23.01.2009
PERSONNE DEHORS : ENQUETE SUR LE NON-RECOURS AU DISPOSITIF D’HEBERGEMENT
Une étude menée à Lyon par le réseau PERSONNE DEHORS vient d'être publiée. Elle va changer votre regard non seulement sur toutes ces personnes, si différentes des images véhiculées, et qui sont abandonnées, poussées, remises à la rue, mais également sur la "non" façon quasi générale qu'on les politiques de (ne pas) s'en occuper...
La parole des personnes directement concernées à enfin une grande place dans cette enquête, là encore les raisons des refus d'hébergement sont évoquées, sans fard... Elles n'ont pas grand chose à voir avec le bourrage de crane que nous subissons...
Une sorte de réquisitoire, que PERSONNE DEHORS ne pouvait éviter... Une évidence.
Un travail très précis et sans maquillage avec des exemples chiffrés qui prouvent qu'on mesure très mal le problème, que rien n'est anticipé et que les procédures administratives ne sont jamais sans conséquence...
• Citation de la présentation faite par Marc Uhry de la Fondation Abbé Pierre à Lyon
"... Une étude remarquable à plusieurs titre sur l’absence d’hébergement à Lyon, réalisée par le réseau "Personne Dehors !", avec l’appui de la MRIE et le soutien de la Fondation Abbé Pierre.
Ce travail est inédit à trois points de vue, raison pour laquelle sa dimension locale peut avoir un intérêt pour d’autres territoires :
1- 73 lieux d’accueil ont participé à l’identification des ménages en besoin immédiat de réponse (publics et associatifs, lieux d’hébergement, médicaux, accueils de jour,...), à travers une méthode originale de recueil de la parole des usagers et des professionnels.
2- Alors que le "115" recense 70 à 80 personnes sans réponse chaque jour, l’étude en pointe photographiquement et nominativement 1 000, mais les organismes n’ont pas vu tous les ménages en situation extrême d’habitat qu’ils connaissaient sur les 15 jours de l’enquête. La question qui reste est celle du multiple du chiffre, mais on est très très loin des perceptions habituelles. La typologie des ménages rencontrées est également très éloignées des images d’Epinal sur le clochard, le demandeur d’asile et le malade mental...
3- L’étude s’est intéressée aux motifs du non-recours. Pour une fois, un large panel de personnes a donné des explications, loin des fariboles idéologiques régulièrement servies sur la désocialisation ou le choix de la liberté. Bien sûr la pénurie est pointée, mais c’est surtout le fonctionnement du dispositif lui-même qui dissuade, ce qui est ennuyeux quand il vise à assurer un droit minimum : procédures d’accès kafkaïennes, qualité de service, stigmates sociaux, etc. Les motifs de refus sont une occasion rare d’interroger l’organisation de notre "sécurité sociale de l’habitat", sur une base objectivée, édifiante mais dépassionnée, pour en améliorer la pertinence. Rien n’est parfait, mais c’est travail réellement nourrissant.
N’hésitez pas à vous en saisir et à faire tourner !
contact : Cécile Flandinet / Véronique Gilet
• le réseau " Personne Dehors !
• la mission régionale d’information sur l’exclusion (Rhônes-Alpes
Article le progrés
Le Progrès 2007
Samu social : «Il faut rénover le système»
Le non-recours au 115 est une « situation d’échec ». Diversifier les structures s’impose afin de s’adapter à des profils très différents.C’est une enquête qui bouscule les idées reçues. Sous l’égide de la fondation Abbé-Pierre et de la mairie de Lyon, le réseau « Personne dehors !» et la Mission régionale d’information sur l’exclusion (MRIE) ont recensé 1 000 personnes sans logement sur l’agglomération pour connaître les raisons du non-recours aux dispositifs d’hébergement d’urgence.
La nuit précédant le questionnaire, 44 % des ménages ont dormi chez un ami ou de la famille, plus d’un tiers se sont retrouvés à la rue ou en squat, et seulement 14 % ont eu recours au 115.
« Pour la première fois, des usagers ont été interrogés, leur parole a été prise en compte, ce qui a permis de dépasser les réponses idéologiques », a confié, mardi, à Lyon, Stéphane Rullac, chercheur en sciences sociales. Jusqu’à présent, en effet, étaient invoqués la « désocialisation » chère au Dr Emmanuelli, fondateur du Samu social de Paris, ou bien le besoin, pour les SDF, d’utiliser leur liberté.
Mais il ressort de l’enquête auprès des usagers que ceux-ci sont « comme nous, en quête de bien-être ». La plupart sont très critiques vis-à-vis des conditions d’hébergement proposées. Pêle-mêle sont dénoncés la promiscuité, la violence, les vols, le manque d’hygiène…
Eloquents, par exemple, sont les propos de cet homme : « Je refuse d’aller au 115, on ne peut pas y faire sa cuisine, on vit avec des alcooliques, on n’a pas de chambre à soi ». 20% des ménages sondés citent l’insécurité comme frein au recours au 115.
Le manque de « lieu à soi » est fréquemment rappelé, et le fonctionnement en mode collectif indispose nombre d’entre eux. Certains déplorent encore la faible possibilité d’accueil des animaux, l’accès difficile pour les handicapés, le manque de place pour l’accueil de familles ou de couples.Beaucoup regrettent, aussi, des durées d’hébergement trop courtes : « Je veux un endroit pour rester, pas pour partir deux jours après », dit cet autre. Dans ce contexte de pénurie, les centres d’hébergement d’urgence ne sont pas en mesure d’offrir l’accompagnement social nécessaire et permettant aux personnes de sortir de l’urgence.
Pour Stéphane Rullac, le « non-recours au 115 traduit une situation d’échec, le défi est de rénover le système, il va falloir faire autrement et normaliser la réponse en considérant les gens comme des individus, et non comme un groupe homogène de SDF ».
Diversifier les structures, les concevoir à taille plus réduite afin de tenir compte de la diversité des profils, voilà les pistes esquissées par les professionnels pour changer le 115.Yves Alègre
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| Tags : personne dehors, enquete sur le non-recours au dispositif d’hebergement, sans-abri, mal-logement |
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