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24.04.2011

Nouveau paysage ? Le travail "social" est mort

Hier je lisais un article sur l'estes dans notre journal local, le DNA. Article signé de trois initiales, j-f-c. Une sacrée pub pour l'école des travailleurs sociaux ou l'on apprend cash en introduction "il n'y a pas de chômage pour nos étudiants" par le directeur des études. Un secteur d'avenir continue l'article, en pleine expansion. Le cynisme continue "nos étudiants seront moins au contact quotidiens des usagers...".

Ce qui m'a frappé est qu'un  article des Actualités sociales hebdomaires venait de paraître et révélant ce que nous constatons sur le terrain, celui où les TS de demain n'iront jamais : la proportion de jeunes sans domicile qui font appel au 115 est de 1 pour 5.

Ce phénomène ne se limite pas aux villes, toute la France est touchée. Voici quelques extraits de cette étude : 62 % des jeunes de 18 à 24 ans ayant participé à cette étude qui font appel au 115 sont des hommes, dont 51 % des hommes seuls.

Composition du ménage

Effectif Jeunes (18-24 ans)

%

Homme seul

3 237

51

Femme seule

1 313

21

Couple avec enfant(s)

374

6

Femme seule avec enfant(s)

391

6

Homme seul avec enfant(s)

19

0

Groupe avec enfant(s)

27

0

Couple sans enfant

680

11

Groupe d’adultes sans enfant

285

5

Total

6 326

100

Voici les types d’hébergement proposés :

Effectif

%

Hébergement d’urgence

40 880

53

Hôtels

29 476

38

Autre

2 551

4

Hébergement d’urgence places hivernales

1 869

2

Hébergement de stabilisation

1 652

2

Hébergement d’insertion

606

1

Lits halte soins santé

36

0

Résidence sociale

12

0

Maisons relais

0

0

Total

77 082

100

 

Parmi les motifs de non-attribution d'un hébergement, le principal est toujours le même, le manque de places disponibles au moment de l'appel soit 42 % de refus.

Pendant ce temps là, l'estes dit "que la société évolue" !! et "veut suivre cette évolution" ... en formant des mandataires judiciaires.

Quinze Morts de la Rue à Strasbourg depuis Octobre, soit deux par mois... Pour les pauvres et les jeunes qui ne votent pas, le monde ne change pas.

24.11.2009

Jean-François Mignard, formateur-chercheur en travail social, a présenté un exposé concis en traitant des dérives qui atteignent la limite d'alerte, tant sur les libertés que sur les principes des fondements républicains.

Souillac. « On s'intéresse trop à notre vie privée !»

Société. La Ligue des droits de l'homme tire le signal d'alerte.

«Urgence pour les libertés : les dérives sécuritaires» était le thème de la soirée-débat, organisée par la Ligue des droits de l'homme, riche et instructive qu'accueillait le cinéma Le Paris, le 19 novembre.

Jean-François Mignard, formateur-chercheur en travail social, a présenté un exposé concis en traitant des dérives qui atteignent la limite d'alerte, tant sur les libertés que sur les principes des fondements républicains.

«Le constat de l'asphyxie de la démocratie, la montée de l'exclusion sociale et des inégalités, les non-droits des étrangers victimes d'un sort indigne, l'instrumentalisation de la police et de la justice, la montée en puissance systématique d'une société de surveillance sont autant d'atteintes aux libertés de chacun dans un pays qui prône les droits de l'homme et du citoyen.»

»On est fiché partout»

Les discours gouvernementaux sont des répressions au titre de prévention, l'administratif prime sur le judiciaire, les lois tombent en avalanche, on ne sévit plus le délit mais pour le délit qui va être commis, le fichage informatique laisse la part belle à l'erreur, la vidéosurveillance est partout, la surveillance réciproque au nom de l'Etat s'acoquine avec la délation, les systèmes tendent vers l'abaissement de la protection sociale. Bref, on fait peur d'une main (jeunes, cités, immigrés, grippe, violeur du matin et voleur du soir, ouvriers en grève...) pour mieux assurer protection et donc obtenir soumission.

Pour François Lautier, enseignant-chercheur en sociologie, «il faut éteindre la télé qui stigmatise et ne plus se dévoiler sur internet !»Intervenant en entreprises depuis 30 ans, il résume l'évolution du monde du travail en trois étapes depuis les années 60 : savoir faire, savoir agir et savoir paraître. Aujourd'hui, il faut être dévoué corps et âme à son entreprise.

La distinction s'affaiblit entre espace public et espace privé et l'individualisation prédomine, ces deux points tendent vers la destructuration volontaire d'une société. Sans société, il n'y a plus ni solidarité ni fraternité et l'isolation sociale met en position de consommateur de tout (justice, protection...).

«L'Etat s'intéresse à notre vie privée et on est fiché partout, conclut Francois Lautier en soulignant qu'individualisation et fragmentation annihilent toute possibilité de résistance sociale». Source LA DEPECHE

06:28 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : démocratie, citoyen, surveillance, libertés, fichiers | | |  Facebook

21.07.2008

Non à l'hyperprésidence, par Robert Badinter

LE MONDE - Certains se demandent si, en refusant de voter la révision constitutionnelle, les socialistes ne sont pas en train de passer à côté d'une opportunité : rééquilibrer les institutions. La réponse est non. Cette révision est une occasion perdue, non pour les socialistes, mais pour la République. Nos institutions souffrent d'un mal profond : l'hyperpuissance du président. Il est le véritable chef du gouvernement, pour ne pas dire le gouvernement à lui seul, dans la pratique actuelle de l'Elysée. Et, depuis le quinquennat et la succession des élections présidentielle et législatives, il est le chef réel de la majorité présidentielle à l'Assemblée. La séparation des pouvoirs n'est plus qu'apparence. De surcroît, ce pouvoir sans pareil n'est assorti d'aucune responsabilité. J'appelle ce régime la monocratie : le pouvoir d'un seul dans la République.

Or le projet de révision ne réduit pas les pouvoirs du président. Il les accroît en lui permettant de s'adresser directement aux parlementaires réunis en Congrès. Le président présentera un bilan flatteur de son action et fera acclamer par sa majorité son programme de gouvernement. Le premier ministre comme chef de la majorité parlementaire disparaît. Le renforcement des prérogatives du Parlement, premier objectif de la révision selon le président, est un leurre en termes de pouvoir réel. Tant que le président sera le chef incontesté de la majorité à l'Assemblée, le Palais-Bourbon demeurera une annexe du palais de l'Elysée. "Cy veut le Roi, cy fait la loi", l'axiome de l'Ancien Régime demeure la règle sous la Ve République.

Quant aux pouvoirs de nomination du président aux grandes fonctions (Conseil constitutionnel, CSA, etc.), on annonce "un changement considérable" : le choix du président pourra être refusé par un vote des trois cinquièmes des membres d'une commission parlementaire. Mais un tel vote requiert le concours de la majorité présidentielle, qui ne sera jamais donné contre la volonté du président. Si on voulait rendre ces nominations consensuelles, il faudrait une majorité positive des trois cinquièmes nécessitant l'accord de l'opposition. On est loin du compte.

D'autres font valoir que la réforme accorde à l'opposition parlementaire des droits nouveaux. Mais il faut regarder la portée des textes et non pas seulement l'étiquette. On nous dit : le Parlement aura la maîtrise de la moitié de l'ordre du jour, "un progrès immense". Mais qu'en est-il pour l'opposition ? Le projet lui réserve un jour pour trois semaines, à partager avec les centristes. Belle avancée démocratique !

Autre exemple. Le président annonce que la présidence d'une commission parlementaire sur huit sera réservée à l'opposition. Pourquoi pas trois ? Nous ne demandons pas des pourboires, mais un rééquilibrage.

Enfin, la révision proposée consolide le mode d'élection archaïque des sénateurs, qui assure à la droite une majorité pérenne au Sénat. Cette situation est un défi à la démocratie. Le comité Balladur avait ouvert la voie à un changement possible. La droite sénatoriale a tout refusé à ce sujet. Elle entend demeurer maîtresse du Sénat et, par là, de toute révision constitutionnelle proposée par la gauche. Lors de la prochaine alternance, la gauche devra donc présenter un projet de révision constitutionnelle, soumis directement au pays par voie de référendum. Il devra inclure la reconnaissance du droit de vote aux élections municipales des immigrés régulièrement établis en France. Cette réforme-là, si importante pour l'intégration, est ignorée par l'actuelle révision.

Dans ces conditions, libre à qui le veut de danser un pas de deux constitutionnel avec le président de la République. Ce n'est pas notre choix.

Robert Badinter, sénateur, ancien président du Conseil constitutionnel

 
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