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09.04.2012

PORTRAIT DE PHILIPPE WAHL, Homme "d'affaires" et Directeur général de la Banque postale

PORTRAIT DE PHILIPPE WAHL,

Homme "d'affaires" et

Directeur général de la Banque postale

 

Images intégrées 1 

Après avoir milité pour la fin du statut "à but non lucratif" des Caisses d'épargne,

Philippe Wahl a participé au démantèlement d'une partie de la Caisse des dépôts et consignations

par la prise de contrôle, par les Caisses d'épargne, de CDC IXIS qui disparaîtra avec la création de NATIXIS

(coût pour les épargnants : 25 milliards d'euros de pertes sur NATIXIS)

Puis Directeur général France, Belgique et Luxembourg de Royal Bank of Scotland, il a diffusé

 des emprunts toxiques, dans plusieurs pays d'Europe, avant de prendre la direction de la Banque postale.

(La déconfiture de Royal Bank of Scotland a coûté 54,4 milliards d'euros au contribuable britannique).

A la tête de la Banque postale, il projette, aujourd'hui :

  • de dégager de "la marge" sur le financement des collectivités locales et des établissements publics après la faillite de DEXIA

  • et de distribuer, prochainement,  auprès de la clientèle  la plus modeste et la plus fragile qui soit (celle de la Banque postale) du crédit renouvelable.

La prise de contrôle de CDC IXIS

(Par Laurent MAUDUIT)

 Dans un article en date du 19 novembre 2002, Le Monde raconte ainsi les dessous de la bataille : « M. Milhaud et M. Wahl ont toujours en tête deux scénarios pour prendre le contrôle d’Eulia, qu’ils ont élaborés avec l’aide du banquier conseil François Henrot, associé gérant chez Rothschild & Cie, sans toutefois lui confier de mandat en bonne et due forme.

Le premier vise à racheter une partie de la participation dans Eulia de la CDC, celle-ci conservant la minorité de blocage. Il permet à l’Ecureuil de prendre le pilotage de la banque d’investissement de son partenaire, CDC Ixis, filiale d’Eulia. L’autre option, maximaliste, consiste à reprendre tous les intérêts de la CDC dans Eulia et, en plus, à mettre la main sur le premier assureur- vie français, la CNP (dont elle détient déjà 18 %), en rachetant les parts de la CDC (37 %) et de la Poste (18 %). »

Sauf que, à l’époque, il y a un détail que personne ne connaît : pour mener cette bataille, financièrement périlleuse, et politiquement délicate, les Caisses d’épargne décident d’enrôler un conseiller très spécial qui a ses entrées partout ; un entremetteur qui reste dans l’ombre mais qui connaît très bien le nouveau ministre des Finances, Francis Mer – pour avoir travaillé avec lui à la fin des années 1970 et au début des années 1980 chez Saint-Gobain –, un homme capable de joindre quiconque compte et qui dispose d’une influence certaine dans un grand quotidien du soir. Alain Minc. Dans aucun entretien ultérieur, jamais Alain Minc n’avouera qu’il a travaillé secrètement pour l’Ecureuil. Quiconque cherche la liste de ses clients dans les milieux industriels et financiers peut facilement trouver une collection impressionnante de chefs d’entreprise très connus ; l’intéressé les livre avec fierté.

Mais le nom de Charles Milhaud n’a jamais été révélé. Dès la fin de 2001, c’est pourtant Alain Minc, dans l’ombre de Charles Milhaud, qui est à la manoeuvre pour tenter de bouter la CDC hors d’Eulia. Sans grande surprise, c’est d’ailleurs lui qui convie François Henrot (le patron de la branche française de la banque Rothschild) à se pencher sur le dossier. Et comme, entre amis proches, les choses n’ont pas besoin d’être formalisées, c’est la raison pour laquelle la banque Rothschild est saisie de l’affaire sans disposer d’un mandat en bonne et due forme.

La mission est donc peu glorieuse. Il s’agit pour le président du conseil de surveillance du Monde d’aider Charles Milhaud à s’affranchir de l’accord, pourtant fraîchement signé, qui le lie à la Caisse des dépôts.

(...)

Interrogé, Alain Minc finit par convenir de son rôle. « Oui, c’est exact, reconnaît-il, j’ai été le conseil de Charles Milhaud et de Philippe Wahl, aux Caisses d’épargne, mais pas pour une longue période. J’ai dû commencer vers l’été 2001 et j’ai souhaité mettre un terme à cette mission de mon propre chef quand Charles Milhaud après l’alternance de 2002 a voulu écarter son directeur général, Philippe Wahl, pour lequel j’ai beaucoup d’estime et d’amitié."

Comme Philippe Wahl est évincé des Caisses d’épargne en juillet 2003 (il sera embauché ultérieurement sur le conseil d’Alain Minc par Vincent Bolloré pour être le directeur général de Havas), cela veut donc dire qu’Alain Minc est secrètement rémunéré par cette entreprise pendant au moins deux ans.

Un groupe de travail est notamment constitué avec François Henrot, l’avocat François Sureau (un ancien partenaire d’Alain Minc), Philippe Wahl et Charles Milhaud.

Dans le même temps, Alain Minc fait en sorte que le travail de lobbying porte ses fruits également à Matignon, où , sous Jean-Pierre Raffarin, il n’a plus guère ses entrées. Il conseille donc à Charles Milhaud de confier une seconde mission à une grande spécialiste de la communication des chefs d’entreprise, Anne Méaux, qui est très proche du Premier ministre et peut donc le convaincre d’appuyer le projet des Caisses d’épargne.

Voilà donc le tandem Anne Méaux -Alain Minc à la manoeuvre. Charles Milhaud, de son côté, ne néglige rien. Sentant que Nicolas Sarkozy devient la figure montante de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), il demande à le rencontrer à trois reprises, et embauche aux Caisses d’épargne plusieurs de ses collaborateurs.

Les embauches deviennent si nombreuses – des hauts fonctionnaires connus, dont Thierry Gobert, un ancien de la direction du budget, Didier Banqui, et jusqu’à l’épouse du principal conseiller du candidat à l’élection présidentielle, le très fidèle et très remuant Brice Hortefeux . C’est « Sarkoland », dit-on dans les couloirs de l’entreprise.

Les mauvaises manières de l'Ecureuil par Laurent MAUDUIT

http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyen...

Philippe Wahl  débarqué par Charles Milhaud

Il songe à sa réélection en décembre. Pour cela, il vient de lâcher Philippe Wahl, énarque, ancien de Paribas, avec qui il formait un tandem redoutable. Les présidents de caisse régionale, oubliant la compétence de Wahl  pour ne voir que son assurance, voulaient sa peau. Ils l'ont eue. Milhaud a tranché pour ses électeurs. Rusé et obstiné, on vous le dit...

LE POINT

http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2007-01...

 

CDC IXIS DISPARAITRA AVEC LA CREATION DE NATIXIS

 Comment les actionnaires de Natixis se sont fait rincer de 25 milliards

 La crise, aussi, a ses champions. Natixis, vedette française de la débâcle financière, peut prétendre aux plus hautes marches du podium. Ses actionnaires ont d’abord été appâtés, avec des méthodes commerciales plutôt vigoureuses. Puis, assurent-ils, enfumés par des informations trompeuses. Ensuite, rincés par le désastre des subprimes. Et – peut-être – achevés grâce à un délit d’initiés qui aurait permis à plusieurs grandes banques de spéculer sur la déconfiture.

Article extrait du Canard Enchaîné (sur Impotsutiles.com)

http://www.impots-utiles.com/comment-les-actionnaires-de-...

 Philippe WAHL : Un expert des emprunts toxiques à la tête de l’entité qui va reprendre les emprunts toxiques de Dexia

Ceux qui pouvaient avoir des inquiétudes vont très certainement être rassurés quand ils vont savoir que le patron de la Banque Postale, Philippe Wahl, exerçait auparavant ses responsabilités à la Royal Bank of Scotland, dont il fut Directeur général pour la France à partir de février 2007 avant, à partir d’avril 2008, d’occuper le poste de Special Advisor auprès du président de RBS Global Markets à Londres, puis d’être nommé en  décembre 2008 directeur général France, Belgique et Luxembourg de RBS Paris.

Si on regarde sur Wikipedia, on apprend un certain nombre de choses intéressantes sur cette banque

“La crise financière de 2008 a provoqué une chute de ses actions en bourse de 88,40 % l’an dernier en raison des actifs toxiques qu’elle détenait en ce qui concerne les credit default swaps. Depuis début 2009, l’action a perdu 80,38 % au 20 janvier portant ainsi la baisse à 97,58 % depuis le 1er janvier 2008.

ALTERNATIVES ECONOMIQUES

http://alternatives-economiques.fr/blogs/abherve/...

Londres va vendre sa participation dans Royal Bank of Scotland à Abou Dhabi

En 2008-2009, le gouvernement britannique avait injecté 45,5 milliards de livres (54,4 milliards d'euros) dans la RBS pour la sauver de la faillite. La vente d'une partie de la RBS se ferait aujourd'hui à perte, remarque la BBC, compte tenu des performances toujours médiocres de la banque. La participation du Trésor a été payée 50 pence par action alors que la RBS a fini à 28,5 pence lundi à la Bourse de Londres. Le Trésor a déclaré lundi qu'il ne privatiserait la RBS que lorsque l'opération assurerait une plus-value au contribuable.

La RBS est restée l'an dernier dans le rouge pour la quatrième année consécutive.

LE MONDE  avec AFP et REUTERS

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/03/27/londres-v...

Prêts aux collectivités : la Banque Postale croit à un marché rentable (Philippe WAHL)

« Si nous y allons c'est parce que nous pensons qu'il va être rentable, qu'il va nous permettre de générer du PNB (produit net bancaire, équivalent du chiffre d'affaires), de la marge et du résultat », a indiqué le dirigeant (Philippe Wahl), en marge de la présentation des résultats. 

CBANQUE

http://www.cbanque.com/actu/29334/prets-aux-colle...

La Banque Postale va lancer une offre de crédit renouvelable en 2012 (Philippe Wahl)

La Banque Postale va proposer courant 2012 du crédit renouvelable, alors qu'elle l'avait jusqu'ici écarté de son offre de crédit à la consommation, a annoncé mardi le président du directoire, Philippe Wahl, en marge de la présentation des résultats.

"Nous pensons que le crédit renouvelable de la Banque Postale ne ressemblera à aucun autre", a affirmé M. Wahl, soulignant qu'il avait récemment défendu l'existence de cette forme de crédit lors de son audition devant des parlementaires.

Le crédit renouvelable est une réserve d'argent mobilisable à tout moment, mais le plus souvent assortie, en cas d'utilisation, d'un taux d'intérêt élevé.

AFP

http://www.ladepeche.fr/article/2012/03/13/130507...

Philippe Whal est également membre du Comité directeur de l'Institut Montaigne et y cotoie d'autres partisans de l'ultralibéralisme, de la casse des services publics et des sytèmes de protection sociale

http://www.institutmontaigne.org/biographie-philippe-wahl...

http://www.institutmontaigne.org/organisation-128.html

Philippe Wahl milite pour une réforme de la fiscalité au service de la social-compétitivité

Rapport de l'Institut Montaigne

Une fiscalité au service de la "social compétitivité"

 Président du groupe de travail : Philippe Wahl

RAPPORT - Mars 2012

 http://www.institutmontaigne.org/une-fiscalite-au...

 

Philippe Wahl milite pour le maintien des avantages fiscaux de l'assurance-vie et ne souhaite pas la création de nouveux produits d'épargne (Livrets réglementés)

 "Le sujet est moins d'inventer de nouveaux produits d'épargne --que les épargnants mettraient du temps à adopter-- que la stabilité fiscale" de ceux qui existent, notamment de l'assurance-vie, a déclaré le président du directoire de la Banque Postale, Philippe Wahl.

Selon lui, "la défiance vis-à-vis de l'assurance-vie trouve bien sûr sa source dans le rendement net d'inflation qui est bas" mais également dans l'instabilité de sa fiscalité.

"Si nous voulons favoriser l'épargne longue, il faut de la stabilité", a-t-il plaidé

AFP

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/03/27/97002...

17.04.2010

Crise mondiale de l'emploi : Le FMI nous propose de partager ... le chômage !

Doit-on partager le travail ou le chômage ?

La question, loin d'être anodine, pourrait être en ces temps de chômage de masse à la base d'un choix de société pour le futur !

Dans le cas du FMI, on a une solution : Mettre fin rapidement aux "privilèges scandaleux" des salariés en CDI !

Quelle est l'analyse du FMI sur la situation du chômage ?

Le FMI s'inquiète de la situation et écrit dans un chapitre des "Prévisions économiques mondiales" semestrielles :

" ... / ... Le FMI a basé ces prévisions sur un examen des tendances de l'emploi lors des phases qui ont suivi les précédentes récessions mondiales. Pour plusieurs économies développées, la possibilité d'une reprise lente de l'activité et la nature de la récession récente présage de taux de chômages élevés à court terme", a prévenu le Fonds ... / ... Comme un chômage élevé peut rapidement devenir un problème structurel, cela pourrait entraîner des difficultés politiques et sociales graves ... / ... La profondeur et la durée de la Grande récession dans plusieurs économies développées a créé la nécessité de certains ajustements structurelles pour leurs marchés du travail ... / ... La tâche des responsables politiques est de faire en sorte que cet ajustement se fasse le plus en douceur possible et de minimiser les conséquences économiques et sociales de long terme d'un taux de chômage obstinément élevé .. / ... "

Et quelle sont ses suggestions proposées dans son rapport ?

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22.09.2008

La Banque mondiale découvre d’un coup 400 millions de pauvres en plus

Lu sur http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=3608

La Banque mondiale vient de reconnaître des erreurs importantes dans ses calculs concernant la situation mondiale de la pauvreté. En effet, alors que « les estimations de la pauvreté établies par la Banque mondiale s’améliorent grâce à des données plus fiables sur le coût de la vie », le résultat constitue à lui seul une violente remise en cause des statistiques produites par cette institution qui traverse une très grave crise de légitimité depuis plusieurs années : d’un seul coup, la Banque mondiale vient de découvrir que « 400 millions de personnes de plus que l’on ne pensait précédemment vivent dans la pauvreté ». C’est plus de la moitié de la population de l’Afrique subsaharienne !

Cela reflète surtout le manque de fiabilité des statistiques publiées par la Banque mondiale, statistiques qui servent surtout à cautionner les politiques néolibérales imposées à travers le monde par ses propres experts. Selon son communiqué [1], « 1,4 milliard de personnes vivant dans le monde en développement (1 sur 4) subsistait avec moins de 1,25 dollar par jour en 2005 », alors que les estimations précédentes tournaient autour de 1 milliard de personnes. Pour autant, la Banque mondiale ne manque pas de se réjouir car ce qui compte pour elle, ce n’est pas le nombre de pauvres, mais la proportion de personnes pauvres. Pourquoi ?

Parce qu’avec la démographie mondiale galopante, ce chiffre permet plus facilement de faire illusion : si par exemple le nombre de personnes pauvres stagne, la proportion de pauvres baisse mécaniquement au fil des ans.

Voilà pourquoi l’objectif dit « du millénaire » est de réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour. Mais avec les énormes erreurs de la Banque mondiale dans ses calculs sur la pauvreté, c’est tout l’édifice des politiques internationales actuelles contre la pauvreté qui s’écroule. Les politiques d’ajustement structurel (réduction des budgets sociaux, recouvrement des coûts dans les secteurs de la santé et de l’éducation, agriculture tournée vers l’exportation et réduction des cultures vivrières, abandon de la souveraineté alimentaire, etc.), imposés par le FMI et la Banque mondiale depuis le début des années 1980, ont détérioré les conditions de vie de centaines de millions de personnes dans le monde.

Les critiques envers la Banque mondiale n’ont pas manqué à ce propos, puisque Thomas Pogge, professeur à l’université de Columbia, écrivait récemment : « Les méthodes de calcul de la Banque mondiale sont extrêmement douteuses. Il y a des raisons de penser qu’avec une méthode plus plausible, on observerait une tendance plus négative et une pauvreté beaucoup plus étendue. [...] Tant que la méthode actuelle de la Banque mondiale et les données qui se basent sur elle conserveront leur monopole dans les organisations internationales et dans la recherche universitaire sur la pauvreté, on ne pourra pas prétendre prendre ce problème réellement au sérieux [2]. »

La Banque mondiale a fait la preuve de son échec, tant sur le plan statistique que sur le plan politique. Plus que jamais, l’objectif visé doit être triple : l’abandon de la logique de l’ajustement structurel, l’abolition de la Banque mondiale et son remplacement dans le cadre d’une nouvelle architecture institutionnelle internationale.

Damien Millet, porte-parole du CADTM France (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org), auteur de L’Afrique sans dette, CADTM/Syllepse, 2005.
Eric Toussaint, président du CADTM Belgique, auteur de Banque du Sud et nouvelle crise internationale, CADTM/Syllepse, 2008.

06:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fmi, banque mondiale, pauvreté | | |  Facebook

26.04.2008

La pauvreté revient

LA CHRONIQUE DE FAVILLA - Les Échos

La question de la pauvreté refait surface sous différentes formes, qu'il s'agisse des émeutes de la faim sous certaines latitudes ou du projet de revenu de solidarité active, plus près de nous.

Toute une partie de l'opinion est convaincue que la pauvreté n'a cessé de progresser depuis que les frontières économiques et financières ont quasiment disparu. Evoquer un « retour de la pauvreté » serait donc une quasi-provocation. A ceci près que l'idée d'une progression continue de la pauvreté par le passé est tout simplement fausse. Elle a, au contraire, globalement reculé sous l'effet de l'expansion foudroyante d'une moitié de la Chine et de l'Inde et d'une partie du continent sud-américain.

Pour prendre la mesure du phénomène de retour de la pauvreté, il faut donc d'abord rétablir la vérité sur le passé récent. Faute de quoi on aurait l'impression que rien ne change et que la crise actuelle n'est que la suite de l'épisode précédent. Or le monde est confronté à un défi radicalement nouveau que, curieusement, il ne semble guère avoir anticipé alors qu'il était parfaitement... prévisible !

Ce défi est celui du transfert massif de richesses. En schématisant à l'extrême, on peut décrire la séquence suivante : première étape, à partir de la décennie 1980, les industries de main-d'oeuvre peu qualifiée quittent l'Occident pour l'Orient. Cette première étape provoque un puissant exode rural et donne du pouvoir d'achat à une nouvelle population urbaine en Asie. Deuxième étape, quinze ans plus tard, les technologies de l'information se diffusent et permettent à l'Orient de se positionner aussi sur des produits à plus forte valeur ajoutée. Une classe moyenne nombreuse se développe grâce à ce processus. Troisième étape, actuelle, les richesses ainsi créées confèrent à ces populations qui vivaient jusqu'alors dans une misérable autosuffisance alimentaire un pouvoir d'achat important à l'échelle du monde. L'équilibre mondial de l'offre et de la demande en est profondément affecté. Lorsque l'offre est en mesure de répondre, c'est le cas, par exemple, de l'industrie allemande, le cercle vertueux de la croissance s'enclenche. Là où l'offre ne suit pas, c'est le cas de la production agricole, la pression de la demande se traduit inéluctablement par la hausse des prix. Celle-ci frappe alors de plein fouet ceux qui sont restés en marge de la séquence majeure du développement mondialisé. Parmi eux se trouvent de nombreuses populations africaines, mais aussi les parties de la Chine ou du sous-continent indien demeurées rurales, ou encore les travailleurs non qualifiés d'Occident qui ne se sont pas encore adaptés à la nouvelle donne.

La formidable soudaineté du transfert de richesses crée donc une nouvelle pauvreté qui pourrait conduire elle-même à de nouvelles violences. Il n'y a pas trop du FMI, de la Banque mondiale, des ONG et de Martin Hirsch pour tirer la sonnette d'alarme et presser les Etats de prendre leurs responsabilités politiques.

22.04.2008

Fossoyeurs d'humanité

Un trader... quelque part dans un bureau... il tape "enter" sur le clavier de son ordinateur... il vient d'acheter à terme une récolte entière de "matières premières agricoles". Sait-il qu'il vient de tuer des millions de personnes ? De faim. Sans doute pas. Et même s'il le sait, il ne fait que son métier après tout. Comme les marchands d'armes, comme les gardiens des camps d'extermination nazis...

Je suis en colère.
En fait, depuis quelques mois, tout me révolte.
La sensation que le moindre fait politique participe d'une catastrophe annoncée, humaine et écologique.
Et que pendant que le phénomène d'accélère, on nous amuse,on nous balade. "Regardez ailleurs, braves gens".
Je ne supporte plus l'arrogance, l'inhumanité des pouvoirs politiques, de la plupart des pouvoirs. L'argent, le pouvoir, les calculs stratégiques, voilà les moteurs. L'humain ? Tout au plus une variable d'ajustement.

J'ai écouté Ziegler vendredi à "Là-bas si j'y suis". Rapporteur spécial de l'ONU, il est très demandé par ces temps d'émeutes de la faim. Allez l'écouter, c'est hallucinant ! http://www.la-bas.org/, émission du vendredi 18 avril.
En résumé, une famille d'un pays pauvre, consacre 80 à 90% de ses revenus à la nourriture (contre 10 à 15% dans les pays occidentaux). Quand les prix du riz, des céréales explosent, il n'est plus possible de nourrir la famille. Et pourquoi ils explosent ces prix ? Spéculation et agrocarburants !

Je fais court mais ce mec expose d'une manière limpide, accablante et bouleversante.
Le problème fait aujourd'hui la une des médias, mais il ne date pas d'aujourd'hui, ni d'hier d'ailleurs ! Ziegler a déjà écrit il y a un an un livre "L'empire de la honte" dans lequel il dénonçait déjà les méfaits des sociétés "transcontinentales".
Problèmes anciens mais la dégradation s'accélère, comme s'accélère le dérèglement climatique.
Que voulez-vous, les actionnaires en veulent toujours plus, quelque soit le prix à payer pour l'humanité et la planète. Je serais plutôt tenté de dire "pour l'humanité". La planète, elle, se remettra de notre disparition, fourmis insignifiantes qui nous agitons à sa surface ;-))

Oui, tout me révolte. Des millions d'humains crèvent de faim pour satisfaire les appétits féroces de quelques requins de la finance ? Pas de problème. On va les sauver grace aux OGM ! L'art de faire du fric même sur les catastrophes dont ils sont responsables ! Même l'incendiaire, le tristement célèbre FMI crie au feu. Et l'Europe va venir en aide à l'Afrique... En continuant à exporter sur les marchés africains ses produits agricoles vendus moins chers que la production locale ?

On craignait l'exode des réfugiés "climatiques" ? Craignons l'exode des réfugiés de la faim ! Les préfets ont encore de belles années à faire "du chiffre" d'expulsion de sans papiers !
Ziegler n'hésite pas à parler de "crime contre l'humanité". Il évoque la honte de ces pères qui ne peuvent rien pour leurs enfants qui ont faim. On s'étonnera après du ressentiment des peuples contre les pays occidentaux.
Ces gens manifestent, demandent à manger et on leur tire dessus.
En colère ! J'ai mal pour l'humanité. J'ai honte des pantins qui parlent en notre nom.

Je joins deux textes. En fait, les éditos des deux derniers numéros de Politis : "Une catastrophe pas du tout naturelle" et "Glossaire de l'imposture ordinaire"
Ils font écho à ma colère, mettent, mieux que je ne saurais le faire, des mots sur mon ressenti, et me disent que non, je ne suis pas parano de voir le mensonge, la manipulation, le mépris et l'arrogance un peu partout ;-)

Il y aurait tellement d'autres choses à dire, tellement d'injustices à dénoncer. Tellement d'info passent. Lesquelles faire suivre ? Toutes sont importantes, toutes procèdent d'une même logique. A trop en envoyer, on les noye dans le flot. Donc, ce sera tout pour aujourd'hui.

Bonne lecture
La fourmi Michel, insignifiante s'agitant.... (Michel PRANCHERE)

2 textes politis.doc

06:35 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ogm, fmi, europe, afrique, ziegler, sociétés transcontinentales, prix du riz | | |  Facebook

20.04.2008

La guerre sociale; Convergence des luttes...

Appel publié par le Comité de Mobilisation des lycées de Cannes.

Si aujourd'hui nous lançons cet appel, c'est d'abord sur la base d'un constat, qui n'est pas excessif dans la situation actuelle : le gouvernement actuel a déclaré la guerre à la jeunesse. Et, plus largement, le gouvernement a déclaré la guerre sociale. Vous êtes surement nombreux à savoir que les lycéens parisiens, depuis bientôt 2 mois, sont mobilisés contre des mesures qui nous concernent tous. Le Comité de Mobilisation des lycées de Cannes, qui existe maintenant depuis plus d'1 mois et lutte avec acharnement depuis, appelle tous les lycéens et les étudiants de France à la mobilisation générale pour défendre l'éducation et la jeunesse :

Contre les suppressions de postes (11000 l'an prochain, 80000 d'ici 2012).
Contre la loi Pécresse d'autonomie des universités (loi LRU).
Contre la réforme du bac pro (bac pro en 3 ans).
Contre toute idée d'un bac unique et pour la conservation des options artistiques.
Contre la répression policière qui frappe l'ensemble de la jeunesse.
Pour de véritables libertés politiques dans nos lycées.

Ces mesures, qui nous concernent directement, font parties d'une politique dévastatrice et dangereuse, qui vise à stigmatiser la jeunesse, les fonctionnaires, les ouvriers, les chômeurs, les immigrés, les retraités...bref, la majorité des français. Les seuls catégories épargnées par le gouvernement sont, étrangement, le patronat et les catégories les plus aisées. Nous appelons, dès la semaine de rentrée et dans les semaines à venir, les lycéens et les étudiants à s'organiser et à combattre : nous devons être l'avant-garde d'un peuple en colère. Nous appelons à l'organisation d'Assemblées Générales dans les lycées et les universités afin de voter grèves et blocages. Nous appelons à l'organisation de manifestations dans toutes les villes de France, les jours de mobilisation nationale. Nous appelons à la convergence des luttes, dans une perspective d'union dans la lutte. Dès le lundi 21 avril, les lycéens cannois mais aussi niçois seront en lutte pour leurs droits, et pour la conquête d'autres droits contre le gouvernement et le président de la république. Lycéens, étudiants : rejoignez dès à présent notre combat, que mai soit le mois de l'unification des rancœurs et des espoirs au sein d'un grand printemps étudiant et lycéen.

Enfin, salariés, fonctionnaires, chômeurs, sans-papiers, SDF, militants : nous vous appelons à rejoindre une lutte légitime qui va au-delà de l'éducation, mais qui concerne la société toute entière. Ce gouvernement vous déclare la guerre. Qu'attendez-vous pour répliquer à votre tour ? Le Comité de Mobilisation se déclare favorable à une convergence des luttes, à l'élargissement des revendications permanent vers la grève générale, afin de provoquer un rapport de force suffisant face au gouvernement. http://cm.xooit.com

07:49 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : AGCS, FMI, OMC, BM, Educations, lycées, universités | | |  Facebook

19.04.2008

Si l’espoir nous venait du sud ?

Souveraineté alimentaire et Economie solidaire ou Alternative
Nous, les représentants des mouvements et des organisations rurales, engagés dans la cause des secteurs marginalisés de la société des pays asiatiques du Bangladesh, de l’Inde, de la Corée du Sud, du Népal, du Pakistan, des Philippines et de la Thaïlande, nous sommes réunis à Jessore, Bangladesh pour un séminaire sur le thème de la Souveraineté alimentaire et de l’Economie solidaire. A cette occasion, nous avons eu l’opportunité d’analyser en profondeur nos réalités à partir de nos propres expériences.
À la fin de la Seconde guerre mondiale, les élites menant le monde, ont mis en place un certain nombre d’outils comme la Banque Mondiale, le FMI, l’OMC, etc. dans le but d’assurer le développement global du monde. Il nous apparaît qu’à présent, ces institutions servent seulement les intérêts de quelques privilégiés et poussent la grande majorité de la population mondiale dans la pauvreté, l’analphabétisme et l’injustice.

Si au départ, les secteurs agricole et rural ont été négligés par ces institutions, ils sont devenus aujourd’hui les cibles principales de l’OMC dans le but d’exploiter ces secteurs pour en retirer encore plus de bénéfices pour les Compagnies Multinationales, sans aucun respect pour les êtres humains, ni pour l’environnement. Au cours des dernières années, les communautés marginalisées ont commencé à s’organiser pour résister à ces conditions inhumaines au travers de mobilisations pacifiques et par le développement de modèles alternatifs. Mais le système dominant, bien organisé bénéficiant d’un fort appui financier et du soutien des medias fait tout son possible pour empêcher ces résistances en travaillant sur des accords bilatéraux directement avec les Etats nations après la faillite des négociations de l’OMC à Hong Kong.

Cette situation nous conduit à nous engager dans la lutte contre l’idéologie néo-libérale par une résistance organisée et en construisant une nouvelle idéologie que nous pourrions appeler l’économie souveraine. Cette idéologie développée par les sections marginalisées combine 2 concepts importants qui gagnent de l’importance jour après jour, partout dans le monde. Il s’agit de la Souveraineté alimentaire et de l’Economie solidaire.

La Souveraineté alimentaire est le droit des paysans, des communautés, des pays ou groupe de pays de définir leur propre politiques alimentaire, agricole et territoriale, de même que leur travail dans ces secteurs, incluant le secteur de la pêche et des populations indigènes. Ces politiques doivent être économiquement, socialement et culturellement adaptées à chaque situation spécifique. La souveraineté alimentaire comprend le droit réel à l’alimentation et à la production alimentaire, ce qui signifie que chaque population a le droit à une nourriture saine, culturellement et nutritionnellement adaptée, de même que l’accès aux ressources pour la production alimentaire afin d’assurer sa survie et la survie de sa communauté.

L’économie solidaire est un modèle alternatif, juste et humain, de réaliser l’économie. Il est basé sur le travail solidaire, le soutien mutuel et sur la coopération ; il comprend un développement intégral et durable à l’échelle humaine ce qui se réfère spécialement aux réalités locales, avec de nouvelles relations entre acteurs économiques, basées sur les principes de compréhension mutuelle et de coopération, avec l’objectif principal d’utilité sociale avant le profit.
Pour renforcer et développer l’existence des expériences d’Economie solidaire et de Souveraineté alimentaire, nous voulons consolider ces concepts et les développer en une idéologie de Souveraineté Economique. Afin de matérialiser cette idéologie, nous les participants au Séminaire Asiatique, nous nous engageons à

* Boycotter les produits des multinationales qui envahissent nos marchés par la publicité, et à promouvoir les produits locaux, respectueux de la culture et bien meilleurs pour la santé
* A expliquer à nos familles, groupes et communautés les dangers de ces produits
* A éviter l’utilisation des semences hybrides et génétiquement modifiées, les composants chimiques qui endommagent nos ressources naturelles
* A promouvoir systématiquement l’agriculture biologique et le commerce juste de ces produits
* A joindre toutes les campagnes, et spécialement la campagne « plus d’armes », de faire alliance avec les groupes de défense des mêmes intérêts auprès des structures gouvernantes aux niveaux local, national et international afin d’atteindre nos objectifs.

Nous demandons fortement à nos politiciens, chefs religieux et tous les représentants des institutions gouvernantes de considérer notre demande légitime pour une économie qui respecte le bien être des communautés et assure la justice et une vie digne pour tous. La situation actuelle d’impérialisme n’est plus supportable et nous sommes prêts à utiliser tous les moyens pour la changer.

Nous tenons à remercier chaleureusement les organisations du BSDF du Bangladesh pour leur accueil à Jessore ainsi que les autorités locales pour leur soutien et leurs encouragements.

Les participants
Jessore, le 28/01/08