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01.10.2009

Dispositif anti-SDF sous un pont à Orléans

Sous le pont de l'Europe, où des SDF avaient installé leur campement l'automne dernier, des monticules de terre ont été élevés par la communauté d'agglomération d'Orléans qui veut empêcher toute nouvelle installation.
Les SDF ne sont pas les bienvenus sous le pont de l'Europe dans l'agglomération orléanaise.

Après avoir demandé à la justice, à la veille de Noël dernier, l'expulsion d'un couple qui avait installé là son campement, la communauté d'agglomération Orléans val de Loire (AgglO) a fait faire « des travaux de mise en sécurité ». Des monticules de terre entrecoupés de tranchées ont été élevés, empêchant toute nouvelle installation à cet endroit. Un véritable dispositif anti-SDF qui a fait la preuve de son efficacité : à ce jour, aucun autre campement ne s'est installé à cet endroit que le couple, qui y vivait l'automne dernier, n'avait pas été le seul à occuper par le passé.

23 décembre 2008, le tribunal administratif d'Orléans étudie la demandé d'expulsion déposée par l'AgglO, gestionnaire du pont de l'Europe, contre deux SDF, âgés de 27 et 34 ans, installés avec leurs trois chiens sous la tête sud de l'ouvrage qui enjambe la Loire, reliant Orléans et Saint-Pryvé-Saint-Mesmin. Par la voix de son avocate, la collectivité, à majorité UMP, plaide que cette occupation pose « un grave problème d'insalubrité et de sécurité publique, facteur d'insécurité pour les occupants, les promeneurs et les riverains ».

« La situation du campement, installé sur le lit du fleuve de la Loire mettait objectivement en danger la vie des occupants du campement en cas de brusque montée des eaux de la Loire », répètent encore aujourd'hui les services de l'AgglO, soulignant « avoir préalablement saisi les services sociaux », « conscients des difficultés sociales » desdits occupants - dont le passage dans une structure de réinsertion s'est révélé être un échec.

Serge Grouard : « Assez facile de faire vibrer la corde sensible »

Depuis, et alors que la situation des deux jeunes SDF, aujourd'hui séparés, n'a guère évolué, malgré la mobilisation qu'avait suscitée la médiatisation nationale de leur procès, le nécessaire a été fait pour empêcher toute nouvelle installation. Au motif qu'elle « ne peut prendre en charge la responsabilité qu'une telle situation ne se reproduise à l'avenir », l'AgglO explique avoir réalisé en mars « des travaux d'entretien (nettoyage, abattage d'arbres, fauchage) et de mise en sécurité du site ». Et ce, « afin de limiter son accès aux campements sauvages, et laisser libre cet espace dans le cadre de l'entretien courant de l'ouvrage ».

Serge Grouard, le député maire UMP d'Orléans, assume de la même manière cette initiative : « On ne peut pas laisser des gens à cet endroit avec le risque que la Loire monte et qu'ils puissent être emportés par le courant. S'il y avait un accident, le président de l'AgglO serait directement mis en cause avec des “Vous les laissez se noyer.” Le couple a été pris en charge et a posé une série de problèmes. C'est assez facile de faire vibrer la corde sensible, mais on ne peut pas dire que le centre communal d'action sociale ne s'en soit pas occupé. »

« Une réponse scandaleuse »

« Lamentable. » Michel Ricoud, conseiller général et conseiller municipal communiste d'Orléans, président de la Confédération nationale du logement dans le Loiret, avait, en décembre, soutenu les SDF expulsés de leur campement sous le pont de l'Europe. « On peut penser ce qu'on veut du dossier. Mais une fois de plus, l'AgglO et son président, Charles-Éric Lemaignen, ne s'honorent pas en installant des tranchées sous le pont de l'Europe empêchant des personnes sans domicile de se poser. C'est inhumain », réagit-il aujourd'hui.

« À l'image de l'arrêté anti-prostitution, la majorité d'Orléans et de son AgglO souhaite déplacer la misère aux frontières de la ville sans jamais envisager de solutions humaines à apporter aux situations d'extrêmes précarités », commentent, de leur côté, Baptiste Chapuis et Corinne Leveleux-Teixeira, au nom des conseillers municipaux socialistes verts et apparentés. « Une réponse scandaleuse au problème des SDF dans notre agglomération », jugent-ils, alors que, ces dernières semaines, la situation de familles entières laissées à la rue, sans offre d'hébergement d'urgence, a été dénoncée par les associations. (la république du centre)

07:26 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dispositif anti-sdf sous un pont à orléans | | |  Facebook

 
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