16.03.2009
Financement de la rénovation urbaine
Des incertitudes
Lancé en 2003 pour améliorer le cadre de vie des banlieues populaires, le programme national de rénovation urbaine (PNRU) suscite de vives inquiétudes en raison des incertitudes qui pèsent sur son financement. Dans le cadre du plan de relance, Nicolas Sarkozy a pourtant annoncé, en décembre 2008, des crédits supplémentaires pour accélérer ou débloquer des chantiers : 350 millions d’euros en autorisations d’engagement et 200 millions en crédits de paiement. Patrick Devedjian les confirme dans l’entretien qu’il a accordé au Monde. Mais en dépit de ce coup de pouce, des élus locaux craignent de ne pas avoir suffisamment de moyens.
Selon Gérard Ségura, maire (PS) d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), il manquerait 850 à 900 millions d’euros pour mener à leur terme les opérations de renouvellement urbain en cours dans l’agglomération parisienne. Pour l’ensemble du territoire, le chiffre s’élèverait à quelque 1,5 milliard d’euros. “Personne n’est en mesure de dire où en sont les projets, ni quels sont les besoins”, tempère Claude Pernès, président de l’Association des maires d’Ile-de-France (AMIF) et maire (Nouveau centre) de Rosny sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Un questionnaire a été envoyé aux municipalités franciliennes concernées afin de dresser un état de lieu précis.
Mais d’ores et déjà, M. Pernès considère que les enveloppes prévues pour chaque opération sont insuffisantes car les coûts de construction ont dérapé. “On risque d’avoir des projets qui n’iront pas jusqu’au bout, pronostique-t-il. Tout ce qui a trait aux espaces verts, aux parkings, aux éclairages pourrait servir de variable d’ajustement.”
DÉSENGAGEMENT
Selon Philippe Dallier, sénateur (app. UMP) de Seine-Saint-Denis, l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) disposera d’une trésorerie suffisante pour financer le PNRU au cours des trois prochaines années. Mais à partir de 2012, il n’y aura plus assez d’argent dans les caisses. L’Etat s’est désengagé du programme, estimant que les recettes provenant du “1 % logement” devraient se substituer à lui sur la période 2009-2011.
Les partenaires sociaux, qui cogèrent le “1 %”, n’ont pas digéré ce “diktat” car il bafoue les engagements pris en 2003 par le ministre délégué à la ville Jean-Louis Borloo : sur les 12 milliards d’euros prévus pour le PNRU, l’Etat devait en octroyer la moitié. Sa contribution devait être “sanctuarisée”. Mais à ce jour, il, n’a “décaissé” que 800 millions d’euros, selon Jean-Luc Berho, vice-président (CFDT) de l’Union d’économie sociale pour le logement (UESL), l’instance qui chapeaute le “1 %”. “S’il ne tient pas sa parole, qui va la tenir à sa place ?” s’interroge-t-il. Directeur général de l’ANRU, Pierre Sallenave rappelle que la loi prévoit d’apporter à l’Agence un peu plus de 12 milliards d’euros “C’est un élément de sanctuarisation”, assure-t-il.
Au 31 décembre 2008, 470 quartiers avaient fait l’objet de “projets approuvés et 305 conventions avaient été signées”, indique l’ANRU. Cela représente “36,6 milliards d’euros de travaux engagés ou programmés sur les cinq prochaines années”.
Le monde
05:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : anru, financement de la rénovation urbaine |
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