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18.03.2012

Martin Hirsch ... on t'aime pas

Avec l'annonce du durcissement de l'accès au Revenu de solidarité active (RSA) plus difficile pour les étrangers notamment, la vedette du RSA, soit disant expert de l'insertion, j'ai nommé Martin Hirsch est invité pour livrer ses réflexions. La presse ne va pas chercher plus loin, passive, elle imprime sans réflexion.

Sarkozy pour qui Hirsch a bossé ne s'attaque pas au "vrai" problème dit-il. Sans blague, il ne l'a jamais fait, ça ne l'intéresse pas. Ce qui intéresse Sarkozy c'est de garder le pouvoir et de continuer sur sa lancée : taper sur les pauvres en désignant des boucs émissaires, en dressant les uns contre les autres.

Hirsch ne s'attaque pas au vrai problème, ce type est un marchand de soupe qui comme son ex patron, nous balance ses chiffres. Chiffres contre chiffres, rapports contre rapports et une pincée d'enrobage social pour faire avaler la pillule.

Pour Hirsch il faut accompagner la recherche d'emploi. On pourrait dire, ouais on est d'accord.

L'accompagnement à l'emploi, mais quel emploi et quel accompagnement ???

Une majorité des personnes n'a même pas de formation, pas le plus petit diplôme, certains sont illetrés, d'autres vivent dans la misère depuis si longtemps que leur santé est déglinguée. Combien sont sans logement ?. Hirsch n'évoque même pas la coupure des budgets pour les cours de FLE (Français Langues Étrangères).

Ce serait l'occasion de poser la question des budgets réduits de la formation et de la diminution des Travailleurs sociaux pour accompagner, sans oublier leur noyade dans les papiers à remplir pour fabriquer du chiffre. Ce serait l'occasion d'élargir la vision de tous ces pompeux sur notre réalité, d'avoir une vision globale, d'approcher la vérité.

Mais hirsch qui a bossé pour ce gouvernement de droite dure, n'aura de cesse de "vendre" son bébé, sans jamais aborder le problème des précarités en profondeur.

Il a complètement accepté l'idée de l'emploi "obligatoire" même si c'est noyé dans des chiffres, des rapports, ... Il a beau dire que la fraude chère à Sarkozy ne représente rien, il nourrit la bête de la suspiscion.

Il dit qu'il faut contrôler chaque trimestre, oui il veut CONTRÔLER la situation des personnes, pour étudier leur évolution... Les travailleurs sociaux y verront-ils une évolution dans leur job ; 5 ans d'étude pour contrôler...

Tous droite comme gauche sont d'accord sur cette idée de l'emploi obligatoire, à ne pas refuser ; c'est scandaleux. Et ça conforte dans l'idée que les gens seraient heureux de survivre dans une misère noire.

Qui contrôle les conseils généraux, les pôle-emploi, les patrons, le cac40, et quel contrôle est réalisé sur l'évolution des ENTREPRISES d'insertion?.

Hirsch ne parle jamais de QUALITÉ, trop occupé à ses chiffres et à ses conférences. Qualité de l'accompagnement, qualité des formations par les entreprises qui décrochent les marchés, qualité des intervenants et Hirsch, le soit disant expert-spécialiste, ne parle surtout pas du TEMPS nécessaire à chaque personne "accompagnée".

C'est toute la chaîne formation/insertion/emploi qui est pourrie, car la misère est un gros marché ...

Être au RSA c'est être nié, manipulé, comptabilisé, quotarisé, stigmatisé.

Être au RSA n'est pas la garantie d'avoir le temps de se reconstruire, de trouver un emploi et surtout pas un emploi qui plaît.

Être au RSA n'est pas la garantie de trouver une formation qui convient, ni même d'y avoir accès.

Être au RSA c'est être coincé dans la précarité.

Hirsch est présenté comme un expert de l'insertion professionnelle, mais il n'est qu'un technocrate. Les experts sont sur le terrain pas dans les bureaux. Où est la place de l'humain dans tout ce blabla ?

15.01.2011

à strasbourg, tous au hamman ; hamman du pauvre, hamman du riche

Strasbourg va nous permettre de mijoter, de suer, de dégager toutes les vilaines particules et d'avoir la peau douce, avec deux projets de hamman.

Qui n'a pas rêvé de s'enfermer dans un hamman, de se retrouver dans la chaleur qui y règne et d'oublier une heure ou deux le froid qu'il fait dehors. Qui ne rêve pas de se retrouver dans un cocon de bien-être et d'oublier un moment cette inquiétude permanente, née des incertitudes de ce monde fou, mensonger et hypocrite.

Une jeune femme dans un quartier de Strasbourg a obtenu un talent de cité et les trois clopinettes qui vont avec pour créer un hamman et ça lui suffit !!. Le projet a fait l'objet d'un mini article dans le 20 minutes, il y a un mois et est passé totalement inaperçu. La cité et tous ses magnifiques artistes, créateurs, tout le monde s'en branle. Et puis ça fait désordre dans la novlangue : cité = vols, arnaques, feu...

On a lu le projet, il est simplement rédigé, dans des termes clairs et précis, tout comme le budget. Un excellent projet porté par une jeune femme à l'hentousiasme formidable.

Je me dis que ce hamman de quartier est pour moi.

Par contre le palais des fêtes et son projet Babelle ça c'est du lourd bébé!!

Un super projet sorti de la pochette magique du conseil municipal tout entier : bravo!

Là, tu sens la différence de traitement. La ville a immédiatement offert le Palais des Fêtes, un lieu prestigieux, chargé d'histoire, puis une conférence de presse, une façon de dire "c'est acté", puis voté en conseil municipal "c'est voté"... Incroyable cette mobilisation de toute une ville sur ce projet là plutôt que l'autre.

L'opposition s'oppose nous dit-on, sur le lieu offert à Babelle, sinon le projet plaît. Celui là hein, car l'autre ils s'en foutent eux aussi.

Nous y voilà Hamman de cité et Hamman de riches.

Vous allez comprendre pourquoi toute une municipalité se reconnaît dans CE projet là : partage, solidarité, circuit court, écologie, bien-être, retour à la terre, formation, accompagnement social ... Tout y est.

Et comme c'est très con un pauvre, cet enrobage est ce qui nous inquiète le plus, ce qui nous rend méfiant.

Tout cela pour dire, que finalement, le paraître, le médiatique, va l'emporter sans souci, sans dialogue, sans cette démocratie participative, qui fonctionne par ailleurs, aux frais du contribuable.

Pourquoi le contribuable doit-il payé pour un projet commercial ? Que va t-il apporter à l'intérêt général ?

Qui s'interroge sur le fait que ce projet est commercial et rien d'autre et que sous couvert de "solidarité" il va faire mal-bosser une dizaine de pauvres pour faire suer les riches?. Car il est prévu pour vendre les produits de beauté, pour tendre les serviettes, faire le nettoyage, le ménage, servir la petite restauration, la création de 10 emplois précaires, équivalent à 6 temps pleins...

L'emploi des pauvres à la sauce des nantis-élus c'est des jobs précaires, c'est alimenter ce système dégueulasse qui nous maintient dans la précarité.

Les porteurs de ce projet parlent de 300.000 euros, de soutiens financiers ; alors pourquoi des boulots au rabais ? Et bien parce que le pauvre rapporte du fric. Ces emplois de merde seront à la charge des collectivités et le tour est joué. Vive la solidarité des riches pour les riches.

Et la démocratie participative se prend un sacré coup de ridicule, encore une fois.

Les cantonales se rapprochent, retenez le nom de celui qui "porte" ce projet pour la municipalité : Robert Hermann.

27.07.2008

Chronique de la formation et de l’insertion.1.

Me voilà à regarder par la fenêtre, je suis au boulot.

La dernière personne au chômage que j’ai reçue dans le cadre d’entretiens d’entrée en formation est au RMI, on dit Rmiste d’ailleurs, comme quoi cette situation de vivre avec quelques miséreux euros s’est institutionnalisée. Rmiste, insertion, ces mots y en a plein les bouquins, les revues (voir Chemins d’Insertion par exemple, édité par le Conseil Général des Yvelines présidé par P Bédier), des revus pleine de compassion catho, de quoi sauver son âme sans se poser de questions sur les raisons sociales d’une situation de rmiste.

Et de la compassion catho, même les gens de gauche en redonne, écoutez les ses collègues : « Ah les pauvres pauvres », les gens qui souffrent, on va les aider, les « accompagner », les « réinsérer ». Réinsérer, à coup d’injonctions, de stages, de formations au rabais et avec peu de moyens, mais surtout ne rien réclamer de plus, se taire. Car dire que l’on travaille dans l’insertion, ça fait bien, ça permet de se regarder dans la glace. Mais surtout ne pas se poser de questions et puis si on s’en pose, se taire, ne pas dénoncer publiquement, accepter !!! Comme quoi on peut être de gauche et accepter le discours dominant : les plus forts gagnent, on n’y peut rien.

Et on « traite » comme cela des centaines de milliers de gens, ceux qui pour beaucoup vivent la peur au ventre et l’anti dépresseur dans les veines, certains d’entre nous aussi.

Et puis, nous, travailleurs sociaux, accompagnateurs, conseillers machin, formateur truc, on n’a pas peur, on n’a pas la rage ?? mais si, mais c’est tellement plus simple de se dire qu’il y a plus malheureux et que le plus malheureux, on va l’aider. L’aider, oui, d’accord, pas de problème mais pas en se taisant sur lui, sur nous, sur notre commun d’exploité, pas sans se révolter, se dire qu’on vaut tous plus, qu’on peut vivre autre chose sans se plier, se courber, dire oui merci monsieur le député à la con, monsieur le financeur, monsieur le je décide pour vous, monsieur le directeur d’association qui fait carrière...monsieur le petit chef qui vote à gauche et qui touche 2 fois votre salaire, monsieur le gestionnaire qui embauche en cdd... !

Je regarde par la fenêtre. Un 4X4 passe, un deuxième, noir, les vitres fumées, la richesse et la vanité en sont arrivées à se cacher derrière des vitres. Un car de Police passe, un homme noir menotté assis à l’arrière.
Souvent, les convois de prisonniers dévalent le boulevard toutes sirènes hurlantes pour rejoindre le tribunal.

Il va falloir commencer à gueuler ensemble.

Un formateur.

« Nous aurons la mer A deux pas de l’étoile. Les jours de grand vent, »
Léo Ferré. Extrait de L’age d’Or.

http://www.yvelines-en-luttes.info/spip.php?article202

06:35 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : insertion, emploi, chercheur d'emploi, formation, chômage | | |  Facebook

18.01.2008

Unedic : l'argent de la formation dépensé qu'à moitié

Rien qu'au sein de notre Collectif je connais trois personnes qui ont essuyé un refus pour une formation et les voilà qui galèrent de contrat intérim à contrat intérim...

En 2007, seuls 203 millions d'euros ont été dépensés par l'Unedic au titre des aides à la formation, soit la moitié du budget prévu. Seuls 5 % des chômeurs en ont bénéficié.

Les syndicats ont beau avoir obtenu le maintien du droit à la formation des chômeurs, ils ne sont pas certains d'améliorer leur niveau de qualification. A en croire le bilan annuel 2007 établi par l'assurance-chômage (Unedic), la modestie des « aides au reclassement » est, en effet, loin de s'expliquer par des restrictions budgétaires : l'an dernier, l'Unedic n'a pas dépensé plus de la moitié du budget qu'elle aurait pu consacrer à la formation. Aucune Assedic n'a utilisé l'intégralité de l'enveloppe qui lui avait été allouée. Dans certains départements, les programmes de reclassement sont même réduits à leur plus strict minimum. L'Assedic du Languedoc-Roussillon utilise moins du quart (24,8 %) de son budget. C'est également le cas en outre-mer, en Guadeloupe (22,7 %) et en Martinique (33,7 %).
Manque d'initiative

Les chômeurs sont ainsi toujours aussi peu nombreux à disposer d'une formation : sur les 2 millions de personnes actuellement au chômage, seuls 5 % (82.172) ont eu accès à un programme financé par l'Unedic. Seuls 10.000 ont suivi une formation homologuée, jugée la moins efficace pour retrouver un emploi. Un peu plus de 40.000 ont disposé d'une formation conventionnée, destinée à répondre à des besoins immédiats non satisfaits. Les actions de formation préalable à l'embauche, qui garantissent un recrutement aussitôt le programme achevé, n'ont bénéficié, quant à elles, qu'à 30.000 chômeurs. Les résultats sont pourtant positifs : les demandeurs d'emploi qui ont suivi une action de formation préalable à l'embauche sont plus de 70 % à avoir un emploi trois mois après. C'est également le cas de la moitié des chômeurs ayant suivi une formation conventionnée, et 40 % de ceux ayant fait une formation homologuée.

Les explications sont multiples : les agences, indique l'Unedic, n'ont pas su pleinement utiliser les ressources supplémentaires qui leur ont été confiées en 2007, par rapport à l'année précédente. Mais les chômeurs semblent surtout pénalisés par le manque d'initiative des branches et des organismes de formation chargés de monter, avec les Assedic, les programmes de formations conventionnées. Sans emploi à la clef, la prescription de formation préalable à l'embauche et de formation conventionnée semble tout simplement exclue.
L. R. sur LES ECHOS.FR

07:35 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : UNEDIC, FORMATION, CHÔMAGE, CHÔMEURS | | |  Facebook

 
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