La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

25.11.2009

Une réforme peut en cacher une autre

Le gouvernement tient le rythme de la réforme de l'administration territoriale : d'ici 2010, la nouvelle architecture sera en place autour du préfet, amené à jouer un rôle déterminant. Les sous-préfectures, elles, se concentreront sur le développement local et l'assistance aux collectivités.

La réforme territoriale et les vives réactions qu'elle vient de susciter devant le Congrès des maires en aurait presque fait oublier une autre : la réforme de l'administration territoriale de l'Etat qui, elle, avance lentement mais sûrement. L'objectif - réduire par trois le nombre des services de l'Etat dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP) - devrait être atteint en 2010. Lundi 16 novembre, le Premier ministre a brossé à grands traits les enjeux de ce vaste chantier qui vise à rendre "l'Etat local plus souple, plus lisible, plus modulable, y compris dans sa relation avec les collectivités territoriales" alors que le partage des compétences est rendu plus confus avec la décentralisation. A commencer par l'échelon régional : les conseils régionaux sont les premiers à dénoncer les doublons qui subsistent entre leurs services et ceux de l'Etat.

"Le pilotage des politiques publiques est désormais régional. Et sa mise en œuvre se fait à l'échelon départemental", a souligné François Fillon, devant les artisans de cette réforme, notamment les préfets, réunis à La Défense. Les 25 directions régionales actuelles fusionneront au sein de huit grands pôles : Drac (culture), Dirm (mer), Dreal (environnement), Draaf (agriculture), DRJSCS (jeunesse et sports), Direccte (concurrence, travail et emploi), ARS (santé), DRFIP (services fiscaux). Les Direccte (directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) constituent le nouveau bras armé de l'Etat en matière économique, né de la fusion de neuf services actuels dont les directions régionales et départementales de l'emploi, du travail et de la formation professionnelle (DDTEFP et DRTEFP), les services développement industriel des Drire et la mission concurrence des directions régionales de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. L'objectif est de fournir aux entreprises, salariés et consommateurs un interlocuteur unique. Les Direccte sont déjà à l'oeuvre dans cinq régions : Aquitaine, Franche-Comté, Languedoc-Roussillon, Paca et Rhône-Alpes. Les autres seront opérationnelles avant le 1er juillet 2010, a indiqué le ministère du Travail après la parution du décret du 10 novembre 2009 qui fixe leur organisation et leurs missions. Selon ce texte, chaque Direccte est chargée de trois missions : la politique du travail, les actions de développement des entreprises et de l'emploi ; le bon fonctionnement des marchés et des relations commerciales entre entreprises ; la protection des consommateurs.

En matière d'urbanisme, la nouvelle direction compétente est la Dreal (direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement), fruit de la fusion entre la DRE (équipement), la Drire (industrie et recherche) et la Diren (environnement). C'est également elle qui sera chargée de mettre en oeuvre les engagements du Grenelle. Onze Dreal ont été créées en 2009 (Corse, Paca, Picardie, Nord-Pas-de-Calais, Pays-de-la-Loire, Haute-Normandie, Midi-Pyrénées, Champagne-Ardenne, Rhône-Alpes), les autres devront l'être courant 2010-2011.

Le maillage territorial des Dirrecte, des Dreal et des Drac est assuré au niveau des départements par des "unités territoriales".

Une réorganisation à "géométrie variable"

Au niveau départemental, la réforme devrait rompre avec une logique de portefeuilles ministériels pour épouser une approche transversale : cohésion sociale, protection des populations, développement durable et équilibre des territoires... Innovation majeure, les préfets seront à la tête d'un nombre réduit de deux ou trois directions interministérielles (DDI) : les directions départementales des territoires (DDT) ou, le cas échéant, de la mer (DDTM), qui incorporeront notamment les célèbres DDE (directions départementales de l'équipement), les directions departementales de la protection des populations (DDPP) et les directions départementales de la cohésion sociale (DDCS) si la taille du département le justifie. Le gouvernement a souhaité mettre place un principe de "modularité", avec une organisation censée coller aux besoins locaux.
Illustration de cette volonté en matière sociale. Les directions sociales départementales - et tout particulièrement les Ddass - ont longtemps été les acteurs clés de l'action sociale, au point d'imprégner profondément la mémoire collective. Plus de 25 ans après la décentralisation - qui a notamment transféré aux départements l'intégralité de l'aide sociale à l'enfance -, il est toujours fréquent de lire ou d'entendre qu'un enfant a été confié à la Ddass. Dans la réalité, les Ddass sont en difficulté, sinon en déshérence, depuis de nombreuses années. Dépossédées d'une bonne part de leurs attributions par la décentralisation, puis par la montée en charge des Drass et, enfin, par la création des agences régionales de l'hospitalisation (ARH) et, aujourd'hui, des agences régionales de santé (ARS), les Ddass ne sont plus aujourd'hui que l'ombre d'elles-mêmes, en particulier dans les petits départements. Conséquence de cet affaiblissement continu : la réorganisation de l'Etat au niveau départemental dans le secteur social est plutôt mieux vécue que dans d'autres domaines. La réforme passe en revanche moins bien dans les Drass, dont les compétences sont sérieusement écornées par la mise en place des ARS (voir notre article ci-contre du 20 octobre 2009).

Lire la suite

18:14 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ddass, ddtm, ddi, dde, ddpp, ras | | |  Facebook

25.02.2009

Cahors. Menacés, les centres d'accueil haussent le ton

Des travailleurs sociaux ont manifesté contre la diminution des moyens contre l'exclusion.

De Toulouse, du Gers, de Montauban, quelque 200 travailleurs sociaux sont venus hier à Cahors soutenir deux associations lotoises de lutte contre l'exclusion. Fin janvier, la DDASS du Lot a signifié une baisse de budget de 20 % des moyens attribués par l'État à l'Accueil hébergement insertion sociale (AHIS) et au Comité d'études et d'information pour l'insertion sociale (CEIIS), respectivement basés à Cahors et à Cajarc. En pleine crise sociale et dans un contexte de flambée du chômage « le quart des effectifs sur les deux structures seraient à termes menacés », précise Isabelle Rautureau, chef de service de l'association cadurcienne.

L'accueil de jour et de nuit pour les sans domicile fixe, les soins spécialisés pour toxicomanes et la veille sociale, également assurés par ces associations, seraient de fait menacés. « S'ils n'étaient pas là, je ne sais pas ce qu'on deviendrait », rappelle Thierry Pregorier, frappé par la spirale infernale de l'exclusion. Outre un logement pour une durée de six mois renouvelables, il dispose d'un suivi, chaque semaine, auprès d'une assistante sociale et d'une éducatrice.

Philippe Javerliat, délégué du personnel de l'AHIS, dénonce « une logique comptable qui ne prendrait pas en compte les spécificités du travail dans les zones rurales ».

Les zones rurales les plus touchées

Au niveau de la Région, les subventions ne baisseraient que de 2,5 %. Les zones urbaines, dont le prix moyen à la place serait moindre en raison du nombre important de bénéficiaires, seraient privilégiées. Une logique contestée par Bruno Garcia, délégué régional de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS) venu soutenir les Lotois : « Soit on met juste les exclus sous un toit, à l'abri du regard du public et ça ne coûte pas cher. Soit on fait un véritable travail de réinsertion avec un accompagnement social complet par des professionnels ».

Hier soir, la directrice adjointe de la DDASS du Lot a rappelé la priorité de l'État d'investir dans le logement à long terme plutôt que dans l'hébergement d'urgence. « Nous souhaitons continuer de travailler avec les associations pour les aider à rationaliser leur travail », a-t-elle ajouté, tout en rappelant que « rien n'avait été décidé pour l'instant ». Un point sur lequel s'accordent les travailleurs sociaux de la région, qui sont toujours dans l'attente.

Source la dépeche

16.07.2008

Les ARS, horizon 2009 ?

En ces temps de turbulences, l'APIASS vous propose un triple éclairage sur une réforme qui, pour être partie de très loin, pourrait bien arriver très vite...

* Eclairage de fond, avec un retour historique sur une idée qui va fêter ses 15 ans en 2008.
* Eclairage associatif, avec une sélection d'articles de "IASS La Revue" consacrés (plus ou moins directement) aux ARS depuis 1996.
* Eclairage "à chaud", avec une revue de presse régulière des articles publiés sur le net.

Site des inspecteurs de l'action sanitaire et sociale

08:38 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ars, dras, ddass, action sociale, santÉ | | |  Facebook

12.07.2008

Accalmie estivale sur le front des revendications des travailleurs sociaux

Après plusieurs mois d'une mobilisation marquée par diverses actions, grèves et manifestations, les assistants socio-éducatifs (ASE) de la Ville de Paris ont suspendu leur mouvement social, le lundi 7 juillet, après avoir obtenu de la municipalité des avancées, certes jugées "encore insuffisantes" au regard de leur plate-forme revendicative.
Le préavis de grève déposé par l'intersyndicale CGT, FO, UNSA pour le 7 juillet a donc été finalement levé et remplacé par une assemblée générale, au cours de laquelle ont été communiquées aux personnels les dernières propositions soumises à leurs représentants, le 3 juillet, par la direction de l'action sociale, de l'enfance et de la santé (DASES), la direction du centre d'action sociale de la Ville de Paris (CASVP) et la direction parisienne des ressources humaines.
Pour mémoire, le conflit porte sur la revalorisation du régime indemnitaire d'environ un millier de travailleurs sociaux, ASE et conseillers socio-éducatifs (cadres) confondus, soit environ 880 agents à la DASES, 200 au CASVP et quelque 45 autres à la direction de la famille et de la petite enfance (DFPE).
"Des efforts conséquents avaient déjà été réalisés lors de la dernière mandature, avec plusieurs plans de revalorisation des rémunérations des travailleurs sociaux, notamment en 2006 et 2007", a rappelé l'exécutif parisien, à l'occasion du Conseil de Paris du 7 juillet, en rendant hommage au "travail remarquable réalisé quotidiennement par les travailleurs sociaux au contact de la population la plus en difficulté".
"En gage de leur respect", les deux adjointes chargées respectivement des ressources humaines, Maïté Errecart, et de la solidarité, Olga Trostiansky, "ont obtenu une nouvelle augmentation des primes assorties de mesures statutaires", poursuit la municipalité, dans un communiqué daté du 9 juillet. "Ainsi, au terme de 2009, c'est en moyenne une revalorisation de 900 euros qu'auront perçu les travailleurs sociaux".
Un calcul relativisé par les syndicats, qui comptent bien reprendre contact avec la Ville dès la fin de la trêve estivale, le principe d'un rendez-vous au mois de septembre ayant été accepté par les parties.
Ces avancées restent en effet très en deçà des revendications des assistants et conseillers socio-éducatifs, qui réclamaient "un vrai point en plus, pour tout le monde", dans le coefficient (allant de 1 à 5) servant au calcul de leur indemnité forfaitaire représentative de sujétions spéciales et de travaux supplémentaires (IFRSTS), venue s'ajouter en 2002 à leur indemnité d'exercice des missions des préfectures (IEMP).
Actuellement à 2,57 en moyenne pour les ASE, il devait être porté à 2,77 fin 2008, après les revalorisations décidées sous la précédente mandature.
Or les dernières propositions de la Ville prévoient des majorations progressives, différenciées pour la DASES et le CASVP, et qui vont jusqu'à un coefficient de 3,5 en 2009 pour les ASE, 4 pour les ASE principaux (ASEP) et 4,5 pour les CSP (inchangé), a résumé au site des ASH Corinne Compère pour la CGT. (source ash http://www.ash.tm.fr/front/infos.php?id=16570)

02.07.2008

Pénurie de stages pour les étudiants de l'IRTS Poitiers

Les étudiants prolongent leur occupation de l’IRTS. Une délégation doit être reçue cet après-midi à 14 h 15 par un représentant de la préfecture et de la DRASS. Un cortège partira en même temps de l’IRTS.

Les étudiants de l'IRTS de Poitiers sont mobilisés depuis quatre mois. Leur formation en alternance est remise en cause par la gratification de leur stage que certaines structures d'accueil ne peuvent honorer.
 
Pour la rentrée prochaine, 50 % des étudiants des filières ASS, ES et EJE (*) de l'Institut régional du travail social de Poitiers n'ont toujours pas de stage. « Pour les futurs 3e année ES, il en manque même 70 % », souligne Anne-Sophie Souchaud, étudiante ES et très impliquée dans le mouvement.
Ces manques sont la conséquence directe de la circulaire du 28 février dernier. Cette dernière a rendu obligatoire la gratification des stages de plus de trois mois en structures privées, pour les formations universitaires de niveau 3. 398,13 € mensuels qui devaient ravir les étudiants. Mais pour les étudiants en travail social, la joie fut de courte durée. Le secteur du travail social ne produit pas d'argent et aucune enveloppe budgétaire n'a été anticipée. C'est dans cette brèche que se nichent toutes les inquiétudes de l'IRTS et de ses étudiants.
 
Des enjeux politiques
« Les structures n'apprécient pas de se retrouver devant le fait accompli. Et si elles sont dans l'obligation de répondre à la loi, rien ne les oblige par contre à prendre des stagiaires », précise Virginie Gresser, directrice générale adjointe de l'IRTS de Poitiers. Si le conflit est avant tout économique (lire ci-dessous), d'autres points de la circulaire participent à la complexité du dossier. Les étudiants en cours d'emploi ou qui perçoivent des Assedic ne sont pas soumis à la gratification. La crainte est notamment affichée de voir des structures choisir ces stagiaires au détriment des autres étudiants.
La direction, comme les étudiants, regrette que les négociations soient si difficiles. « L'État nous renvoie aux interlocuteurs locaux qui, eux, en ont marre d'être sollicités pour des financements supplémentaires. Et puis, il y a des enjeux politiques. Le renouvellement des mandats et des équipes ne jouent pas en notre faveur », note Virginie Gresser. Cette dernière reste malgré tout confiante et assure que la situation devrait se débloquer à la dernière minute. « S'il manque 10 stages, on y arrivera ; s'il y manque 50, ce sera alors un problème plus large et national. » Une solution qui ne ravit pas les étudiant qui craignent que l'urgence de la situation fasse couler toutes leurs revendications et accentuent les discriminations qu'ils dénoncent depuis quatre mois. « Combien de personnes ont affaire à un travailleur social dans leur vie ? Beaucoup, pourtant, tout le monde reste indifférent. Notre combat, c'est aussi la défense des usagers », lance Anne-Sophie.

(*)AS : Assistants de service social ; ES : éducateurs spécialisés ; EJE : éducateurs de jeunes enfants.

Elodie MORISSET pour lanouvellerepublique.fr

28.06.2008

Des rencontres autour de l'engagement en travail social

Le collectif inter-écoles de travailleurs sociaux en formation d'Ile-de-France "Nous restons vigilants" (NRV), issu des collectifs anti-délation constitués contre le projet de loi de prévention de la déliquance, organise, samedi 28 et dimanche 29 juin à Arcueil, une rencontre sur le thème "Travail social et engagement".
Réunis "autour d'un désir commun de réflexion sur nos pratiques, et d'un sentiment commun d'inquiétude", dans le contexte social et politique actuel, les membres du collectif ont déjà organisé, récemment, un débat sur les dernières lois relatives à la prévention de la délinquance, à la protection de l'enfance, à la récidive, etc.
Ils s'attaquent aujourd'hui à la question de l'engagement, avec "pour objectif de mettre en commun des pratiques, des réflexions, des utopies délirantes, des vécus, des témoignages et des initiatives engagés afin de réinvestir des questions idéologiques, l'Histoire et les histoires du travail social".
Constituées de projections de films, théâtre-forum, expositions et autres repas associatifs, ces deux journées seront ponctuées par trois tables-rondes sur les thèmes "Ethique et identité professionnelle" samedi après-midi, "Soutien à la parentalité : entre production de normes et prise en compte des singularités" dimanche matin et, enfin, "Projets alternatifs et résistances" dimanche après-midi.

Les débats auront lieu au chantier-école
Anis Gras (Le lieu de l'autre)
53, avenue Laplace
94110 Arcueil

Renseignements et programme complet sur le blog du collectif : http://collectif-nrv.over-blog.fr/

21.06.2008

TS... comme "travailleur social": zoom sur un secteur en détresse

http://www.rue89.com/2008/05/25/ts-comme-travailleur-social-zoom-sur-un-secteur-en-detresse

 

Mathieu Rigard est en deuxième année d'études à l’IREIS de Bourg-en-Bresse. Il est aussi président d'Objectif O.N.E.S dans le département de l'Ain, l'organisation nationale des éducateurs spécialisés. Internaute de Rue89 basé dans le Jura, il nous a envoyé cette tribune le 21 mai, alors que la mobilisation va crescendo dans cette branche.

Trois mois de grèves, de manifestations, de marches, d'occupations d'écoles ou des Directions Régionales des Affaires Sanitaires et Sociales (DRASS). Un mouvement national regroupant des coordinations régionales structurées au long de dizaines d'AG. Un système de formation entièrement bloqué, des stages gelés par un décret sur la gratification des stagiaires issue de la loi sur l'égalité des chances. Pas une ligne dans la presse nationale, pas un mot dans les médias.

Nous qui sommes montés à Paris depuis Bourg en Bresse en "Social-Express" (en stop) pour la manifestation nationale du mardi 13, aujourd'hui, nous nous demandons si nous n'avons pas rêvé tout ça…

Un cercueil pour le social?

Un coup de gueule dans le "Contre-Journal" de Libération, posté par un étudiant le surlendemain (cinq lignes), je me suis dit: "Ca y est, il va y avoir un article sur ce qui se passe"… mais non. A Paris, notre cortège portait un cercueil, maintenant je me demande si le Social n'est pas vraiment mort, en France.

Pourtant, les aberrations ayant donné lieu au blocage total des filières du social sont édifiantes! Un cas d'école, un raté gigantesque doublé d'une "grogne" sociale conséquente (près de neuf étudiants de première année sur dix!).

Petit historique des évènements:

- Une loi (n° 2006-396) du 31 mars 2006 sur l'égalité des chances.

- Un décret du 12 février 2008 relatif à la gratification et au suivi des stages en entreprise doublé d'une circulaire du 27 février 2008 élargissant sa portée aux stages d'étudiants en travail social.

- Une seconde circulaire, de sauvetage envoyée aux préfets le 21 avril 2008 qui tente bien de donner des pistes pour le financement de ces décisions malheureusement inapplicables… mais ne sera (à ce jour) pas suivie d'effet sur le terrain.

Aujourd'hui, une gratification (d'environ 398,13 euros mensuels) doit être accordée à tout stagiaire à compter du premier jour d'un stage d'une durée supérieure à trois mois. Aujourd'hui, il n'y a plus de stages. ES, ASS, EJE en formation, directement touchés risquent aujourd’hui de perdre une année et l’on parle d’année blanche dans les couloirs des écoles depuis le début du mois de mars. Aujourd’hui, certains centres de formation ont décidé d’annuler tous les stages si un tiers des étudiants se retrouvent sans rien.

Le malaise est réel et la mobilisation étudiante ne s’est heureusement pas fait attendre.

Montpellier, Lille, Rouen, Poitiers, Lyon, Valence, Perpignan, Paris, Limoge, Rennes, Bourg en Bresse, Toulon… sont mobilisés depuis trois mois. Vous pourrez lire le détail des actions sur les sites des collectifs régionaux ou sur le site d'Objectif O.N.E.S.

Ni rigolote ni marginale, notre histoire…

Cette histoire serait rigolote si elle n'était pas dramatique pour nombre d'étudiants en grande difficulté financière, incapables de tenir trois ans d'études, ou pour les lieux de stages, coupé de leur base arrière de fraîcheur, de remise en question et de "bras" supplémentaires.

Cette histoire serait marginale si elle n'était pas la partie émergée d'un iceberg immense et glacé. Le système de prise de décision néglige le terrain.

Depuis deux ans, nombres de décisions fondamentales touchant au secteur social en France s'élaborent d'en haut, de très loin du terrain. Comme si le secteur était incapable de se penser ou pire incapable de comprendre la réalité sociale actuelle. Réforme des diplômes d'Assistant de service social (AS) et d'Educateur spécialisé (ES), lois sur la prévention de la délinquance, sur la protection de l'enfance, projet de loi sur le dépistage du "trouble des conduites" chez l’enfant dès le plus jeune âge et la semaine dernière Assises du Social, parangon de ce système vertical.

Dans ce contexte d'un législateur omniscient, le décret relatif à la gratification des stages dans le domaine du travail social (TS) aurait pu passer totalement inaperçu… s'il ne bloquait pas totalement les filières concernées. Pourtant, les consignes ont été passées par les préfets avec toute la bonne foi de l'évangéliste portant La vérité. Seulement toute vérité repose sur des postulats et des hypothèses.

Aujourd'hui les postulats et les hypothèses qui sous-tendent les prises de décisions sont élaborés dans une approche comptable, objective. Froidement mathématiques, ils peuvent faire l'économie de la confrontation avec la réalité du terrain. Ce dernier, nous le savons, est complexe et réchauffé continuellement par les frictions d'un contact humain, quotidien.

Ne faisons pas d'angélisme. Le temps d'un gaullisme d'après-guerre qui, pressé sur sa gauche par un Parti Communiste puissant, sur sa droite par une idéologie chrétienne humaniste et qui disait en substance, en ce qui concerne le champs du handicap: "familles et professionnels de terrain, vous savez mieux que nous ce qui est bon pour nos enfants: construisez vos projet, l'Etat vous donnera les moyens de les réaliser" est révolu.

Aujourd'hui les professionnels et les étudiants en travail social se regroupent. Aujourd'hui les professionnels et les étudiants en travail social (TS), de plus en plus souvent mis en porte-à-faux par des articles de lois ou des dispositifs maladroits ou inapplicables, s'organisent et se regroupent afin d'élaborer des solutions cohérentes et éthiquement viables.

L'A.N.A.S. représentant les Assistant de Service Social, la F.N.E.J.E., les éducateurs de jeunes enfants, l'O.N.E.S., les éducateurs spécialisés, sont en passe de se rassembler en une force de proposition alternative. Des métiers comme Moniteur-éducateur ou Aide médico-psychologique non encore organisés, pourraient rapidement rejoindre ce mouvement de représentation du travail social.

Voici la réalité d'un secteur méconnu, non rentable et qui est pourtant garant d'une partie de la cohésion sociale.

Les médias font la sourde oreille

Une réalité qui n'intéresse pas les citoyens? Pourtant les journalistes de la presse locale et régionale couvrent depuis plusieurs mois les actions de grèves, d'occupations de DRASS, de "manif' de droite", de "social express". Après la manifestation du 13 mai 2008 à Paris, ayant regroupé plus de 8 000 étudiants en travail social dont les formations sont en panne, pas une ligne dans la presse nationale. Pas un mot dans les journaux télévisés.

Une émission télé, de Marc Olivier Fogiel, puisqu'elle "réveille l'actu tous les mardis à 22h55", qui devait recevoir une délégation nationale du mouvement le jour de la manifestation a annulé au dernier moment. Seule "La matinale" de Canal plus a accepté de passer cinq minutes entières à informer du mouvement… Huit étudiants avaient campé devant les studios toute la nuit pour pouvoir se faire entendre.

A l'heure où il est mal vu de revendiquer un service public de qualité, où faire grève est assimilé à un acte terroriste (une prise d'otage d'usagers), quelle issue pourrait-il y avoir à la crise profonde qui bouleverse le système social français?

Nous avons coutume de dire aux jeunes qu'au lieu de se perdre dans des réponses violentes, à fleur de peau, il vaut la peine de prendre le risque de s'expliquer et de remplacer les poings par la parole. Nombre d'entre-eux le comprennent. Mais que leur dirons-nous si nous-même nous nous sentons bâillonnés?

Drass et DDASS vont disparaître : l'État se désengage de toute solidarité

Une réforme de la DDASS qui ne passe pas

Stupeur et tremblements au sein des organisations syndicales du ministère de la Santé. Conduite par l'Unsa, une intersyndicale dénonçait, hier matin devant la Cité administrative, le regroupement des Directions régional et départemental des affaires sanitaires et sociales (Drass et DDASS) au sein d'une nouvelle Agence régionale de santé (ARS). Entre autres craintes exprimées, des mobilités fonctionnelles et géographiques imposées, la « liquidation du statut de fonctionnaire d'Etat » des personnels en place au profit d'un statut de fonctionnaire territorial, voire leur remplacement par des contractuels supposés moins chers et moins qualifiés.

Autre point de discorde, le devenir de l'action sociale de proximité, qui devrait désormais être rattachée aux services de la préfecture. Une perspective peu rassurante pour François Jouan, membre de l'intersyndicale, qui relève sobrement qu'en matière sociale, ce service « s'est, d'expérience, toujours retourné vers la DDASS ».

Christophe Nonnenmacher - ©2008 20 minutes

Aucune opposition contre l'éclatement de l'action sociale. Peut-on parler d'opposition lorsque les syndicats se contentent de faire leur petite manifestation dans quelques villes ? Chacun dans son coin y va de sa prostestation... Ceux qui vont payer le prix fort ce sont, nous, les pauvres.

Le Collectif SDF Alsace proteste contre la création future des agences régionales de santé (ARS) par le gouvernement. Nous continuerons d'exiger de l'État qu'il obéisse aux lois en assurant ses droits à chaque citoyen.

Sous les termes de "pilotage territorial unifié du système de santé" se cache le démantèlement de tous les services d'action sanitaire et social. Moins de personnel évidemment, car il n'est prévu que quelques antennes dans chaque région. Que penser de l'action sociale entre les mains des Préfectures ?

Le Collectif SDF Alsace est contre ces dispositions "assassinent". À l'évidence les pauvres resteront pauvres et avec toujours plus de droits bafoués. Citoyen lève toi. 

10:27 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ars, dras, ddass, action sociale, santÉ | | |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu