'obligation faite aux communes (...) de construire des logements locatifs sociaux".

"Les ménages les plus modestes ne sont pas en mesure d'accéder à la propriété", ont-elles souligné.

"Le gouvernement détricote la loi SRU comme il a détricoté les 35 heures. Cette disposition va permettre aux communes de se soustraire à leur obligation", s'est indigné Michel Fréchet, président de la Confédération nationale du logement.

Des critiques rejetées par Christine Boutin.
"Comment peut-on imaginer que Christine Boutin qui toute sa vie politique a tourné son action vers les plus fragiles pourrait avoir des attitudes qui ne soient pas sociales ?", a-t-elle demandé.

Afin de favoriser la rotation au sein du parc HLM, le texte de Christine Boutin donne trois ans pour quitter leur appartement aux ménages dont les revenus atteignent au moins le double des plafonds de ressources d'accès aux HLM, lesquels seraient diminués de 10%.

En outre, le délai d'expulsion sera ramené de trois ans à un an.
"Faire partir du logement social les locataires les plus solvables, ceux qui assurent une mixité économique et sociale ne résoudra certainement pas la crise du logement", déplorent des associations nationales de locataires dans un communiqué commun publié lundi.

Gérard Bon, édité par Véronique Tison - l'express.fr

24.07.2008

Victimes de la crise, les sans-abri américains entendent voter

Reuters - Mary White, une mère célibataire américaine de 42 ans, travaillait comme vendeuse jusqu'à ce que sa banque saisisse la maison qu'elle louait.

Après la perte de son bien hypothéqué et son emploi, elle s'est retrouvée à la rue avec ses six garçons.

Elle est aujourd'hui plus que jamais résolue à voter à l'élection présidentielle du 4 novembre.

"Ma situation va m'y inciter encore plus. Je veux dire que ça ne devrait arriver à personne en Amérique. Je suis très en colère", déclare-t-elle.

Comme elle, de nombreux Américains sans abri sont déterminés à exprimer par les urnes leur inquiétude face aux difficultés de l'économie et à la crise de l'immobilier.

Le gouvernement fédéral évalue à plus de 400.000 le nombre d'habitants du pays qui dorment chaque nuit dans des abris de fortune, sous des ponts ou dans des voitures en stationnement.

Les associations militantes prédisent que cette année, quelque 3,5 millions d'Américains se retrouveront un jour ou l'autre dans cette situation.

Alors que le nombre des saisies immobilières a franchi l'an dernier le cap des deux millions, les organisations d'aide aux sans-logis disent recevoir de plus en plus d'appels de familles privées de toit par leurs difficultés à payer emprunts, loyers ou factures.

Aucun chiffre précis n'est disponible, mais les électeurs à faible revenus ou sans logement sont plus motivés que jamais. "La volonté de voter est forte en raison de la situation", déclare Michael Stoops, de la Coalition nationale des sans-abri.
ESPOIR DE CHANGEMENT

Les deux candidats à la Maison blanche, le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain, se sont engagés à aider, s'ils sont élus, les foyers les plus touchés par la crise.

Obama a promis un train de mesures pour les quelque 37 millions d'Américains vivant sous le seuil de pauvreté, dont l'indexation du salaire minimum sur l'inflation, des exemptions fiscales et un accès renforcé aux logements à loyer modéré.

McCain a fait campagne en avril dans les "endroits oubliés" du Sud des Etats-Unis en promettant des politiques d'aide à l'emploi ou d'allocations logement pour les sans-abri.

Les Américains sans domicile, plus d'un tiers étant constitués de familles avec enfants, dépendent du gouvernement et des organisations d'aide. Le résultat de l'élection du 4 novembre revêt d'autant plus d'importance pour eux.

"Quand vous êtes sans-abri, c'est probablement encore un peu plus important: toute aide que vous touchez provient du secteur public", explique Louisa Stark, présidente du Consortium Phoenix pour les sans-logis.

Parmi ceux qui suivent la campagne, Shera Greenwich, une mère de deux enfants hébergée dans un foyer à New York, espère "beaucoup de changement si Obama est élu président". "Je pense qu'il peut remettre l'Amérique sur les rails", dit-elle.

En attente d'un appartement subventionné, elle souligne que les questions de sécurité économique ou de santé constituent ses principales préoccupations.

Les associations de défense rappellent toutefois que les sans-abri doivent surmonter de nombreux obstacles avant de déposer leur bulletin dans l'urne.

Beaucoup n'ont pas d'adresse fixe pour s'inscrire sur les listes électorales, d'autres ont perdu les documents nécessaires - certificats de naissance, cartes de sécurité sociale - pour obtenir leur carte d'électeur.

Leur poids démographique ne fera pas à lui seul basculer le résultat de l'élection mais les sans-logis américains placent leurs plus grands espoirs dans le scrutin de novembre.

"Je voudrais la sécurité pour ma famille, pour la retraite, la santé, toutes ces choses, et essayer d'avoir un peu l'esprit tranquille", déclare Mendy Harris, une mère de cinq enfants âgée de 40 ans.

Employée d'une entreprise de transports, elle n'a plus la maison qu'elle louait à Phoenix depuis que son mari a perdu son emploi. "Mon mari n'a pas voté depuis l'âge de 18 ans, mais cette fois, il est très motivé", ajoute cette électrice, qui déposera dans l'urne un bulletin démocrate.

Avec Tim Gaynor à Phoenix, Nancy Leinfuss à New York, version française Jean-Stéphane Brosse

23.07.2008

Le gouvernement espagnol ne se voile pas la face sur la crise du logement

Après des années de frénésie, le marché immobilier espagnol est en train de se retourner. Et le gouvernement ne joue pas sur les mots : c’est la crise. "Nous sommes dans une crise profonde du logement, je ne vais pas chercher à ruser avec cette expression", a déclaré mercredi la ministre en charge du dossier, Beatriz Corredor, lors d'une conférence à Madrid. Prix en baisse, nombre des constructions et des transactions qui s'effondrent, les professionnels du secteur sont à la peine, comme l'a illustré la cessation de paiements du promoteur Martinsa Fadesa la semaine dernière. Cela a évidemment des répercussions sur le marché de l'emploi, de nombreux ouvriers du bâtiment se retrouvant sans travail, alimentant la hausse du chômage.

Une croissance exagérée
Face à cette situation, Mme Corredor a déclaré qu'il était nécessaire que le BTP et l'immobilier, moteurs de la forte croissance de l'Espagne ces dernières années, pèsent moins dans l'économie alors que de longue date le gouvernement juge exagérée la croissance du secteur. Elle a indiqué que l'ensemble du secteur du BTP-logement avait représenté 18% du produit intérieur brut en 2007, alors que le stock de logements vides restait très important (environ 800.000 anticipés à la fin 2008), stigmatisant la trop grande construction passée. "Nous avons construit 650.000 logements en 2007, pour une demande réelle de 450.000", a-t-elle déploré.
La ministre a résumé les priorités du gouvernement pour aider le secteur: <strong>promouvoir le marché locatif, le logement social et la réhabilitation des habitats anciens.
Elle a notamment annoncé que le gouvernement allait consacrer à partir d'octobre 300 millions d'euros à acheter des terrains pour édifier des logements sociaux.</strong>
Adrien Pouthier avec AFP

16.07.2008

Europe : La crise immobilière espagnole fait sa première victime d'importance

La crise immobilière espagnole a fait sa première grande victime, le promoteur Martinsa-Fadesa qui s'est placé dans la nuit de lundi à mardi en cessation de paiement faute de pouvoir obtenir un prêt de 150 millions d'euros.

Le conseil d'administration du groupe réuni lundi soir, a décidé de "présenter une demande de cessation de paiement pour éviter une aggravation de la crise qui pourrait devenir irréversible et avoir de graves répercussions sur ses créanciers et sur l'intérêt de tous ses actionnaires", selon un communiqué.

C'est le premier grand groupe immobilier à se placer sous la protection de la loi depuis le début du retournement du marché immobilier espagnol en 2008. Retournement auquel s'ajoute la crise financière qui rend difficile l'accès au financement pour ces entreprises.

Après des années de très forte demande, d'envolée des prix et de construction à tout crin, alimentée par de l'argent bon marché en raison de taux d'intérêt bas, la pierre espagnole est en train de s'effondrer avec des ventes en chute libre et des prix qui marquent le pas.

Le stock de logements vides gonfle et des promoteurs se retrouvent avec des projets en chantier sur les bras et pas d'acheteurs.

Un autre grand groupe immobilier, Colonial, s'était retrouvé dans la tourmente au début de l'année, mais finalement, les banques créancières en avaient pris le contrôle, en se partageant les actions du groupe qui avaient été gagées chez elles.

"En dépit des innombrables efforts" de Martinsa-Fadesa "et de ses actionnaires", l'obtenion du prêt de 150 millions d'euros a été impossible, et le groupe se trouve confronté à "un manque de trésorerie pour faire face aux créances imminentes".

Martinsa-Fadesa avait annoncé le 7 mai avoir trouvé en plusieurs étapes un accord de refinancement pour 4 milliards d'euros de dette, décalant le paiement final à 2011. Cet accord était conditionné au fait que le groupe obtienne un prêt de 150 millions d'euros avant le 7 juillet.

"Les efforts réalisés avec l'Institut du crédit officiel (ICO, un organisme de financement dépendant du gouvernement) et d'autres entités de crédit n'ont pas porté leurs fruits", précise Martinsa-Fadesa, dont le patrimoine total est estimé à 10,8 milliards d'euros répartis dans des sols à construire, des projets en construction, des terrains de golf et des immeubles construits.

Fernando Martin, le patron du groupe, ancien président de Real Madrid, est emblématique de ces nababs de la pierre espagnole qui n'ont pas réussi à se diversifier ou à abandonner à temps le secteur avant le retournement.

A la tête d'une petite entreprise non cotée, Martinsa, il a lancé une OPA sur Fadesa, figure de l'immobilier espagnol. Mais il l'a fait en 2006 alors que l'immobilier espagnol avait déjà atteint son apogée.

Ce parcours est identique à celui du patron de Colonial. Luis Portillo, à la tête d'Inmocaral a lancé, lui aussi en 2006, une OPA sur le vénérable Colonial. L'acheteur réalisait un chiffre d'affaires 178 fois plus petit que sa cible.

Contrairement à eux, plusieurs autres acteurs de l'immobilier avaient anticipé l'éclatement de la bulle immobilière tel Manuel Jove, patron de Fadesa qui a vendu sa part au prix fort à Fernando Martin, ou bien les grands groupes de BTP comme ACS et Acciona qui ont investi dans l'énergie, secteur plus sûr, en prenant des parts dans les groupes Iberdrola ou Endesa. Source http://actus.mensup.fr

09.07.2008

2 CHIFFRES : 146 et 57

146
Entre 1997 et 2007, la hausse des prix de l'immobilier s'est élevée à 146 %, avec de fortes disparités territoriales : selon l'étude Caisse d'Épargne, dans 16 départements (dont le Nord), un ménage disposant du revenu moyen de la zone devra s'endetter sur plus de 25 ans pour accéder à la propriété, contre moins de 15 ans dans 27 départements (dont le Pas-de-Calais).

57
Entre 1954 et 2006, le taux de propriétaires en France est passé de 35 à 57 % (59,3 % en province), c'est-à-dire que le Nombre de ménages propriétaires a triplé (15 millions aujourd'hui).

08.07.2008

Immobilier France : croissance reportée, crise confirmée

Ecrit par Anne Chartier pour prix-immo.com

Il y a quelques jours, la ministre de l’économie – Mme Lagarde – se voulait rassurante quant à l’état de santé du marché immobilier, prônant que « si les prix baissent c’est plutôt sain ; c'est un retour à la réalité qui interrompt des phénomènes spéculatifs, même si en France nous n'avions pas de bulle immobilière». Mais cette annonce n’a pas eu l’effet escompté car la banque centrale européenne vient d’annoncer l’augmentation des taux d’intérêt, ce qui laisse craindre un ralentissement supplémentaire du marché immobilier.
 
En effet, une hausse des taux d’intérêt a pour conséquence d’alourdir inévitablement les charges de remboursement des emprunteurs, les banques répercutant cette hausse dans leur activité. M. Michel Mouillart, professeur d’économie à l’université de Paris X estime que cette décision ne fera que repousser le retour à la croissance du marché. Les experts du secteur s’inquiètent d’ailleurs de cette nouvelle action de la BCE car la hausse des taux est synonyme de baisse du volume de transactions immobilières. Les taux des prêts immobiliers dont la durée excède 25 ans avoisineront très vite les 5,30% voire les 5,35%, ce qui représenterait une augmentation des mensualités d’emprunt de l’ordre de 2%. Un coup de frein dans le pouvoir d’achat donc, pour les ménages détenteurs d’un crédit immobilier à long terme.
 
Selon M. Mouillart, le premier semestre de l’année 2008 s’est soldé par une chute de 12% de la conclusion de prêts immobiliers, ce qui est absolument catastrophique pour le secteur dont l’évolution s’apparente de plus en plus à la crise des années 90.
 
Mme Boutin, ministre du Logement a quant à elle avoué être inquiète de la tournure que prend le marché immobilier et reconnait que la hausse des taux a abouti à une diminution du pouvoir d’achat des acheteurs d’environ 12% depuis 2005 et de 2% entre avril et mai 2008. Elle refuse tout de même de parler de crise immobilière en France et envisage une reprise du secteur d’ici fin 2008 début 2009 dans la mesure où le manque de logements en France est estimé à 500.000 unités et que de façon logique, la demande va se rééquilibrer par rapport à l’offre.
 
Le nombre de mises en chantier a continué de chuter entre mars et mai (-21,6%) de même que le nombre de permis de construire (-20%). Une réunion va donc être organisée dans les prochaines semaines entre les acteurs de l’immobilier et les banques, pour essayer de trouver des solutions à la chute des ventes immobilières que ce soit dans le secteur résidentiel ou dans l’immobilier d’entreprise.
 
Le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt accordé par le bouclier fiscal n’aura pas suffi à relancer la croissance du secteur immobilier français. Seuls les courtiers s’enrichissent de la situation, puisque les emprunteurs recourent de plus en plus à leurs services pour répondre à leurs difficultés de remboursement.
 
Le groupe immobilier Orpi, suivi de nombreux autres, réclament un « Grenelle de l’Immobilier » pour pallier la pénurie de logements à l’origine des tensions sur le marché français et redynamiser le marché de la construction.

Anne Chartier

09.06.2008

La crise fauche aussi les agences immobilières

Profitant d’une période euphorique, les agences immobilières se sont multipliées au début des années 2000. Aujourd'hui, la chute des transactions entraîne la fermeture des plus fragiles d'entre elles.

Des agences immobilières commencent à fermer leurs portes, le nombre de transactions ayant fortement chuté depuis le début de l’année dans un contexte de ralentissement du secteur.

«C’est un mouvement de balancier économique normal et sain en raison de la baisse de l’activité des transactions», affirme Jean-François Buet, secrétaire général de la Fnaim (Fédération nationale de l’immobilier), qui n’a pas encore recensé le nombre de cessations d’activité.

Au début de l’année, Bernard Cadeau, président d’Orpi, le premier réseau en France, avait prédit que «l’année 2008 verrait la fermeture probable de nombreuses agences immobilières», ajoutant «que ce ne serait que justice».

Le net ralentissement de l’immobilier en France a été confirmé fin mai, avec l’annonce d’un effondrement des ventes de logements neufs au premier trimestre (-27,9% sur un an) et une chute du nombre des mises en chantier, selon le ministère de l’Ecologie.

«Globalement, la baisse du nombre des transactions est d’environ 20% sur le marché de l’ancien», affirment Patrick-Michel Khider et Bernard de Crémiers, co-présidents de Laforêt Immobilier, un réseau qui compte 850 agences.

Cette chute des transactions est estimée à 15% par Hervé Bléry, directeur général de Century 21, qui prévoit pourtant de porter le nombre de ses agences, en franchise, de 950 à 1.000 fin 2009.

«Mais cette progression s’effectuera avec 100 nouvelles agences alors qu’il y aura 50 non-renouvellement de contrats d’agences qui ont des parts de marché insuffisantes», souligne M. Bléry. Il entend être «beaucoup plus vigilant» sur de nouvelles ouvertures, notamment dans les banlieues des grandes agglomérations.

Profitant d’une période euphorique, avec des prix de l’immobiler qui explosaient un peu partout en France, les agences immobilières se sont multipliées au début des années 2000.

Au point de faire tomber la part des transactions de particulier à particulier, une spécificité française, de 50% à 35% du total.

En 12 ans, le nombre de «cartes professionnelles» (qui peuvent concerner plusieurs agences) a presque doublé, passant de 17.000 à 30.000, alors que le nombre de transactions réalisées par les agences immobilières ne progressait que de 60% (680.000 contre 420.000), selon des chiffres de la FNAIM.

«Les cessations d’activité concernent surtout des petites structures indépendantes qui s’étaient crées il y a trois ou quatre ans en profitant du boom de l’immobilier», indique M. Buet.

Cette contraction du nombre de transactions n’a pour le moment aucune incidence sur les prix. «En tendance nationale, les prix devraient être stables pendant toute l’année 2008», affirme M. Bléry. Avec toutefois de fortes disparités selon les régions: «une augmentation de 5% pour Paris intra-muros, une stabilité pour l’Ile-de-France et les centres-villes d’agglomérations comme Nantes, des baisses pour des villes moyennes», ajoute-t-il.

Mais malgré la morosité du marché, personne en France n’imagine un scénario catastrophe comme en Espagne, où en 2007 quelque 40.000 petites agences immobilières ont fermé leurs portes, soit la moitié du total, selon l’association des agences de propriété immobilière (API). LIBERATION.FR

13.05.2008

La déprime gagne le marché du logement en France

LE MONDE - Après le Royaume-Uni, l'Irlande et l'Espagne, la France va-t-elle à son tour être touchée par la déprime immobilière ? "Jamais, depuis dix ans, le marché n'a été aussi fragile ni le risque aussi élevé de le voir plonger dans les deux années à venir", alerte Michel Mouillart, économiste. L'Observatoire du financement du marché résidentiel, qu'il anime en partenariat avec l'institut CSA et Crédit Logement, constate une baisse de 8 % à 9 % de la distribution de nouveaux crédits immobiliers au cours du premier trimestre de 2008, comparé à celui de 2007.

Ce ralentissement était certes prévu, mais la décrue semble plus rapide qu'on l'attendait, en particulier dans le secteur du neuf. "Depuis le deuxième semestre 2007, nous sommes dans une phase de baisse du cycle immobilier, et nous nous attendons, en 2008, à une chute des ventes réalisées par les promoteurs de 10 % à 15 %, voire plus", annonce Christian Rolloy, PDG de Promogim. Ce qui ferait passer le nombre de logements neufs vendus par ces professionnels de 127 420 en 2007 à 110 000 ou 115 000 en 2008. Le promoteur Nexity a, lui, annoncé qu'il avait vendu, au premier trimestre, 14 % de logements en moins en volume et 10 % en valeur, par rapport à la même période de 2007.

Cette mévente se traduit par un allongement du délai de conclusion des transactions, passé de 6,3 mois en 2006 à 10,6 mois fin 2007. Les stocks de logements en commercialisation, dont ceux encore à construire, ont, en conséquence, grossi de 30 %, en passant de 78 000 fin 2006 à 102 000 fin 2007. Les promoteurs renoncent à lancer de nouveaux programmes, comme en témoigne la chute de 15,5 % du nombre de permis de construire délivrés et de 10 % des mises en chantier, enregistrée au premier trimestre 2008, par rapport au même trimestre de 2007.

L'objectif affiché par le gouvernement de 500 000 logements neufs en 2008 s'éloigne, le rythme paraissant plus proche de 425 000. Dans sa dernière publication, du 5 mai 2008, l'économiste de la banque HSBC Mathilde Lemoine revoit, elle aussi, ses pronostics. "La baisse des prix de l'immobilier pourrait être plus brutale que prévu, avec un recul des crédits à l'habitat de 7,5 %, en 2008, et un repli des prix de vente, dans le neuf, de 4 %, et dans l'ancien, de 3 %."

SMIC SOLVABILISÉS
Les premiers clients que les promoteurs voient disparaître sont les investisseurs dans l'immobilier locatif, qui ont représenté jusqu'à 50 % de leurs ventes. Paradoxalement, les ménages modestes, dont les revenus sont inférieurs à deux smic, sont, eux, plus présents que jamais (17 % des emprunteurs), solvabilisés par le prêt à taux zéro et les aides des collectivités locales. Car les maires sont soucieux de créer des logements à prix abordable pour leurs administrés et demandent souvent aux promoteurs de concevoir des programmes dont le prix du mètre carré ne dépasse pas, en province 2 000 ou 2 500 euros, et en Ile-de-France 3 000 euros, quitte à sacrifier un peu de surface et à renoncer aux parkings en sous-sol. Les promoteurs s'orientent aussi vers les zones de renouvellement urbain qui bénéficient d'une TVA réduite à 5,5 % et où le terrain est moins cher.

Sur le marché de l'ancien, le principal en matière résidentielle, les délais d'achat s'allongent aussi, mais les prix résistent, les vendeurs ayant du mal à renoncer à leurs prétentions. L'indice mensuel de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), publié lundi 12 mai, indique que les prix ont grimpé de 0,4 % en avril par rapport à mars, mais fléchissent de 1 % en un trimestre. L'indice oscille ainsi entre plus ou moins 1 % depuis neuf mois. " Nous sommes sur le fil du rasoir et l'année devrait s'achever avec des prix en hausse de 2 %, couvrant tout juste l'inflation", estime René Pallincourt, président de la Fnaim.

La langueur du marché n'est pas le fait d'une hausse des taux des crédits immobiliers, encore au niveau raisonnable de 4,6 %, ni d'une désolvabilisation des acquéreurs, mais d'une très grande prudence des banques, notamment mutualistes, à accorder des prêts relais, pourtant nécessaires dans les opérations d'achat-revente, soit près de 30 % des transactions. "Il y a là un risque majeur de blocage du marché, souligne Michel Mouillart, comme en 1992, où le nombre de transactions et la production de crédits immobiliers avaient reculé, par rapport au pic de 1989, de 25 %."

Isabelle Rey-Lefebvre

30.04.2008

Fraises espagnoles, un bilan écologique et social catastrophique

• bon quoi ? Un article sur les fraises espagnoles ! Que fabrique sdf Alsace ? En fait nos fidèles lecteurs le savent bien, l'Espagne, notre voisine va mal : crise financière, crise immobilière, sans abri, pauvreté, culture intensive, travail au noir... Cette situation n'est pas sans conséquences pour nous ; les fraises en sont une illustration ! Et puis, avouez que les articles de POLITIS sont vraiment excellents.> Ne soyez pas des touristes passifs ni des consommateurs idiots !

PAR Claude-Marie Vadrot, Politis.fr
Devant le succès de l’article de Claude-Marie Vadrot sur les fraises espagnoles publié le 12 avril 2007, Politis.fr vous en propose une version actualisée en accès libre.

Non seulement les fraises importées d’Espagne n’ont aucun goût, mais elles représentent une catastrophe environnementale et sanitaire. Voici de quoi vous en dégoûter à tout jamais…

D’ici à la mi-juin, la France aura importé d’Espagne plus de 90 000 tonnes de fraises [1]. Enfin, si on peut appeler fraise ces gros trucs rouges, encore verts autour de la queue parce que cueillis avant d’être murs, et ressemblant à des tomates ; avec d’ailleurs à peu prés le goût des tomates. Si le seul reproche envers ces « fruits » était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d’avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre 2 et 3 euros le kilo dans les marchés et les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 kilomètres en camion. A dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 10 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d’échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l’Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l’une des plus fabuleuses réserves d’oiseaux, migrateurs et nicheurs d’Europe.

Il aura fallu qu’une équipe d’enquêteurs du WWF s’intéresse à la marée montante de cette fraise hors-saison, pour que commence à être révélée l’aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française dont une partie, d’ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques quand elle provient également de serres chauffées. Ce qu’on découvert les envoyés spéciaux du WWF et ce que confirment les écologistes espagnols illustre la mondialisation bon marché.

Cette « agriculture » couvre près de 6 000 hectares dont une bonne centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60 % seulement de ces cultures sont autorisées ; les autres sont des extensions « sauvages » sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes. Les fraisiers destinés à cette production, bien qu’il s’agisse d’une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont enfournés en plein été dans des frigos qui simulent l’hiver pour avancer leur production. A l’automne, la terre sableuse est nettoyée, stérilisée, la microfaune détruite, avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d’ozone signée en 1987 (dernier délai en 2005) ; le second, composé de chlore et d’ammoniaque est aussi un poison : il bloque les alvéoles pulmonaires en entraînant de violentes douleurs. Il a longtemps servi de gaz de combat et a été utilisé pour la dernière fois par Ali Hassan Al-Madjid dit Ali le Chimique, au Kurdistan, contre les Chiites et contre les Iraniens pour le régime de Saddam Hussein, ce qui lui a valu l’année dernière une condamnation à la peine de mort…

Qui s’en soucie ? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main d’œuvre marocaine ou roumaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, se réchauffant le soir en brûlant les résidus des serres en plastique qui recouvrent les fraisiers au cœur de l’hiver. Un écolo de la région raconte l’explosion des maladies pulmonaires et de affections de la peau. Les plants poussent sur un autre plastique noir et reçoivent une irrigation goutte à goutte qui transporte les engrais, des pesticides et des fongicides. Pour le lecteur dont l’appétit ne serait pas encore coupé, continuons.

Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié a été installés de façon illégale et dont 80 % tirent plus d’eau qu’ils ne sont autorisés à le faire : en moyenne 4500 m3 par hectare. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d’Andalousie, entraîne l’exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu’une trentaine d’individus dans la région. Leur seule nourriture, les lapins, sont en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers. La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastiques, le noir et le blanc, sont soit emportés par le vent, soit enfouies n’importe où, soit brûlées sur place. Et les ouvriers agricoles sont priés soit de retourner chez eux, soit de s’exiler ailleurs en Espagne. Pour se faire soigner à leurs frais après avoir respiré les produits nocifs.

La production et l’exportation de la fraise espagnole -l’essentiel étant vendu avant la fin de l’hiver et en avril- représente ce qu’il y a de moins durable comme agriculture et bouleverse ce qui reste dans le public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc où les industriels espagnols de la « fraise » commencent à s’installer. Avant de venir de Chine d’où sont déjà importés des pommes encore plus traités que les pommes françaises.

Dommage que les consommateurs se laissent prendre, comme ils se laissent prendre aux asperges « primeur » en provenance de la même région et bénéficiant des mêmes soins chimiques. Au lieu d’attendre quelques semaines que les producteurs de proximité offrent les mêmes produits sur des marchés de proximité.
Notes

[1] Pour une consommation française marchande annuelle de 130 000 tonnes

PAR Claude-Marie Vadrot, Politis.fr

19.03.2008

Plus de la moitié des ménages français endettés en 2007

AFP - 52% des ménages étaient endettés en 2007

PARIS (AFP) - Un peu plus de la moitié (52%) des ménages français étaient endettés à la fin de l'année 2007, l'un des taux les plus élevés depuis vingt ans, selon le rapport annuel de l'Observatoire des crédits aux ménages, publié mardi.

Près de 14 millions de ménages français détenaient un crédit en 2007, pour un montant total représentant 63,7% de leur revenu disponible. C'est le niveau le plus élevé recensé par l'Observatoire des Crédits aux ménages depuis 1989 (l'encours représentait alors 44,2% du revenu des ménages).

L'année dernière, plus de 10 millions de crédits ont été accordés aux ménages, soit une progression de 5,2% en un an.

Les seniors (plus de 65 ans) ont notamment de plus en plus recours au crédit "pour pallier les insuffisances de leur budget habituel", puisqu'ils étaient 25,7% à détenir un crédit en 2007 contre 15,9% en 1989, remarque le rapport.

"Peu de secteurs de l'activité économique peuvent se prévaloir d'une telle évolution en un an", a souligné Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université de Paris X Nanterre.

Cette évolution est d'autant plus remarquable qu'elle a eu lieu essentiellement en fin d'année, soit après le déclenchement de la crise des crédits hypothécaires à risque américains (subprime), selon M. Mouillart. Cela tendrait donc à indiquer que la crise financière n'a pas pour le moment provoqué d'assèchement du crédit aux particuliers.

Concernant la progression de l'endettement chez les ménages de plus de 65 ans, M. Mouillart explique le phénomène par le fait que les seniors "ont conservé des habitudes de consommation" alors que leur situation financière s'est détériorée plus vite que celle des autres ménages.

La proportion de "ménages fragiles" ayant plus de 65 ans est ainsi deux fois plus élevé qu'en 1997 (13,1% contre 6,6%).

Chez les moins de 30 ans, la situation est inverse: leur part dans les "ménages fragiles" a plutôt tendance à régresser. Ces derniers ont de plus en plus tendance à privilégier les crédits immobiliers au détriment des crédits à la consommation.

Or "l'endettement immobilier n'est pas un producteur de risque", a souligné M. Mouillart.

L'Observatoire note cependant que de plus en plus de ménages considèrent le poids de leurs charges de remboursement "élevé ou beaucoup trop élevé" (51,2%). Mais, selon les auteurs de l'étude, cette appréciation illustre en fait une surréaction des ménages à la détérioration de leur environnement économique, les charges de remboursement ayant plutôt tendance à se stabiliser voire à régresser
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Par La Tribune : Plus de la moitié des ménages français étaient endettés en 2007
L'année dernière, plus de 10 millions de crédits ont été accordés aux ménages, soit une progression de 5,2% en un an.

La crise financière n'aurait pas encore eu d'effet notable sur les émissions de crédit, du moins en 2007. Un peu plus de la moitié (52%) des ménages français étaient endettés à la fin de l'année 2007, l'un des taux les plus élevés depuis vingt ans. Près de 14 millions de ménages détenaient un crédit en 2007, pour un encours total représentant 63,7% de leur revenu disponible. C'est le niveau le plus élevé recensé par l'Observatoire des Crédits aux ménages depuis 1989 (l'encours représentait alors 44,2% du revenu des ménages).

L'année dernière, plus de 10 millions de crédits ont été accordés aux ménages, soit une progression de 5,2% en un an. L'encours des crédits détenus par les ménages a même progressé de 10,9% pour atteindre 780,7 milliards d'euros.

"Peu de secteurs de l'activité économique peuvent se prévaloir d'une telle évolution en un an", a remarqué Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université de Paris X Nanterre.

Cette évolution est d'autant plus remarquable qu'elle a eu lieu essentiellement en fin d'année, soit après le déclenchement de la crise des crédits hypothécaires à risque américains ("subprime"), poursuit le spécialiste des crédits et de l'immobilier.

L'Observatoire note cependant que de plus en plus de ménages considèrent le poids de leurs charges de remboursement "élevé ou beaucoup trop élevé" (51,2%). Mais, selon les auteurs de l'étude, cette appréciation illustre en fait une surréaction des ménages à la détérioration de leur environnement économique, les charges de remboursement ayant plutôt tendance à se stabiliser voire à régresser.

12.02.2008

La crise immobilière ne fait que commencer

GRAND ANGLE AVEC L’ÉCONOMISTE AMÉRICAIN ROBERT SHILLER
«La crise immobilière ne fait que commencer»
Le professeur Shiller ne mâche pas ses mots :la crise immobilière qui frappe les Etats-Unis est la plus grave depuis la Grande Dépression, affirme ce spécialiste. Disséquant les mécanismes à l’œuvre sur un «marché d’amateurs», il regrette le manque de lucidité de nombreux acteurs.
Et, alors que la tourmente s’étend aux places boursières, met en garde contre ses conséquences.
TÉLÉCHARGER L'ARTICLE ITW DU PROFESSEUR SCHILLER

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