27.12.2009
France - Les chalets d'Emmaüs attendent encore le succès
SAINT-SEURIN-SUR-L'ISLE, Gironde, 27 décembre (Reuters) - Les chalets construits par Emmaüs Gironde pour loger les personnes démunies peinent à rencontrer le succès malgré leur faible coût, près d'un an après leur présentation.
Alors que l'usine de Saint-Seurin-sur-l'Isle peut en produire une centaine chaque année, seuls 30 ont été fabriqués, déplore le président d'Emmaüs Gironde, Pascal Lafargue.
"C'est long mais je ne désespère pas", explique le responsable humanitaire. "C'est la solution pour la très grande exclusion".
Un chalet en bois de 16 m2 coûte 15.000 euros, montage compris, et un de 20 m2 20.000, contre 17.000 pour une place en Centre d'hébergement et de réinsertion sociale, souligne-t-il.
La semaine dernière, le maire de Saint-Genès-de-Lombaud a remis la clé d'un de ces chalets à Antoine, le seul sans domicile fixe de ce village de moins de 300 habitants.
Le chalet de 24 m2, d'un coût de 20.000 euros, a été cofinancé par le Conseil général, l'Etat et la mairie.
Ce n'est que le septième chalet implanté en Gironde, une déception pour le directeur de l'usine, Jean-Paul Florès, qui pensait enregistrer des dizaines de commandes avant l'hiver.
"Nous avons peut-être mal communiqué. Peut-être que nos urgences ne sont pas partagées par le reste de nos concitoyens", regrette-t-il.
Des bailleurs sociaux de Gironde se sont intéressés aux plus grands chalets, l'usine pouvant construire un quatre-cinq pièces de 120 m2 adapté aux familles.
"Tous les décideurs que nous rencontrons trouvent que ces chalets sont très bien", poursuit Pascal Lafargue.
Parmi les premiers acheteurs, une association de Clermont-Ferrand a installé 20 chalets et le service pénitentiaire d'insertion et de probation à Bordeaux en a commandé six.
Fabriqués en pin des Landes, ces chalets sont conformes aux normes Haute qualité environnementale. Isolés et climatisés, ils sont équipés d'une kitchenette et d'une salle de bain.
Leur durée de vie est de 25 ans.
Pour les construire, Emmaüs Gironde a repris en 2006 un atelier de réinsertion qui fabriquait des box à chevaux en bois.
L'usine emploie aujourd'hui 15 salariés, dont 14 handicapés.
"Ce qui est également important, c'est de faire la démonstration que l'économie sociale et solidaire peut créer une véritable activité économique entièrement tournée vers l'homme", estime Pascal Lafargue.
(Claude Canellas, édité par Jean-Baptiste Vey)
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